Plante grimpante · Araliacées
Lierre Hedera helix
Aussi appelé : Lierre grimpant, Lierre commun, Lierre d’Europe, English ivy
Le lierre est une liane persistante d’Europe, indigène en France, qui grimpe aux murs et aux arbres comme il tapisse le sol des sous-bois. Sur un support, il atteint 10 à 20 m de haut ; en couvre-sol, il reste à 30 à 50 cm mais s’étale sans limite propre. Il se contente de toute terre fraîche, même caillouteuse ou calcaire, et tient à l’ombre sèche d’un mur nord où presque rien d’autre ne pousse. Ses baies noires sont toxiques, et ses variétés panachées, plus frileuses, grillent sous des gelées répétées.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Araliacées
- Exposition
- Ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De septembre à novembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 5 pour l’espèce type, qui encaisse -25 °C sans broncher. Les variétés panachées, souvent vendues comme plantes d’intérieur, sont nettement plus frileuses et grillent sous des gelées répétées.
Dimensions : 10 à 20 m en hauteur s’il trouve un support, parfois davantage sur un vieux mur. En couvre-sol, il ne dépasse pas 30 à 50 cm de haut mais s’étale sans limite propre.
Floraison : De mi-septembre à début novembre, sur les seuls rameaux adultes, ombelles vert jaunâtre au parfum discret, très mellifères ; les baies noires qui suivent sont toxiques.
Substrat : Indifférent pourvu qu’il reste frais : terre de jardin ordinaire, humifère, même caillouteuse ou calcaire. pH de 6 à 8, avec un optimum autour de la neutralité.
Exposition : Ombre à mi-ombre, y compris l’ombre sèche d’un mur nord où presque rien d’autre ne tient. Au soleil vif, il supporte si le pied reste frais, et les formes panachées réclament plus de lumière que les vertes.
Arrosage : En pot, tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 12 à 15 jours l’hiver. En pleine terre, seulement l’été de la plantation.
Durée de vie : Vivace ligneuse remarquablement longévive : un siècle en place n’a rien d’exceptionnel, et les plus vieux pieds se comptent en plusieurs siècles.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées d’août à septembre, en terre ou dans l’eau, ou marcottage des tiges rampantes toute l’année.
Arrosage & entretien
Arrosage : En pot, tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre, en laissant sécher le premier centimètre entre deux apports, puis tous les 12 à 15 jours l’hiver. Vider la soucoupe systématiquement : le lierre pardonne un oubli, jamais des racines qui baignent.
Fertilisation : Un engrais plantes vertes dilué de moitié, toutes les 3 à 4 semaines d’avril à septembre, et rien du tout d’octobre à mars. À pleine dose, les variétés panachées perdent leurs marbrures et reviennent au vert uni.
Rempotage : Un printemps sur deux, entre mars et avril, dans un pot à peine plus large, avec un terreau allégé d’un tiers de sable ou de perlite. Un contenant trop grand reste humide trop longtemps et fait pourrir les racines.
Taille : À la fin de l’hiver, avant la mi-mars, car de mars à la fin août le feuillage abrite des nichées. Toujours avec des gants : la sève provoque des dermatites, et pincer les extrémités pendant la belle saison suffit à densifier une potée.
Exposition & substrat
Exposition : Ombre ou mi-ombre, c’est sa place naturelle de plante de sous-bois. Il tolère 2 à 3 heures de soleil doux le matin, mais le soleil d’après-midi brûle les feuilles derrière une vitre.
Emplacement : Les deux. Dehors, un mur nord ou est, le pied d’un arbre, un talus ombragé ; dedans, une pièce claire et fraîche, entre 10 et 18 °C, devant une fenêtre nord ou est, loin d’un radiateur.
Substrat : Terre de jardin ordinaire et fraîche, riche en humus, sans exigence particulière. En pot, deux tiers de terreau pour un tiers de sable ou de perlite.
pH : De 6 à 8, l’optimum tournant autour de 7. Il pousse aussi bien en terrain calcaire qu’en sol légèrement acide.
