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Arbuste · Rosacées

Potentille arbustive Dasiphora fruticosa

Aussi appelé : Potentille frutescente, Shrubby cinquefoil

La potentille arbustive est un arbuste caduc des montagnes et des régions froides de l’hémisphère Nord, qu’aucun hiver de France métropolitaine n’abîme. Basse et touffue, elle atteint 0,60 à 1,20 m de haut pour un peu plus de large, et fleurit de fin mai à début octobre, en jaune chez l’espèce, en blanc, orange ou rose selon les variétés. Elle se contente de tout sol qui s’égoutte, même pauvre ou calcaire, au soleil. Elle convient à qui veut des fleurs tout l’été avec très peu de soins, en massif comme en haie basse.

Potentille arbustive (Dasiphora fruticosa)
Photo : Franz Xaver, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Rosacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-40 °C
Floraison
De mai à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 2 : la potentille arbustive supporte des froids d’environ -40 °C, et aucun hiver de France métropolitaine ne l’abîme.

Dimensions : De 0,60 à 1,20 m de haut à maturité, rarement 1,50 m, pour 1 à 1,50 m d’étalement : un arbuste bas et touffu, souvent plus large que haut.

Floraison : De la fin mai au début d’octobre, avec une pause par fortes chaleurs, des fleurs en coupe à cinq pétales, jaune bouton-d’or chez l’espèce, blanches, orange ou roses selon les variétés, sans parfum.

Substrat : Tout sol ordinaire qui s’égoutte, même pauvre, caillouteux ou un peu argileux, avec un pH de 5,5 à 8 : le calcaire ne la gêne pas.

Exposition : Plein soleil pour une floraison abondante, mi-ombre légère tolérée. Dans le Midi, un peu d’ombre l’après-midi lui évite d’interrompre sa floraison pendant les fortes chaleurs.

Arrosage : Un arrosoir d’une dizaine de litres au pied, tous les 10 à 15 jours au printemps et chaque semaine environ en été, surtout les deux premières années. Ensuite, seulement en cas de sécheresse prolongée, sauf en bac où l’arrosage reste régulier.

Durée de vie : Arbuste vivace à feuillage caduc, qui vit couramment 15 à 20 ans, et davantage quand la taille renouvelle régulièrement ses rameaux.

Multiplication : Bouturage de pousses semi-aoûtées de juillet à début septembre, en terreau sableux à l’ombre claire ; reprise facile.

Arrosage & entretien

Arrosage : Au pied et copieusement, tous les 10 à 15 jours d’avril à la mi-juin, puis tous les 6 à 10 jours jusqu’à la mi-septembre, surtout les deux premières années ; rien en hiver. Une fois installée, la touffe se contente des pluies hors sécheresse prolongée, tandis qu’en bac le suivi reste régulier tout l’été.

Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire : tous les 2 ans, entre mars et la mi-avril, 2 ou 3 cm de compost mûr griffés au pied suffisent. Un excès d’azote donne des pousses molles au détriment des fleurs.

Rempotage : Sans objet en pleine terre, où l’arbuste se plante de préférence en automne ou en mars. En bac d’au moins 40 cm, rempoter tous les 3 ans en mars dans un contenant un peu plus grand, garni de terre de jardin, de terreau et de sable grossier à parts égales.

Taille : Chaque année, entre la mi-février et la fin mars, raccourcir les rameaux d’un tiers et supprimer à la base un vieux rameau sur trois, car les fleurs naissent sur les pousses de l’année. Un vieux pied dégarni supporte même d’être rabattu à une dizaine de centimètres du sol à cette période, et en été un passage léger à la cisaille sur les rameaux défleuris relance la floraison.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures de soleil direct par jour, pour une floraison abondante ; à mi-ombre légère, la potentille fleurit moins. Les variétés à fleurs orange, rouges ou roses gardent mieux leur couleur avec un peu d’ombre aux heures chaudes.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif, en haie basse libre, en rocaille ou en grand bac. Orientation sud ou ouest dans la moitié nord de la France, plutôt est dans le Midi, où l’ombre de l’après-midi lui épargne les fortes chaleurs.

Substrat : Une terre de jardin ordinaire, même pauvre, caillouteuse ou un peu argileuse, pourvu qu’elle s’égoutte : inutile de l’enrichir. En bac, un mélange à parts égales de terre de jardin, de terreau et de sable grossier.

pH : De 5,5 à 8 : elle préfère un sol neutre à calcaire, mais une terre légèrement acide lui convient aussi.

