Vivace · Papavéracées
Cœur de Marie Dicentra spectabilis
Aussi appelé : Cœur de Jeannette, Cœur saignant, Dicentre, Bleeding heart
Le cœur de Marie est une vivace des sous-bois de Chine et de Corée, célèbre pour ses fleurs en cœur rose vif à pointe blanche, suspendues en chapelet sous des tiges arquées de fin avril à début juin. Sa touffe atteint 70 à 90 cm de haut en 6 semaines, puis disparaît complètement dès l’été jusqu’au printemps suivant. Elle demande une mi-ombre lumineuse et une terre souple, profonde, jamais détrempée. Installée une fois pour toutes, elle vit 8 à 15 ans, mais supporte mal d’être déplacée et souffre du soleil brûlant de l’après-midi.
- Type
- Vivace
- Famille
- Papavéracées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- D’avril à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 3 à 9, soit environ -30 °C sur souche dormante. L'humidité stagnante de l'hiver la tue bien plus sûrement que le gel.
Dimensions : 70 à 90 cm de haut pour 50 à 60 cm d'étalement, atteints en 6 semaines au printemps. La touffe disparaît ensuite complètement jusqu'au printemps suivant.
Floraison : De fin avril à début juin, des cœurs rose vif à pointe blanche suspendus en chapelet sous des tiges arquées, sans parfum notable. La plante est toxique.
Substrat : terre de jardin souple et profonde, enrichie de terreau de feuilles, pH 6 à 7. Un sol lourd et froid fait pourrir ses racines charnues.
Exposition : mi-ombre lumineuse, avec le soleil du matin si possible. Le plein soleil de l'après-midi grille le feuillage et avance la dormance d'un bon mois.
Arrosage : tous les 8 à 12 jours à la reprise, tous les 4 à 6 jours pendant la floraison, en l'absence de pluie. Plus rien du tout dès que le feuillage jaunit.
Durée de vie : vivace de 8 à 15 ans, souvent davantage si on ne la dérange pas. Elle s'étoffe lentement et supporte mal d'être déplacée.
Multiplication : Division en mars, quand les bourgeons pointent, seulement si la touffe faiblit ; boutures de racine en fin d’hiver.
Arrosage & entretien
Arrosage : un apport tous les 8 à 12 jours en mars et avril, resserré à un tous les 4 à 6 jours pendant la floraison de mai et juin, toujours au pied et sans mouiller le feuillage. De juillet à septembre, la souche est en dormance : on ne l'arrose plus du tout.
Fertilisation : deux poignées de compost mûr griffées autour de la souche en mars, quand les pousses roses percent. Rien d'autre, et surtout pas d'engrais azoté, qui allonge les tiges et les fait s'affaisser.
Rempotage : inutile en pleine terre, où elle gagne à rester en place. En pot, un contenant profond de 30 cm au moins, renouvelé tous les 2 ou 3 ans en fin d'hiver pendant la dormance.
Taille : couper les hampes défleuries à leur base au fur et à mesure, en laissant tout le feuillage vert. Puis rabattre la touffe au ras du sol en juillet ou août, une fois le feuillage entièrement jauni.
Exposition & substrat
Exposition : mi-ombre lumineuse, avec 2 à 4 heures de soleil doux le matin. Elle fleurit aussi à l'ombre claire, un peu moins généreusement.
Emplacement : dehors toute l'année, orientation est ou nord-est, au pied d'une haie caduque ou d'un mur. Le couvert des arbres lui convient à condition que le sol ne soit pas desséché par leurs racines.
Substrat : deux tiers de terre de jardin pour un tiers de terreau de feuilles, avec du compost mûr. L'objectif est un sol frais et souple, mais qui ne retient pas l'eau.
pH : de 6,0 à 7,0, légèrement acide à neutre. Elle tolère un calcaire léger, mais jaunit en sol franchement crayeux.
Drainage : déterminant en hiver, quand la souche dormante pourrit dans une terre gorgée d'eau. En sol lourd, la planter sur une butte de 10 cm avec du gravier sous la souche.
Multiplication
Division : en mars, avec des gants, dégager la souche à la fourche-bêche et la trancher au couteau en éclats portant chacun 2 ou 3 bourgeons et des racines charnues intactes. Replanter aussitôt dehors, à la même profondeur, dans une terre souple enrichie de terreau de feuilles, et arroser. La division en mars, quand les bourgeons roses pointent, mais seulement si la touffe faiblit ; elle réussit bien et reproduit fidèlement les cultivars, comme le blanc.
Les autres méthodes
Bouturage : les boutures de racine se font en fin d’hiver, en février et mars, avec des gants, la sève pouvant irriter la peau : couper des tronçons de racine charnue de 5 à 8 cm. Les coucher à plat dans un mélange de terreau et de sable, couverts de 1 cm, sous abri froid ; les pousses apparaissent en 4 à 8 semaines. Les jeunes pousses de 8 cm, coupées avec un talon au printemps, s’enracinent aussi en terreau sableux à l’étouffée.