Drainage : Il aime le frais mais pas l’eau stagnante : en pot, un trou de drainage large et une soucoupe vidée. Des feuilles qui jaunissent puis tombent par plaques signalent presque toujours un excès d’eau, pas un manque.
Multiplication
Bouturage : d’août à septembre, ou au printemps, couper des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm sur des rameaux grimpants, jamais sur les rameaux fleuris qui donneraient un arbuste non grimpant. Ôter les feuilles du bas et piquer dans un mélange de terreau et de sable, dehors à l’ombre ou à l’intérieur pour les panachés ; elles s’enracinent aussi dans un verre d’eau. Les racines apparaissent en 3 à 5 semaines. Le bouturage de tiges en fin d’été, ou le marcottage d’une tige qui rampe au sol : deux méthodes très sûres, qui reproduisent fidèlement les cultivars, panachés compris. Sa sève peut irriter la peau : des gants pour la manipuler.
Les autres méthodes
Semis :
SemerRarement pratiqué : les graines des baies, toxiques, se nettoient avec des gants, passent 2 mois au froid et se sèment au printemps dehors, couvertes de 5 mm de terre, avec une levée lente. Elles ne reproduisent pas les cultivars.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : pourvu qu’il porte des rameaux adultes, seuls à fleurir. Leurs fleurs, fécondées par les insectes, donnent des baies qui noircissent en fin d’hiver, de février à avril. Les cueillir bien noires, avec des gants, en sortir les graines et les mettre au froid sans tarder : elles ne se conservent pas plus de quelques mois et ne se trouvent guère dans le commerce.
Division et autres méthodes : Marcottage simple toute l’année hors gel : coucher une tige sur la terre, la fixer d’un crochet en enterrant un nœud de 2 à 3 cm, et la sevrer au bout de 2 à 3 mois, quand elle s’est enracinée. Les tiges rampantes le font souvent seules et se prélèvent avec leur motte.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La tache bactérienne du lierre fait des taches brunes à halo jaune, qui se rejoignent jusqu’à faire tomber la feuille ; il n’existe pas de traitement, on coupe et on évacue. L’anthracnose dessine des plages brunes concentriques sur les feuilles âgées, souvent après un feuillage mouillé trop longtemps. Arroser au pied et aérer le feuillage règle la plupart des cas.
Parasites fréquents : L’araignée rouge est le fléau du lierre d’intérieur : feuillage terne et grisâtre, fines toiles à l’aisselle des tiges, dans l’air sec des pièces chauffées. Les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux au revers et se retirent au coton imbibé d’alcool. Pucerons et aleurodes attaquent surtout les jeunes pousses au printemps.
Prévention : Brumiser pendant la saison de chauffe et doucher le feuillage sous l’eau tiède une fois par mois, ce qui suffit souvent à devancer l’araignée rouge. Isoler toute plante nouvellement rentrée pendant 2 à 3 semaines. Ne pas laisser la potée près d’un radiateur, qui crée exactement les conditions que les acariens recherchent.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique : les feuilles et surtout les baies noires contiennent des saponines (hédérine) et du falcarinol. Quelques baies suffisent à rendre un enfant malade, et il n’existe pas de partie comestible dans cette plante.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs domestiques, feuilles comme baies. Les oiseaux sauvages, eux, consomment les fruits sans dommage à la fin de l’hiver, ce qui n’en fait pas un aliment sûr pour les nôtres.
Symptômes : Par ingestion : brûlure de la bouche, salivation, vomissements, diarrhée, et en quantité importante agitation puis troubles nerveux. Par contact : la sève provoque rougeurs, démangeaisons et parfois cloques chez les personnes sensibles, en particulier après une taille par temps ensoleillé.