Drainage : Un sol qui s’égoutte suffit : dans la nature, l’espèce supporte des terrains frais, voire humides, mais une terre lourde gorgée d’eau tout l’hiver asphyxie ses racines. En bac, un trou d’évacuation toujours dégagé et une soucoupe vidée après chaque pluie évitent l’eau stagnante.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : prélever des pousses semi-aoûtées de 8 à 10 cm, sans fleurs, et ôter les feuilles du bas. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable maintenu juste humide, sous abri ou dehors à l’ombre claire, sans étouffée nécessaire. L’enracinement prend 4 à 6 semaines, et les plants s’installent au printemps suivant. Le bouturage de juillet à début septembre, dehors à l’ombre claire : la reprise est facile et fidèle à la variété.

Les autres méthodes

Semis :

Semersemer à l’automne dehors en terrine, ou au printemps après 4 semaines de froid au réfrigérateur, graines à peine couvertes ; la levée prend 3 à 6 semaines. Les graines reproduisent l’espèce à fleurs jaunes, mais pas les cultivars, qui se multiplient par bouture ou par marcotte.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : certains pieds ne portent que des fleurs mâles ou femelles. Les fleurs sont pollinisées par les insectes ; un sujet isolé fructifie parfois mal, et deux pieds de l’espèce donnent davantage. Les petits akènes bruns mûrissent de septembre à octobre ; les égrener sur les fleurs sèches et les garder au sec et au frais, où ils restent bons un an ou deux.

Division et autres méthodes : marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’enterrer sur 5 cm en la maintenant d’un crochet, et sevrer la marcotte enracinée à l’automne. Un jeune pied buissonnant se divise aussi à la bêche en mars, chaque éclat gardant des racines et plusieurs tiges.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium, maladie la plus fréquente, couvre les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout sur un pied planté trop à l’ombre ou dans un recoin sans air. Des taches brunes d’origine fongique marquent parfois le feuillage par temps humide, et une terre gorgée d’eau fait pourrir les racines. Supprimer les rameaux atteints, ramasser les feuilles tachées et, contre un oïdium marqué, pulvériser du soufre mouillable hors des heures chaudes.

Parasites fréquents : Les pucerons se groupent au printemps sur les jeunes pousses, qu’ils affaiblissent ; un jet d’eau en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide à base d’huile de colza portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les araignées rouges, acariens presque invisibles, rendent le feuillage terne, piqueté et poussiéreux après un été sec et brûlant. Doucher le feuillage le soir pendant les périodes sèches les déloge et freine leur multiplication.

Prévention : Planter au soleil, dans un sol qui s’égoutte, en évitant les recoins confinés comme le pied d’un mur brûlant. La taille de fin d’hiver aère le cœur de la touffe, et un paillage posé au printemps garde le sol frais tout l’été. Ramasser les feuilles tombées en automne et ne pas forcer sur l’azote, qui donne des pousses tendres recherchées des pucerons.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique : aucune partie de l’arbuste n’est réputée dangereuse. Ses feuilles séchées, astringentes car riches en tanins, s’infusent même en Russie, où la plante porte le nom de « thé des Kouriles », ainsi que dans l’Himalaya.

Toxicité animaux : Sans danger pour les chiens, les chats et les chevaux : le centre antipoison animal de l’ASPCA classe les potentilles, potentille arbustive comprise, parmi les plantes non toxiques. Aucune toxicité n’est connue non plus pour les autres animaux domestiques.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, ni par ingestion ni par contact, l’arbuste n’ayant ni épines ni sève irritante. Avaler une grosse quantité de feuilles peut tout au plus causer un trouble digestif passager, dû à leurs tanins.

Précautions : Aucune précaution particulière : la potentille arbustive se plante sans crainte au bord d’une allée, d’une aire de jeux ou d’un enclos. Pour une infusion, n’employer que les feuilles d’un pied formellement identifié et jamais traité.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le caryoptéris et le pérovskia, dont les floraisons bleues de fin d’été tranchent sur celles de la potentille, aiment comme elle le soleil, les sols pauvres et une taille en fin d’hiver. Les géraniums vivaces et les népétas, plantés à son pied, couvrent le sol et le gardent frais. Les graminées légères, stipas ou fétuques bleues, allègent sa silhouette dense sans lui disputer la lumière.

