Cactée · Cactacées
Coussin de belle-mère Echinocactus grusonii
Aussi appelé : Siège de belle-mère, Fauteuil de belle-mère, Boule d’or, Golden barrel cactus
Le coussin de belle-mère est un cactus boule des hauts plateaux du Mexique, hérissé d’épines dorées, qui ne gagne que 2 à 4 cm de diamètre par an. En pot, il atteint 40 à 80 cm de diamètre après une vingtaine d’années, et ne fleurit guère avant cet âge. Il demande le plein soleil, dehors l’été si possible, un mélange aux deux tiers minéral et aucun arrosage de novembre à février. Il ne passe pas l’hiver dehors en France : au sec, il encaisse de brèves pointes à -5 °C, mais 5 °C reste la température de sécurité.
- Type
- Cactée
- Famille
- Cactacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9 à 11 : il ne passe pas l’hiver dehors en France métropolitaine. Parfaitement sec et à l’abri de la pluie, il encaisse de brèves pointes jusqu’à -5 °C, mais la température de sécurité reste 5 °C.
Dimensions : 40 à 80 cm de diamètre en pot après une vingtaine d’années, jusqu’à 1 m de haut sur 90 cm de large en très vieux sujet. La croissance est lente, 2 à 4 cm de diamètre gagnés par an.
Floraison : En été, une couronne de fleurs jaunes au sommet du cactus, sans parfum, mais seulement sur des sujets d’une vingtaine d’années et d’au moins 40 cm de diamètre : en pot, elle reste rare.
Substrat : Mélange franchement minéral : un tiers de terreau cactées pour deux tiers de sable grossier, pouzzolane et pumice. pH neutre à légèrement alcalin, de 6,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, autant d’heures que possible, y compris dehors l’été. C’est un cactus de haut plateau mexicain : la lumière directe conditionne la vigueur et la couleur des épines.
Arrosage : Tous les 10 à 15 jours de mai à août, espacé à 3 ou 4 semaines au printemps et en automne, et rigoureusement rien de novembre à février. On trempe à fond, puis on laisse sécher complètement.
Durée de vie : Vivace et très durable : plusieurs dizaines d’années en pot, plus d’un siècle en pleine terre dans son aire d’origine. La floraison n’apparaît guère avant une vingtaine d’années et 40 cm de diamètre.
Multiplication : Semis au printemps, à l’intérieur, graines en surface sous couvercle à 21 à 27 °C ; la croissance est ensuite très lente.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux et très espacé : tremper jusqu’à ce que l’eau sorte par le fond, puis attendre que le substrat soit sec à cœur. Tous les 10 à 15 jours de mai à août, toutes les 3 à 4 semaines en mars-avril et en septembre-octobre, et pas une goutte de novembre à février.
Fertilisation : Engrais cactées pauvre en azote et riche en potasse, toutes les 4 à 6 semaines d’avril à août seulement. Un excès d’azote produit un corps vert clair, mou et boursouflé, qui ne retrouvera jamais sa forme régulière.
Rempotage : Tous les 3 ans environ, au printemps, dans un pot à peine plus large et un substrat sec. Saisir la boule avec un collier de papier journal plié, et attendre 8 à 10 jours avant le premier arrosage pour que les racines blessées cicatrisent.
Taille : Aucune taille, le cactus formant une boule unique qui ne se coupe pas. On retire seulement les fleurs sèches au sommet et, le cas échéant, les rejets apparus à la base.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil toute l’année, 6 heures directes au minimum. En intérieur l’hiver, il lui faut la fenêtre la plus lumineuse de la maison, faute de quoi il s’étire en pointe et perd sa forme sphérique.
Emplacement : Dehors de mi-mai à fin septembre, en plein soleil et à l’abri des pluies durables ; à l’intérieur ou en serre froide le reste de l’année. Après l’hivernage, réhabituer la plante au soleil sur 3 semaines, sans quoi l’épiderme brûle.
Substrat : Deux tiers de minéral, sable grossier, pouzzolane ou pumice, pour un tiers de terreau cactées. Le mélange doit sécher vite et ne jamais se tasser en boue.
pH : De 6,5 à 7,5, neutre à légèrement alcalin. L’eau calcaire ne le gêne pas, contrairement à beaucoup de plantes d’intérieur.
Drainage : Pot percé, de préférence en terre cuite, et soucoupe vidée systématiquement. L’excès d’eau tue par la base : le collet brunit et ramollit sans que le sommet ne montre rien, et quand la couronne s’affaisse il est trop tard.
Multiplication
Semis : de mars à mai, à l’intérieur, laissez les graines en surface à la lumière sur un mélange fin de terreau pour cactées et de sable, humidifié par le dessous et couvert d’un couvercle transparent. À 21 à 27 °C, la levée prend 1 à 3 semaines ; aérez peu à peu, et repiquez les plantules après un an. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce. La levée est bonne, mais il faut des années pour obtenir une belle boule.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : il se féconde mal seul, et seuls de vieux sujets fleurissent. Un sujet en pot fleurit trop rarement pour en donner : il faudrait 2 pieds adultes en fleurs au même moment et une pollinisation au pinceau. On achète donc les graines, que l’on garde au sec et au frais jusqu’à 2 ans, en semant de préférence les plus récentes.
Les autres méthodes
Bouturage : il ne se bouture pas : le cactus reste solitaire et ne fait pas de rameaux à prélever.
