Arbuste · Oléacées
Forsythia Forsythia × intermedia
Aussi appelé : Mimosa de Paris, Forsythie, Forsythia hybride, Border forsythia
Le forsythia est un arbuste hybride, né en jardin du croisement de deux espèces chinoises, devenu le signal du printemps dans les haies françaises. Il forme en une dizaine d’années une gerbe de rameaux arqués de 2 à 3 m de haut et autant de large, couverte en mars de clochettes jaune vif avant les feuilles. Il ne demande guère que du soleil, une terre ordinaire qui ne reste pas gorgée d’eau l’hiver, et le rabattage de ses plus vieilles branches tous les 4 à 5 ans. C’est un arbuste pour débutants : à mi-ombre il fleurit deux fois moins, et seule une gelée tardive grille ses fleurs.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Oléacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8, il supporte -25 °C sans dommage une fois installé. Seule une gelée tardive de fin mars peut griller les fleurs déjà ouvertes, sans mettre l’arbuste en danger.
Dimensions : 2 à 3 m de haut pour autant d’étalement en une dizaine d’années, en gerbe aux rameaux arqués. Les formes naines comme ‘Marée d’Or’ plafonnent à 1 m.
Floraison : De mars à début avril, sur rameaux encore nus, une profusion de clochettes jaune vif, sans parfum.
Substrat : Toute terre de jardin ordinaire, même argileuse, pourvu qu’elle ne reste pas gorgée d’eau l’hiver. pH idéal de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil pour une floraison dense. Il pousse à mi-ombre mais fleurit alors deux fois moins.
Arrosage : Aucun besoin une fois enraciné sous nos climats. Les deux premières années, 10 à 15 litres tous les 7 à 10 jours pendant les périodes sèches de l’été.
Durée de vie : Arbuste caduc vivace, 20 à 30 ans, à condition de rabattre les plus vieilles branches tous les 4 à 5 ans.
Multiplication : Bouturage de rameaux aoûtés de 20 cm en octobre et en novembre, enterrés aux trois quarts dehors, à l’ombre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Rien d’octobre à mars, la pluie suffit largement. En été et pendant les deux premières années seulement, 10 à 15 litres tous les 7 à 10 jours au pied, jamais sur le feuillage.
Fertilisation : Une pelletée de compost mûr griffée au pied fin février couvre l’année entière. Un engrais riche en azote donne des pousses vertes et molles au détriment des fleurs.
Rempotage : Rarement cultivé en pot ; le cas échéant, un bac de 50 litres minimum et un renouvellement du substrat tous les 3 ans en mars. En pleine terre, la question ne se pose pas.
Taille : Impérativement dans les 15 jours qui suivent la floraison, en avril, en raccourcissant d’un tiers les rameaux défleuris après avoir vérifié qu’aucun nid n’est occupé dans la haie. Il fleurit sur le bois de l’année précédente : une taille d’hiver supprime toute la floraison à venir.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures directes par jour. C’est la lumière reçue en été qui fabrique les boutons floraux de l’hiver suivant.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en haie libre, en isolé ou au fond d’un massif. Une exposition sud ou est le fait fleurir plus tôt, un pied de mur nord retarde l’ouverture de 2 semaines.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même lourde, améliorée d’un seau de compost au moment de la plantation. C’est un arbuste peu exigeant, qui s’accommode de presque tout.
pH : De 6,0 à 7,5. Au-delà de 8, en sol franchement calcaire, le feuillage jaunit entre les nervures.
Drainage : Un drainage correct suffit, il n’a pas besoin de terre légère. Seules les cuvettes gorgées d’eau tout l’hiver lui sont fatales.
Multiplication
Bouturage : de début octobre à fin novembre, couper des tronçons de rameaux de l’année aoûtés de 20 cm, sous un œil, et les enterrer aux trois quarts dehors, dans un coin ombragé, en terre légère ou dans un mélange de terreau et de sable. Ils racinent pendant l’hiver, débourrent au printemps et se mettent en place l’automne suivant. En juin et en juillet, des boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm, sous abri à l’étouffée, racinent aussi en 3 à 4 semaines. C’est l’un des arbustes les plus faciles à multiplier, presque toutes les boutures reprennent.
Les autres méthodes
Semis :
SemerNon : c’est un hybride, dont les graines sont rares et ne reproduisent pas la plante.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : ses fleurs ne se fécondent qu’entre deux formes de fleurs différentes. Il n’en donne presque jamais : un jardin ne compte souvent qu’un seul clone, multiplié par bouture. Les rares capsules obtenues donneraient des plants dissemblables : le bouturage et le marcottage restent les seules méthodes.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’entailler, l’enterrer à 10 cm sous un crochet, et la sevrer à l’automne. Ses rameaux arqués qui touchent le sol s’enracinent souvent tout seuls et se détachent de même.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Arbuste peu sensible dans l’ensemble. On rencontre parfois un dépérissement des rameaux qui noircit des pousses entières : couper 15 cm sous la zone atteinte, dans le bois sain. La chlorose ferrique des sols calcaires jaunit le feuillage et se corrige par des apports de compost et de chélate de fer.
