Succulente · Crassulacées
Echeveria Echeveria agavoides
Aussi appelé : Échévéria à feuilles d’agave, Molded wax agave
Cette échévéria du Mexique forme une rosette très serrée et symétrique de 15 à 25 cm de diamètre pour 10 à 15 cm de haut, aux feuilles pointues qui rappellent un agave. En été, une hampe de 30 à 50 cm porte des clochettes rouge corail à pointe jaune, et la rosette survit à sa floraison. Elle demande 5 à 6 heures de soleil par jour, qui rougissent la pointe des feuilles, et un substrat à moitié minéral. Le froid humide la fait fondre : on l’hiverne hors gel, entre 5 et 12 °C, presque sans eau.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 9a à 11, elle encaisse de brèves pointes à -5 °C si le substrat est parfaitement sec. En France, on l’hiverne hors gel entre 5 et 12 °C, car c’est le froid humide qui la fait fondre.
Dimensions : Rosette de 10 à 15 cm de haut pour 15 à 25 cm de diamètre à maturité, très serrée et symétrique. La hampe florale monte à 30 ou 50 cm en été, en clochettes rouges à bout jaune.
Floraison : En été, de juin à août, une hampe de 30 à 50 cm porte des clochettes rouge corail à pointe jaune, sans parfum ; la rosette ne meurt pas après avoir fleuri.
Substrat : Moitié terreau pour cactées, moitié matière minérale, pouzzolane, pumice ou sable grossier. pH de 6 à 7, neutre ou à peine acide.
Exposition : Plein soleil, 5 à 6 heures par jour au minimum : c’est lui qui donne les pointes rouges et la forme compacte. Derrière une vitre en plein été, un voilage aux heures chaudes évite l’effet loupe.
Arrosage : Trempage complet tous les 7 à 10 jours en été, tous les 10 à 14 jours au printemps, presque rien de novembre à mars. Le substrat doit être sec à cœur avant chaque apport.
Durée de vie : Vivace, 10 ans et plus en pot. Elle ne meurt pas après avoir fleuri, contrairement aux agaves dont elle imite la rosette.
Multiplication : Bouturage de feuilles ou de rejets d’avril à juin, posés sur un substrat sec après 2 à 3 jours de séchage.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tremper généreusement puis laisser sécher complètement, tous les 7 à 10 jours en été et toutes les 2 à 3 semaines à l’automne. De novembre à mars, plus rien du tout, sauf un demi-verre si les feuilles du bas se creusent.
Fertilisation : Engrais pour cactées dilué de moitié, une fois par mois d’avril à août, sur substrat déjà humide. Rien le reste de l’année : l’excès d’azote donne une rosette verte et molle qui s’ouvre en étoile.
Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, dans un pot de terre cuite à peine plus large que la rosette. Dépoussiérer les vieilles racines, replanter au sec et attendre une semaine avant d’arroser.
Taille : Aucune taille, mais on retire les feuilles sèches du bas en tirant sur le côté, car elles abritent la cochenille. La hampe florale se coupe à sa base une fois complètement desséchée.
Exposition & substrat
Exposition : Le plus de soleil possible, 6 heures directes par jour en été. Après l’hivernage, réhabituer la plante sur une quinzaine de jours, une heure de plus chaque jour, sous peine de brûlures définitives.
Emplacement : Dehors de mi-mai à début octobre, plein sud mais sous un auvent qui la protège des pluies. L’hiver en intérieur, fenêtre sud dans la pièce la plus froide, pas dans un salon chauffé.
Substrat : Moitié terreau cactées, moitié pouzzolane ou pumice, avec un lit de graviers au fond du pot. Un paillage minéral en surface garde les feuilles du bas au sec.
pH : De 6 à 7. Elle ne réclame ni tourbe acide ni amendement calcaire.
Drainage : Impératif, pot percé et terre cuite de préférence, qui sèche plus vite que le plastique. Dans un substrat qui reste humide par temps frais, les racines pourrissent en 2 jours et la rosette se détache du pied.
