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Arbuste · Escalloniacées

Escallonia Escallonia rubra

Aussi appelé : Escallonie, Escallonia rouge, Escallonia à fleurs rouges

L’escallonia est un arbuste persistant originaire d’Amérique du Sud, au Chili et en Argentine, apprécié pour ses grappes de petites fleurs rouge carmin très mellifères et son feuillage légèrement aromatique. Il atteint 2 à 3 m de haut chez nous, jusqu’à 4 m en bord de mer, et pousse vite. Il réclame le soleil et un sol bien drainé, même pauvre ou sableux, mais sans calcaire actif. Il fait merveille en haie sur la façade atlantique, où il brave les embruns, et redoute les hivers continentaux.

Escallonia (Escallonia rubra)
Photo : Dick Culbert from Gibsons, B.C., Canada, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Escalloniacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 8, parfois 7b en situation abritée, soit -10 à -12 °C pour un sujet installé. Il excelle sur la façade atlantique et en Manche, où il encaisse les embruns, et reste risqué en climat continental ou en altitude.

Dimensions : 2 à 3 m de haut pour 2 à 2,5 m d’étalement, jusqu’à 4 m en bord de mer, avec une croissance de 30 à 50 cm par an.

Floraison : De juin à septembre, petites fleurs tubulaires rouge carmin à rose soutenu, en grappes très mellifères, sur un feuillage légèrement aromatique.

Substrat : tout sol drainé, même pauvre, sableux ou caillouteux ; il redoute le calcaire actif, qui jaunit son feuillage, et les terres lourdes gorgées d’eau en hiver. pH idéal de 5,5 à 7.

Exposition : plein soleil pour une floraison pleine, mi-ombre acceptée avec moins de fleurs. À protéger des vents froids et secs de l’est, alors qu’il se moque du vent marin.

Arrosage : 10 à 15 litres par pied tous les 7 à 10 jours en été pendant 3 ans, puis quasiment plus rien en pleine terre.

Durée de vie : arbuste persistant vivace, 20 à 30 ans en haie, davantage s’il est rabattu périodiquement pour se renouveler.

Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés en août, à l’étouffée sous châssis, pour des sujets identiques destinés à la haie.

Arrosage & entretien

Arrosage : tous les 7 à 10 jours de juin à début septembre les trois premières années, en arrosages copieux et espacés plutôt qu’en petites doses. Ensuite un apport tous les mois ou deux hors été suffit, et seule une sécheresse marquée demande d’y revenir ; en bac, le rythme reste hebdomadaire toute la belle saison.

Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr en mars, étalés sur les racines. Éviter les engrais azotés, qui poussent un bois tendre que le premier coup de gel abîme.

Rempotage : en bac de 50 litres au minimum, tous les 3 ans en fin d’hiver, avec un mélange de terre de jardin, de terreau et d’un tiers de gravier ou de sable grossier. Les autres années, un surfaçage remplace le rempotage.

Taille : en septembre, après la vague principale de fleurs, en réduisant d’un tiers les pousses de l’année. Un rabattage à 40 ou 50 cm en fin d’hiver, avant la mi-mars, tous les 5 ans, redensifie une haie dégarnie à la base, au prix de la floraison de l’année.

Exposition & substrat

Exposition : plein soleil, 6 heures ou plus par jour, la floraison suivant directement la lumière reçue. À mi-ombre il reste sain mais fleurit deux fois moins.

Emplacement : extérieur toute l’année, en haie ou en massif exposé au sud ou à l’ouest. C’est l’un des meilleurs arbustes de première ligne face à la mer ; à l’intérieur des terres, le placer à l’abri d’un mur ou d’une haie brise-vent.

Substrat : terre de jardin ordinaire allégée de gravier ou de sable grossier, sableuse ou caillouteuse sans dommage. Les terres argileuses compactes lui conviennent mal.

pH : de 5,5 à 7, neutre à légèrement acide. Sur calcaire actif, le feuillage se décolore entre les nervures et la croissance s’arrête.

