Vivace · Droséracées
Dionée attrape-mouche Dionaea muscipula
Aussi appelé : Dionée, Attrape-mouche, Gobe-mouche, Venus flytrap
La dionée attrape-mouche est une plante carnivore des tourbières de Caroline du Nord et du Sud, dont les feuilles se referment en piège sur les insectes. Elle forme une rosette de 10 à 15 cm de diamètre, aux pièges de 2 à 4 cm, et demande du plein soleil, une tourbe blonde pauvre et acide, et uniquement de l’eau de pluie ou déminéralisée. Elle ne supporte ni terreau, ni engrais, ni calcaire. Gardée au chaud toute l’année, elle dépérit en quelques années : il lui faut chaque hiver un repos au froid, dehors ou dans un local clair non chauffé.
- Type
- Vivace
- Famille
- Droséracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 7 à 10 : en pot, elle supporte des gelées passagères jusqu’à -5 °C environ, et vers -10 °C dans les tourbières de Caroline du Nord et du Sud d’où elle vient. Plus froid, elle passe l’hiver dans un local clair et non chauffé.
Dimensions : Rosette de 10 à 15 cm de diamètre et de 5 à 10 cm de haut, aux pièges de 2 à 4 cm ; la hampe florale monte à 15 à 30 cm.
Floraison : En mai et juin, après le repos d’hiver : petites fleurs blanches en bouquet au sommet d’une hampe dressée, bien au-dessus des pièges.
Substrat : Tourbe blonde non enrichie ou sphaigne, pure ou mêlée de sable siliceux ou de perlite, très pauvre et acide, au pH de 3,5 à 5 ; jamais de terreau, d’engrais ni de calcaire.
Exposition : Plein soleil, avec au moins 4 à 6 heures de soleil direct par jour, dehors de mars à novembre.
Arrosage : Uniquement à l’eau de pluie, osmosée ou déminéralisée : du printemps à l’automne, 1 à 2 cm d’eau dans la soucoupe, remise dès qu’elle est vide, soit tous les 1 à 3 jours en été. L’hiver, au repos, le substrat reste seulement humide, sans eau dans la soucoupe.
Durée de vie : Vivace à rhizome qui vit 20 à 30 ans quand elle a chaque hiver son repos au froid ; privée de ce repos, elle dépérit en quelques années.
Multiplication : Division du rhizome au rempotage en mars, ou bouture de feuille de mai à juillet sur tourbe humide, à l’étouffée.
Arrosage & entretien
Arrosage : Du printemps à l’automne, laissez 1 à 2 cm d’eau de pluie, osmosée ou déminéralisée dans la soucoupe et remettez-en dès qu’elle est vide, tous les 1 à 3 jours en été. L’hiver, gardez le substrat seulement humide, sans eau dans la soucoupe, et n’employez jamais l’eau du robinet ni l’eau minérale, dont le calcaire et les sels finissent par la tuer.
Fertilisation : Aucun engrais : il brûle ses racines, et dehors elle capture seule les insectes dont elle a besoin. Ne la nourrissez ni de viande ni de fromage, qui pourrissent dans le piège, et ne déclenchez pas ses pièges du doigt : chaque fermeture à vide l’épuise.
Rempotage : Tous les 2 ans, de fin février à mi-mars, avant la reprise, dans de la tourbe blonde neuve mêlée de sable siliceux ou de perlite, en pot plastique percé d’au moins 10 cm de profondeur. Séparez à cette occasion les rhizomes qui se sont multipliés, chacun avec ses racines.
Taille : Aucune taille, seulement un nettoyage : coupez à leur base les pièges et les feuilles noircis, qui moisiraient. Coupez aussi la hampe florale dès qu’elle pointe sur une plante jeune ou faible ; une plante vigoureuse peut fleurir.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, avec au moins 4 à 6 heures de soleil direct par jour ; plus elle en reçoit, plus ses pièges se teintent de rouge. À l’ombre ou derrière une vitre, ses feuilles s’allongent, ses pièges restent petits et elle dépérit.
Emplacement : Dehors de mars à novembre, sur un balcon ou une terrasse au sud ou à l’ouest, dans sa soucoupe d’eau. L’hiver, dans un local clair et non chauffé entre 0 et 10 °C, ou dehors au pied d’un mur dans les régions aux hivers doux.
Substrat : Tourbe blonde non enrichie ou sphaigne, pure ou mêlée d’un tiers à la moitié de sable siliceux ou de perlite. Ni terreau, ni terre de jardin, ni sable calcaire : leurs sels minéraux brûlent ses racines.
pH : Très acide, de 3,5 à 5, comme dans les tourbières dont elle est originaire.
Drainage : Le substrat reste humide en permanence l’été, mais le pot doit être percé et ne tremper que dans 1 à 2 cm d’eau. L’hiver, au froid, un substrat détrempé fait pourrir le rhizome : la soucoupe reste alors vide.
Multiplication
Division : en mars, dépoter, rincer doucement le rhizome à l’eau de pluie et séparer à la main ou au couteau propre les éclats qui portent chacun leurs racines. Rempoter aussitôt dans de la tourbe blonde mêlée de sable siliceux, soucoupe remplie d’eau de pluie, au soleil. La division du rhizome au rempotage, en mars, juste avant la reprise de végétation : elle réussit très bien et reproduit fidèlement les cultivars.
Les autres méthodes
Bouturage : de mai à juillet, arracher une feuille en tirant vers le bas pour garder sa base blanche, et la poser à plat, base enfoncée, sur de la tourbe blonde ou de la sphaigne humide. Placer sous un couvercle transparent, à l’intérieur, à la lumière vive sans soleil direct et à 20 à 25 °C, en arrosant à l’eau de pluie. Les petites plantes apparaissent à la base en 1 à 3 mois.
