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Arbre fruitier · Ébénacées

Kaki Diospyros kaki

Aussi appelé : Plaqueminier, Plaqueminier du Japon, Kakier, Persimmon

Le kaki, ou plaqueminier, est un arbre fruitier originaire de Chine, cultivé pour ses fruits orange qui mûrissent à l’automne. Sous nos climats, il atteint 5 à 8 m de haut pour 4 à 6 m d’étalement et entre en production 4 à 5 ans après la plantation. Il demande du plein soleil, un sol profond, frais et peu calcaire, et des arrosages réguliers en été pendant le grossissement des fruits. Adulte, il supporte environ -15 °C, mais ses fruits ne mûrissent bien qu’avec un automne doux et long.

Kaki (Diospyros kaki)
Photo : Sphl, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Ébénacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 7, environ -15 °C pour un arbre adulte au repos, plutôt -12 °C pour le bois de l’année et les sujets de moins de 5 ans. Il pousse dans presque toute la France de plaine, mais le fruit ne mûrit bien qu’avec un automne doux et long.

Dimensions : 5 à 8 m de haut pour 4 à 6 m d’étalement sous nos climats, port étalé et branches cassantes sous le poids des fruits. Un vieux sujet en sol profond atteint 10 m.

Floraison : En mai et juin, de petites fleurs blanc crème à jaune pâle, discrètes et cachées sous le feuillage, sans parfum notable ; tout l’intérêt de l’arbre est dans les fruits orange qui suivent.

Substrat : Sol profond, frais, riche et drainant, neutre à légèrement acide, pH de 6 à 7. Il supporte mal le calcaire actif, qui le fait chloroser durablement.

Exposition : Plein soleil, abrité des vents froids et desséchants qui font tomber les jeunes fruits. Un adossement à un mur au sud avance la maturité de 15 jours.

Arrosage : Régulier de juin à septembre, tous les 7 à 10 jours sur un jeune sujet, 20 à 30 litres à la fois. Un coup de sec pendant le grossissement fait chuter la récolte.

Durée de vie : Vivace, arbre fruitier de 50 ans et davantage. Il entre en production la quatrième ou cinquième année après plantation.

Multiplication : Greffe en fente en avril sur un plant de semis, seule méthode qui reproduit une variété ; le bouturage échoue presque toujours.

Arrosage & entretien

Arrosage : De juin à septembre, un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours sur un jeune sujet, plus espacé une fois l’arbre installé. C’est l’irrégularité, plus que la sécheresse, qui provoque la chute des fruits en août ; rien à donner d’octobre à mai.

Fertilisation : Compost mûr ou fumier décomposé en surface au pied, en février ou mars. Un complément organique riche en potasse à la nouaison se justifie sur un arbre qui porte beaucoup.

Rempotage : La culture en bac ne tient pas longtemps, les racines charnues supportant mal d’être dérangées. Si l’on s’y tient, changer de contenant tous les 3 ans en fin d’hiver sans démêler la motte.

Taille : Peu et tard, en février ou mars avant un débourrement tardif : on éclaircit le centre et on ôte le bois mort. Le kaki fructifie sur les pousses de l’année nées du bois d’un an, une taille sévère supprime donc la récolte suivante.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. La maturité très tardive du fruit réclame toute la lumière disponible en octobre, ce qui exclut les situations ombragées.

Emplacement : Extérieur uniquement, en pleine terre, au sud ou au sud-ouest. Dans les régions ventées, l’adosser à un mur ou à une haie brise-vent, le bois étant cassant et les fruits lourds.

Substrat : Terre profonde et fraîche, enrichie de compost, sans excès de calcaire. Il n’aime ni le sable sec ni l’argile compacte qui asphyxie ses racines charnues.

pH : De 6 à 7, légèrement acide de préférence. Au-delà de 7,5, la chlorose ferrique s’installe et jaunit les feuilles entre des nervures restées vertes.

Drainage : Bon drainage indispensable, mais avec une réserve d’eau : le kaki veut un sol frais sans être détrempé. L’eau stagnante de l’hiver fait pourrir ses racines, plus sûrement que le gel.

Multiplication

Méthode conseillée

pour un amateur, l’achat d’un arbre greffé ; la greffe en fente en avril sur un plant de semis est possible pour qui veut la tenter.

Les autres méthodes

Bouturage : le kaki ne se bouture pratiquement pas : les boutures ne s’enracinent presque jamais, même avec de l’hormone.

Semis :

Semerstratifier les graines lavées 2 à 3 mois au froid, dans du sable humide au réfrigérateur, puis les semer en avril sous abri, à 3 cm de profondeur, à 20 °C ; la levée prend 4 à 8 semaines. Les semis ne reproduisent pas les variétés fruitières et ne donnent souvent qu’un arbre mâle ou de petits fruits : ils servent de porte-greffes.

Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : sans mâle voisin, les kakis n’ont pas de graines. La plupart des kakis cultivés n’ont que des fleurs femelles et font leurs fruits sans fécondation, donc sans graines. Prélever les graines sur des fruits bien mûrs, en novembre, les laver et les garder dans du sable à peine humide, sans les laisser sécher, jusqu’à la stratification.

