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Arbre fruitier · Rosacées

Néflier du Japon Eriobotrya japonica

Aussi appelé : Bibacier, Bibassier, Loquat

Le néflier du Japon, ou bibacier, est un arbre fruitier persistant originaire du sud-est de la Chine, cultivé de longue date au Japon pour ses fruits orangés. Il atteint chez nous 5 à 8 m de haut pour 4 à 6 m de large, avec de grandes feuilles coriaces et gaufrées. Son bois supporte environ -12 °C, mais ses fleurs d’automne et d’hiver, puis ses jeunes fruits, gèlent dès -3 à -5 °C. Il pousse donc à peu près partout en sol drainé et au soleil, mais ne fructifie régulièrement que là où les hivers sont doux.

Néflier du Japon (Eriobotrya japonica)
Photo : Aftabbanoori, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Rosacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-12 °C
Floraison
De janvier à décembre
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 8 à 10 : le bois supporte environ -12 °C, jusqu’à -15 °C brièvement, mais les fleurs et les jeunes fruits gèlent dès -3 à -5 °C. Hors des régions aux hivers doux, l’arbre pousse bien mais fructifie rarement.

Dimensions : 5 à 8 m de hauteur pour 4 à 6 m d’étalement à maturité, davantage sous climat méditerranéen.

Floraison : De mi-octobre à fin janvier, des panicules de fleurs blanc crème feutrées de roux, au doux parfum d’amande et de miel.

Substrat : Terre profonde, fertile et bien drainée, argileuse, limoneuse ou caillouteuse ; pH de 5,5 à 8, le calcaire étant bien supporté.

Exposition : Plein soleil, à l’abri des vents froids ; la mi-ombre est tolérée au prix d’une floraison bien moindre.

Arrosage : Une vingtaine de litres tous les 7 à 10 jours en été par temps sec les trois premières années ; ensuite, seulement tous les 10 à 15 jours au printemps sans pluie, pendant le grossissement des fruits.

Durée de vie : Arbre fruitier persistant de longue vie, qui se maintient plusieurs décennies.

Multiplication : Semis des graines fraîches, aussitôt sorties des fruits mûrs, de fin mai à fin juin, en godet à 2 cm de profondeur.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les trois premières années, verser au pied une vingtaine de litres tous les 7 à 10 jours de juin à début septembre par temps sec. Un arbre installé ne réclame plus d’eau qu’au printemps, tous les 10 à 15 jours sans pluie de mars à mai, pendant que les fruits grossissent.

Fertilisation : Étaler 3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé sous la ramure en février ou mars. Éviter les engrais très azotés, qui poussent au feuillage aux dépens des fleurs et rendent les jeunes pousses sensibles au feu bactérien.

Rempotage : En pleine terre, aucun rempotage. Un jeune sujet élevé en bac se rempote tous les 2 ou 3 ans en mars ou avril, dans un contenant plus grand garni de terre de jardin, de compost et de sable.

Taille : Tailler légèrement juste après la récolte, en juin et juillet, pour ôter le bois mort, les branches qui se croisent et aérer le centre. Jamais à l’automne : les fleurs naissent au bout des pousses de l’été, et une taille tardive supprime la récolte suivante.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante et des fruits sucrés. À mi-ombre, l’arbre pousse mais fleurit peu.

Emplacement : Extérieur, en pleine terre, à l’abri des vents froids ; au nord de la Loire, un mur exposé au sud ou à l’ouest protège sa floraison d’hiver. Là où les hivers sont rudes, il reste un bel arbre persistant mais donne rarement des fruits.

Substrat : Terre de jardin profonde et fertile, argileuse, limoneuse ou caillouteuse, enrichie de compost mûr à la plantation.

pH : De 5,5 à 8 : il supporte bien le calcaire.

