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Plante d’intérieur · Aracées

Dieffenbachia Dieffenbachia seguine

Aussi appelé : Canne des muets, Dumb cane

Le dieffenbachia est une aracée des forêts tropicales d’Amérique, cultivée en appartement pour ses larges feuilles panachées. En pot, il atteint 1 à 2 m de haut pour 60 cm à 1 m d’étalement, sur une tige qui se dénude en montant et que l’on recoupe pour le faire repartir de la base. Il demande une lumière vive mais tamisée, une pièce qui ne descend pas sous 12 °C et un arrosage quand le substrat a séché sur 2 à 3 cm. Toutes ses parties sont toxiques et sa sève est irritante : il se place hors de portée des jeunes enfants et des animaux.

Dieffenbachia (Dieffenbachia seguine)
Photo : Forest & Kim Starr, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Aracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 10b à 12, minimum absolu 10 à 12 °C ; sous nos climats, culture d’intérieur exclusivement.

Dimensions : 1 à 2 m de haut en pot pour 60 cm à 1 m d’étalement (jusqu’à 3 m dans son milieu tropical d’origine).

Floraison : Rare et discrète en appartement : spathe verdâtre peu décorative, la plante étant cultivée pour son feuillage ; toutes ses parties sont toxiques et la sève est irritante.

Substrat : Mélange riche et aéré, terreau pour plantes vertes additionné de fibre de coco et d’un tiers de perlite ou d’écorces, pH légèrement acide de 5,5 à 6,5.

Exposition : Lumière vive mais toujours tamisée ; le soleil direct brûle les larges feuilles panachées, l’ombre profonde les fait pâlir et s’étioler.

Arrosage : Environ 1 fois par semaine en saison chaude, tous les 10 à 15 jours en hiver, en laissant sécher les 2 à 3 premiers centimètres du substrat entre deux apports.

Durée de vie : Vivace d’intérieur, 5 à 10 ans. La tige se dénude en montant et se recoupe pour repartir de la base.

Multiplication : Bouturage de tête ou de tronçons de tige d’avril à août, à l’intérieur au chaud et à l’étouffée, avec des gants.

Arrosage & entretien

Arrosage : D’avril à septembre, arroser abondamment à l’eau non calcaire tempérée dès que les 2 à 3 cm de surface sont secs, puis vider la soucoupe au bout de 20 minutes. En hiver, espacer nettement (tous les 10 à 15 jours) sans jamais laisser la motte se dessécher complètement.

Fertilisation : Engrais liquide pour plantes vertes, à dominante azotée et dilué de moitié, toutes les 2 à 3 semaines pendant la croissance. Suspendre totalement d’octobre à mars.

Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, dans un pot percé à peine plus large, avec une couche drainante au fond. Les années sans rempotage, remplacer les 3 premiers centimètres de substrat par du terreau neuf.

Taille : Supprimer au fil de l’eau les feuilles jaunies ; si la tige se dénude, la rabattre au printemps à 10 ou 15 cm du sol, la souche repart en plusieurs rejets. Travailler avec des gants et une lame désinfectée, la sève est irritante.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive et filtrée toute la journée, sans soleil direct aux heures chaudes ; 2 à 3 heures de soleil doux du matin sont tolérées. Les variétés très panachées demandent davantage de clarté que les formes vertes.

Emplacement : Intérieur toute l’année, idéalement devant une fenêtre à l’est ou au nord, ou à 1,5 m en retrait d’une baie au sud. Sortie estivale possible à l’ombre claire tant que les nuits restent au-dessus de 15 à 18 °C, à l’abri du vent.

Substrat : Mélange léger et humifère : 50 % de terreau plantes vertes, 25 % de fibre de coco ou de tourbe blonde, 25 % de perlite ou d’écorces fines. Éviter les terres lourdes qui se compactent et asphyxient les racines charnues.

pH : Optimum entre 5,5 et 6,5, soit légèrement acide à neutre ; au-delà de 7, le feuillage se chlorose faute de fer assimilable.