Drainage : c’est le point critique. L’escallonia meurt plus souvent d’un sol détrempé en hiver que du gel lui-même : en terre lourde, planter sur une butte de 20 cm avec un lit de graviers.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en août, prélevez des rameaux de l’année de 10 cm dont la base durcit, ôtez les feuilles du bas et piquez-les dans un mélange de terreau et de sable. Placez-les sous châssis ou sous un sac transparent, à l’étouffée et à l’ombre : l’enracinement prend 4 à 6 semaines. Hivernez-les à l’abri du gel et plantez-les au printemps suivant. Il reprend facilement et donne des sujets semblables pour compléter une haie.

Les autres méthodes

Semis :

Semerun amateur ne le sème pas : les graines, minuscules et rares, s’hybrident facilement et ne reproduisent pas fidèlement la plante.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes le fécondent. Inutile d’en récolter : les capsules minuscules contiennent peu de graines viables, souvent croisées avec d’autres escallonias, et le commerce n’en propose guère. Bouture ou marcotte donnent des plants identiques au parent.

Division et autres méthodes : le marcottage simple réussit au printemps : couchez une branche basse, entaillez-la légèrement, enterrez-la sur 10 cm sous un crochet en redressant l’extrémité, et sevrez-la un an plus tard.

Maladies & parasites

Maladies courantes : la maladie des taches de l’escallonia est la plus fréquente, avec des taches brunes à pourpres cerclées de clair qui font tomber les feuilles du bas pendant les étés humides. On ramasse les feuilles tombées, on éclaircit pour faire circuler l’air et on taille les rameaux les plus atteints. La pourriture racinaire guette en sol lourd et se reconnaît à un dépérissement brutal d’un pied entier, sans remède une fois déclarée.

Parasites fréquents : l’escallonia est peu attaqué. Les cochenilles farineuses ou à bouclier s’installent à l’aisselle des feuilles dans les haies denses et sèches, et se traitent à l’huile blanche en fin d’hiver. Les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps, et l’otiorhynque, surtout en bac, laisse des encoches en demi-lune sur les feuilles pendant que ses larves rongent les racines.

Prévention : espacer les plants de 80 cm à 1 m en haie plutôt que de les serrer, ce qui limite à la fois les taches et les cochenilles. Ne jamais arroser sur le feuillage et pailler pour éviter les éclaboussures de terre. Désinfecter la cisaille entre deux haies, la maladie des taches se transporte sur les lames.

Toxicité

Toxicité humaine : aucune toxicité connue, l’escallonia ne figure sur aucune liste de plantes toxiques. Il n’est pas comestible pour autant : ses feuilles et ses fleurs ne se consomment pas.

Toxicité animaux : pas de toxicité rapportée chez le chien, le chat ou le cheval. Une haie broutée par un animal curieux ne demande pas d’intervention particulière.

Symptômes : aucun symptôme spécifique documenté. Comme tout végétal non alimentaire, une ingestion importante de feuillage peut provoquer un trouble digestif passager ; la sève n’est pas irritante et la taille se fait sans gants sans dommage pour la peau.

Précautions : c’est une haie sûre autour d’une aire de jeux ou d’un enclos, ce qui est rare parmi les persistants de haie. Le seul vrai point de vigilance est mécanique : la taille à la cisaille laisse des chicots pointus, à repasser au sécateur à hauteur de visage d’enfant.

Associations de plantes

Bonnes associations : l’eleagnus x ebbingei et le griselinia littoralis, qui partagent sa tolérance au vent salé et son feuillage persistant, pour une haie libre variée qui ne se dégarnit pas. Le céanothe, même sol drainé et même plein soleil, avec un bleu de mai qui précède le rouge de juin. Les gauras ou les agapanthes en pied de haie, dont les racines ne concurrencent pas les siennes.