Parasites fréquents : Cochenilles farineuses blanches à l’aisselle des rameaux et pucerons sur les jeunes pousses au printemps, à retirer au coton imbibé d’alcool pour les cochenilles et au jet d’eau pour les pucerons, sinon à traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les galles ligneuses, renflements en chou-fleur sur les tiges, se taillent et partent en déchetterie : il n’existe pas de traitement.
Prévention : Aérer le centre de la touffe à chaque taille pour que l’air circule entre les rameaux. Désinfecter le sécateur à l’alcool entre deux arbustes. Évacuer les rameaux coupés plutôt que de les laisser au pied.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité notable reconnue, le forsythia ne figure pas parmi les plantes dangereuses recensées par les centres antipoison. L’ingestion accidentelle de feuilles ou de fruits ne provoque au pire qu’un inconfort digestif passager.
Toxicité animaux : Classé non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Comme n’importe quel végétal avalé en quantité, il peut occasionner des vomissements sans gravité.
Symptômes : Rien d’attendu, tout au plus des nausées ou des selles molles après une ingestion importante. La sève n’est ni irritante ni photosensibilisante.
Précautions : Aucune précaution particulière, il se plante sans crainte dans un jardin fréquenté par des enfants ou des animaux. Ne pas le confondre avec le cytise, jaune lui aussi mais franchement toxique, qui fleurit en mai en longues grappes pendantes.
Associations de plantes
Bonnes associations : Des bulbes précoces à son pied, narcisses et muscaris, qui fleurissent en même temps et habillent une base vite dégarnie. Un amélanchier ou un cognassier du Japon qui prend le relais en avril, quand le forsythia n’est plus que vert. Un céanothe de printemps, dont le bleu sert de complémentaire au jaune.
Associations à éviter : Les plantes de terre de bruyère, rhododendron, camélia et azalée, qui réclament un sol acide et constamment frais dont il n’a que faire. Les couvre-sol envahissants comme la pervenche ou le lierre, qui concurrencent ses racines traçantes et superficielles. Tout voisin planté à moins d’1,50 m, qui obligerait à le tailler pour une mauvaise raison.
Conseil : Coupez quelques rameaux bien boutonnés fin janvier et mettez-les en vase à 18 °C : ils s’ouvrent en 8 à 10 jours. Prélevez-les sur les branches que la taille d’avril allait de toute façon emporter, et le forçage ne coûte rien à l’arbuste.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, en haie libre ou en isolé, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre de jardin ordinaire qui ne reste pas détrempée l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 15 à 20 jours | Arroser au pied, 10 à 15 L à la fois, le temps que l’arbuste s’enracine. Installé, le forsythia se passe d’arrosage sous nos climats, même lors d’un été sec. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début février à mi-mars | Couper à la base les rameaux secs, cassés ou noircis avant l’ouverture des fleurs. Les rameaux à conserver se reconnaissent aux renflements réguliers de leurs boutons floraux. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Apporter du compost mûr au pied à la fin de l’hiver, juste avant le démarrage. L’azote pur donnerait des pousses molles et vertes au détriment des boutons floraux. |
| Floraison | De début mars à mi-avril | Les fleurs jaunes s’ouvrent sur des rameaux encore nus, vers la mi-mars en plaine et 1 à 2 semaines plus tôt dans le Midi. C’est cette floraison qui fixe la date de la taille. |
| Taille après floraison | De début avril à mi-mai | Raccourcir d’un tiers les rameaux défleuris et supprimer deux ou trois des plus vieilles branches au ras du sol. Passé le mois de mai, la taille enlève les boutons déjà formés pour le printemps suivant. |
| Rabattage | En avril, tous les 5 ans | Couper toute la touffe à 30 cm du sol juste après la floraison, une fois vérifié qu’aucun nid n’y est occupé, une année sur quatre ou cinq. La floraison suivante sera pauvre, celle d’après retrouvera sa densité sur des rameaux jeunes. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Étaler un paillis organique après la taille, quand la terre est encore humide de l’hiver. Il garde la fraîcheur des racines traçantes et superficielles pendant l’été. |
| Bouturage | D’octobre à novembre | Planter des tronçons de rameaux aoûtés de 20 cm aux trois quarts enterrés, dans un coin ombragé. Le forsythia est l’un des arbustes les plus faciles à multiplier, presque toutes les boutures reprennent au printemps. |