Précautions : Tailler avec des gants et des manches longues, puis se laver les mains et les avant-bras. Tenir les rameaux fructifiés hors de portée des enfants, et suspendre la potée d’intérieur plutôt que de la poser à hauteur de chat.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les fougères et les hellébores partagent son ombre fraîche et occupent l’étage qu’il laisse libre, avec une floraison en plein hiver. Les bulbes précoces, perce-neige et cyclamens de Naples, percent son tapis et fleurissent avant qu’il ne redémarre. Au pied d’un vieil arbre déjà établi, il forme un couvert propre là où le gazon renonce.
Associations à éviter : Ne pas le lancer sur un jeune arbre au tronc lisse ni sur un sujet affaibli : le poids et la prise au vent finissent par compter, même s’il ne prélève rien de sa sève. Un crépi fragile ou un mur aux joints déjà dégradés se laisse pénétrer par les crampons, qui ouvrent ce qui était fissuré. Et toute vivace basse à croissance lente, plantes alpines, petites campanules, disparaît sous lui en deux saisons.
Conseil : Pour un couvre-sol, compter trois pieds au mètre carré et les rabattre à 20 cm juste après la plantation : ils ramifient au sol au lieu de filer en longues tiges nues. Contre un mur, planter à 40 ou 50 cm du pied et coucher les tiges vers le support, le temps que les crampons prennent.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre au pied d’un mur, d’un arbre ou en couvre-sol à l’ombre, ou bien en pot à l’intérieur dans une pièce claire et fraîche, sans soleil direct.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 12 à 15 jours | Garder le substrat frais sans jamais le détremper d’avril à septembre, puis espacer nettement l’hiver quand la croissance s’arrête. Un lierre installé en pleine terre ne demande plus rien, même à l’ombre sèche d’un mur. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : toutes les 3 à 4 semaines | Nourrir seulement pendant la croissance, à demi-dose : à dose pleine, les variétés panachées perdent leurs marbrures et reverdissent. |
| Inspection parasitaire | De novembre à mars : toutes les 2 semaines ; d’avril à octobre : toutes les 4 à 6 semaines | Regarder le revers des feuilles et l’aisselle des tiges, surtout pendant la saison de chauffe : un feuillage qui grisaille et de fines toiles signent l’araignée rouge, des amas cotonneux les cochenilles farineuses. |
| Brumisation | De novembre à mars : tous les 2 à 3 jours | Brumiser le feuillage tous les 2 ou 3 jours quand le chauffage tourne : c’est l’air sec d’une pièce chaude qui déclenche les araignées rouges, premier ennemi du lierre d’appartement. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe toute l’année : le lierre encaisse un oubli d’arrosage bien mieux que des racines baignées, qui noircissent et font tomber les feuilles par plaques. |
| Fructification, récolte | De début février à mi-avril | Les baies mûrissent à la fin de l’hiver et nourrissent merles et fauvettes à tête noire au moment où plus rien n’est disponible, mais elles sont toxiques pour l’humain comme pour le chien et le chat. |
| Taille de structure | De mi-février à fin mars | Rabattre les pousses qui débordent à la fin de l’hiver, avant la mi-mars : passé cette date et jusqu’à la fin août, la masse du feuillage abrite des nichées. |
| Rempotage | De mars à avril, tous les 2 ans | Rempoter un printemps sur deux dans un contenant à peine plus large : les racines remplissent vite la motte et le substrat s’épuise, mais un pot trop grand reste humide trop longtemps. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à octobre | Décrocher et rediriger les tiges qui montent vers le toit : un mur sain ne craint rien, mais le lierre soulève les tuiles et bouche les gouttières dès qu’il arrive en haut. |
| Floraison | De mi-septembre à mi-novembre | Le lierre ne fleurit qu’après plusieurs années, quand ses tiges cessent de grimper et que ses feuilles perdent leurs lobes ; ces ombelles verdâtres sont le dernier nectar abondant de l’année, raison de ne pas tailler en septembre. |