Drainage : Il craint l’eau stagnante, qui asphyxie les racines et favorise la pourriture du collet. En sol lourd, planter sur une légère butte, jamais dans une cuvette où l’eau s’accumule.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de fin mai à fin juin, semez les graines aussitôt sorties du fruit, car elles perdent vite leur faculté de germer, à 2 cm de profondeur en godet, dehors à mi-ombre ou sous abri. À 20 °C environ, la levée prend 3 à 6 semaines ; hivernez le jeune plant hors gel la première année. Les graines ne reproduisent pas forcément la qualité des fruits du parent. Il lève facilement, mais l’arbre met plusieurs années à fructifier et ses fruits varient.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : la plupart des néfliers se fécondent seuls, avec l’aide des abeilles. Prenez les grosses graines brunes des fruits bien orangés et tendres, en mai et juin, sur votre arbre ou dans des nèfles du marché. Ne laissez jamais sécher les graines, qui meurent en quelques jours au sec : gardez-les au plus quelques jours dans un sachet de mousse humide.

Les autres méthodes

Bouturage : il se bouture très mal ; on y renonce au profit du semis, de la greffe ou du marcottage aérien.

Division et autres méthodes : une variété fruitière se multiplie par greffe en fente au printemps, en mars ou avril, sur un jeune semis : greffon de 2 bourgeons taillé en biseau, inséré dans le porte-greffe fendu, ligaturé et mastiqué. Le marcottage aérien réussit aussi au printemps : incisez l’écorce sur 2 cm, entourez de mousse humide sous un film plastique et sevrez la branche quand les racines sont visibles, à l’automne.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La tavelure couvre fruits et feuilles de taches noires veloutées, puis liégeuses, et fait crevasser les fruits par printemps humide : ramasser feuilles et fruits atteints et, si elle revient chaque année, traiter à la bouillie bordelaise en fin d’hiver. Le feu bactérien noircit brutalement rameaux et grappes, qui se recourbent en crosse comme brûlés : couper 30 cm au moins sous la partie atteinte, désinfecter le sécateur entre chaque coupe et jeter les déchets sans les composter. L’entomosporiose marque les feuilles de petites taches rouges puis grises cerclées de pourpre par temps humide, et se limite en ramassant les feuilles tombées.

Parasites fréquents : Les pucerons se groupent au printemps au bout des jeunes pousses, qu’ils recroquevillent et rendent collantes ; un jet d’eau suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les cochenilles forment des boucliers bruns ou des amas cotonneux sur les rameaux, à brosser puis à traiter à l’huile de colza. Sur le littoral méditerranéen, la mouche des fruits pond dans les nèfles qui mûrissent : cueillir sans attendre et ramasser les fruits tombés.

Prévention : Planter dans un endroit ensoleillé et aéré, éclaircir la ramure après la récolte et ne pas forcer sur l’azote. Ramasser régulièrement les feuilles et les fruits tachés, et désinfecter le sécateur à l’alcool entre deux arbres. Surveiller chaque semaine les jeunes pousses au printemps, pour couper un rameau atteint de feu bactérien avant qu’il ne gagne l’arbre.

Toxicité

Toxicité humaine : La chair du fruit mûr est comestible et sans danger. Les graines, les jeunes feuilles et l’écorce contiennent de l’amygdaline, un composé cyanogène qui libère de l’acide cyanhydrique quand on les croque ou les broie.

Toxicité animaux : Les graines, le feuillage et l’écorce présentent le même risque pour le chien et le chat, et plus encore pour les chèvres et les moutons, plus sensibles aux composés cyanogènes, s’ils broutent des branches de taille. Un chien qui avale une graine entière risque surtout une occlusion intestinale, car c’est la graine croquée qui libère le toxique.

Symptômes : Quelques graines croquées provoquent nausées, vomissements, maux de tête et vertiges ; en grande quantité, l’intoxication cyanhydrique entraîne essoufflement, convulsions et malaise grave. Le contact avec l’arbre est sans effet connu.

Précautions : Ne consommer que la chair du fruit et jeter les graines hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion de graines croquées, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire.