Associations à éviter : Les hostas, les fougères et les astilbes, qui réclament de l’ombre et une terre toujours fraîche : là où ils prospèrent, la potentille fleurit à peine. Le laurier-cerise et les bambous traçants, qui l’étouffent sous leur ombre et lui disputent l’eau. Les plantes gourmandes que l’on fume et arrose beaucoup, comme les dahlias, car ce régime lui donne des pousses molles au détriment des fleurs.

Conseil : Plantez-la en groupe de trois ou en haie basse libre avec des arbustes qui se taillent eux aussi en fin d’hiver, comme le caryoptéris ou la spirée du Japon : une seule séance de sécateur entretient tout l’ensemble. Sa floraison étalée de fin mai à la mi-octobre en fait en outre un relais précieux pour les abeilles et les syrphes.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste caduc très rustique cultivé dehors toute l'année, en pleine terre au soleil ou à mi-ombre légère, dans un sol ordinaire même pauvre, simplement drainé.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début avril à mi-juin : tous les 10 à 14 jours ; de mi-juin à mi-septembre : tous les 6 à 10 jours Une touffe installée se passe presque d'arrosage, sauf en cas de sécheresse prolongée où la floraison s'interrompt. Les sujets en bac, eux, réclament un suivi régulier tout l'été.arroser au pied, surtout les deux premières années
Fleurs fanéesOptionnel De mi-juin à mi-septembre : toutes les 3 à 5 semaines Un léger rafraîchissement des pousses défleuries relance la formation de nouveaux boutons. Le geste reste facultatif, les petites fleurs sèches se remarquant peu.passage rapide à la cisaille sur l'extrémité des rameaux
Inspection parasitaireOptionnel De début mai à mi-septembre : toutes les 3 à 5 semaines Cet arbuste est très peu sensible et ne demande qu'une surveillance de principe. Les araignées rouges n'apparaissent qu'après un été sec et brûlant, sur un pied planté en situation trop chaude.pucerons sur les jeunes pousses, feuillage terne et poussiéreux par temps sec
Taille de structureEssentiel De mi-février à fin mars Tailler à la fin de l'hiver, car la floraison se forme sur les pousses de l'année et un pied non taillé se dégarnit vite du centre. L'arbuste supporte même un rabattage sévère et repart vigoureusement de la souche.raccourcir d'un tiers et supprimer un vieux rameau sur trois à la base
Bois mort et feuilles abîméesUtile De mi-février à fin octobreDès que : quand un rameau reste sec et sans feuilles au printemps, ou casse net Les vieux rameaux s'épuisent et sèchent au cœur de la touffe, où ils encombrent inutilement. Les supprimer entretient l'aération et la densité de l'arbuste.couper à la base du rameau, au sécateur désinfecté
Compost, amendementOptionnel De début mars à mi-avril, tous les 2 ans Cet arbuste de montagne se contente d'un sol pauvre et n'exige aucun apport. Un excès de fertilisation donne des pousses molles au détriment des fleurs.2 ou 3 cm de compost mûr griffés en surface
PaillageUtile De début avril à mi-mai Le paillage garde le sol frais en été, ce qui prolonge nettement la floraison. Il limite aussi le désherbage au pied d'un arbuste souvent bas et ramifié.5 cm de broyat ou d'écorces, sans toucher le collet
FloraisonUtile De mi-mai à mi-octobre La floraison s'étale sur presque 5 mois, ce qui est exceptionnel chez un arbuste. Elle marque une pause pendant les fortes chaleurs puis repart avec les nuits plus fraîches.petites fleurs jaunes en coupe, portées sur les pousses de l'année
BouturageOptionnel De début juillet à mi-septembre Piquer les boutures dans un mélange de terreau et de sable maintenu juste humide, à l'ombre claire. La reprise est facile et donne des plants à installer au printemps suivant.rameaux semi-aoûtés de 10 cm, effeuillés sur la moitié basse
Ramassage des feuilles mortesOptionnel De mi-octobre à fin novembre Un nettoyage du pied en fin d'automne évite d'y laisser hiverner limaces et maladies. Les débris sains rejoignent le compost.ramasser sous la touffe une fois les feuilles tombées