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Arbuste · Éricacées

Gaulthérie couchée Gaultheria procumbens

Aussi appelé : Thé du Canada, Thé des bois, Gaulthérie du Canada, Petit thé, Wintergreen

La gaulthérie couchée est un petit sous-arbrisseau persistant des sous-bois d’Amérique du Nord, au feuillage aromatique quand on le froisse, dont les baies rouge vif tiennent tout l’hiver. Elle ne dépasse pas 10 à 15 cm et forme peu à peu un tapis grâce à ses tiges souterraines. Elle demande une terre de bruyère fraîche, jamais calcaire, à mi-ombre, et se plaît dans les jardins au climat frais. Les étés chauds et secs la font souffrir, tout comme un salon chauffé quand on l’achète en pot pour Noël.

Gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens)
Photo : Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Éricacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
De juin à août
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 7 : elle supporte -30 °C, d’autant mieux qu’un manteau de neige la couvre. Ce qu’elle craint, ce sont les étés chauds et secs, et l’air sec d’un intérieur chauffé.

Dimensions : 10 à 15 cm de haut, pour 30 à 60 cm d’étalement par pied, et bien davantage au fil des ans grâce à ses tiges souterraines, qui forment un tapis.

Floraison : De juin à août, petites clochettes blanches ou rosées de 5 à 8 mm, cachées sous le feuillage, qui sent la gaulthérie quand on le froisse. Elles laissent place à des baies rouge vif de 6 à 9 mm qui restent sur la plante tout l’hiver.

Substrat : Terre de bruyère, ou terreau de feuilles mêlé de sable, humifère, frais et bien drainé. pH de 4,5 à 6,0, jamais calcaire.

Exposition : Mi-ombre ou ombre légère, sous des arbres clairs. Le soleil direct ne lui convient que le matin, ou en climat frais sur un sol toujours humide.

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours par temps sec en été, et tous les 10 à 15 jours au printemps et en début d’automne, à l’eau de pluie, pour garder le sol frais sans le détremper.

Durée de vie : Sous-arbrisseau vivace et persistant, dont la colonie se renouvelle sans cesse par ses tiges souterraines et tient des années en place. Oubliée dans un salon chauffé après Noël, elle ne passe souvent pas l’hiver.

Multiplication : Division d’un morceau de tapis avec ses tiges souterraines, de mi-mars à fin avril, replanté en terre de bruyère fraîche.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 5 à 7 jours par temps sec de juin à août, et tous les 10 à 15 jours en avril, en mai, en septembre et début octobre, dès que la surface du sol sèche. Préférer l’eau de pluie, car une eau calcaire répétée finit par jaunir le feuillage ; en jardinière, arroser aussi l’hiver, hors gel.

Fertilisation : Pas d’engrais ordinaire : un paillis d’aiguilles de pin ou de terreau de feuilles posé en avril la nourrit en se décomposant. Si le feuillage jaunit entre des nervures restées vertes, un engrais pour plantes de terre de bruyère enrichi en fer corrige la carence.

Rempotage : Une potée achetée pour l’hiver se plante au jardin au printemps, en terre de bruyère, à 30 cm d’intervalle. En pot, la rempoter tous les 2 ans, de fin mars à fin avril, dans un pot plus large que profond rempli de terre de bruyère et de terreau de feuilles.

Taille : Aucune taille n’est nécessaire : au printemps, couper simplement au ras les tiges sèches ou abîmées par l’hiver. Les touffes trop étendues se divisent de fin mars à fin avril, ce qui donne de nouveaux pieds.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre ou ombre légère, avec 2 à 4 heures de soleil doux du matin au plus. Au plein soleil d’été, ses feuilles brûlent et le sol sèche trop vite pour ses racines superficielles.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en couvre-sol sous les rhododendrons, les azalées ou des pins, ou en jardinière d’hiver exposée au nord ou à l’est. À l’intérieur, 2 semaines au plus pendant les fêtes, dans une pièce fraîche et claire.