Drainage : Pot obligatoirement percé, avec 2 à 3 cm de billes d’argile au fond et soucoupe vidée après chaque arrosage. L’excès d’eau provoque la pourriture molle du collet et des racines, première cause de mort de l’espèce.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : couper la tête avec 10 à 15 cm de tige, ou découper la tige dénudée en tronçons de 5 à 8 cm portant chacun au moins un nœud, et laisser sécher les coupes quelques heures. Piquer la tête droite, ou coucher les tronçons à demi enfoncés, dans un mélange de terreau et de perlite humide, ou mettre la tête dans l’eau. À l’étouffée, à l’intérieur, vers 24 °C et à la lumière tamisée, les racines se forment en 3 à 6 semaines. Le bouturage de tête ou de tronçons de tige, d’avril à août, à l’intérieur et au chaud ; il réussit très bien et rajeunit une plante dénudée. Toujours porter des gants : la sève est irritante et toute la plante toxique.

Les autres méthodes

Semis :

Semerun amateur ne le sème pas : il ne fleurit guère en appartement, et les graines sont introuvables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : il ne fleurit guère en appartement, et ses fleurs, sans insectes pour les féconder, n’y donnent pas de baies. On le multiplie par bouture, rejet ou marcotte.

Division et autres méthodes : les rejets qui poussent à la base se détachent au rempotage, au printemps, avec leurs racines, et se rempotent seuls. Le marcottage aérien, d’avril à juillet, consiste à entailler la tige sous une feuille, à entourer la plaie de sphaigne humide sous un film plastique, puis à couper sous les racines formées en 6 à 8 semaines ; gants obligatoires.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture molle bactérienne (Pectobacterium, Erwinia) donne des taches translucides, gluantes et malodorantes sur les tiges, et la tache foliaire à Xanthomonas campestris pv. dieffenbachiae des lésions huileuses cernées de jaune ; la pourriture racinaire (Pythium, Phytophthora) suit les arrosages excessifs. Il n’existe pas de traitement curatif fiable : couper largement au-delà des zones atteintes avec une lame désinfectée, rempoter dans un substrat neuf, isoler la plante et cesser de mouiller le feuillage. La mosaïque du dasheen, virale, marbre les feuilles de stries claires et impose l’élimination du sujet.

Parasites fréquents : Les araignées rouges piquettent les feuilles de points gris avec de fines toiles aux aisselles quand l’air est sec, les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux blancs à la base des pétioles, les cochenilles à bouclier de petites écailles brunes le long des nervures. Les thrips, plus discrets, laissent un aspect argenté et des ponctuations noires. Doucher le feuillage et tamponner les cochenilles à l’alcool à 70°, en renouvelant tous les 7 à 10 jours pendant 3 semaines, puis, en recours, utiliser un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention : Maintenir 60 % d’humidité ambiante et une température stable de 18 à 25 °C, loin des courants d’air et des radiateurs. Arroser au pied sans mouiller le cœur de la plante et bannir l’eau stagnante dans la soucoupe. Mettre toute nouvelle plante en quarantaine 3 semaines et inspecter le revers des feuilles à chaque arrosage.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante nettement toxique par irritation : toutes les parties, et surtout la sève des tiges et des feuilles, contiennent des raphides d’oxalate de calcium associées à des enzymes protéolytiques. L’ingestion est rarement mortelle mais très douloureuse, et potentiellement grave chez le jeune enfant par œdème des voies aériennes.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien et le chat, où elle figure parmi les plantes d’intérieur les plus souvent en cause, ainsi que pour les rongeurs, lapins et oiseaux. Les lésions sont les mêmes que chez l’homme, avec un risque respiratoire chez les petits gabarits.

Symptômes : Ingestion : brûlure immédiate et intense de la bouche, gonflement des lèvres, de la langue et de la gorge, salivation abondante, difficulté à avaler et à parler (d’où le nom de « canne des muets »), parfois vomissements et douleurs abdominales. Contact : rougeur et démangeaison cutanées, et en cas de projection dans l’œil, conjonctivite très douloureuse avec risque de lésion de la cornée.

Précautions : Porter des gants pour tailler, bouturer ou rempoter, ne jamais se frotter les yeux et se laver les mains ensuite ; placer la plante hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, rincer la bouche à l’eau, faire boire un peu d’eau froide ou de lait, ne pas faire vomir et appeler aussitôt un centre antipoison ou un vétérinaire.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le Spathiphyllum, le Calathea ou Maranta et l’Aglaonema partagent exactement les mêmes exigences (lumière tamisée, chaleur constante, atmosphère humide) et supportent d’être arrosés au même rythme. Une fougère de Boston ou un Asplenium au pied complète bien la scène, leur feuillage fin contrastant avec les larges feuilles du Dieffenbachia. Regroupées, ces plantes créent un microclimat humide qui limite les araignées rouges.

