Arbuste · Célastracées
Fusain de Fortune Euonymus fortunei
Aussi appelé : Fusain rampant, Fusain grimpant, Wintercreeper
Le fusain de Fortune est un arbuste persistant originaire d’Asie de l’Est, très planté en couvre-sol et en bordure pour son feuillage, souvent panaché de jaune doré ou de blanc. Il reste entre 40 cm et 1 m de haut, mais s’accroche à un mur et y grimpe jusqu’à 2 ou 3 m. Rustique jusqu’à -25 °C, il pousse dans toute terre drainée, même calcaire, du soleil à l’ombre claire, et ne demande presque plus d’eau une fois installé. Ses panachures pâlissent à l’ombre, et ses fruits sont toxiques.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Célastracées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5, soit environ -25 °C. Le feuillage persistant peut roussir sous un vent froid et sec, mais la souche ne souffre pas.
Dimensions : 40 cm à 1 m de haut pour 1 à 1,5 m d’étalement en couvre-sol ou en bordure. Adossé à un mur, il s’accroche et monte à 2 ou 3 m.
Floraison : Insignifiante : de petites fleurs vert pâle en juin, rares et sans intérêt, la plante se cultive pour son feuillage ; les fruits éventuels sont toxiques.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, meuble et drainée, même caillouteuse ou calcaire. pH idéal de 6 à 7,5, il supporte jusqu’à 8.
Exposition : Du plein soleil à la mi-ombre, et même l’ombre claire. Au soleil les panachures dorées sont franches, à l’ombre elles pâlissent et l’arbuste tend à revenir au vert.
Arrosage : Tous les 5 à 8 jours en été les deux ou trois premières années, puis plus rien hors canicule. Rien de novembre à mars.
Durée de vie : Arbuste vivace persistant, 20 à 30 ans en place, davantage en haie entretenue.
Multiplication : Bouturage d’extrémités de rameaux semi-aoûtées en août et septembre, à l’étouffée, ou séparation des tiges couchées déjà enracinées.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 10 à 14 jours au printemps, tous les 5 à 8 jours de juin à début septembre, tous les 12 à 15 jours en automne, rien l’hiver. Arroser au pied et jamais sur le feuillage, qui prend l’oïdium au moindre excès d’humidité stagnante.
Fertilisation : Une poignée d’engrais organique à libération lente ou de corne broyée, griffée au pied en mars. En pleine terre dans une bonne terre, un apport tous les 2 ans suffit.
Rempotage : En pot, tous les 2 à 3 ans en mars, dans un contenant à peine plus grand et un mélange terre de jardin, terreau et sable. En pleine terre, la question ne se pose pas.
Taille : En avril ou mai, une fois les gelées passées : il repart sans faute sur le vieux bois, donc on peut rabattre court. Couper en plus, toute l’année, les rameaux redevenus entièrement verts sur un sujet panaché.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil à mi-ombre, 4 à 6 heures de lumière directe suffisent. C’est l’un des rares persistants panachés qui garde de la tenue à l’ombre d’un mur nord.
Emplacement : Dehors toute l’année, sans abri ni protection. Il encaisse le vent, les embruns et la pollution urbaine, ce qui en fait une bordure de ville fiable.
Substrat : Sol de jardin franc, meuble, bien drainé ; il accepte le calcaire, le sable et la terre pauvre. En bac, deux tiers de terre de jardin pour un tiers de terreau et une poignée de sable.
pH : De 6 à 7,5 idéalement, encore correct jusqu’à 8. Aucun signe de chlorose en sol calcaire.
Drainage : Indispensable. Il tolère la sécheresse mais pas l’eau qui stagne l’hiver, qui fait pourrir le collet et noircir la base des rameaux.
Multiplication
Bouturage : en août et septembre, prélevez des extrémités de rameaux de 10 cm à demi lignifiées, ôtez les feuilles du bas et piquez-les dans un mélange de terreau et de sable. Placez-les sous châssis ou sous un sac transparent, à l’étouffée et à l’ombre : l’enracinement prend 4 à 6 semaines. Les formes panachées se multiplient ainsi à l’identique, en prélevant des rameaux bien colorés. La reprise est presque toujours acquise.
Les autres méthodes
Semis :
Semerun amateur ne le sème pas : la plante fructifie rarement, et les graines ne reproduisent pas les formes panachées cultivées.
Récolter les grainesPas de graines en culture : la plante fructifie rarement, et ses graines ne reproduisent pas les formes panachées cultivées, que le commerce ne vend d’ailleurs pas en graines. Bouture et marcotte les reproduisent à l’identique.
Division et autres méthodes : les tiges couchées s’enracinent souvent seules au contact du sol : au printemps, détachez au sécateur une tige enracinée et replantez-la. On provoque ce marcottage en maintenant une tige au sol par un crochet, sous un peu de terre.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium est le problème numéro un, sous forme d’un feutrage blanc farineux sur les jeunes feuilles par temps lourd. Aérer la touffe à la taille, arroser au pied, et traiter au soufre mouillable en début d’attaque. Des taches brunes cerclées en été signalent une anthracnose, à traiter par le ramassage des feuilles atteintes.
