Annuelle · Boraginacées
Héliotrope Heliotropium arborescens
Aussi appelé : Héliotrope du Pérou, Héliotrope arborescent, Cherry pie
L’héliotrope est un arbuste des Andes que l’on cultive chez nous comme une annuelle, pour ses bouquets de minuscules fleurs violettes au parfum de vanille. En pot ou en massif, il atteint 30 à 60 cm dans la saison, et peut devenir un petit arbuste de 1 m s’il passe l’hiver à l’abri. Il réclame du soleil et une terre toujours fraîche, sans jamais être détrempée. Le froid est son ennemi : il souffre sous 5 °C et la première gelée l’emporte.
- Type
- Annuelle
- Famille
- Boraginacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 5 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11 ; non rustique, il souffre dès que la température descend sous 5 °C et la moindre gelée le tue : on le cultive donc en France comme une annuelle.
Dimensions : De 30 à 60 cm de hauteur et autant d’étalement en culture annuelle ; gardé plusieurs années à l’abri, il peut former un arbuste de 1 m à 1,20 m.
Floraison : De juin aux premières gelées, de larges bouquets denses de minuscules fleurs violet foncé à lavande, parfois blanches, au puissant parfum de vanille. Les fleurs blanches sentent plutôt l’amande.
Substrat : Terre ou terreau riche en humus, qui garde la fraîcheur tout en restant bien drainé, au pH de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, ou mi-ombre légère aux heures les plus chaudes dans le Midi ; à l’ombre, il fleurit peu et sent moins.
Arrosage : Régulier, pour garder la terre fraîche sans la détremper : tous les 2 à 5 jours selon la chaleur, et chaque jour en jardinière au cœur de l’été.
Durée de vie : Arbuste vivace dans les Andes, cultivé en France comme une annuelle que le gel détruit ; hiverné à l’abri ou renouvelé chaque été par bouturage, il se conserve plusieurs années.
Multiplication : Bouturage de tiges de mi-août à fin septembre, à l’étouffée, puis hivernage des jeunes plants à l’intérieur, jamais sous 5 °C.
Arrosage & entretien
Arrosage : De la plantation à septembre, arroser au pied dès que la surface sèche, tous les 2 à 5 jours selon la chaleur, et chaque jour en jardinière au plus chaud de l’été. Il fane vite quand il a soif mais pourrit dans une terre détrempée : ne jamais laisser d’eau dans la soucoupe.
Fertilisation : Du compost à la plantation, puis de juin à septembre un engrais liquide pour plantes fleuries, riche en potasse, tous les 10 à 15 jours. L’excès d’azote donne des feuilles au détriment des fleurs.
Rempotage : Planter en mai, après les dernières gelées, en espaçant les pieds de 30 à 40 cm, ou dans un pot d’au moins 25 cm de diamètre rempli de terreau pour plantes fleuries enrichi de compost. Une plante hivernée se rempote en mars dans un pot à peine plus grand, avant de ressortir en mai.
Taille : Pincer l’extrémité des jeunes pousses après la plantation, puis couper les bouquets fanés au-dessus d’une feuille. Une plante hivernée se rabat d’un tiers en mars pour repartir bien touffue.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante et un parfum intense. Dans le Midi, une ombre légère aux heures les plus chaudes lui évite de griller.
Emplacement : Extérieur de mai aux premières gelées, en massif, en jardinière ou en pot, près d’une terrasse, d’un banc ou d’une fenêtre pour profiter de son parfum. Une exposition sud-est ou ouest, à l’abri du vent, lui convient ; ses boutures passent l’hiver à l’intérieur, dans une pièce lumineuse entre 10 et 15 °C.
Substrat : Terre de jardin riche en humus, enrichie de compost ; en pot, un terreau pour plantes fleuries additionné d’un peu de compost. Il lui faut une terre qui reste fraîche sans jamais se détremper.
pH : De 6 à 7,5 : légèrement acide à neutre.
Drainage : Un bon drainage est indispensable, car ses racines pourrissent dans l’eau stagnante, surtout par temps frais. En pot, un trou d’écoulement dégagé et une soucoupe vidée après chaque arrosage suffisent.
