Orchidée · Orchidacées
Dendrobium Dendrobium nobile
Aussi appelé : Dendrobium noble, Noble dendrobium
Le dendrobium est une orchidée épiphyte des forêts de montagne de l’Himalaya et d’Asie du Sud-Est, qui porte ses fleurs en bouquets le long de cannes dressées. Chez nous, il se cultive en pot, dans de l’écorce de pin, en touffe de 30 à 60 cm de haut. Il demande beaucoup de lumière sans soleil de midi, puis un repos hivernal frais et presque sec, 10 à 15 °C la nuit, avant de fleurir de février à début mai. Il ne supporte pas le gel et vit dehors seulement l’été.
- Type
- Orchidée
- Famille
- Orchidacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 5 °C
- Floraison
- De février à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11, non rustique en France. Elle demande 10 à 15 °C la nuit en hiver, supporte brièvement 5 °C au sec, et meurt au premier gel.
Dimensions : Cannes dressées de 30 à 60 cm, jusqu’à 90 cm sur un sujet âgé, pour une touffe de 20 à 30 cm de large.
Floraison : De février à début mai, des fleurs blanches à rose pourpré au labelle marqué d’une tache pourpre foncé, en bouquets le long des cannes, au parfum léger.
Substrat : Écorce de pin de calibre moyen, éventuellement additionnée de perlite et de quelques éclats de charbon de bois ; pH de 5,5 à 6,5.
Exposition : Très lumineuse mais sans soleil direct de midi : fenêtre est ou ouest en intérieur, mi-ombre claire dehors pendant l’été.
Arrosage : Bassinage tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 3 à 4 jours en plein été et tous les 8 à 12 jours en automne, puis presque rien de novembre à février.
Durée de vie : Vivace épiphyte, 15 à 20 ans et davantage, chaque canne fleurissant surtout sa deuxième année avant de s’épuiser lentement.
Multiplication : Keikis détachés des cannes au printemps quand leurs racines ont 3 à 5 cm, ou division de la touffe après la floraison.
Arrosage & entretien
Arrosage : Bassiner le pot 10 minutes dans une eau douce, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 3 à 4 jours en plein été, tous les 8 à 12 jours en automne. De novembre à février, une simple brumisation toutes les 3 à 4 semaines suffit.
Fertilisation : Engrais orchidées au quart de dose, un arrosage sur deux de mars à août, avec une formule pauvre en azote le dernier mois. Aucun apport de septembre à février, sous peine d’obtenir des keikis à la place des fleurs.
Rempotage : Tous les 2 ans environ, en avril, juste après la floraison, quand les racines neuves démarrent. Écorce moyenne et pot serré : un pot trop grand garde l’humidité et fait pourrir les racines.
Taille : Aucune taille de structure. Couper seulement les hampes sèches et les cannes entièrement brunes et ridées, car une canne défeuillée mais encore verte porte les fleurs de l’année suivante.
Exposition & substrat
Exposition : Le maximum de lumière sans soleil direct de midi, l’équivalent de 4 à 6 heures de clarté vive. Un soleil filtré du matin lui convient parfaitement et donne des cannes bien constituées.
Emplacement : En intérieur d’octobre à mai, derrière une fenêtre est ou ouest, dans une pièce fraîche et non chauffée l’hiver ; dehors à mi-ombre de fin mai à début octobre. C’est la disponibilité d’une pièce froide qui décide de la réussite, bien plus que la fenêtre.
Substrat : Écorce de pin seule, de calibre moyen, sans tourbe ni terreau, avec au besoin un peu de sphaigne en surface si le pot sèche trop vite. L’écorce se décompose et doit être renouvelée tous les 2 ans.
pH : De 5,5 à 6,5. Une eau calcaire fait dériver le substrat vers le neutre et bloque l’assimilation du fer : eau de pluie ou eau déminéralisée de préférence.
Drainage : Immédiat, l’eau doit traverser le pot en quelques secondes. Pas de cache-pot fermé ni de soucoupe laissée pleine, qui asphyxient les racines aériennes en quelques jours.
Multiplication
Keikis : au printemps, couper le keiki au ras de la canne et le planter dans un petit pot d’écorce fine, calé par une baguette, puis bassiner légèrement. Le détachement des keikis, ces petites plantes qui naissent sur les cannes, au printemps quand leurs racines ont 3 à 5 cm : c’est la méthode la plus simple, à l’intérieur, et elle réussit presque toujours.
Les autres méthodes
Bouturage : une vieille canne défeuillée, coupée en tronçons de 10 à 15 cm et couchée sur de la sphaigne humide dans une boîte fermée, à l’intérieur au chaud et à la lumière tamisée, donne des keikis aux nœuds en 1 à 3 mois. On les traite ensuite comme les keikis spontanés.
Semis :
Semerun amateur ne le sème pas : c’est une orchidée, dont les graines ne germent qu’en laboratoire.
Récolter les grainesPas de graines en culture : la capsule ne se forme qu’après une pollinisation à la main, et ses graines, poussières sans réserves, ne germent qu’en laboratoire. On passe par les keikis ou la division.
Division et autres méthodes : Les hybrides se multiplient comme l’espèce, par keikis ou division, qui les reproduisent fidèlement. Une grosse touffe se divise au rempotage, après la floraison, en éclats de 3 ou 4 cannes avec leurs racines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture noire du collet et des racines, due au Pythium ou à Erwinia, suit un excès d’eau ou un substrat décomposé. Des taches foliaires noires cerclées de jaune apparaissent en air confiné et humide. Dans les deux cas, dépoter, couper au propre avec une lame désinfectée et rempoter dans une écorce neuve, sans arroser pendant une semaine.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses et à bouclier se cachent sous les gaines sèches qui entourent les cannes, invisibles jusqu’à ce que la colonie soit installée. Les araignées rouges piquent le feuillage dès que l’air chauffé devient sec, laissant un piqueté gris. Alcool à 70° au coton-tige puis huile de colza pour les premières, élévation de l’hygrométrie pour les secondes.