Substrat : Terre de bruyère, ou mélange de terreau de feuilles, de terre de jardin non calcaire et de sable, riche en humus et toujours frais. En sol calcaire, la planter dans une large poche de terre de bruyère ou en bac.

pH : De 4,5 à 6,0, acide comme pour les rhododendrons. Au-delà de 6,5, le fer devient inaccessible et le feuillage jaunit.

Drainage : Bon drainage indispensable : ses racines fines pourrissent dans un sol gorgé d’eau, surtout en hiver. Le sol ne doit pas pour autant sécher en profondeur, d’où l’intérêt d’un paillis organique.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de mi-mars à fin avril, détacher à la bêche un morceau de touffe avec ses tiges souterraines et le replanter aussitôt en terre de bruyère, à 30 cm d’intervalle. Garder la terre fraîche jusqu’à l’apparition de nouvelles pousses, signe de la reprise. Elle reprend bien en terre de bruyère gardée fraîche.

Les autres méthodes

Bouturage : En juillet et en août, couper des extrémités semi-aoûtées de 5 à 8 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de sable. Les tenir sous abri, à l’ombre et à l’étouffée, sous une cloche ou un sac plastique : elles racinent en 6 à 10 semaines.

Semis :

SemerÀ l’automne, extraire les graines des baies mûres et les laisser en surface sur de la terre de bruyère, dehors sous châssis froid, car elles ont besoin de 2 à 3 mois de froid. Elles lèvent au printemps, lentement, en 4 à 8 semaines ; l’espèce se reproduit fidèlement.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, mais plusieurs pieds portent plus de baies. Ses fleurs sont fécondées par les abeilles et les bourdons. Cueillir les baies rouge vif d’octobre à décembre, écraser la pulpe et rincer les graines. Elles se sèment de préférence sans attendre ; à défaut, elles se gardent au frais quelques mois, jusqu’à la fin de l’hiver au plus tard.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture des racines frappe en sol détrempé : la touffe flétrit par plaques alors que la terre est mouillée, et seul un meilleur drainage évite de la perdre. Des taches foliaires et de l’oïdium apparaissent parfois par temps humide ou dans une potée confinée : supprimer les feuilles atteintes, les porter à la déchetterie et aérer. En recours contre l’oïdium, un soufre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Parasites fréquents : Peu de parasites la menacent : quelques pucerons ou thrips au printemps, qu’un jet d’eau suffit à déloger. Dans les potées, l’otiorhynque est le plus à craindre : ses larves blanches en forme de C rongent les racines, et la plante s’effondre sans cause visible. Des nématodes auxiliaires du genre Heterorhabditis, arrosés sur la motte au printemps ou en septembre dans une terre à plus de 12 °C, en viennent à bout.

Prévention : Une terre de bruyère drainée, un paillis entretenu et l’eau de pluie évitent l’essentiel des soucis, y compris le jaunissement du feuillage, qui trahit le plus souvent un sol ou une eau trop calcaires. Ne pas serrer les touffes contre d’autres plantes, pour que l’air circule. Au rempotage, examiner la motte pour repérer à temps les larves d’otiorhynque.

Toxicité

Toxicité humaine : Faible pour la plante elle-même : ses baies sont comestibles en petite quantité, mais baies et surtout feuilles renferment du salicylate de méthyle, cousin de l’aspirine, à éviter si l’on y est allergique. Le vrai danger est l’huile essentielle de gaulthérie, faite à 96 à 99 % de salicylate de méthyle, dont 5 ml avalés, une cuillère à café, peuvent tuer un enfant.

Toxicité animaux : Le Centre antipoison animal de l’Ouest la classe faiblement toxique : chez le chien, le chat ou le cheval qui la mâchonne, le risque reste surtout digestif, et le chat est le plus sensible, car il élimine très mal les salicylés. Son huile essentielle, en revanche, est dangereuse pour le chat comme pour le chien, même léchée en petite quantité sur le pelage.

