Fougère · Dicksoniacées
Fougère arborescente de Tasmanie Dicksonia antarctica
Aussi appelé : Dicksonia, Fougère arborescente d’Australie, Soft tree fern
La fougère arborescente de Tasmanie vient des forêts humides du sud-est de l’Australie et de la Tasmanie : son stipe fibreux porte une couronne de grandes frondes de 3 à 5 m d’envergure. Ce stipe ne gagne que 3 à 5 cm par an, si bien qu’un sujet de 1 à 4 m a plusieurs décennies. Elle demande une mi-ombre abritée du vent, un humus acide toujours frais et des arrosages copieux, sur le stipe autant qu’au pied. C’est la plus rustique des fougères arborescentes, jusqu’à -8 à -10 °C couronne protégée, ce qui la réserve en pleine terre aux régions océaniques.
- Type
- Fougère
- Famille
- Dicksoniacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -8 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 8b, jusqu'à -8 voire -10 °C avec la couronne protégée ; c'est la fougère arborescente la plus rustique et la seule tentée en pleine terre en France océanique.
Dimensions : stipe de 1 à 4 mètres, gagnant seulement 3 à 5 centimètres par an, pour une couronne de 3 à 5 mètres d'envergure.
Floraison : Aucune : fougère arborescente, elle se reproduit par spores, portées sous ses frondes.
Substrat : humus forestier acide, profond et toujours frais, pH de 4,5 à 6.
Exposition : mi-ombre à ombre claire, à l'abri des vents desséchants.
Arrosage : copieux et régulier, en arrosant le stipe autant que le sol.
Durée de vie : Fougère arborescente vivace, très longévive : 150 à 400 ans, avec un stipe qui ne monte que de 3 à 5 cm par an.
Multiplication : Semis de spores en surface, à l’étouffée et à 20 °C, récoltées en fin d’été ; parfois rejets détachés au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : deux à trois fois par semaine en été en mouillant abondamment le stipe sur toute sa hauteur, une fois par semaine en hiver. C'est par les racines adventives du stipe, et non par le sol seul, que la plante s'alimente en eau.
Fertilisation : engrais liquide dilué versé sur le stipe et le substrat une fois par mois d'avril à septembre.
Rempotage : tous les 3 à 4 ans pour un sujet en bac, au printemps, dans un mélange humifère et un contenant lourd qui assure la stabilité.
Taille : couper les frondes sèches à 20 cm du stipe, les bases restantes formant le manchon fibreux caractéristique. Ne jamais dégager le stipe de ses fibres, qui le protègent du froid et de la sécheresse.
Exposition & substrat
Exposition : mi-ombre ou ombre claire, 2 à 3 heures de soleil du matin étant le maximum. Le soleil de l'après-midi jaunit et brûle les frondes.
Emplacement : extérieur en climat doux et humide, façade atlantique surtout, dans un coin abrité de sous-bois. Ailleurs, grand bac hiverné en serre froide.
Substrat : terreau de feuilles, terre de bruyère et écorce compostée, riche et toujours frais.
pH : acide, de 4,5 à 6.
Drainage : le sol doit rester constamment humide sans détremper le pied du stipe. Un sol lourd et gorgé d'eau en hiver, combiné au froid, est la principale cause d'échec en pleine terre.
Multiplication
pour un amateur, l’achat d’un sujet ; le semis des spores est possible mais demande 5 ans au moins avant une petite fougère.
Les autres méthodes
Bouturage : ne se bouture pas au sens habituel ; un stipe coupé et replanté se réenracine pourtant, c’est ainsi qu’arrivent les troncs vendus en jardinerie, mais ce n’est pas un geste d’amateur.
Semis :
Semerrécolter les spores en fin d’été, quand les amas sous les frondes brunissent, en posant une fronde sur une feuille de papier pendant 2 jours. Les poudrer en surface, sans les couvrir, sur de la tourbe ou de l’humus fin passé à l’eau bouillante, dans une boîte fermée, à l’intérieur, à la lumière sans soleil et vers 20 °C. Un voile vert apparaît en 3 à 6 semaines, les premières frondes en 3 à 6 mois ; les spores reproduisent fidèlement l’espèce.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, elle se reproduit par spores, qu’un seul pied suffit à produire, sans pollinisateur. Les semer dans les semaines qui suivent la récolte ou les garder quelques mois au plus dans une enveloppe de papier, au réfrigérateur. La fécondation se fait ensuite sur le voile vert, qui demande une pellicule d’eau : la boîte doit rester fermée et humide.
Division et autres méthodes : un vieux sujet forme parfois des rejets à la base ou sur le stipe : au printemps, les détacher au couteau avec un peu de racines, les planter dans un humus acide et frais, à l’ombre et à l’étouffée, et garder humide plusieurs mois jusqu’à la reprise.