Semis :
Semersemer les graines fraîches en juin ou juillet, en surface, à la lumière, sur de la tourbe blonde détrempée à l’eau de pluie, sous couvercle, à l’intérieur, à 20 à 25 °C ; la levée prend 2 à 6 semaines. Les graines reproduisent l’espèce, pas les cultivars, et une plante adulte demande 3 à 5 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, mais 2 pieds donnent mieux. À l’intérieur, il faut féconder les fleurs au pinceau, en passant le pollen d’une fleur à l’autre ; une floraison épuise la plante, et beaucoup coupent la hampe pour cette raison. Les graines noires mûrissent 4 à 6 semaines plus tard, en juin ou juillet, quand les capsules sèchent ; elles perdent vite leur pouvoir germinatif et se gardent au plus quelques mois au réfrigérateur.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture grise (Botrytis) couvre d’un duvet gris les feuilles mortes puis le cœur de la rosette, surtout l’hiver dans un local humide et confiné : coupez sans attendre les feuilles noircies et aérez. Un rhizome qui noircit et pourrit trahit le plus souvent une eau calcaire, un engrais ou un hiver trop chaud et détrempé ; rempotez alors dans de la tourbe neuve, après avoir coupé les parties molles. Un piège qui noircit après une proie trop grosse ou un morceau de viande n’est pas malade : il suffit de le couper.
Parasites fréquents : Les pucerons s’installent au printemps dans le cœur de la rosette et sur la hampe, et déforment les jeunes pièges. Plongez le pot une nuit entière dans un seau d’eau de pluie, où ils se noient, puis en recours pulvérisez légèrement un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». À l’intérieur, par air sec, les araignées rouges et les thrips piquettent parfois les feuilles de points pâles : la sortir au plein air en vient souvent à bout.
Prévention : L’eau de pluie, le plein soleil, un substrat sans engrais et un vrai repos d’hiver au froid évitent l’essentiel des soucis. Retirez les feuilles mortes au fur et à mesure, et achetez des plants issus de culture, jamais prélevés dans la nature, où l’espèce est menacée.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique : aucune intoxication n’est connue, pour aucune partie de la plante. Ses pièges, trop faibles pour pincer, sont sans danger pour les doigts.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit, ni par ingestion ni par contact.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire pour la santé. C’est plutôt la plante qu’il faut protéger des doigts curieux, car chaque piège déclenché à vide l’épuise.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les sarracénies basses, comme Sarracenia purpurea, partagent exactement ses besoins : plein soleil, eau de pluie, tourbe acide et repos d’hiver au froid. Drosera filiformis, droséra des mêmes plaines côtières de l’est des États-Unis, s’installe dans le même bac, et ses feuilles fines comme des fils ne lui font guère d’ombre. Un tapis de sphaigne vivante garde la surface humide autour des rosettes.
Associations à éviter : Les népenthès, carnivores tropicales, réclament un hiver chaud qui empêcherait son repos. Les cactus et les plantes grasses veulent un substrat sec, à l’opposé de sa soucoupe toujours pleine. Toute plante qu’on nourrit d’engrais ou qu’on arrose à l’eau du robinet ne doit partager ni sa soucoupe ni son bac.
Conseil : Réunissez-les dans une mini-tourbière : un bac étanche d’au moins 20 cm de profondeur, percé d’un trou de trop-plein à quelques centimètres du bord, rempli de tourbe et de sable siliceux, alimenté en eau de pluie et posé au plein soleil. Le grand volume de tourbe y garde mieux l’humidité et protège mieux les rhizomes du gel qu’un petit pot.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot de tourbe posé dans une soucoupe d’eau de pluie, dehors au plein soleil de mars à novembre, puis au repos l’hiver dans un local clair et non chauffé, entre 0 et 10 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 3 à 5 jours ; de juin à août : tous les 1 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 3 à 5 jours ; de novembre à février : tous les 10 à 15 jours | Du printemps à l’automne, garder 1 à 2 cm d’eau dans la soucoupe et la remplir dès qu’elle est vide. Pendant le repos d’hiver, maintenir seulement le substrat humide, sans eau dans la soucoupe. |
| Ramassage des feuilles mortes | De janvier à décembre | Un piège noircit naturellement après quelques captures, et beaucoup de feuilles noircissent à l’entrée du repos, à l’automne. Laissés en place, ils moisissent, surtout l’hiver au frais, où la pourriture grise gagne vite le cœur de la plante. |
| Rempotage | De mi-février à mi-mars, tous les 2 ans | Rempoter à la fin du repos, avant la reprise, dans un pot en plastique percé d’au moins 10 cm de profondeur. Séparer à cette occasion les rhizomes qui se sont multipliés, chacun avec ses racines. |
| Sortie au printemps | De début mars à mi-avril | C’est le plein soleil qui lui donne des pièges vigoureux, teintés de rouge à l’intérieur. Derrière une vitre, elle s’étiole en feuilles longues et molles. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Ils déforment les jeunes pièges au moment où la plante repart. Plonger le pot une nuit entière dans un seau d’eau de pluie les noie ; en recours seulement, pulvériser légèrement un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Floraison | De mai à juin | Couper la hampe dès qu’elle pointe épargne à une jeune plante un effort qui ralentit la pousse de ses pièges. Une plante vigoureuse peut fleurir et donner ses petites graines noires en juin et juillet. |
| Rentrée à l'automne | De début novembre à mi-décembre | Un garage éclairé, une véranda froide ou le rebord de fenêtre d’une pièce non chauffée conviennent, alors que dans un salon chauffé elle ne fait pas son repos et s’épuise. Dans les régions aux hivers doux, elle peut passer l’hiver dehors, au pied d’un mur. |