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Arbuste · Rubiacées

Gardénia Gardenia jasminoides

Aussi appelé : Jasmin du Cap, Cape jasmine

Le gardénia est un arbuste persistant originaire de Chine et du Japon, cultivé pour ses fleurs blanc crème au parfum capiteux, de juin à septembre. En pot, il atteint 0,80 à 1,50 m après une dizaine d’années et passe l’hiver à l’abri, entre 12 et 15 °C. Il demande une terre de bruyère acide, une motte toujours fraîche arrosée à l’eau de pluie et une lumière vive sans soleil de midi. L’eau calcaire et un substrat trop peu acide font jaunir son feuillage.

Gardénia (Gardenia jasminoides)
Photo : Adriel anv00, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Rubiacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-5 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Exigeante

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 8 à 11 pour l’espèce type, qui encaisse au mieux de courtes pointes à -5 °C sur un sujet installé. En pot sous nos climats, on l’hiverne hors gel, entre 12 et 15 °C.

Dimensions : 0,80 à 1,50 m de haut en pot après une dizaine d’années, pour un étalement équivalent. En pleine terre sur le littoral atlantique ou en Méditerranée, elle peut doubler.

Floraison : De juin à septembre, fleurs blanc crème virant au jaune ivoire en fanant, au parfum puissant et capiteux.

Substrat : Terre de bruyère véritable allégée d’un tiers d’écorce de pin fine, pour un pH de 5,0 à 6,0. Au-delà de 6,5, le fer cesse d’être assimilable et le feuillage jaunit.

Exposition : Lumière vive toute la journée, sans soleil direct entre midi et 16 h l’été. Une exposition est, ou une mi-ombre claire, lui vaut mieux qu’un plein sud.

Arrosage : Tous les 2 à 3 jours de mai à septembre, tous les 7 à 10 jours pendant l’hivernage, à l’eau de pluie. Motte fraîche en permanence, jamais détrempée.

Durée de vie : Arbuste persistant vivace, qui passe couramment 20 ans en pot bien mené, davantage en pleine terre.

Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées d’avril à août, à l’intérieur, à l’étouffée et à 22 à 25 °C, en terre de bruyère et perlite.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 2 à 3 jours de mai à septembre, tous les 7 à 10 jours d’octobre à avril, toujours à l’eau de pluie ou filtrée et à température de la pièce. Y ajouter une brumisation du feuillage, quotidienne à l’abri l’hiver, tous les 2 à 3 jours dehors l’été.

Fertilisation : Engrais pour plantes de terre de bruyère tous les 15 jours d’avril à début septembre, sur substrat déjà humide. Arrêt complet ensuite : rien entre la mi-septembre et le mois de mars.

Rempotage : Tous les 2 ans en mars, dans un pot à peine plus large, en terre de bruyère vraie additionnée d’écorce de pin. Ne pas défaire la motte, le gardénia supporte mal qu’on touche à ses racines.

Taille : En septembre, juste après la dernière fleur, en raccourcissant d’un tiers les rameaux défleuris. Plus tard, on couperait les boutons de l’année suivante, déjà formés sur le bois mûr.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive, avec 4 à 6 heures de soleil doux du matin ou de fin d’après-midi. Le soleil de midi de juillet brûle le feuillage et dessèche les boutons.

Emplacement : Dehors de mai à octobre, à mi-ombre claire et à l’abri du vent, puis en pièce très lumineuse et fraîche, 12 à 15 °C, l’hiver. Une fenêtre est ou ouest convient, jamais le voisinage d’un radiateur.

Substrat : Deux tiers de terre de bruyère véritable, un tiers d’écorce de pin fine ou de perlite. Un terreau universel, souvent calcaire et vite tassé, ne tient pas deux saisons.

pH : Entre 5,0 et 6,0, et 6,5 au grand maximum. C’est la plante de maison qui pardonne le moins un arrosage à l’eau dure.

