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Arbre · Fagacées

Hêtre Fagus sylvatica

Aussi appelé : Hêtre commun, Hêtre des forêts, Fayard, Foyard, Fau, European beech

Le hêtre est le grand arbre des forêts d’Europe, au tronc lisse et gris et au feuillage vert tendre au printemps, qui roussit à l’automne. Isolé, il monte à 25 à 35 m, mais il se conduit très bien en haie taillée, tenue entre 1,5 et 3 m pendant des décennies. Il réclame un sol profond, frais et surtout drainé, accepte le calcaire, mais dépérit dans l’argile compacte gorgée d’eau. Le froid de l’hiver ne l’atteint pas, ce sont les gelées tardives d’avril qui grillent ses jeunes feuilles.

Hêtre (Fagus sylvatica)
Photo : Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Fagacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4, soit environ -30 °C sur le bois. Ce sont les gelées tardives d’avril qui l’ennuient, en grillant le jeune feuillage, jamais le froid de janvier.

Dimensions : 25 à 35 m de haut pour 15 à 20 m d’étalement en arbre de plein vent. Conduit en haie, il se tient sans peine entre 1,5 et 3 m pendant des décennies.

Floraison : En avril et mai, en même temps que les feuilles, des chatons verdâtres discrets et sans parfum, suivis des faînes à l’automne : aucun intérêt décoratif.

Substrat : Sol profond, frais, limoneux et surtout drainé ; il accepte très bien le calcaire mais refuse l’argile compacte et gorgée d’eau. pH de 5 à 7,5.

Exposition : Soleil ou mi-ombre une fois installé. Jeune, c’est une essence d’ombre, qui apprécie d’être abritée latéralement les premières années.

Arrosage : Tous les 5 à 8 jours en été les trois premières années, à raison de 20 à 30 litres par mètre de haie. Un sujet établi ne demande plus rien.

Durée de vie : Arbre vivace caduc, 150 à 250 ans couramment, davantage en futaie protégée.

Multiplication : Semis des faînes fraîches dès leur chute, de fin octobre à fin novembre, sous châssis froid ; elles lèvent au printemps.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 8 à 12 jours au printemps, tous les 5 à 8 jours de juin à début septembre, tous les 12 à 15 jours ensuite, rien l’hiver. Arroser beaucoup d’un coup plutôt qu’un peu souvent, pour entraîner les racines vers le bas.

Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr épandus sur le paillage en octobre ou novembre, et rien d’autre. Les engrais azotés donnent des pousses tendres qui gèlent et un feuillage terne.

Rempotage : Le hêtre ne se cultive pas durablement en pot, sa racine pivotante et traçante y étouffe. En bonsaï, rempotage tous les 2 à 3 ans en mars, juste avant le débourrement.

Taille : Une taille de haie par an, en septembre, une fois les nichées envolées et la pousse de l’été arrêtée. Les branches charpentières se coupent en hiver hors gel, jamais au printemps où la sève s’écoule des plaies.

Exposition & substrat

Exposition : Soleil ou mi-ombre, sans exigence particulière une fois adulte. C’est un des rares grands arbres qui supporte l’ombre dans sa jeunesse, ce qui explique qu’il domine les forêts où il s’installe.

Emplacement : Dehors, toute l’année, en pleine terre uniquement. Prévoyez 8 à 10 m entre un sujet de plein vent et une construction : ses racines traçantes soulèvent les dallages et cherchent les drains.

Substrat : Terre profonde, fraîche et meuble, limoneuse ou limono-sableuse ; il pousse très bien sur calcaire à condition que le sol ait du fond. Les terres compactées le tuent lentement.

pH : De 5 à 7,5, avec un optimum autour de la neutralité. Il tolère le calcaire actif mieux que la plupart des grands feuillus.

