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Arbre · Ginkgoacées

Arbre aux quarante écus Ginkgo biloba

Aussi appelé : Ginkgo, Arbre aux mille écus, Arbre fossile, Abricotier d’argent, Noyer du Japon, Maidenhair tree

L’arbre aux quarante écus est un arbre caduc originaire de Chine, seul survivant d’une lignée très ancienne, reconnaissable à ses feuilles en éventail qui virent au jaune d’or en automne. Il atteint 15 à 30 m à maturité, mais en plusieurs décennies, car sa croissance est lente. Il s’accommode de presque tous les sols profonds, même calcaires, et ne demande que le plein soleil et quelques arrosages les trois premières années. Les sujets femelles donnent des graines malodorantes, ce qui fait préférer les mâles près des maisons.

Arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba)
Photo : Kurt Stüber [1], CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Ginkgoacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 3 à 9 : il supporte des froids de -30 °C et au-delà, et s’accommode aussi bien des étés chauds du Midi.

Dimensions : 15 à 30 m de haut pour 8 à 12 m d’étalement à maturité, atteints en plusieurs décennies, car sa croissance est lente ; son port, d’abord étroit et conique, s’élargit avec l’âge.

Floraison : Pas de fleurs : arbre à sexes séparés, le ginkgo porte en avril de petits chatons jaunâtres sur les sujets mâles et des ovules discrets sur les femelles, qui donnent à l’automne des graines charnues malodorantes.

Substrat : Tout sol profond et drainant, du sableux à l’argileux, même pauvre ou calcaire, au pH de 5,5 à 8.

Exposition : Plein soleil, condition d’une croissance correcte ; il tolère une mi-ombre légère, où il pousse plus lentement encore.

Arrosage : Les trois premières années, 20 à 30 litres au pied tous les 10 à 15 jours de juin à août et tous les 15 à 20 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas ; ensuite, seulement lors des grandes sécheresses.

Durée de vie : Arbre caduc d’une longévité exceptionnelle, qui vit plusieurs siècles ; certains sujets d’Asie dépassent 1 000 ans.

Multiplication : Semis des graines nettoyées en octobre et en novembre, dehors sous châssis froid, ou bouturage semi-aoûté en été.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les trois premières années, verser 20 à 30 litres au pied tous les 10 à 15 jours de juin à août, et tous les 15 à 20 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas. Une fois installé, il supporte bien la sécheresse et ne demande d’eau que pendant les étés les plus secs.

Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire, même dans un sol pauvre. Au printemps, une couche de broyat étalée au pied nourrit la terre en se décomposant et la garde fraîche.

Rempotage : Il ne se rempote pas : planté jeune en pleine terre, de novembre à mars hors gel, il s’installe d’autant mieux qu’il est petit, avec un tuteur les deux premières années. Choisir un arbre mâle, bouturé ou greffé, évite les graines malodorantes des femelles.

Taille : Il n’en demande presque aucune : sur un jeune sujet, tous les 3 ans environ en février, supprimer seulement une flèche concurrente ou une branche mal placée. Ne jamais raccourcir la tête, et laisser l’arbre adulte prendre seul sa silhouette.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une croissance correcte et une belle couleur d’automne. Il tolère une mi-ombre légère, où il pousse plus lentement encore.

Emplacement : En extérieur et en pleine terre, isolé sur une pelouse, en alignement ou dans une cour de ville, car il résiste remarquablement à la pollution. Le planter à plus de 2 m de la limite de propriété, comme le Code civil l’impose aux arbres de plus de 2 m, et loin des terrasses et des allées s’il s’agit d’une femelle.

Substrat : Tout sol profond et drainant lui convient, du sableux à l’argileux, même pauvre ou caillouteux. Il pousse mieux dans une terre fraîche et meuble que dans un sol tassé.

pH : De 5,5 à 8 : il tolère aussi bien un sol acide qu’un sol calcaire.

Drainage : Un bon drainage est indispensable, car un sol gorgé d’eau fait pourrir ses racines. En terre lourde, ameublir largement le trou de plantation et éviter les cuvettes où l’eau stagne.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en octobre et en novembre, ramasser les graines tombées sous un arbre femelle, ôter la pulpe avec des gants (elle irrite la peau et sent mauvais), puis semer dehors en pot ou sous châssis froid, les graines couvertes de 2 à 3 cm. Elles lèvent en avril et en mai ; les plants reproduisent l’espèce, mais leur sexe ne se révèle qu’après 20 ans ou plus. La levée est bonne au printemps.

Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : le vent porte le pollen du mâle jusqu’au femelle, rare en jardin, à quelques centaines de mètres au plus ; sans mâle, les graines tombent creuses. Ramassées en octobre et en novembre, elles ne doivent pas sécher : garder les graines nettoyées au frais, dans du sable humide, jusqu’au semis, et ne pas dépasser l’hiver.

Les autres méthodes

Bouturage : En juin et en juillet, couper des pousses semi-aoûtées de 10 à 15 cm et les piquer dans un mélange de terreau et de sable ou de perlite, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre. Les résultats sont inégaux, l’hormone de bouturage, facultative, les améliore. Les racines se forment en 6 à 10 semaines.

