Plante d’intérieur · Broméliacées
Guzmania Guzmania lingulata
Aussi appelé : Guzmanie, Scarlet star
Le guzmania est une broméliacée épiphyte des forêts tropicales d’Amérique centrale et du Sud, cultivée pour son inflorescence de bractées rouge vif ou orangées, qui tient plusieurs mois. En pot, il forme une rosette de 30 à 40 cm de haut pour 40 à 60 cm de large. Il demande une lumière vive mais filtrée, une chaleur de 18 à 25 °C toute l’année et un cornet central toujours rempli d’eau douce ; le soleil direct ternit ses bractées en quelques jours. Chaque rosette ne fleurit qu’une fois puis meurt, en laissant des rejets qui prennent sa suite.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Broméliacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- De février à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11, aucune tolérance au froid, les dégâts commencent sous 10 °C. Il lui faut 18 à 25 °C toute l’année, ce qui en fait une plante d’intérieur stricte en France.
Dimensions : 30 à 40 cm de hauteur, hampe florale comprise, pour une rosette large de 40 à 60 cm. Elle reste compacte, même après plusieurs générations de rejets.
Floraison : De février à juillet, ou à toute saison pour une potée forcée : une inflorescence de bractées rouge vif ou orangées tenant plusieurs mois, aux fleurs blanches minuscules, sans parfum. Plante monocarpique, la rosette meurt après sa floraison en laissant des rejets.
Substrat : Mélange épiphyte très aéré, écorce de pin fine, sphaigne et perlite, sans terreau lourd. pH acide, entre 5,0 et 6,0.
Exposition : Lumière vive mais toujours filtrée. Le soleil direct décolore le feuillage et ternit les bractées en quelques jours.
Arrosage : Le cornet central reste rempli d’eau douce, renouvelée tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre et tous les 10 à 14 jours d’octobre à mars. Le substrat, lui, se contente d’être frais.
Durée de vie : Vivace monocarpique. Chaque rosette vit 2 à 4 ans, fleurit une seule fois puis meurt en laissant deux ou trois rejets qui prennent le relais.
Multiplication : Séparation des rejets à l’intérieur, de mars à fin septembre, quand ils atteignent le tiers de la plante mère et ont des racines.
Arrosage & entretien
Arrosage : Vider et renouveler l’eau du cornet tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 10 à 14 jours d’octobre à mars, à l’eau de pluie ou déminéralisée. Le substrat ne reçoit qu’un léger apport à la même occasion et ne doit jamais rester détrempé.
Fertilisation : Engrais broméliacées ou orchidées au quart de la dose, une fois par mois d’avril à septembre, versé dans le cornet et pulvérisé sur le feuillage. Aucun apport d’octobre à mars.
Rempotage : Presque jamais pour la plante mère, qui mourra après sa floraison. Ce sont les rejets séparés que l’on installe, entre mars et septembre, dans un petit pot de mélange épiphyte.
Taille : Couper la hampe défleurie à sa base dès qu’elle brunit, pour que la rosette consacre ses dernières forces à ses rejets. Les feuilles extérieures sèches se tirent simplement à la main.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive et tamisée, l’équivalent d’1 m derrière une fenêtre à l’est ou d’un voilage au sud. Trop de soleil décolore les feuilles, trop d’ombre étire la rosette et fait pâlir les bractées.
Emplacement : Intérieur toute l’année, sans sortie estivale, une nuit à 10 °C suffisant à marquer le feuillage. Une salle de bains claire lui convient particulièrement bien pour son humidité.
Substrat : Moitié écorce de pin fine, un quart de sphaigne, un quart de perlite, dans un pot large et peu profond. Le terreau seul asphyxie ses racines en une saison.
pH : De 5,0 à 6,0, franchement acide, ce qui interdit l’eau calcaire arrosage après arrosage.
Drainage : Vital, la rosette pourrit au collet dès que le pied baigne. Tout le paradoxe de la plante est là : de l’eau en permanence dans le cornet, et un substrat qui ressuie aussitôt.
Multiplication
Séparation des rejets : de mars à fin septembre, à l’intérieur, dépoter la plante mère fanée, couper chaque rejet au ras de sa base avec un couteau propre en gardant ses racines, et le planter dans un petit pot de mélange écorce, sphaigne et perlite. Le tenir à 20 à 25 °C, en lumière vive filtrée, le cornet rempli d’eau douce et le substrat juste frais : il s’enracine en 4 à 8 semaines. On peut aussi laisser les rejets en place et couper seulement la vieille rosette une fois sèche. La séparation des rejets, à l’intérieur, de mars à fin septembre, quand ils atteignent le tiers ou la moitié de la hauteur de la plante mère et portent leurs propres racines : elle réussit dans la grande majorité des cas.
Les autres méthodes
Bouturage : Le guzmania ne se bouture pas, ni de tige ni de feuille : le rejet tient lieu de bouture.
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : les plantes vendues sont surtout des hybrides, les graines se forment rarement en appartement, et un semis demande 3 à 4 ans avant de fleurir.
Récolter les grainesPas de graines en culture : ses fleurs minuscules y restent sans fécondation, et la plupart des guzmanias vendus sont des hybrides dont les graines ne reproduiraient pas la plante. Les rejets laissés par la rosette fanée sont la voie normale.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du cœur, due à Fusarium ou Pythium, suit une eau laissée à croupir dans le cornet en pièce fraîche : le centre de la rosette se déchausse et sent mauvais. À ce stade il ne reste qu’à sauver les rejets. Des taches brunes et translucides sur les feuilles signalent l’helminthosporiose, que l’on contient en supprimant les feuilles atteintes et en aérant la pièce.
