Vivace · Apiacées
Chardon bleu Eryngium planum
Aussi appelé : Panicaut plane, Panicaut à feuilles planes, Panicaut bleu, Flat sea holly
Le chardon bleu est une vivace des prairies sèches d’Europe centrale et orientale jusqu’en Asie centrale, cultivée pour ses petites têtes bleu acier entourées de bractées piquantes. Il dresse en été des tiges ramifiées de 60 cm à 1 m, elles aussi bleutées, au-dessus d’une rosette de feuilles peu piquantes. Il veut le plein soleil et un sol pauvre, sableux ou caillouteux, très drainant, et redoute l’humidité de l’hiver bien plus que le froid. Il convient aux massifs secs et aux bouquets secs, mais disparaît vite en terre lourde.
- Type
- Vivace
- Famille
- Apiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- De juillet à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9 ; il supporte -20 °C et davantage dans un sol sec, l’humidité de l’hiver le menaçant bien plus que le froid.
Dimensions : De 60 cm à 1 m de hauteur en fleur, sur 30 à 50 cm d’étalement, au-dessus d’une rosette de feuilles ovales et dentées, bien moins piquantes que ses bractées.
Floraison : De juillet à août, parfois dès juin ou jusqu’en septembre : une multitude de petites têtes ovoïdes bleu acier de 1 à 2 cm, entourées de bractées étroites et piquantes, au bout de tiges ramifiées elles aussi bleutées. Elles attirent abeilles et papillons, et se gardent en bouquet sec.
Substrat : Sol pauvre à moyennement fertile, sableux ou caillouteux, très drainant, au pH de 6 à 8 ; le calcaire ne le gêne pas.
Exposition : Plein soleil, indispensable au bleu métallique de ses tiges et de ses bractées.
Arrosage : Copieux tous les 10 à 15 jours l’été qui suit la plantation, par temps sec ; ensuite plus rien, la pluie suffit.
Durée de vie : Vivace à racine pivotante qui vit souvent 5 ans et plus dans un sol sec et drainé, et se ressème volontiers ; en terre lourde et humide, elle peut disparaître dès le premier hiver.
Multiplication : Bouturage de racines de décembre à février, sous abri froid, ou repiquage des jeunes semis spontanés au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : L’été qui suit la plantation, arroser copieusement au pied tous les 10 à 15 jours par temps sec, le temps que la racine pivotante s’enfonce. Ensuite, ne plus l’arroser : un panicaut trop arrosé s’allonge, se couche et pourrit au collet.
Fertilisation : Aucun engrais, ni compost, ni fumier : une terre enrichie lui donne des tiges hautes et molles qui s’effondrent en pleine floraison.
Rempotage : En pleine terre, il ne se divise ni ne se déplace sans risque, sa longue racine pivotante supportant mal d’être coupée : le planter jeune, à sa place définitive. Pour le multiplier, prélever en hiver des boutures de racine, ou semer à l’automne des graines qui ont besoin du froid pour germer.
Taille : Laisser les tiges sèches en place pour leur silhouette d’hiver, puis les couper au ras de la souche en février ou en mars. Pour éviter qu’il ne se ressème, couper au contraire les têtes dès qu’elles fanent, à la fin de l’été.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour : c’est la lumière qui donne à ses tiges et à ses bractées leur bleu métallique. À mi-ombre, il reste plus vert et ses tiges s’affaissent.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, en massif sec, en rocaille ou au jardin de graviers, de préférence au sud ou à l’ouest. Le planter à l’écart des passages, ses bractées piquant les jambes nues.
Substrat : Terre maigre, sableuse ou caillouteuse, même calcaire, sans aucun apport de compost ni de fumier. En terre argileuse, l’alléger largement de graviers ou planter sur une butte.
pH : De 6 à 8, du légèrement acide au calcaire.
Drainage : Le drainage décide de tout : sa racine pivotante pourrit dans une terre qui reste humide l’hiver. Un paillis de graviers au pied garde le collet au sec.
Multiplication
Bouturage de racine : de décembre à février, dégagez la souche, prélevez quelques racines de la grosseur d’un crayon et coupez-les en tronçons de 5 à 8 cm, droit en haut et en biseau en bas. Plantez-les à la verticale, bout le plus proche du collet vers le haut et affleurant, dans un terreau mêlé de sable à peine humide, sous abri froid. Les pousses apparaissent au printemps, en 6 à 10 semaines. C’est la meilleure façon de le multiplier, sa racine pivotante supportant mal la division.