Associations à éviter : l’hortensia, le fuchsia et les astilbes, qui réclament un sol frais en permanence quand l’escallonia veut un sol drainé et sec en hiver. Les bambous traçants, qui envahissent le pied de la haie et lui prennent l’eau. Le thuya ou le cyprès, dont l’ombre sèche et les racines superficielles dégarnissent l’escallonia par le bas, sans compter la taille au même moment qui ne leur convient pas.

Conseil : en haie libre, comptez un escallonia tous les trois arbustes et espacez de 1 m ; en haie taillée, 80 cm. Sa floraison de juin à octobre est très visitée par les abeilles, donc à éloigner d’un passage étroit ou d’une porte.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet installé en pleine terre, en haie libre ou taillée ou en massif, au soleil ou à mi-ombre, en sol drainé même pauvre, sous climat tempéré de France métropolitaine.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours ; de mi-septembre à fin mai : tous les 1 à 2 mois Arroser copieusement au pied pendant les trois premières années, le temps que les racines descendent. Ensuite l’escallonia se contente de la pluie, sauf sécheresse prolongée ou culture en bac.10 à 15 litres par pied, les trois premières années surtout
Inspection parasitaireUtile De début avril à mi-octobre : toutes les 2 à 3 semaines Surveiller surtout les taches brunes cerclées de la maladie des taches de l’escallonia, qui défolie une haie par le bas pendant les étés humides et qui se contient bien plus facilement au début.toutes les 2 ou 3 semaines d’avril à octobre : taches foliaires, cochenilles à l’aisselle des feuilles
RabattageUtile De mi-février à mi-mars, tous les 5 ansDès que : haie dégarnie à la base ou sujet devenu trop haut et trop large L’escallonia repart bien du vieux bois, ce que peu d’arbustes persistants acceptent : un rabattage sévère en fin d’hiver, avant la mi-mars et l’installation des nids, une fois tous les 5 ans, refait une haie dense sans replanter. On perd la floraison de l’année.rabattre à 40 ou 50 cm du sol, une seule face de haie par an
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Un seul apport en sortie d’hiver suffit à l’année : l’escallonia fleurit mieux en sol maigre et drainé qu’en sol trop riche, où il fabrique du bois tendre au détriment des fleurs.2 à 3 cm de compost mûr étalés sur l’aplomb des racines, sans enfouir
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début mars à mi-avril Attendre le départ de la végétation pour couper ce que l’hiver a abîmé : un rameau qui paraît mort en février repart souvent de sa base, et une coupe trop hâtive enlève du vivant.rameaux noircis par le gel, bois nu au cœur de la touffe
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler en avril, quand le sol s’est réchauffé mais reste humide, pour traverser l’été avec peu ou pas d’arrosage une fois la haie installée.écorces ou BRF sur 5 cm, dégagés du tronc de quelques centimètres
BouturageOptionnel De début août à mi-septembre Bouturer en août sur du bois de l’année à demi durci reprend facilement : c’est la façon la plus économique de compléter ou de prolonger une haie avec des sujets exactement semblables.boutures semi-aoûtées de 10 à 12 cm, à l’étouffée sous châssis
Taille après floraisonEssentiel En septembre Tailler après la vague principale de fleurs, en septembre une fois les nichées envolées, et jamais au printemps : l’escallonia fleurit sur le bois formé l’année précédente, une taille de mars supprimerait la floraison de juin. Laisser au moins 6 semaines avant les premières gelées pour que les coupes cicatrisent.réduire d’un tiers les pousses de l’année, au sécateur en haie libre, à la cisaille en haie taillée
Voile d'hivernageUtile De mi-novembre à mi-marsDès que : gelées annoncées sous -8 °C sur un sujet de moins de 3 ans, ou plantation à l’intérieur des terres Bien installé et près du littoral, l’escallonia encaisse -10 à -12 °C sans broncher ; ce sont les jeunes plants et les haies de l’intérieur qui défolient. Couvrir les deux premiers hivers suffit.voile d’hivernage en double épaisseur, retiré dès le redoux