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Bisannuelle · Plantaginacées

Digitale pourpre Digitalis purpurea

Aussi appelé : Digitale, Gant de Notre-Dame, Doigtier, Gantelée, Foxglove

La digitale pourpre est une bisannuelle des lisières et des clairières d’Europe de l’Ouest, sauvage dans une bonne partie de la France. La première année, elle forme une rosette de feuilles ; la deuxième, elle dresse une hampe de 80 cm à 1,80 m chargée de clochettes pourpres tachetées, puis meurt. Elle demande une mi-ombre douce et une terre humifère, fraîche, sans calcaire ni eau stagnante. Toute la plante est très toxique, à tenir hors de portée des jeunes enfants ; laissée monter en graines, elle se ressème seule.

Digitale pourpre (Digitalis purpurea)
Photo : Walther Otto Müller, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Bisannuelle
Famille
Plantaginacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-25 °C
Floraison
De juin à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8, la rosette supporte -25 °C sans protection. Le danger hivernal est l’eau stagnante, qui la fait fondre, pas le gel.

Dimensions : Hampe de 80 cm à 1,80 m selon la richesse du sol, pour une rosette de 40 à 60 cm d’étalement.

Floraison : De juin à fin juillet, la deuxième année, de hautes hampes de clochettes pourpres tachetées à l’intérieur, sans parfum ; le pied meurt après avoir fleuri. Toute la plante est très toxique.

Substrat : Humifère, frais et léger, type terreau de feuilles. Elle déteste franchement le calcaire.

Exposition : Mi-ombre, 2 à 4 heures de soleil doux, en lisière de bois ou au pied d’une haie. Le plein soleil brûlant raccourcit la hampe et la floraison.

Arrosage : Tous les 4 à 7 jours d’avril à septembre en l’absence de pluie, pour garder le sol frais sans jamais le détremper.

Durée de vie : Bisannuelle : rosette la première année, hampe la deuxième, puis le pied meurt. Elle se perpétue seule par semis spontané si l’on laisse une hampe monter en graines.

Multiplication : Semis en surface de mai à début juillet, en terrine ombragée, et mise en place des rosettes en septembre et octobre.

Arrosage & entretien

Arrosage : D’avril à septembre, tous les 4 à 7 jours sans pluie, en mouillant le sol et non le feuillage. Un sol qui sèche complètement en première année compromet la hampe de l’année suivante.

Fertilisation : Peu gourmande : une poignée de compost mûr griffée au pied en mars de la deuxième année suffit. Un engrais azoté donne des hampes molles qui versent au premier orage.

Rempotage : Rarement cultivée en pot, sa racine réclamant 30 cm de profondeur. Le cas échéant, aucun rempotage n’a de sens puisque le pied meurt après sa floraison.

Taille : Couper la hampe principale quand la moitié des fleurs sont fanées provoque des hampes secondaires en août. Laissez-en une monter en graines si vous voulez des semis spontanés.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre, 2 à 4 heures de soleil du matin. C’est une plante de sous-bois clair, pas de plate-bande en plein cagnard.

Emplacement : Extérieur toute l’année, orientation nord ou est, en lisière, sous un arbre léger ou au pied d’une haie.

Substrat : Terreau de feuilles, terre de bruyère, compost bien décomposé. Elle prospère sur les sols forestiers acides et pauvres en calcium.

pH : 5 à 6,5. Au-dessus de 7, le feuillage jaunit entre les nervures et la plante stagne.

Drainage : Frais mais drainé, la nuance est ici décisive. La rosette passe l’hiver au ras du sol et pourrit en quelques semaines dans une terre gorgée d’eau.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : semer dehors, en terrine ou en pépinière à l’ombre, sans enterrer les graines, qui ont besoin de lumière pour germer ; presser seulement et garder humide. La levée prend 2 à 3 semaines vers 15 à 20 °C ; repiquer les rosettes et les planter en septembre ou octobre pour une floraison l’été suivant. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce, à peu près les séries de couleurs. Le semis de mai à début juillet, en terrine ou en pépinière ombragée, avec une mise en place en septembre et octobre : il réussit très facilement. Porter des gants pour manipuler graines et feuilles, toute la plante étant très toxique.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. La digitale se croise avec les autres digitales du jardin. Couper la hampe en août ou septembre, quand les capsules du bas brunissent et s’entrouvrent, avec des gants, et la secouer dans un sac en papier ; les graines, fines comme de la poussière, se gardent 2 à 3 ans au sec.

Les autres méthodes

Bouturage : la digitale ne se bouture pas.

Division et autres méthodes : aucune : bisannuelle, elle meurt après sa floraison ; il suffit de laisser monter une hampe en graines et de déplacer en septembre les jeunes rosettes spontanées, avec leur motte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium blanchit le feuillage en fin d’été, les taches foliaires brunes apparaissent par temps humide et couvert. Dans les deux cas, on supprime les feuilles basses atteintes et on espace davantage les pieds. La pourriture de la couronne, en sol lourd, est fatale et ne se traite pas.