Les autres méthodes
Semis :
Semerles graines demandent un passage au froid : semez-les en automne ou en hiver en godets dehors ou sous châssis froid, couvertes de 2 à 3 mm. La levée se fait au printemps, quand la température remonte vers 15 °C, et les graines reproduisent fidèlement l’espèce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les abeilles fécondent ses fleurs entre elles. Coupez les têtes en septembre et octobre, quand elles brunissent et sèchent, et secouez-les avec des gants dans un sac de papier. Les graines se gardent mal au-delà d’un an, semez-les donc dans l’hiver qui suit la récolte.
Division et autres méthodes : la division reprend mal ; repiquez plutôt les semis spontanés jeunes, au printemps, en motte, avant que la racine ne s’allonge. Des gants protègent des bractées piquantes.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines et du collet, en terre lourde ou détrempée l’hiver, est la principale cause de perte : le pied jaunit, s’affaisse et ne se soigne pas. L’oïdium peut blanchir le feuillage en fin d’été ; supprimer les feuilles atteintes suffit le plus souvent, avec en recours un fongicide à base de soufre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Parasites fréquents : Au printemps, limaces et escargots dévorent les jeunes feuilles et peuvent faire disparaître un plant de l’année : les ramasser le soir, ou en recours épandre des granulés de phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des pucerons s’installent parfois sur les tiges ; un jet d’eau et les coccinelles en viennent à bout.
Prévention : Planter en sol pauvre et parfaitement drainé, en plein soleil, et ne jamais arroser un pied installé. Pas d’engrais, ni de paillis organique contre le collet, qui y entretiendrait l’humidité.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité n’est connue : le panicaut plane n’est pas considéré comme dangereux pour l’homme. Le seul risque vient de ses bractées et de ses feuilles du haut, rigides et piquantes.
Toxicité animaux : Aucune intoxication n’est rapportée chez le chien, le chat ou le cheval ; ses épines découragent d’ailleurs les animaux d’y goûter.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit ; les épines peuvent seulement causer de petites piqûres et des égratignures.
Précautions : Porter des gants pour couper les tiges et manipuler les fleurs séchées, et le planter à l’écart des passages.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les achillées, aux larges ombelles jaunes ou crème, contrastent avec ses petites têtes bleues et aiment comme lui les sols secs. La sauge de Russie, au feuillage argenté et aux épis bleu lavande, l’accompagne jusqu’en automne sur le même terrain maigre. La stipe géante dresse au-dessus de lui ses panicules dorées et légères, qui adoucissent sa silhouette raide.
Associations à éviter : Les hélénies, les phlox paniculés et les autres vivaces de terre fraîche réclament des arrosages et un sol riche qui le feraient pourrir. Les couvre-sols vigoureux, comme la pervenche ou le lierre, gardent l’humidité contre son collet et étouffent sa rosette.
Conseil : Planter les panicauts par groupes de 3 devant un feuillage sombre ou pourpre, celui d’un arbre à perruque par exemple, qui fait éclater leur bleu métallique. Laisser les tiges sèches en hiver : elles restent décoratives jusqu’en février, surtout sous le givre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Vivace installée à demeure en pleine terre, en plein soleil, dans un sol pauvre, sableux ou caillouteux et très drainant, sans engrais ni compost.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Rabattage | De mi-février à fin mars | Laissées en place, les tiges desséchées gardent leur silhouette tout l’hiver, superbe sous le givre. Les couper avant que les nouvelles feuilles ne sortent de la souche. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à fin mai | Les feuilles tendres du printemps attirent limaces et escargots, qui peuvent anéantir un plant de l’année. Les ramasser le soir, ou en recours épandre quelques granulés de phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Arrosage | De juin à août | Ces arrosages espacés poussent la racine pivotante en profondeur ; ensuite, la pluie suffit. Arrosé régulièrement, un panicaut installé s’allonge, se couche et pourrit au collet. |
| Floraison | De juillet à août | Têtes, bractées et haut des tiges bleuissent ensemble en plein soleil, et les abeilles s’y pressent tout l’été. Pour un bouquet sec, couper les tiges quand le bleu est à son plus vif et les suspendre tête en bas. |
| Bouturage | De décembre à février | La bouture de racine est la meilleure façon de le multiplier, sa racine pivotante supportant mal la division. Planter les tronçons à la verticale, le bout le plus proche du collet vers le haut, dans un terreau à peine humide. |