Multiplication
Bouturage de feuille : d’avril à juin, détachez par une légère torsion une feuille entière du bas, laissez-la sécher 2 à 3 jours, puis posez-la à plat sur un mélange sec de terreau pour cactées et de sable. Gardez-la à l’intérieur ou sous abri, vers 20 °C, à la lumière sans soleil direct, en brumisant à peine : racines en 2 à 4 semaines, petite rosette en 1 à 2 mois. La réussite est bonne si l’on n’arrose pas trop tôt.
Les autres méthodes
Bouturage : Une rosette étiolée se bouture par la tête, coupée avec 2 cm de tige et séchée une semaine.
Semis :
Semerpossible en mars et avril à l’intérieur : graines très fines laissées en surface à la lumière, sous couvercle, à 20 à 25 °C, levée en 1 à 3 semaines. Les échévérias s’hybrident facilement entre elles, les graines d’un pied de jardin ne reproduisent donc pas toujours l’espèce.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : une rosette se féconde mal seule, il faut 2 clones différents. De petites capsules mûrissent de fin juillet à septembre, quand les fleurs fanées brunissent et sèchent sur la hampe : coupez-la et laissez-la finir de sécher dans un sachet de papier, qui recueille la poussière de graines. Il faut des fleurs ouvertes en même temps sur un second pied, et passer d’une fleur à l’autre au pinceau, faute d’oiseaux pollinisateurs chez nous. Les graines se gardent 1 à 2 ans au sec et au frais, jusqu’au semis de printemps ; pour l’espèce pure, celles du commerce sont plus sûres.
Division et autres méthodes : elle fait peu de rejets ; quand elle en porte, détachez-les au printemps, au rempotage, avec un couteau propre. Laissez sécher la plaie 2 jours avant de les poser sur un substrat sec, et n’arrosez qu’une semaine après.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet est la cause de mort la plus fréquente : base noire et molle, rosette qui se déchausse, après une eau restée au cœur ou un hivernage humide. Il faut alors recouper la tige au-dessus de la partie saine, laisser cicatriser une semaine à l’air et replanter au sec. Les plaques brunes et liégeuses sont des coups de soleil, pas une maladie : elles ne s’étendent pas, mais elles ne partent jamais.
Parasites fréquents : La cochenille farineuse forme des amas cotonneux entre les feuilles serrées et sur les racines, à traiter au coton-tige imbibé d’alcool à 70°, plante par plante. Les pucerons s’attaquent à la hampe florale en été, sans gravité pour la rosette. Dehors, limaces et escargots creusent des cratères dans les feuilles charnues pendant la nuit.
Prévention : Un hivernage froid et sec supprime à lui seul la quasi-totalité des problèmes. Écarter les feuilles du bas toutes les 2 ou 3 semaines pendant cette période, c’est là que la cochenille se cache. Au rempotage, regarder les racines : un feutrage blanc sur la motte signale une cochenille racinaire.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, ni dans la sève, ni dans les feuilles, ni dans les fleurs. Elle n’est pas alimentaire pour autant et n’a aucun usage culinaire.
Toxicité animaux : Les echeverias figurent parmi les plantes classées non toxiques pour le chien et le chat par l’ASPCA. C’est l’une des rares plantes grasses décoratives qu’on peut laisser à portée d’un animal sans inquiétude, contrairement aux euphorbes au latex irritant.
Symptômes : Aucun symptôme n’est décrit par contact cutané ni par ingestion. Une grande quantité de feuilles avalée peut au pire provoquer des vomissements, par simple effet de leur teneur en eau.
Précautions : La seule vraie précaution est mécanique : chaque feuille se termine par une pointe cornée qui pique. Éviter de la poser à hauteur de visage d’enfant ou dans un passage étroit.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les sedums retombants, type rupestre ou nussbaumerianum, partagent le même substrat minéral et le même hivernage sec, et habillent le bord du pot. Le graptopetalum et les graptoveria ont exactement le même rythme, croissance l’été et repos l’hiver, ce qui permet d’arroser toute la potée d’un seul geste. Le crassula ovata accepte le même hivernage clair et froid dans la même pièce.