Drainage : Exigeant. Le hêtre veut un sol frais mais jamais détrempé : une nappe d’eau hivernale à faible profondeur asphyxie ses racines superficielles et le condamne en quelques années.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : de fin octobre à fin novembre, semer les faînes juste tombées dehors, en terrine ou en pépinière sous châssis froid, couvertes de 2 cm de terreau sableux et protégées des souris par un grillage fin. Il leur faut 2 à 3 mois de froid humide pour lever en avril ; des faînes achetées sèches se stratifient d’abord 2 à 3 mois au réfrigérateur dans du sable humide. Les plants reproduisent l’espèce, mais pas les formes pourpres, pleureuses ou fastigiées. La levée est bonne au printemps si l’hiver les a gardées au froid humide et à l’abri des rongeurs.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles sur le même pied et le vent le pollinise. Un arbre seul donne des faînes, mais beaucoup restent vides, et la récolte n’est abondante que certaines années, tous les 3 à 5 ans environ. Ramasser en octobre les faînes brunes tombées des cupules ouvertes et n’en garder que les pleines, dont l’amande remplit la coque. Elles ne supportent ni la chaleur ni le dessèchement : à défaut de les semer aussitôt, les garder au froid humide, jamais au grenier, où elles meurent en quelques mois.

Les autres méthodes

Bouturage : Le hêtre ne se bouture pratiquement pas : même en pépinière, sous brumisation, les boutures racinent très rarement.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : coucher une branche basse, l’entailler, l’enterrer à 10 cm sous un crochet et ne la sevrer qu’au bout de 2 ans, une fois enracinée. Les formes pourpres ou pleureuses se greffent en placage en fin d’hiver, sous abri, sur un jeune hêtre de semis : un geste de pépiniériste plus que d’amateur.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La maladie de l’écorce du hêtre associe une cochenille feutrée et un champignon du genre Neonectria : l’écorce suinte, se crevasse et se nécrose par plaques, souvent fatalement sur un adulte. L’oïdium blanchit les jeunes feuilles au printemps sans gravité. Sur sol lourd, le phytophthora provoque un chancre suintant au collet, sans traitement : seul un drainage correct prévient.

Parasites fréquents : Le puceron lanigère du hêtre couvre le revers des jeunes feuilles d’un duvet blanc cotonneux et provoque un miellat collant ; un jet d’eau et les coccinelles suffisent. L’orchestes du hêtre, minuscule charançon sauteur, crible les feuilles et les brunit dès juin sans mettre l’arbre en danger. La cécidomyie forme de petites galles coniques dressées sur le limbe, purement esthétiques.

Prévention : Ne jamais blesser l’écorce, lisse et sans défense, ni avec une débroussailleuse ni avec un attache-tuteur oublié. Maintenir un paillage permanent et éviter tout tassement du sol sous le houppier, qui est la première cause de dépérissement des hêtres de jardin. Surveiller le tronc chaque hiver, quand le feutrage blanc de la cochenille se voit le mieux.

Toxicité

Toxicité humaine : Le bois, les feuilles et la sève sont sans danger ; ce sont les faînes qui posent problème crues et en quantité. Elles contiennent de la fagine, des saponines, des tanins et de l’acide oxalique, et une poignée avalée crue donne des maux de ventre et des nausées ; grillées, elles se consomment en petite quantité.

Toxicité animaux : Le cheval est le plus exposé : l’ingestion massive de faînes, lors des années de forte fructification, provoque le fagisme, avec coliques et troubles nerveux. Le chien qui en avale beaucoup fait des troubles digestifs, aggravés par le risque d’obstruction avec les cupules.

Symptômes : Douleurs abdominales, vomissements, diarrhée, salivation dans les heures qui suivent l’ingestion. Aux fortes doses chez l’herbivore, s’ajoutent agitation, titubation et tremblements. Aucun effet par simple contact.

Précautions : Clôturer ou ramasser sous un hêtre en pâture les années de fainée, et ne pas laisser un chien fouiller la litière de faînes. Pour la table, faites toujours griller les faînes et n’en mangez qu’une petite poignée.