Division et autres méthodes : les variétés se multiplient uniquement par greffe. En avril, rabattre un porte-greffe de 1 cm de diamètre, le fendre au centre sur 3 cm, y glisser un greffon de la variété taillé en biseau, à 2 yeux, prélevé en hiver et conservé au frais. Ligaturer, mastiquer les plaies et ôter les pousses du porte-greffe jusqu’à la reprise.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le kaki est remarquablement sain en France et ne demande aucun traitement de routine, contrairement aux fruitiers à noyau. On rencontre surtout la chlorose ferrique en sol calcaire, feuilles jaunes à nervures vertes, que l’on corrige par un chélate de fer au printemps. Une anthracnose peut tacher feuilles et fruits lors des automnes très pluvieux du Sud-Ouest.

Parasites fréquents : Cochenilles farineuses et cochenilles à bouclier sur les charpentières et sous le calice des fruits, parfois la cératite sur le littoral méditerranéen. Un traitement à l’huile blanche en fin d’hiver règle les premières, un piège à phéromone la seconde. Les oiseaux, merles et étourneaux, prélèvent bien plus de fruits que tous les insectes réunis.

Prévention : Ne pas forcer sur l’azote, qui produit un bois tendre où les cochenilles s’installent. Éclaircir légèrement la couronne pour que l’air y circule. Récolter dès que le fruit prend sa couleur, plutôt que de le laisser blettir sur l’arbre à la merci des oiseaux.

Toxicité

Toxicité humaine : Le fruit mûr est comestible et ne présente aucune toxicité. Les variétés astringentes mangées encore fermes laissent une sensation râpeuse due aux tanins solubles, et une grande quantité de kakis non blets peut former un bézoard dans l’estomac, surtout après une chirurgie gastrique.

Toxicité animaux : Ni les feuilles ni la chair ne sont toxiques pour le chien et le chat. Le risque est mécanique et digestif : pépins, calices et fruits verts avalés en quantité provoquent occlusions et entérites, bien documentées chez le cheval avec les plaqueminiers.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, douleur abdominale et diarrhée après ingestion de fruits verts ou de pépins. Chez l’homme, lourdeur digestive, et très rarement une occlusion par bézoard après des excès répétés.

Précautions : Ramasser les fruits tombés si un chien ou un cheval a accès au pied de l’arbre. Attendre que les variétés astringentes soient blettes, translucides et molles, avant de les manger.

Associations de plantes

Bonnes associations : Un couvre-sol de trèfle blanc ou quelques consoudes au pied, qui nourrissent le sol sans concurrencer les racines en profondeur. Un figuier à bonne distance, qui demande la même chaleur et le même sol drainé. Des bulbes précoces, crocus et narcisses, qui fleurissent et fanent avant un débourrement qui n’arrive qu’en mai.

Associations à éviter : Le noyer, dont la juglone gêne les jeunes plants dans un rayon de 10 m. Le peuplier ou le robinier, dont l’enracinement traçant assèche le sol frais dont il a besoin en été. Une pelouse tondue ras jusqu’au tronc, qui prive ses racines superficielles d’eau au moment du grossissement des fruits.

Conseil : Lui laisser 5 m de dégagement et le placer dans l’axe d’une fenêtre : il garde ses fruits orange accrochés après la chute des feuilles, et c’est un arbre qu’on regarde autant qu’on récolte. Étayer ou éclaircir les branches trop chargées, le bois casse net.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre greffé planté en pleine terre, en plein soleil et à l’abri des vents froids, dans un sol profond et frais qui reste drainant l’hiver.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De juin à septembre : tous les 7 à 10 jours Arroser au pied pendant tout le grossissement des fruits, sans laisser le sol passer du détrempé au sec. C’est cet à-coup, bien plus que la sécheresse elle-même, qui fait tomber la récolte en août.20 à 30 litres à la fois sur un jeune sujet, régularité avant quantité
Compost, amendementUtile De début février à mi-mars Épandre en surface en fin d’hiver, avant un débourrement qui reste tardif : le kaki est gourmand mais ses racines charnues et superficielles ne supportent pas d’être remuées.compost mûr ou fumier bien décomposé sous la couronne
Taille de structureUtile De début février à mi-mars Éclaircir le centre et ôter le bois mort avant le départ de végétation. Le kaki fructifie sur les pousses de l’année issues du bois d’un an et cicatrise mal les plaies larges, une taille sévère supprime donc la récolte.taille légère, aucune grosse coupe
PaillageEssentiel De début avril à mi-mai Pailler largement au printemps pour tenir le sol frais jusqu’en septembre : les racines du kaki traçent en surface et souffrent dès que celle-ci sèche.8 à 10 cm de paillis, écartés du tronc
Gourmands et rejetsUtile De mai à août Supprimer au ras les rejets du porte-greffe, souvent un Diospyros lotus très vigoureux, qui épuisent l’arbre et ne donneraient que de petits fruits âpres.rejets partant sous le point de greffe
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre Chercher les cochenilles, seul ravageur régulier de cet arbre en France : hormis elles et les oiseaux à la récolte, le kaki ne demande aucune surveillance sanitaire.une fois par mois, branches charpentières et dessous du calice
Fructification, récolteEssentiel De mi-octobre à fin novembre Récolter à la couleur, une fois les feuilles tombées, puis laisser blettir à l’intérieur les variétés astringentes. Un fruit laissé sur l’arbre après une gelée sévère tourne en bouillie.au sécateur, calice compris, avant les fortes gelées
Protection des racinesEssentiel De début novembre à mi-mars Couvrir le pied d’un jeune sujet avant les premiers gels : le bois de l’année et les racines superficielles souffrent bien avant les -15 °C que supporte un arbre installé.les cinq premiers hivers, butte de feuilles ou de paille de 20 cm