Drainage : Pot percé, couche de billes d’argile au fond, soucoupe vidée systématiquement. Ses racines fines et superficielles pourrissent vite dans un substrat gorgé, surtout en dessous de 15 °C.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : d’avril à août, couper sous un nœud des extrémités semi-aoûtées de 8 à 10 cm, en ne gardant que 2 paires de feuilles, et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de perlite. Les tenir sous un sac plastique, à l’intérieur, à 22 à 25 °C et à la lumière sans soleil direct ; l’hormone de bouturage, facultative, aide cette bouture difficile. Les racines se forment en 6 à 8 semaines. La réussite est moyenne, mais c’est la méthode la plus sûre.

Les autres méthodes

Semis :

SemerPeu pratiqué : en pot, elle ne forme presque jamais ses fruits orangés, et ses graines sont rares dans le commerce. Si l’on en trouve, les semer au printemps à l’intérieur, couvertes de 2 à 3 mm, à 22 à 25 °C, pour une levée lente, en 4 à 8 semaines.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles. En pot, ses fleurs sont rarement fécondées faute des papillons de nuit qui les visitent dans la nature ; on peut aider en passant un pinceau d’une fleur à l’autre. Le fruit orangé met plusieurs mois à mûrir ; les graines, extraites de la pulpe, se sèment au plus vite, car elles perdent rapidement leur pouvoir germinatif. Les graines du commerce, rares, restent la voie la plus simple.

Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, en pot ou en pleine terre : courber une branche basse, l’entailler, l’enterrer dans un godet de terre de bruyère sous un crochet, et la sevrer quand elle a raciné, après 2 à 3 mois.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La chlorose ferrique domine tout, avec des feuilles jaunes à nervures restées vertes, que corrigent un chélate de fer et le retour à l’eau de pluie. La chute des boutons, sans être une maladie, trahit un écart de température, un courant d’air ou un arrosage irrégulier. La fumagine, ce voile noir sur le feuillage, suit toujours une attaque de cochenilles ou de pucerons.

Parasites fréquents : Cochenilles farineuses en amas blancs cotonneux aux aisselles des rameaux, à ôter au coton imbibé d’alcool avant un traitement à l’huile de colza. Araignées rouges dès que l’air chauffé devient sec, trahies par un fin piqueté clair et des toiles au revers des feuilles. Aleurodes en véranda, qui s’envolent en nuage blanc quand on secoue la plante.

Prévention : Hiverner au frais et au clair plutôt qu’au chaud, brumiser régulièrement et inspecter le revers des feuilles chaque semaine d’octobre à mars. Arroser exclusivement à l’eau non calcaire coupe court à la chlorose avant qu’elle s’installe. Espacer les pots les uns des autres pour que l’air circule entre eux.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxicité faible. Les fruits contiennent des géniposides, laxatifs à forte dose, et servent par ailleurs de colorant alimentaire en Asie ; aucune intoxication grave n’est rapportée.

Toxicité animaux : Le gardénia est classé toxique pour le chien, le chat et le cheval par les centres antipoison vétérinaires, à cause du géniposide et du gardénoside. L’atteinte reste bénigne et n’est pas mortelle aux quantités ingérées en pratique.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements modérés, diarrhée, perte d’appétit et parfois urticaire dans les heures qui suivent l’ingestion. Aucune dermatite de contact n’est décrite chez l’humain en manipulant la plante.

Précautions : Ramasser feuilles et fruits tombés si un chat ou un chien fréquente la pièce, et appeler un vétérinaire en cas d’ingestion notable. Se laver les mains après un traitement, davantage à cause du produit que de la plante.

Associations de plantes

Bonnes associations : Camélia et azalée japonaise, qui demandent exactement le même sol acide et la même mi-ombre fraîche. Skimmia japonica apporte la structure persistante au pied, et une fougère de terre de bruyère entretient l’humidité de l’air dont le gardénia manque. Dans le même bac, une petite touffe d’ophiopogon garde la surface fraîche.

Associations à éviter : Lavande, romarin et santoline veulent un sol calcaire, sec et brûlant : l’un des deux camps finit toujours par mourir. Le lierre ou la pervenche colonisent un bac en une saison et assèchent les racines superficielles du gardénia. Éviter aussi le pied d’un mur crépi à la chaux, dont le ruissellement alcalinise le substrat.