Associations à éviter : Le joubarbe (sempervivum) lui ressemble mais reste dehors tout l’hiver, alors que l’échévéria doit rentrer : dans le même pot, l’un des deux est toujours au mauvais endroit. L’aeonium a un cycle inversé, il pousse l’hiver et dort l’été, donc un calendrier d’arrosage opposé. Fougères, calathéas et toute plante à substrat frais imposent une humidité qui la ferait pourrir.
Conseil : Étalez un paillage de gravier ou de pouzzolane sur toute la surface du pot, contre le collet. L’eau ne stagne plus au contact des feuilles du bas, la rosette reste propre et l’on voit tout de suite quand le substrat a séché.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Rosette en pot de terre cuite, substrat très minéral, dehors en plein soleil et à l’abri des pluies de mai à octobre, hivernée hors gel dans une pièce claire et froide.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 14 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; de septembre à octobre : tous les 14 à 21 jours | Arroser le substrat au pied, jamais dans la rosette : l’eau retenue entre les feuilles serrées laisse des taches au soleil et fait pourrir le cœur. Les feuilles du bas qui se ratatinent légèrement sont le vrai signal de soif. |
| Inspection parasitaire | De novembre à mars : toutes les 2 à 3 semaines ; d’avril à octobre : chaque mois | Pendant l’hivernage, contrôler toutes les 2 ou 3 semaines : la cochenille farineuse s’installe au creux des feuilles serrées et y reste invisible jusqu’à ce que la rosette se déforme. Dehors l’été, un contrôle mensuel suffit. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement, en toute saison. Une soucoupe pleine remouille le fond du pot et suffit à faire pourrir les racines d’une plante qui n’a aucune réserve de tolérance de ce côté. |
| Rempotage | De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans | Rempoter tous les 2 ans au départ de végétation, en substrat moitié minéral, et attendre une semaine avant le premier arrosage. Les blessures de racines cicatrisent au sec, elles pourrissent à l’humide. |
| Engrais liquide | De mi-avril à fin août | Un apport mensuel pendant la belle saison, sur substrat déjà humide. Trop d’azote donne une rosette verte, molle et étalée qui perd sa silhouette d’agave. |
| Sortie au printemps | En mai | Sortir le pot une fois les dernières gelées passées, sous un auvent ou une avancée de toit très lumineuse. L’été dehors est ce qui lui rend sa compacité et ses pointes rouges. |
| Acclimatation à la lumière | De début mai à mi-juin | Réexposer progressivement après l’hivernage derrière une vitre, à l’ombre claire d’abord. Un coup de soleil laisse des plaques brunes et liégeuses qui resteront tant que la feuille vivra, soit 2 ans. |
| Mise à l'abri de la pluie | De début mai à mi-octobre | Rentrer le pot sous un abri le temps de l’épisode pluvieux. Une rosette gorgée d’eau au fond de son cœur, par temps frais, pourrit du centre vers l’extérieur en quelques jours. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer avant les premiers froids et surtout avant les pluies froides d’automne, dans la pièce la plus claire et la plus fraîche possible. Ce n’est pas le froid seul qui la tue, c’est le froid mouillé. |
| Rotation du pot | D’octobre à mars | Pendant les mois derrière une vitre, tourner régulièrement le pot. La rosette penche vite vers la lumière et se déforme de façon définitive, une symétrie perdue ne se rattrape pas. |
| Repos sec | De début novembre à mi-mars | Ne plus arroser du tout de novembre à mars, hormis un demi-verre en février si les feuilles du bas se creusent. C’est le repos froid et sec qui évite l’étiolement en chandelle sous la lumière pauvre de l’hiver. |