Plante à bulbe · Liliacées
Couronne impériale Fritillaria imperialis
Aussi appelé : Fritillaire impériale, Impériale, Crown imperial
La couronne impériale est une grande plante à bulbe des montagnes d’Iran, de Turquie et d’Afghanistan, introduite dans les jardins d’Europe au XVIe siècle. Sa tige de 60 cm à 1 m porte en avril et en mai une couronne de clochettes pendantes orange, rouges ou jaunes, coiffée d’un toupet de feuilles, et toute la plante sent fortement le musc. Elle demande une terre riche et profonde où l’eau ne stagne jamais, au soleil et à l’abri des vents qui couchent ses tiges. L’eau stagnante fait pourrir le bulbe, et couper le feuillage avant qu’il jaunisse compromet la floraison suivante.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Liliacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8 ; dans une terre bien drainée, le bulbe supporte -25 °C environ et passe l’hiver dehors partout en France.
Dimensions : De 60 cm à 1 m de hauteur, parfois 1,20 m, sur 25 à 30 cm d’étalement.
Floraison : En avril et en mai, parfois dès la fin mars dans le Midi, une couronne de 4 à 8 clochettes pendantes orange, rouges ou jaunes, coiffée d’un toupet de feuilles vertes. Toute la plante dégage une odeur musquée, souvent comparée à celle du renard.
Substrat : Terre riche, profonde et bien drainée, argileuse ou calcaire pourvu que l’eau n’y stagne pas, au pH de 6 à 8.
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre légère, à l’abri des vents forts qui couchent ses hautes tiges.
Arrosage : La pluie suffit le plus souvent ; par printemps sec, un arrosage copieux par semaine tant que le feuillage est vert, et aucun en été.
Durée de vie : Vivace bulbeuse ; laissée en place dans un sol qui lui convient, une touffe fleurit 10 ans et plus, à condition de laisser chaque année son feuillage jaunir.
Multiplication : Séparation des caïeux d’une touffe au repos en juillet et en août, replantés aussitôt couchés sur un lit de sable, à 20 cm.
Arrosage & entretien
Arrosage : Par printemps sec, arroser copieusement au pied une fois par semaine, de la sortie des pousses en mars à la fin de la floraison. Une fois le feuillage jauni, plus aucun arrosage : l’eau qui stagne en été fait pourrir le bulbe.
Fertilisation : Plante gourmande : épandre au pied un engrais pour bulbes riche en potasse quand les pousses pointent hors de terre, en février ou mars. À la plantation, une terre enrichie de compost bien décomposé lui donne un bon départ.
Rempotage : Planter les bulbes dès leur achat, en septembre ou au plus tard en octobre, au fond d’un trou de 20 cm, couchés sur le côté sur un lit de sable pour que l’eau ne stagne pas dans leur creux. Tous les 5 ans environ, quand la touffe fleurit moins, la diviser en juillet ou août et replanter aussitôt les bulbes, qui se dessèchent vite à l’air.
Taille : Pincer les capsules qui se forment après la floraison, mais garder tige et feuilles, qui reconstituent le bulbe. Couper la tige au ras du sol seulement quand elle est sèche, entre la fin juin et juillet.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour des tiges solides et une floraison régulière. Une mi-ombre légère lui convient aussi, mais à l’ombre le bulbe s’épuise et cesse de fleurir.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, au milieu ou au fond d’un massif, abrité des grands vents. Une exposition sud ou ouest lui donne la chaleur d’été qui aide le bulbe à préparer sa floraison.
Substrat : Terre de jardin riche, profonde et meuble, améliorée de compost, et allégée de sable ou de gravier si elle est lourde. La plante accepte l’argile, pourvu que l’eau n’y stagne pas.
pH : De 6 à 8 : légèrement acide à calcaire, avec une préférence pour un sol neutre à calcaire.
Drainage : Indispensable, car le gros bulbe charnu, creusé au sommet, pourrit dans une terre gorgée d’eau, surtout l’été. Le coucher sur le côté, sur 3 à 5 cm de sable, évite que l’eau ne s’accumule dans son creux.
Multiplication
Caïeux : de début juillet à fin août, déterrer la touffe avec des gants (le bulbe est toxique) et détacher les gros caïeux du bulbe principal. Les replanter aussitôt, couchés sur le côté sur un lit de sable, au fond d’un trou de 20 cm, car ce bulbe sans tunique se dessèche vite hors de terre. Les petits bulbilles se cultivent 2 ou 3 ans en pépinière avant de fleurir. La reprise est bonne si on les replante tout de suite.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas ; le bouturage d’écailles du bulbe existe, mais reste une affaire de spécialiste.
Semis :
SemerEn septembre et en octobre, semer les graines fraîches dehors en terrine sous châssis froid, couvertes de 5 mm de sable fin : elles ont besoin du froid de l’hiver et lèvent au printemps. Compter 5 à 6 ans avant la première floraison, et des couleurs qui ne reproduisent pas fidèlement celle du pied mère.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : un clone isolé donne peu de capsules, plusieurs variétés davantage. Les fleurs, visitées par les abeilles et les bourdons, donnent des capsules dressées à six angles, mûres en juin et en juillet quand elles brunissent et s’entrouvrent. Récolter les graines plates et brunes et les garder au frais, en sachet de papier, jusqu’au semis de septembre, sans les laisser plus d’une saison.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du bulbe, due à des champignons du sol, est la première cause de disparition : le bulbe ramollit et ne repart pas au printemps. Aucun traitement ne sauve un bulbe atteint, seuls un sol drainé et l’absence d’arrosage en été la préviennent. Par printemps humide, des taches brunes ou une moisissure grise (botrytis) peuvent marquer les feuilles : les retirer et les porter à la déchetterie.