Conseil : Pailler la surface du pot d’aiguilles de pin ou d’écorce fine garde la fraîcheur, ralentit la remontée du pH et espace les arrosages. Un simple bidon sous une gouttière règle la moitié des ennuis de cette plante.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet cultivé en pot de terre de bruyère, dehors de mai à octobre à mi-ombre claire, hiverné en pièce très lumineuse et fraîche entre 12 et 15 degrés.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à septembre : tous les 2 à 3 jours ; d’octobre à avril : tous les 7 à 10 jours Arroser dès que le premier centimètre de substrat sèche, de façon à garder la motte fraîche sans jamais la laisser détrempée. Un à-coup de sécheresse en pleine pousse fait couler les boutons avant leur ouverture.Eau de pluie ou eau filtrée, jamais l’eau calcaire du robinet
BrumisationUtile D’octobre à avril : tous les 1 à 2 jours ; de mai à septembre : tous les 2 à 3 jours Le gardénia réclame plus de 60 pour cent d’humidité de l’air, ce que l’intérieur d’une maison n’offre jamais l’hiver. Brumiser à l’eau non calcaire, le matin, pour que le feuillage sèche avant la nuit.Brumiser le feuillage seul : une fleur ouverte mouillée se tache de brun
Inspection parasitaireEssentiel De novembre à mars : chaque semaine ; d’avril à octobre : toutes les 2 à 3 semaines Regarder de près les aisselles des rameaux et le revers des feuilles, surtout pendant l’hivernage. C’est à l’abri, dans l’air sec, que les colonies s’installent sans qu’on les voie venir.Cochenilles farineuses aux aisselles, araignées rouges sous les feuilles
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : Eau restée dans la soucoupe une demi-heure après l’arrosage Vider la soucoupe à chaque fois : le gardénia veut la fraîcheur, pas les racines dans l’eau. Le risque est le plus fort pendant l’hivernage, où le pot met des jours à ressuyer.
Correction du pHEssentiel De mars à octobreDès que : Feuilles qui jaunissent entre des nervures restées vertes Arroser avec un chélate de fer et revenir à l’eau de pluie dès le premier jaunissement. Au-dessus de pH 6,5 le fer reste dans le sol sans que la plante puisse le prendre.Chlorose ferrique, presque inévitable dès qu’on a arrosé à l’eau du robinet
RempotageEssentiel De début mars à mi-avril, tous les 2 ans Rempoter en fin d’hivernage, avant le départ de végétation, en démêlant à peine les racines. Un substrat de plus de 3 ans se tasse et remonte en pH, ce qui suffit à provoquer la chlorose.Pot à peine plus large, terre de bruyère vraie et non un terreau dit acide
Engrais liquideEssentiel De début avril à mi-septembre Apporter un engrais acidophile tous les 15 jours, sur substrat déjà humide, pendant toute la pousse et la floraison. C’est aussi par lui que passe le fer dont la plante manque en permanence.Engrais pour plantes de terre de bruyère, jamais un universel qui relève le pH
Sortie au printempsUtile En mai Sortir le pot d’abord à l’ombre pendant une semaine, puis à sa place d’été à mi-ombre claire. L’écart brutal de température est ce qui fait tomber les boutons déjà formés.Après les saints de glace, quand les nuits ne descendent plus sous 10 degrés
Taille après floraisonUtile En septembre Raccourcir d’un tiers les rameaux défleuris pour garder une touffe compacte et ramifiée. Passé octobre, tailler revient à couper la floraison à venir.Les boutons de l’année suivante se forment dès l’automne sur le bois mûr
Arrêt de l'engraisUtile De mi-septembre à fin octobre Cesser tout apport dès la dernière fleur, avant la rentrée. Nourrir un gardénia qui entre en hivernage produit des pousses molles que les cochenilles trouvent les premières.
Rentrée à l'automneEssentiel En octobre Rentrer avant les premières nuits sous 8 degrés, dans un local frais et très lumineux. Un salon chauffé à 20 degrés lui fait perdre feuilles et boutons en quelques semaines.Pièce claire et fraîche, 12 à 15 degrés, loin de tout radiateur