Associations de plantes

Bonnes associations : En haie mixte, le charme et le houx partagent son rythme de taille et prolongent l’écran d’hiver, le charme étant lui aussi marcescent. À son pied, les plantes à cycle de printemps réussissent seules : jacinthe des bois, anémone sylvie, ail des ours, qui fleurissent et se retirent avant que le houppier ne ferme la lumière. Les fougères, dryoptéris et polystics, tiennent ensuite dans l’ombre sèche.

Associations à éviter : Le gazon sous un hêtre est une bataille perdue : ombre dense, racines traçantes et litière acide ne lui laissent rien. Rosiers, vivaces de plein soleil et potager sont à exclure dans la zone du houppier, pour les mêmes raisons. Évitez aussi de planter un hêtre au-dessus d’un drain ou d’une fosse, qu’il finira par coloniser.

Conseil : Pour une haie, plantez des jeunes plants de 60 à 80 cm plutôt que de grands sujets : ils rattrapent les autres en 3 ans et ramifient mieux du bas. Rabattez d’un tiers les deux premières années, c’est ce qui fait une haie pleine jusqu’au sol.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet en pleine terre, conduit en haie taillée ou en arbre de plein vent, sol profond, frais et drainé, au soleil ou à mi-ombre, les arrosages ne valant que pour les trois premières années.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 8 à 12 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 5 à 8 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 12 à 15 jours Arroser beaucoup et rarement pour entraîner les racines en profondeur. Le hêtre redoute autant la sécheresse d’août, qui brunit le feuillage d’un coup, que l’eau stagnante de l’hiver.20 à 30 litres par mètre de haie, les trois premières années
Inspection parasitaireUtile D’avril à juillet : toutes les 2 à 3 semaines ; d’août à mars : tous les 1 à 2 mois Chercher les amas cotonneux blancs sous les jeunes feuilles en mai, et le feutrage blanc dans les anfractuosités du tronc. Ce dernier est la porte d’entrée de la maladie de l’écorce, qui tue des sujets adultes.puceron lanigère au printemps, cochenille feutrée sur l’écorce
PaillageEssentiel De mars à avril Couvrir le sol de feuilles mortes ou de broyat avant les chaleurs : le hêtre enracine à plat, juste sous la surface, et c’est là que le sol nu le trahit.7 à 10 cm, sur toute la largeur du houppier
Taille de structureEssentiel En septembre Tailler quand la pousse de l’été s’est arrêtée, en gardant la haie plus large à la base qu’au sommet pour que le bas reste garni. Rien au-delà de septembre : une taille plus tardive relance des pousses tendres que le gel détruit.haie : une seule taille par an suffit, en septembre, une fois les nichées envolées
Fructification, récolteOptionnel De septembre à octobre, tous les 4 ans Ramasser les faînes quand les cupules épineuses s’ouvrent d’elles-mêmes sur l’arbre. Un hêtre ne fructifie guère avant 30 ans en plein vent, et une haie taillée ne fructifie jamais.fainée irrégulière, une vraie récolte tous les 4 à 8 ans
Compost, amendementUtile De mi-octobre à fin novembre Épandre le compost sur le paillage à l’automne et laisser les vers l’enfouir. L’azote soluble pousse un bois tendre qui grille au premier coup de froid.2 à 3 cm de compost mûr, pas d’engrais azoté
SemisOptionnel De mi-octobre à fin novembre Semer les faînes dès la récolte, à 2 cm, sous châssis froid ou en pépinière abritée des rongeurs. Sans 2 à 3 mois de froid humide, elles ne germent pas au printemps.faînes semées fraîches, l’hiver lève la dormance
Bois mort et feuilles abîméesUtile De novembre à février Supprimer les branches mortes ou qui se croisent pendant le repos, en coupant net sur le bourrelet. Une plaie faite en mars s’écoule longtemps et cicatrise mal.hors gel, et jamais à la montée de sève
Ramassage des feuilles mortesUtile De novembre à mars En haie ou sur un jeune sujet, les feuilles sèches tiennent tout l’hiver et ne tombent qu’au débourrement : ramasser à ce moment-là. Mises de côté, elles font le meilleur terreau de feuilles du jardin.feuillage marcescent : une haie ne se vide qu’en mars