Division et autres méthodes : Aucune division possible. La greffe en fente, en février et en mars, sur un jeune ginkgo de semis, sert à obtenir à coup sûr un sujet mâle ou une forme particulière : un geste de pépiniériste plus que d’amateur.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le ginkgo n’a pratiquement aucune maladie en France, ce qui en fait l’un des arbres les plus robustes en ville. Seul un sol gorgé d’eau peut provoquer une pourriture des racines, qui le fait dépérir lentement. Des feuilles brunies sur les bords en plein été trahissent la sécheresse ou un vent desséchant, non une maladie.

Parasites fréquents : Aucun insecte ni acarien ne lui cause de dégâts notables : on n’a rien à traiter. Les seules vraies blessures viennent des coups de tondeuse ou de débroussailleuse sur l’écorce d’un jeune sujet.

Prévention : Le planter dans un sol drainant, au soleil, et l’arroser pendant ses premiers étés suffit à le garder en bonne santé. Un cercle de paillis autour du tronc tient la tondeuse à distance et garde la terre fraîche.

Toxicité

Toxicité humaine : Modérée, et limitée aux graines des arbres femelles : les feuilles ne présentent pas de danger au jardin. La pulpe des graines provoque des dermatites de contact, et leur amande contient une toxine qui résiste à la cuisson : 10 graines environ, même cuites, peuvent intoxiquer un adulte, et moins encore un enfant.

Toxicité animaux : Les graines tombées sont toxiques pour le chien et le chat, chez qui elles peuvent provoquer vomissements, agitation et convulsions. Pour le cheval, aucune intoxication n’est documentée, mais mieux vaut ne pas laisser ces graines dans un pré.

Symptômes : Au contact de la pulpe, rougeurs, gonflement, démangeaisons et cloques, parfois pendant plusieurs jours. Après ingestion d’amandes, nausées, vomissements, douleurs abdominales, confusion puis convulsions, en général 1 à 12 heures plus tard.

Précautions : Ramasser les graines tombées avec des gants et les tenir hors de portée des enfants et des animaux ; en cas d’ingestion, appeler un centre antipoison. Pour un jardin familial, préférer un arbre mâle, bouturé ou greffé.

Associations de plantes

Bonnes associations : Au pied, les perce-neige, les muscaris et les anémones de Grèce profitent de la lumière de la fin de l’hiver, avant que son feuillage ne s’ouvre. Les hellébores et les cyclamens de Naples tapissent le sol sous sa ramure et apprécient son ombre légère d’été. À quelque distance, les érables du Japon et les amélanchiers, rouges à l’automne, répondent à son or de novembre.

Associations à éviter : Les arbres à croissance rapide, comme les peupliers ou les saules, plantés trop près, le dominent et lui volent la lumière pendant ses longues années de croissance lente. Sous un arbre femelle, un potager, une aire de jeux ou une terrasse reçoivent à l’automne ses graines malodorantes et irritantes. Un gazon serré jusqu’au tronc dispute l’eau à un jeune sujet et freine encore sa croissance.

Conseil : Le planter devant un fond sombre, haie persistante ou conifères, où son feuillage jaune d’or de novembre ressort pleinement. Dans un petit jardin, préférer un sujet mâle à port étroit, qui offre la même couleur d’automne sur une moindre largeur.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre installé en pleine terre, isolé ou en alignement, au soleil, dans un sol profond et drainant ; seuls les arbres femelles donnent des graines.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel En mai : tous les 15 à 20 jours ; de juin à août : tous les 10 à 15 jours ; en septembre : tous les 15 à 20 jours Verser 20 à 30 litres au pied d’un seul coup pour mouiller la terre en profondeur. Une fois installé, le ginkgo supporte bien la sécheresse et ne réclame d’eau que lors des étés les plus secs.les trois premières années, quand il n’a pas plu
Taille de structureOptionnel De début février à mi-mars, tous les 3 ans Supprimer une flèche concurrente ou une branche mal placée, sans jamais raccourcir la tête de l’arbre. Adulte, le ginkgo se passe de toute taille.jeunes sujets seulement, en gardant une seule flèche
PaillageUtile De début avril à mi-mai Une couche de 5 à 10 cm garde la terre fraîche et tient à distance le gazon, dont la concurrence freine un jeune ginkgo déjà lent. Laisser le collet dégagé.broyat ou feuilles mortes, sur 1 m autour du tronc
Fructification, récolteUtile D’octobre à novembre Les graines charnues tombent en nombre et dégagent en s’écrasant une odeur de beurre rance. Les ramasser avec des gants, car leur pulpe irrite la peau, et les tenir hors de portée des enfants et des animaux, pour qui l’amande est toxique.arbres femelles seulement, à partir de 20 à 30 ans
Ramassage des feuilles mortesOptionnel De début novembre à mi-décembre Ramasser les feuilles sur les allées et les terrasses, où elles rendent le sol glissant ; au pied de l’arbre et des massifs, elles peuvent rester en paillis.feuillage jaune d’or tombé presque d’un coup, en quelques jours