Parasites fréquents : Les limaces et les escargots sont le vrai danger : ils dévorent les jeunes rosettes en une nuit. Les pucerons colonisent ensuite le haut des hampes en juin, et l’otiorhynque ronge les racines des sujets cultivés en pot.

Prévention : Surveiller les rosettes après chaque pluie de printemps, cendre ou granulés au pied des jeunes plants. Arroser le matin et au pied, pailler en laissant le cœur de la rosette dégagé pour qu’il reste sec.

Toxicité

Toxicité humaine : Très toxique, potentiellement mortelle. Toutes les parties contiennent des hétérosides cardiotoniques, dont la digitoxine : feuilles, fleurs, graines, racines, y compris sèches, et jusqu’à l’eau du vase.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et le bétail, et classée comme telle par l’ASPCA. Le foin contenant des digitales reste dangereux après séchage.

Symptômes : Nausées, vomissements, douleurs abdominales, puis troubles de la vision avec halos jaunes, pouls lent et irrégulier, jusqu’à l’arrêt cardiaque. Le contact répété avec la sève irrite la peau.

Précautions : Gants pour la tailler, mains lavées après manipulation, et pas de plantation au potager où ses feuilles se confondent avec celles de la consoude ou de la bourrache. En cas d’ingestion, même minime, appelez immédiatement le centre antipoison.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères et les hostas, qui occupent le sol frais et ombragé au pied de ses hampes nues. L’astilbe, qui prend le relais de la floraison en juillet. Le rhododendron et l’azalée, dont elle partage exactement l’exigence de sol acide et humifère.

Associations à éviter : Les méditerranéennes sèches, lavande, sauge ou romarin, dont le sol calcaire et l’arrosage parcimonieux sont l’inverse de ses besoins. Les couvre-sol traçants comme la petite pervenche, qui étouffent les jeunes rosettes avant leur deuxième année. Et le potager, où la confusion de feuillage avec la consoude a déjà causé des accidents graves.

Conseil : Semez 2 années de suite pour caler le cycle. Vous aurez alors chaque année une génération en rosette et une génération en fleur, et la floraison ne sautera plus un été sur deux.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Semis élevé en pépinière puis planté en pleine terre à mi-ombre, en lisière ou au pied d’une haie, dans une terre fraîche, humifère et plutôt acide.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : toutes les 3 à 4 semaines Arroser au pied dès que la surface sèche, la digitale étant une plante de lisière fraîche dont la hampe se raccourcit à chaque coup de sec. En hiver, ne rien apporter : la rosette pourrit plus vite qu’elle ne se dessèche.sol frais en permanence, jamais détrempé
Inspection parasitaireEssentiel De mars à mai : tous les 3 à 7 jours ; de juin à septembre : toutes les 2 à 3 semaines Passer voir les rosettes après chaque pluie de printemps : une limace vide une jeune digitale en une nuit, alors qu’un pied adulte ne craint plus grand-chose.limaces sur les jeunes rosettes
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Griffer une poignée de compost mûr au pied au démarrage de la deuxième année : assez pour une belle hampe, pas assez pour la rendre molle comme le ferait un engrais azoté.une poignée, la deuxième année seulement
Correction du pHUtile De mars à octobreDès que : feuillage pâle entre les nervures sur une terre calcaire La digitale est l’une des rares plantes de massif qui jaunit franchement au-dessus de pH 7 : incorporer du compost de feuilles au pied rétablit l’acidité qu’elle réclame.terre de bruyère ou compost de feuilles
PaillageUtile De mi-avril à fin mai 3 à 5 cm de paillis organique gardent la fraîcheur qu’elle réclame, à condition de laisser le cœur de la rosette à l’air pour qu’il ne pourrisse pas.feuilles mortes ou broyat, cœur de rosette dégagé
SemisEssentiel De début mai à mi-juillet Semer en terrine ou en pépinière ombragée sans enterrer les graines, qui ont besoin de lumière pour germer ; la floraison ne viendra que l’été suivant.graines très fines, posées sans être recouvertes
FloraisonOptionnel De juin à juillet Les clochettes s’ouvrent de bas en haut sur une hampe qui ne fleurit qu’une fois, la deuxième année, avant que le pied ne meure.deuxième année, clochettes sur un seul côté de la hampe
Fleurs fanéesUtile De mi-juin à mi-août Couper la hampe principale quand la moitié des fleurs sont passées provoque des hampes secondaires plus courtes en août ; en laisser une monter en graines assure la relève, la plante étant bisannuelle.garder une hampe en graines pour les semis spontanés
Mise en place des plantsEssentiel De septembre à octobre Mettre les jeunes rosettes en place pendant que la terre est encore tiède, pour qu’elles s’enracinent avant l’hiver et montent une hampe haute au printemps suivant.40 cm entre les pieds, collet au ras du sol