Parasites fréquents : La cochenille virgule du fusain est sa plaie : boucliers blancs allongés des mâles sur les feuilles, boucliers bruns des femelles agglutinés sur l’écorce, qui finissent par épuiser l’arbuste. Traiter à l’huile de colza ou blanche en fin d’hiver, puis contre les larves mobiles en mai et juillet. Les pucerons noirs colonisent aussi les jeunes pousses au printemps.
Prévention : Ne pas planter serré et tailler chaque printemps pour laisser circuler l’air entre les rameaux. Inspecter l’écorce des vieilles branches deux fois par mois d’avril à septembre : la cochenille se rattrape au début, jamais quand elle recouvre les tiges. Éviter les excès d’azote, qui donnent des pousses tendres que tout attaque.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion, comme tous les fusains. Feuilles, écorce et surtout fruits contiennent des alcaloïdes irritants et des hétérosides cardiotoniques ; l’ingestion accidentelle de quelques fruits par un enfant justifie un appel au centre antipoison.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien et le chat, qui présentent le plus souvent des troubles digestifs après avoir mâché quelques feuilles. Une ingestion massive peut aller jusqu’aux tremblements et aux troubles du rythme cardiaque, mais elle reste rare, les doses en jeu étant importantes.
Symptômes : Salivation, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales dans les heures qui suivent. Le contact avec la sève est sans gravité, hors sensibilité cutanée particulière.
Précautions : Ramasser les fruits tombés là où jouent de jeunes enfants, et se laver les mains après la taille. Inutile de renoncer à l’arbuste : le danger vient de l’ingestion volontaire, pas du voisinage.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’hellébore d’Orient et l’heuchère pourpre partagent sa mi-ombre et son sol frais, et leurs feuillages sombres font ressortir la panachure dorée. Les petits bulbes de printemps, crocus et narcisses botaniques, traversent le tapis en février quand tout le reste dort. Une fougère persistante, polystic ou capillaire, complète le tableau au pied d’un mur nord.
Associations à éviter : Lavande, ciste et santoline demandent un sol maigre et sec en plein cagnard, l’inverse du massif paillé et arrosé où le fusain s’installe. Les tapissantes lentes comme l’aubriète, l’alysse ou le thym se font recouvrir en deux saisons. Évitez aussi de le serrer contre un buis : les deux sont des aimants à cochenilles et l’attaque passe de l’un à l’autre.
Conseil : Placez les formes à panachure jaune au soleil et celles à panachure blanche à mi-ombre, c’est là que chacune tient sa couleur. Et coupez sans état d’âme le moindre rameau vert : c’est ce seul geste qui décide de l’allure de la touffe dans 5 ans.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, sol ordinaire bien drainé, du plein soleil à la mi-ombre, les arrosages indiqués ne valant que pour les deux ou trois premières années.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 14 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 5 à 8 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 12 à 15 jours | Arroser au pied, sans mouiller le feuillage qui prend vite l’oïdium. Passé 3 ans, le fusain de Fortune se débrouille seul hors canicule, et rien n’est à donner de novembre à mars. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à mars : tous les 1 à 2 mois | Regarder l’écorce des vieilles branches et le revers des feuilles : le fusain est la plante de prédilection de la cochenille virgule, petits boucliers blancs et bruns alignés, et blanchit d’oïdium par temps lourd. |
| Engrais à libération lente | En mars | Griffer une poignée d’engrais à libération lente au pied avant le départ de végétation, pour soutenir la pousse et la netteté de la panachure. |
| Bois mort et feuilles abîmées | En mars | Ôter les rameaux desséchés et les feuilles grillées de l’hiver avant la reprise, pour dégager la nouvelle pousse et rendre sa couleur à la touffe. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Étaler un paillis organique sur sol déjà réchauffé et humide : les racines du fusain sont traçantes et se dessèchent les premières. |
| Gourmands et rejets | D’avril à octobre | Couper à la base tout rameau revenu au vert uni : plus vigoureux que le reste, il avale la panachure en deux saisons si on le laisse. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à septembre | Guider et attacher les jeunes rameaux tant qu’ils sont souples : leurs crampons racinaires prennent ensuite le relais et l’arbuste monte à 2 ou 3 m. |
| Taille de structure | De mi-avril à fin mai | Rabattre à la forme voulue une fois les gelées passées, même sévèrement : l’arbuste ramifie aussitôt depuis l’ancien bois. Une simple égalisation fin août tient la ligne d’une bordure jusqu’au printemps. |
| Bouturage | D’août à septembre | Prélever des extrémités de rameaux de l’année à demi lignifiées et les piquer à l’étouffée dans un mélange sableux : la reprise est presque toujours acquise. |