Parasites fréquents : Le criocère du lis, coléoptère rouge vif de 6 à 8 mm, et ses larves enrobées de leurs excréments noirâtres dévorent feuilles, boutons et tiges d’avril à juin. Le ramasser tous les 2 à 3 jours en tenant une main sous la plante, car il se laisse tomber au sol, puis en recours employer un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Au printemps, les limaces entament les jeunes pousses : les ramasser à la tombée du jour, ou en recours épandre des granulés de phosphate ferrique portant la même mention.
Prévention : Planter couché sur le côté, sur un lit de sable, dans un sol drainé, et ne jamais arroser l’emplacement en été. Inspecter les feuilles dès la sortie des pousses, pour arrêter le criocère avant sa première ponte. Ne pas la planter près des lis, qui entretiennent les mêmes criocères.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique, surtout le bulbe cru, qui renferme des alcaloïdes stéroïdiens, dont l’impérialine, actifs sur le cœur ; tiges, feuilles et fleurs en contiennent moins. Son odeur forte et désagréable rend une ingestion accidentelle peu probable.
Toxicité animaux : Les mêmes alcaloïdes menacent le chien, le chat et le cheval, surtout par le bulbe ; le chien qui déterre et croque les bulbes fraîchement plantés est le plus exposé. L’odeur de la plante en détourne le plus souvent les animaux.
Symptômes : Salivation, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée ; une ingestion importante peut provoquer des troubles du rythme cardiaque. Le contact des bulbes n’est pas réputé irritant pour la peau.
Précautions : Ranger les bulbes hors de portée des enfants et des chiens en attendant de les planter, et se laver les mains après les avoir manipulés. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les tulipes et les narcisses fleurissent avec elle et partagent son goût pour un sol drainé et un été sec. Les pivoines herbacées ou les géraniums vivaces, plantés devant, cachent ses tiges qui jaunissent en juin. Les muscaris, à son pied, soulignent de bleu l’orange ou le jaune de ses clochettes.
Associations à éviter : Les lis, ses proches parents, entretiennent avec elle le criocère et doublent les dégâts. Les annuelles et les légumes arrosés tout l’été au-dessus de ses bulbes les font pourrir pendant leur repos. Les couvre-sols denses et les arbustes qui l’ombragent la privent de la lumière et de la chaleur dont le bulbe a besoin pour refleurir.
Conseil : Placez-la au fond d’un massif de vivaces qui s’étoffent en juin : elle le domine en avril, puis leur feuillage prend le relais. Plantez un tuteur à côté des bulbes pour retrouver leur emplacement pendant le repos et ne pas les blesser en bêchant.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Bulbes installés à demeure en pleine terre, au soleil, dans une terre riche, profonde et bien drainée, plantés couchés sur le côté au fond d’un trou de 20 cm.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Engrais à libération lente | De mi-février à fin mars | L’épandre au pied, sans biner, quand les grosses pousses pointent hors de terre. Cette plante gourmande s’épuise et cesse de fleurir dans une terre pauvre. |
| Arrosage | De début mars à mi-mai | Un bon arrosage hebdomadaire tant que dure la sécheresse soutient la tige et la floraison. Il cesse dès que le feuillage commence à jaunir. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à fin juin | Le criocère, petit coléoptère rouge vif, et ses larves enrobées d’une bouillie noirâtre rongent feuilles et boutons. Le ramasser tous les 2 à 3 jours en tenant une main sous la plante : dérangé, il se laisse tomber au sol, le ventre noir en l’air. |
| Floraison | De début avril à mi-mai | Au sommet d’une tige de 60 cm à 1 m, 4 à 8 clochettes s’ouvrent sous un toupet de feuilles vertes, une goutte de nectar au fond de chacune. Toute la plante dégage une odeur musquée, souvent comparée à celle du renard. |
| Fleurs fanées | En mai | Supprimer les capsules qui gonflent à la place des fleurs évite au bulbe de s’épuiser à mûrir ses graines. La tige reste en place, car ses feuilles reconstituent les réserves du bulbe. |
| Rabattage | De mi-juin à fin juillet | Couper au ras du sol la tige jaunie puis desséchée, jamais avant. Planter un tuteur à côté pour retrouver l’emplacement et ne pas blesser le bulbe en bêchant. |
| Repos sec | De juillet à août | Le bulbe dort tout l’été, et l’eau qui stagne dans le creux laissé par l’ancienne tige le fait pourrir. Ne pas installer au-dessus des annuelles qu’il faudrait arroser. |
| Division de touffe | De juillet à août, tous les 5 ans | Déterrer la touffe au repos, séparer les bulbes et les replanter tout de suite, couchés sur le côté sur un lit de sable, au fond d’un trou de 20 cm. Sans tunique protectrice, ce bulbe se dessèche vite hors de terre. |