Symptômes : Quelques baies ou feuilles mâchées provoquent tout au plus nausées et maux de ventre. L’huile essentielle avalée entraîne vomissements, bourdonnements d’oreilles et respiration accélérée, puis convulsions et coma : c’est une intoxication grave aux salicylés.

Précautions : Ranger l’huile essentielle de gaulthérie hors de portée des enfants et ne jamais en appliquer sur un animal. Pour toute ingestion d’huile essentielle, même quelques gouttes, appeler aussitôt un centre antipoison.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les rhododendrons, les azalées et les piéris, dont elle couvre le pied d’un tapis persistant sur la même terre de bruyère fraîche et à mi-ombre. Les fougères comme le dryoptéris ou le polystic, qui partagent son sol acide et prolongent l’ambiance de sous-bois. Les skimmias, dont les fruits rouges d’hiver répondent aux siens dans une jardinière de Noël.

Associations à éviter : La lavande, le romarin et les autres plantes de sol sec et calcaire, dont les besoins sont à l’opposé des siens. Le lierre et la grande pervenche, qui recouvrent ses tiges basses et l’étouffent. Les arbres aux racines superficielles et gourmandes, comme le bouleau, qui assèchent le sol où elle s’enracine.

Conseil : Glissez-la au pied d’un rhododendron dès le printemps qui suit Noël : en 2 à 3 ans, ses tiges souterraines tissent un tapis persistant qui garde le sol frais et limite les mauvaises herbes. Pour couvrir plus vite, comptez une dizaine de pieds par mètre carré, à 30 cm d’intervalle.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Couvre-sol planté en pleine terre de bruyère, à mi-ombre ou sous des arbres clairs, dans un sol acide, humifère, frais et drainé, ou en jardinière d’hiver.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à août : tous les 5 à 7 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 10 à 15 jours Arroser dès que la surface du sol sèche, sans laisser l’eau stagner : ses racines fines ne supportent ni le dessèchement ni l’asphyxie. En jardinière, vérifier aussi la terre en hiver, hors gel.par temps sec, à l’eau de pluie
Correction du pHUtile De mars à septembreDès que : Quand les feuilles jaunissent entre des nervures restées vertes. Apporter un engrais pour plantes de terre de bruyère enrichi en fer et n’arroser qu’à l’eau de pluie. En sol calcaire, la correction ne tient jamais longtemps : mieux vaut la replanter dans une large poche de terre de bruyère ou en bac.chlorose due au calcaire du sol ou de l’eau
Division de touffeOptionnel De mi-mars à fin avril Détacher à la bêche un morceau de touffe avec ses tiges souterraines et le replanter aussitôt en terre de bruyère, à 30 cm d’intervalle. Garder la terre fraîche jusqu’à l’apparition de nouvelles pousses, signe de la reprise.éclats enracinés prélevés en bordure de touffe
PaillageUtile De début avril à mi-mai Le paillis garde la fraîcheur dont ses racines superficielles ont besoin et, en se décomposant, maintient le sol acide. Il tient lieu d’engrais, dont la gaulthérie se passe très bien.aiguilles de pin, écorce fine ou terreau de feuilles, 3 à 5 cm
FloraisonOptionnel De juin à août Les fleurs, cachées sous le feuillage, passent souvent inaperçues ; chacune peut donner une baie à l’automne.petites clochettes blanches ou rosées
Fructification, récolteOptionnel De mi-septembre à fin mars Les baies, au parfum de gaulthérie, restent sur la plante tout l’hiver et font son attrait dans les jardinières de Noël. Elles renferment un peu de salicylate de méthyle, cousin de l’aspirine : à éviter si l’on y est allergique.baies rouges, comestibles en petite quantité
Déplacement saisonnierUtile De décembre à janvierDès que : Pour une potée qui décore la maison pendant les fêtes. Au chaud et à l’air sec d’un salon, elle perd baies et feuilles en quelques semaines : la poser près d’une fenêtre, loin des radiateurs, puis la remettre dehors. Au printemps, la planter au jardin en terre de bruyère, où elle vivra des années.2 semaines au plus, dans une pièce fraîche et claire