Prévention : Inspecter systématiquement les gaines avant la rentrée d’automne, moment où les cochenilles entrent dans la maison. Assurer un air en mouvement, même l’hiver, et ne jamais laisser d’eau dans le cœur des jeunes pousses le soir. Isoler 3 semaines toute orchidée nouvellement arrivée.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune intoxication domestique n’est rapportée. Les cannes contiennent de la dendrobine, un alcaloïde employé en pharmacopée chinoise sous le nom de shi hu, ce qui n’en fait pas une plante à consommer hors de cet usage médical encadré.
Toxicité animaux : Les orchidées du genre Dendrobium sont considérées comme non toxiques pour le chien et le chat, et ne figurent pas sur les listes de plantes dangereuses. Un animal qui mâchonne une feuille ne risque au pire qu’un vomissement mécanique.
Symptômes : Aucun symptôme spécifique n’est documenté après ingestion de feuille ou de fleur. Le risque réel vient plutôt de l’écorce avalée, qui peut blesser ou obstruer le tube digestif d’un petit animal, et de l’engrais présent dans le substrat.
Précautions : Placer la plante hors de portée des chats pendant la floraison, davantage pour protéger les fleurs que l’animal. Ramasser les morceaux d’écorce tombés au sol et se laver les mains après tout traitement à l’alcool ou à l’huile.
Associations de plantes
Bonnes associations : Coelogyne cristata demande exactement le même hiver froid et sec et fleurit dans les mêmes semaines, sur la même étagère. Le Cymbidium réclame lui aussi des nuits fraîches d’automne pour former ses boutons, et se sort dehors l’été au même moment. Dendrobium kingianum, plus petit, suit le même calendrier d’arrosage et sert de repère : quand il fripe ses cannes, tout le groupe a soif.
Associations à éviter : Le Phalaenopsis ne descend jamais sous 18 °C et meurt du repos hivernal qui fait fleurir le nobile ; placés côte à côte, l’un des deux est toujours sacrifié. Le Paphiopedilum veut un substrat maintenu humide toute l’année, incompatible avec un hiver au sec. Les plantes vertes tropicales, anthurium ou calathea, imposent une pièce chauffée et humide qui supprime purement et simplement la floraison.
Conseil : Le repos d’hiver se donne à la pièce, pas à la plante : une chambre non chauffée, une véranda hors gel ou un escalier froid font tout le travail. Dans un salon à 20 °C, aucune restriction d’arrosage ne remplacera le froid, et la plante fera des keikis année après année.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plante en pot serré, dans une écorce à orchidées, derrière une fenêtre est ou ouest d'octobre à mai, sortie à mi-ombre claire pendant l'été, avec une pièce fraîche disponible l'hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 3 à 4 jours ; de septembre à octobre : tous les 8 à 12 jours ; de novembre à février : toutes les 3 à 4 semaines | Arroser copieusement pendant la pousse des cannes et laisser l'écorce sécher entre deux apports. C'est le contraste entre un été mouillé et un hiver presque sec, plus que la quantité d'eau, qui fait fleurir cette orchidée. |
| Inspection parasitaire | De mars à octobre : toutes les 2 à 3 semaines ; de novembre à février : chaque mois | Écarter la gaine blanche qui enveloppe chaque canne : c'est là que les cochenilles s'installent, parfaitement invisibles de l'extérieur jusqu'à ce que la colonie soit installée. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement : les racines d'une épiphyte pourrissent en quelques jours dans l'eau stagnante, et plus vite encore pendant le repos d'hiver où la plante ne boit presque plus. |
| Floraison | De début février à mi-mai | Pendant la montée des boutons, ne pas remettre la plante au chaud et ne pas la tourner : un changement brutal de température ou de lumière à ce moment fait couler les boutons. |
| Engrais liquide | De mars à août | Ne nourrir que pendant la construction des cannes, quand la plante peut réellement utiliser l'apport, et rincer le substrat à l'eau claire une fois par mois pour éviter l'accumulation de sels. |
| Rempotage | De début avril à mi-mai, tous les 2 ans | Rempoter juste après la floraison, au moment où les racines neuves de la nouvelle canne démarrent, car ce sont elles qui reprendront. Un rempotage fait hors de cette fenêtre coûte une année de floraison. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | L'été dehors, avec son écart entre le jour et la nuit, donne des cannes plus courtes et plus fermes que n'importe quel intérieur. Augmenter la lumière par paliers, car un feuillage qui a passé l'hiver derrière une vitre brûle en une après-midi. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De juin à septembre | Une canne sans feuilles mais encore verte et ferme est précisément celle qui fleurira au printemps suivant : elle ne se coupe jamais, quelle que soit son allure. |
| Arrêt de l'engrais | De septembre à février | Tout apport donné après le mois d'août relance la végétation au lieu de la laisser mûrir, et remplace les fleurs du printemps par des keikis. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Laisser la plante prendre les nuits fraîches du début d'octobre, qui participent à l'induction des boutons, puis la rentrer directement dans sa pièce froide sans passer par un salon chauffé. |
| Repos sec | De début novembre à mi-février | Ces 2 à 3 mois de frais et de sec déclenchent les boutons floraux. Sans eux, la plante fabrique des keikis, de jeunes plants sur les cannes, au lieu de fleurir. |