Maladies & parasites
Maladies courantes : très peu de maladies véritables. Le brunissement et la mort des frondes après un hiver rigoureux sont normaux si le cœur reste vivant, et de nouvelles crosses partent au printemps. La pourriture de la couronne, en revanche, est fatale : elle survient quand de l'eau gèle dans le cœur, et se voit à des crosses qui noircissent sans se dérouler.
Parasites fréquents : limaces et escargots s'attaquent aux jeunes crosses et peuvent ruiner une couronne entière au printemps. Cochenilles farineuses dans les fibres du stipe.
Prévention : protéger la couronne en hiver par une poignée de paille sèche maintenue par un voile, en laissant l'air circuler. Surveiller les crosses dès leur apparition et poser une barrière anti-limaces.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité documentée pour cette espèce, dont la moelle du stipe était consommée par les aborigènes de Tasmanie. Les poils bruns du stipe et des crosses sont cependant très irritants pour la peau et les yeux.
Toxicité animaux : aucune toxicité reconnue pour le chien ou le chat.
Symptômes : démangeaisons persistantes après manipulation du stipe à mains nues, les poils s'implantant comme de minuscules échardes.
Précautions : gants, manches longues et lunettes pour tailler, rempoter ou déplacer la plante. Se laver les mains avant de se toucher le visage.
Associations de plantes
Bonnes associations : les hostas, les heuchères et les fougères basses occupent le pied et partagent son ombre fraîche. Les hydrangeas de sous-bois s'accordent à ses exigences de sol et de fraîcheur. Un tapis de mousse ou de Soleirolia habille le sol au plus près du stipe.
Associations à éviter : toute plante de plein soleil et de sol sec. Les végétaux à racines traçantes vigoureuses, bambous ou lierre, qui monteraient sur le stipe et lui prendraient son eau. Éviter les compagnes hautes qui masqueraient la silhouette du stipe.
Conseil : planter suffisamment bas et à distance pour laisser voir le stipe sur toute sa hauteur. C'est lui, et non le feuillage, qui fait qu'on reconnaît une fougère arborescente, et un pied enseveli sous les vivaces perd tout son effet.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre dans les régions à hiver doux, façade atlantique et Bretagne, ou en grand bac ailleurs, à l'ombre claire et à l'abri du vent, en sol frais, humifère et acide. Fougère arborescente tolérant de courtes gelées jusqu'à environ -5 °C, à condition que le cœur soit protégé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 5 à 10 jours | Le tronc fibreux absorbe l'eau sur toute sa hauteur et c'est lui qu'il faut mouiller en priorité, en plus du sol maintenu frais. Un tronc qui sèche fait avorter les crosses en cours de déroulement, perdues pour toute l'année. |
| Brumisation | De juin à août : tous les 1 à 2 jours | Cette plante des forêts humides supporte mal l'air sec de nos étés continentaux. Une douche du tronc en fin de journée pendant les canicules limite le brunissement du bord des frondes. |
| Engrais liquide | De mai à août : toutes les 3 à 5 semaines | Deux ou trois apports légers par saison suffisent à cette plante peu gourmande. Les fortes concentrations de sels brunissent la pointe des frondes. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin : tous les 3 à 6 jours ; de juillet à septembre : toutes les 2 à 4 semaines | Les limaces dévorent les jeunes crosses tendres en une nuit, ce qui coûte une fronde entière pour l'année. Ne pas confondre les sores bruns alignés au revers des folioles, parfaitement normaux, avec un parasite. |
| Paillage | D’avril à mai | Un paillis épais maintient la fraîcheur des racines superficielles pendant tout l'été. Il acidifie doucement le sol en se décomposant, ce qui convient parfaitement à cette plante. |
| Bois mort et feuilles abîmées | D’avril à mai | Attendre le printemps et le déroulement des nouvelles crosses avant de retirer les frondes brunies par l'hiver, qui protègent le cœur entre-temps. Les bases laissées en place épaississent progressivement le manchon fibreux du tronc. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 3 ans | Rempoter dans un bac large et lourd, le sujet devenant haut et instable une fois les frondes déployées. Garder le tronc au même niveau qu'auparavant, sans enterrer les racines aériennes qui l'entourent. |
| Ombrage estival | De début mai à mi-septembre | Le soleil direct brûle les grandes frondes en larges plages brunes définitives, la plante n'en produisant qu'une couronne par an. Le voisinage d'arbres caducs offre l'ombrage idéal, léger en hiver et dense en été. |
| Voile d'hivernage | De novembre à mars | Remplir le sommet du tronc de paille ou de fougères sèches protège le bourgeon terminal, seul point de croissance de la plante. Replier les frondes de l'année autour du tronc et les envelopper, en aérant dès le retour des redoux. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-mars | Le système racinaire reste superficiel et gèle plus vite que le tronc lui-même. En bac, protéger aussi le contenant, dont la motte gèle dans la masse. |