Division et autres méthodes : aucune, il ne fait pas de rejets. Pour manipuler un sujet, protégez les mains de gants épais ou entourez-le d’une bande de papier journal pliée, à cause des épines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines est presque la seule, et vient toujours du même trio : trop d’eau, froid humide, substrat qui retient. On dépote d’urgence, on coupe au propre jusqu’au tissu sain, et on laisse sécher plusieurs jours avant de replanter dans un mélange sec. Les taches liégeuses brunes de l’épiderme, elles, sont des cicatrices de brûlure ou de choc, définitives mais sans gravité.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses s’installent en amas blancs cotonneux au creux des côtes et autour du collet, à tamponner au coton imbibé d’alcool à 70°. Les cochenilles des racines, poudre blanche sur la motte, ne se découvrent qu’au rempotage et imposent de rincer les racines. Les araignées rouges marquent l’épiderme de plages rousses et sèches quand l’air est chaud et confiné.
Prévention : Hivernage froid et sec, arrosages espacés, substrat très drainant : ces trois gestes écartent l’essentiel. Inspecter le creux des côtes et le collet chaque mois, la couronne d’épines cachant très bien les colonies. Aérer largement en intérieur et éviter la proximité d’un radiateur, qui favorise les acariens.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue : la plante ne contient ni latex ni alcaloïde dangereux. Le risque est entièrement mécanique, les épines étant longues, rigides et acérées.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien et le chat, l’espèce ne figurant pas parmi les plantes toxiques répertoriées par l’ASPCA. Là encore, le danger est la piqûre, au museau ou dans le coussinet d’un animal curieux.
Symptômes : Aucun symptôme d’empoisonnement attendu en cas d’ingestion, au pire une irritation mécanique de la bouche. Une piqûre profonde peut s’infecter, et une épine cassée sous la peau doit être retirée entièrement.
Précautions : Manipuler avec des gants épais ou un collier de papier journal plié en plusieurs épaisseurs. Placer le pot hors des passages et en hauteur, jamais au niveau du visage d’un enfant ni au bord d’une table.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les autres cactées globulaires et colonnaires, mammillarias, ferocactus ou cereus, partagent exactement le même substrat, le même rythme d’arrosage et le même hivernage sec. Les agaves et les aloès se conduisent de la même façon et apportent un contraste de feuillage dans une composition. Un surfaçage de gravier ou de pouzzolane complète l’ensemble et garde le collet au sec.
Associations à éviter : Toute plante qui réclame un substrat frais, fougères, plantes vertes ou annuelles fleuries, condamne l’une ou l’autre : le régime d’eau est inconciliable. Les succulentes à croissance hivernale, certains aeoniums notamment, n’acceptent pas le repos sec total de novembre à février. Éviter aussi les couvre-sols vivants au pied, mousses ou sedums rampants, qui maintiennent l’humidité contre le collet.
Conseil : Cultiver en pot séparé plutôt qu’en potée mélangée : sa lenteur le fait vite étouffer par un voisin plus rapide, et rempoter une boule épineuse coincée entre deux autres devient un chantier. Un pot de terre cuite à peine plus large que la boule sèche bien plus vite qu’un pot plastique. Et marquer d’un repère la face exposée au sud avant de le sortir, pour ne pas le tourner en plein été et brûler le côté resté à l’ombre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : En pot de terre cuite à peine plus large que la boule, substrat très minéral, dehors en plein soleil de mi-mai à fin septembre et hiverné à l’abri, au sec et en pleine lumière, le reste de l’année.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mars à fin avril : toutes les 3 à 4 semaines ; de mai à août : tous les 10 à 15 jours ; de septembre à octobre : toutes les 3 à 4 semaines | Arroser copieusement mais rarement, et jamais sur le corps du cactus : l’eau retenue au creux des côtes tache l’épiderme, tout doit passer par le substrat. |
| Engrais liquide | D’avril à août : toutes les 4 à 6 semaines | Nourrir uniquement pendant la croissance d’été : trop d’azote donne un corps mou, boursouflé et vert clair, qui ne reprend jamais sa forme régulière. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : chaque mois | Contrôler chaque mois le creux des côtes et le pourtour du collet : les cochenilles farineuses s’y installent à l’abri des épines et passent inaperçues jusqu’à ce que la couronne pâlisse. |
| Rotation du pot | De novembre à février : chaque mois | Tourner le pot pendant les mois passés derrière une vitre : une boule éclairée d’un seul côté s’étire vers la lumière et perd la symétrie qui fait tout son intérêt. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement la soucoupe : le coussin de belle-mère supporte des semaines de sécheresse et pas 10 jours les pieds dans l’eau, hiver compris. |
| Rempotage | De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans | Rempoter au printemps, en saisissant la boule avec un collier de papier journal plié : les racines blessées cicatrisent au sec, jamais dans un substrat humide. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Sortir le pot au jardin ou sur un balcon pour l’été : l’écart entre le jour et la nuit et la lumière directe donnent des épines plus fortes et mieux colorées qu’en intérieur. |
| Acclimatation à la lumière | De mi-mai à fin juin | Augmenter la lumière par paliers sur 3 semaines : un épiderme habitué à la pénombre brûle en une seule journée de plein soleil, et la marque beige qui reste ne disparaît jamais. |
| Mise à l'abri de la pluie | De mi-mai à mi-octobre | Mettre le pot à couvert quand la pluie s’installe : un substrat détrempé plusieurs jours sous 15 °C suffit à déclencher la pourriture du collet. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à fin octobre | Rentrer le pot à l’abri dès que les nuits fraîchissent : c’est l’association du froid et de l’humidité, bien plus que le froid seul, qui fait pourrir ce cactus. |
| Repos sec | De novembre à février | Passer l’hiver totalement au sec dans une pièce fraîche et claire : c’est ce repos froid qui prépare la floraison des sujets âgés et qui permet au cactus de traverser la saison sans pourrir. |