Associations à éviter : Cactées et succulentes (Echeveria, Crassula) réclament un substrat sec et minéral, incompatible avec l’humidité constante exigée ici. La Sansevieria et le Zamioculcas pourrissent au rythme d’arrosage du Dieffenbachia. Les aromatiques méditerranéennes comme la lavande ou le romarin, en plein soleil et en terre drainante, n’ont rien à faire à ses côtés, et leur voisinage avec une plante toxique invite à la confusion.

Conseil : Poser tous les pots sur un large plateau garni de billes d’argile maintenues humides, sans que les fonds baignent : l’évaporation collective fait gagner 10 à 15 % d’humidité relative. Placer le Dieffenbachia en arrière-plan, à hauteur d’adulte sur un meuble ou une console, ce qui met en valeur son feuillage tout en l’éloignant des enfants et des animaux. Ne jamais l’installer près des plantes comestibles ou aromatiques.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pot à l'intérieur toute l'année, devant une fenêtre lumineuse sans soleil direct, dans une pièce chauffée entre 43 °C. Plante tropicale très gélive, qui souffre déjà sous 12 °C et dont la sève est irritante.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours Arroser dès que les deux premiers centimètres du substrat sont secs, en mouillant toute la motte. Une eau froide ou un substrat détrempé font jaunir puis tomber les feuilles du bas.eau non calcaire à température ambiante
BrumisationUtile De mi-octobre à mi-avril : tous les 2 à 3 jours ; de mi-avril à mi-octobre : tous les 5 à 8 jours L'air sec du chauffage brunit la pointe et le bord des grandes feuilles. Un plateau de billes d'argile humides sous le pot donne un résultat plus durable que la brumisation seule.eau non calcaire, le matin
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Nourrir uniquement pendant la croissance, toujours sur un substrat déjà humide. Suspendre tout apport d'octobre à mars, la plante ne poussant presque plus.engrais plantes vertes dilué de moitié
Dépoussiérage du feuillageUtile De janvier à décembre : toutes les 2 à 4 semaines Essuyer les deux faces des larges feuilles, que la poussière ternit très vite. Se laver les mains ensuite, la sève restant irritante même en petite quantité.chiffon doux humide, sans produit lustrant
Inspection parasitaireUtile De mi-octobre à fin mars : toutes les 1 à 2 semaines ; de début avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines Les araignées rouges prolifèrent dans l'air sec du chauffage et couvrent le feuillage de fines piqûres claires. Chercher aussi les amas blancs cotonneux des cochenilles farineuses, à tamponner au coton imbibé d'alcool à 70 °C.revers des feuilles et aisselles des pétioles
Rotation du potOptionnel De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines La tige se penche nettement vers la fenêtre et finit par pousser de travers. Une rotation régulière garde un port droit et équilibré.un quart de tour à chaque fois
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès qu'il reste de l'eau dans la soucoupe ou au fond du cache-pot après un arrosage Une tige qui ramollit et brunit à sa base trahit des racines qui ont baigné trop longtemps. Le risque est maximal en hiver, quand la plante consomme peu.vider entièrement, sans laisser de fond
RempotageUtile De mi-mars à fin mai, tous les 2 ans Rempoter avant la reprise dans un pot à peine plus grand, avec un terreau léger additionné de perlite. Ne pas enfoncer la tige plus profondément qu'elle ne l'était, sous peine de la faire pourrir.gants obligatoires, sève irritante
Taille de structureUtile De mi-mars à fin mai, tous les 3 ans Étêter une tige devenue haute et dégarnie : deux ou trois rejets repartent sous la coupe en quelques semaines. Le latex qui s'écoule brûle la peau et surtout les yeux, et le tronçon coupé s'enracine facilement.gants et lunettes, sécateur désinfecté
Déplacement saisonnierUtile De mi-octobre à fin marsDès que : dès la mise en route du chauffage ou en cas de courant d'air froid répété Un courant d'air froid suffit à faire jaunir et tomber plusieurs feuilles en quelques jours. Rapprocher la plante de la fenêtre en hiver compense la baisse de lumière, à condition d'éviter le contact avec la vitre froide.loin des radiateurs et des portes d'entrée