Associations de plantes

Bonnes associations : L’arbousier aime les mêmes sols drainants et fleurit comme lui en automne et en hiver : ensemble, ils nourrissent les abeilles quand presque rien d’autre ne fleurit. Les romarins et les lavandes, en lisière de la ramure où le soleil arrive, supportent la même sécheresse d’été et attirent les pollinisateurs. La consoude, plantée à l’aplomb des branches et fauchée deux ou trois fois par an, fournit un paillis riche en potasse, favorable aux fruits.

Associations à éviter : Les aubépines, pyracanthas, cotonéasters et poiriers plantés tout près, qui hébergent le feu bactérien et le lui transmettent. Un gazon arrosé jusqu’au tronc, qui concurrence les racines du jeune arbre et entretient l’humidité au collet. Les grands arbres voisins qui l’ombragent, sous lesquels il fleurit et fructifie peu.

Conseil : Garder autour du tronc un cercle d’1 m sans gazon, couvert du compost de fin d’hiver et des feuilles de consoude fauchées : l’arbre en profite directement et son collet reste sain.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre planté en pleine terre, en plein soleil et à l’abri des vents froids, dans un sol profond et drainant ; les fruits ne sont assurés qu’aux hivers doux.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mars à mai : tous les 10 à 15 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours Verser une vingtaine de litres au pied au printemps, pendant que les fruits grossissent : une sécheresse à ce moment les laisse petits et peu juteux. Un arbre installé se passe d’arrosage l’été, et une sécheresse modérée après la récolte ne lui nuit pas.Sans pluie seulement ; l’été, les trois premières années.
Compost, amendementUtile De mi-février à fin mars Étaler l’apport jusqu’à l’aplomb des branches, sans le tasser contre le tronc, pour nourrir la pousse de printemps et le grossissement des fruits. Aucun engrais azoté en plus : il pousse au feuillage et rend les jeunes pousses sensibles au feu bactérien.3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé, sous la ramure.
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à mi-juin Regarder chaque semaine les jeunes pousses et les fruits : taches noires veloutées de la tavelure, rameaux noircis et recourbés en crosse du feu bactérien. Un rameau atteint de feu bactérien se coupe 30 cm au moins sous la partie noire, en désinfectant le sécateur entre chaque coupe.Tavelure, feu bactérien, pucerons.
Fructification, récolteUtile De mai à juin Cueillir les grappes à mesure qu’elles se colorent entièrement, car les nèfles ne mûrissent plus une fois détachées. Elles ne se gardent que quelques jours au frais, et les oiseaux les repèrent vite.Fruits entièrement orange, souples au toucher.
SemisOptionnel De mi-mai à fin juin Semer les graines aussitôt sorties du fruit, en godet, à 2 cm de profondeur, car elles perdent vite leur faculté de germer. L’arbre obtenu met plusieurs années à fructifier, et ses fruits ne ressemblent pas forcément à ceux du parent.Graines fraîches, semées dès la dégustation.
Taille de structureUtile De mi-juin à fin juillet Supprimer le bois mort et les branches qui se croisent, et éclaircir le centre pour faire entrer l’air et la lumière. Les fleurs naissent au bout des pousses de l’été : une taille d’automne supprimerait la récolte suivante.Juste après la récolte, jamais à l’automne.
FloraisonUtile De mi-octobre à fin janvier La floraison d’automne et d’hiver nourrit les abeilles quand presque rien d’autre ne fleurit. Les fruits nouent et grossissent ensuite pendant l’hiver, ce qui réserve la récolte aux régions aux hivers doux.Panicules crème au parfum d’amande, très mellifères.
Voile d'hivernageUtile De décembre à févrierDès que : Une gelée sous -3 °C est annoncée pendant la floraison ou la formation des fruits, ou sous -5 °C pour un jeune sujet. Envelopper la ramure d’un jeune sujet, ou au moins les branches fleuries à portée de main, pour la durée du froid. Le bois tient jusque vers -12 °C, mais les fleurs et les petits fruits gèlent dès -3 à -5 °C.Voile double, retiré dès le redoux.