Semis :
Semersemer les graines fraîches dès leur récolte, en juin ou juillet, dehors en terrine à l’ombre, couvertes de 3 mm de terreau ; elles lèvent après l’hiver, au printemps suivant. Les graines reproduisent l’espèce, mais la floraison attend 3 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les fleurs donnent en juin ou juillet des gousses qui jaunissent et s’ouvrent : cueillir les graines noires et luisantes à ce moment, avant que les fourmis ne les emportent. Elles se dessèchent vite et perdent leur pouvoir germinatif : ne pas les conserver, mais les semer aussitôt.
Maladies & parasites
Maladies courantes : la pourriture des racines charnues, en sol détrempé l'hiver, se voit trop tard : la souche ne repart pas au printemps. Des taches brunes sur le feuillage apparaissent après un printemps humide, sans gravité. Dans les deux cas, on corrige le drainage plutôt qu'on ne traite.
Parasites fréquents : les limaces et les escargots sont le vrai problème, capables de raser les jeunes pousses charnues en une nuit d'avril. Les pucerons colonisent parfois l'extrémité des tiges florales, sans conséquence. Un jet d'eau ou un ramassage le soir suffit.
Prévention : surveiller le sol à la levée, arroser au pied plutôt que sur le feuillage, et pailler sans coller le paillis contre la souche. Marquer l'emplacement à l'étiquette évite le coup de bêche de l'automne, qui reste la cause de perte la plus fréquente.
Toxicité
Toxicité humaine : toxique par ingestion, toutes les parties contenant des alcaloïdes isoquinoléiques dont les racines sont les plus chargées. Le contact répété avec la sève irrite la peau des personnes sensibles.
Toxicité animaux : toxique pour le chien, le chat et le cheval, et nettement plus dangereuse pour le bétail, moutons et bovins. Chez le chien et le chat, l'intoxication reste le plus souvent modérée, sauf si l'animal a creusé et mâché les racines.
Symptômes : salivation, vomissements et diarrhée, puis tremblements, démarche incertaine et convulsions si la dose est importante. Sur la peau, rougeurs et démangeaisons après un long désherbage à mains nues.
Précautions : porter des gants pour diviser ou arracher, et se laver les mains ensuite. La planter hors d'atteinte d'un chien fouisseur, et appeler un vétérinaire en cas d'ingestion sans attendre les symptômes.
Associations de plantes
Bonnes associations : les fougères et les hostas se déploient en juin, juste quand la touffe jaunit, et bouchent le trou qu'elle laisse tout l'été. Le brunnera et les pulmonaires demandent exactement la même mi-ombre fraîche et fleurissent bleu à la même date. Les narcisses botaniques, plus précoces, occupent la place en mars avant qu'elle ne démarre.
Associations à éviter : les plantes de plein soleil et de sol sec, lavandes, sauges, cistes, ne survivent pas au régime d'arrosage qui lui convient. Les couvre-sols vigoureux, lierre, pervenche, grand géranium vivace, envahissent la place laissée libre en été et étouffent la souche. Les érables et bouleaux, dont les racines traçantes assèchent la surface, lui volent la fraîcheur dont elle vit.
Conseil : installer une fougère ou un hosta à 30 cm de la souche et planter une étiquette : le relais est assuré en juillet, et on ne bêche pas par-dessus une plante qu'on croit morte.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre en massif, à mi-ombre sous un couvert léger d'arbustes ou au pied d'un mur exposé à l'est, en sol humifère qui reste frais tout le printemps.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à avril : tous les 8 à 12 jours ; de mai à juin : tous les 4 à 6 jours | Arroser seulement si la pluie a manqué, mais sans laisser le sol sécher pendant la floraison : un coup de sec la coupe net et avance la dormance de plusieurs semaines. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer un peu de compost autour de la souche dès que les pousses roses percent, car toute la végétation de l'année se construit en 6 semaines. |
| Division de touffe | En mars, tous les 5 ans | Ne diviser que si la touffe faiblit, au moment où les bourgeons roses pointent et où l'on voit ce que l'on coupe ; laissée en place, elle fleurit mieux d'année en année. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Pailler le pied d'une matière organique légère : c'est la fraîcheur du sol, bien plus que l'arrosage, qui retarde le jaunissement du feuillage. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à mi-mai | Les jeunes pousses charnues peuvent être rasées au ras du sol en une nuit : les surveiller pendant les 3 semaines de la levée, seule période vraiment vulnérable. |
| Floraison | De mi-avril à mi-juin | Les tiges arquées portent leurs cœurs roses 4 à 6 semaines ; elles tiennent bien en vase si on coupe la hampe entière plutôt que des fleurs isolées. |
| Fleurs fanées | De mai à juin | Retirer les tiges défleuries une à une en laissant tout le feuillage vert en place, qui reconstitue encore les réserves de la souche. |
| Rabattage | De juillet à août | Couper toute la touffe au ras du sol une fois le feuillage jauni : la plante entre alors en dormance estivale et disparaît, elle n'est pas morte. |
| Repos sec | De juillet à septembre | Laisser la souche au sec dès la disparition du feuillage, et planter une étiquette à l'emplacement pour ne pas bêcher dessus à l'automne. |