Parasites fréquents : Cochenilles farineuses dans les gouttières des feuilles et cochenilles à bouclier au revers, les unes et les autres à retirer au coton imbibé d’alcool. L’araignée rouge s’installe si l’air reste très sec, laissant un feuillage terne et poussiéreux. Éviter les insecticides huileux, qui obstruent les écailles absorbantes du feuillage.
Prévention : Renouveler l’eau du cornet à chaque arrosage au lieu de la compléter. Maintenir au moins 18 °C, avec de l’air qui circule mais sans courant froid. Vider le cornet et le laisser sec si la pièce descend sous 15 °C en hiver.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue, ni dans les feuilles, ni dans les bractées, ni dans la sève. Elle figure parmi les plantes d’intérieur sans danger, y compris dans une maison avec de jeunes enfants.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe les broméliacées cultivées, Guzmania comprise, parmi les plantes non toxiques pour le chien et le chat. Une grande quantité de feuilles avalée peut tout de même faire vomir, comme n’importe quel végétal fibreux.
Symptômes : Rien à attendre d’un contact cutané, la plante n’ayant ni latex ni oxalates. En cas d’ingestion importante, vomissement ou selles molles passagers, qui ne demandent aucun traitement.
Précautions : Aucune précaution sanitaire particulière, sinon renouveler l’eau du cornet en été, où les moustiques pondent volontiers. Les feuilles de Guzmania lingulata ont des bords lisses, contrairement à celles des Aechmea ou des Billbergia, dont les dents peuvent griffer.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le Phalaenopsis, qui demande la même lumière tamisée, la même chaleur et la même eau douce. Le Vriesea et le Tillandsia, broméliacées de culture identique, avec lesquels on compose un montage sur souche ou sur branche. Une fougère comme le Nephrolepis à côté, qui profite de l’humidité entretenue pour le groupe.
Associations à éviter : Les cactées et les plantes grasses, qui veulent le plein soleil et un substrat sec. Le spathiphyllum ou le ficus, dont le terreau riche et lourd ne peut pas être partagé avec un épiphyte. Toute plante à racines envahissantes, qui étoufferait un système racinaire aussi réduit.
Conseil : Une corbeille de fruits mûrs posée à côté n’est pas neutre : l’éthylène qu’elle dégage déclenche la mise à fleur, ce que l’on recherche sur un rejet adulte et que l’on évite ailleurs. Pour le reste, grouper les pots sur un plateau de billes d’argile humides remplace avantageusement la moitié des brumisations.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Rosette cultivée en pot de 12 à 14 cm dans une pièce chauffée entre 18 et 25 °C, à lumière vive tamisée, arrosée exclusivement à l’eau de pluie ou déminéralisée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 14 jours | Vider l’eau du cornet et la renouveler à chaque passage plutôt que de compléter, pour éviter qu’elle ne croupisse au cœur de la rosette. Le calcaire de l’eau du robinet brûle les pointes des feuilles en quelques mois. |
| Brumisation | D’avril à septembre : tous les 2 à 3 jours ; d’octobre à mars : tous les 3 à 4 jours | L’épiphyte prend une part de son eau par les feuilles et réclame 60 % d’humidité, que le chauffage fait tomber sous 40 % en hiver. Mouiller les bractées en fleur les tache et abrège leur durée. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : chaque mois | Les cochenilles farineuses se cachent dans les gouttières que forment les feuilles, à l’abri des regards. Les retirer au coton imbibé d’alcool, les insecticides huileux bouchant les écailles absorbantes du feuillage. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Une broméliacée épiphyte pourrit au collet en quelques jours si son pied trempe, hiver compris. Une soucoupe garnie de billes d’argile permet de garder l’humidité de l’air sans que le pot touche l’eau. |
| Forçage | De janvier à décembre | L’éthylène dégagé par le fruit déclenche la mise à fleur, qui apparaît 6 à 10 semaines plus tard. Vider le cornet avant l’opération, sans quoi la plante pourrit sous le sac. |
| Floraison | De février à juillet | Ce qui dure n’est pas la fleur mais l’inflorescence colorée, et la rosette qui l’a portée meurt ensuite sans exception. Les sujets du commerce étant forcés en serre, une potée achetée peut fleurir à n’importe quelle saison. |
| Division de touffe | De mars à septembre | La plante mère décline après la floraison et se remplace par les deux ou trois rejets qu’elle a produits à sa base. Séparés trop tôt, sans racines, ils reprennent mal. |
| Renouvellement du substrat | De mars à septembre | Les racines sont des crampons plus que des organes nourriciers et demandent un mélange très aéré. Un pot juste à la taille de la motte, plutôt large que profond, tient mieux la rosette. |
| Engrais liquide | D’avril à septembre | Les broméliacées se nourrissent par le feuillage et supportent très mal les engrais concentrés dans le substrat. Un engrais spécial broméliacées ou orchidées très dilué suffit largement. |
| Arrêt de l'engrais | D’octobre à mars | La rosette ne consomme plus rien et les sels s’accumulent dans le cornet, où ils brûlent la base des jeunes feuilles. On reprend en avril seulement. |