Multiplication
Bouturage : de mi-août à fin septembre, couper des pousses non fleuries de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous un sac transparent ou une cloche, à 18 à 20 °C et à l’ombre claire. Les racines se forment en 2 à 4 semaines ; les jeunes plants rejoignent le jardin en mai, après les gelées. Les boutures passent l’hiver à l’intérieur, dans une pièce lumineuse jamais sous 5 °C. C’est aussi la méthode qui reproduit fidèlement une variété, couleur et parfum compris.
Les autres méthodes
Semis :
SemerDe février à mars à l’intérieur, graines à peine couvertes de 1 mm de terreau, levée en 2 à 4 semaines à 20 à 22 °C ; mise en place après les dernières gelées. Les plants issus de graines varient en couleur et en parfum.
Récolter les grainesPas de graines en culture : ses petits fruits mûrissent mal en France, la floraison s’étirant jusqu’aux gelées, et ses graines donneraient des couleurs et des parfums variés. On les achète donc dans le commerce, où certaines variétés sont fixées pour le semis ; elles se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est un arbuste à tige ligneuse, qui ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Dans une terre détrempée, la pourriture des racines et du collet fait flétrir la plante alors que le sol est humide : elle ne se soigne pas, elle se prévient par un bon drainage. Par temps frais et humide, la pourriture grise (botrytis) couvre fleurs et feuilles d’un feutrage gris. Retirer aussitôt les parties atteintes, aérer la plante et arroser au pied.
Parasites fréquents : Les aleurodes, de minuscules moucherons blancs qui s’envolent quand on secoue la plante, sont son ennemi principal, surtout en véranda et sur les boutures hivernées. Les pucerons se groupent sur les jeunes pousses, et les acariens piquettent le feuillage de jaune par temps chaud et sec. Piéger les aleurodes avec des panneaux jaunes englués, déloger pucerons et acariens d’un jet d’eau, puis en recours employer un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Le planter au soleil, dans une terre drainée, en espaçant les pieds pour que l’air circule. Arroser au pied, de préférence le matin. Inspecter le revers des feuilles chaque semaine, et surtout les boutures avant de les rentrer pour l’hiver.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxicité modérée : toutes les parties, graines comprises, contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie. Le danger tient surtout à une consommation répétée, en tisane ou en remède, bien plus qu’à une feuille mâchonnée par accident.
Toxicité animaux : Toxique pour le cheval, chez qui une consommation importante ou prolongée peut provoquer une grave atteinte du foie ; les bovins y sont sensibles aussi. Pour le chien et le chat, une ingestion ponctuelle se limite en général à des troubles digestifs, mais les mêmes alcaloïdes menacent leur foie en cas d’ingestions répétées.
Symptômes : Une ingestion ponctuelle provoque surtout nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, et le simple contact n’entraîne pas d’intoxication. Une consommation répétée peut léser le foie, parfois des semaines plus tard : fatigue, jaunisse et ventre gonflé chez l’humain ; amaigrissement, faiblesse et troubles de la coordination chez le cheval.
Précautions : Ne jamais en faire de tisane ni de remède, et ne jeter ni ses tiges ni ses déchets de taille dans une pâture ou à portée d’un cheval. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le tabac d’ornement (Nicotiana), qui aime la même terre riche et fraîche, prend le relais de son parfum à la tombée du soir. Le pétunia et la verveine des jardins partagent son soleil et ses arrosages, en massif comme en jardinière. L’hélichryse à feuilles argentées (Helichrysum petiolare) éclaire le violet sombre de ses bouquets.
Associations à éviter : Les plantes de terrain sec, lavande, romarin ou plantes grasses, souffrent des arrosages qu’il réclame. Les fuchsias, les lantanas ou les tomates, grands hôtes des aleurodes, entretiennent avec lui ces parasites, surtout en véranda ou en serre. Les grandes vivaces au feuillage dense lui volent la lumière, et il ne fleurit plus à leur ombre.
Conseil : Installez-le près d’une porte, d’un banc ou d’une fenêtre souvent ouverte : son parfum se savoure de près, au soleil. En jardinière, placez-le au centre, entouré de plantes plus basses ou retombantes qui ne lui font pas d’ombre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Cultivé comme une annuelle, en massif ou en jardinière au soleil, dans une terre riche qui reste fraîche ; planté après les dernières gelées, il disparaît aux premières, et seules ses boutures passent l’hiver à l’abri.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 5 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 4 à 5 jours | L’héliotrope fane dès que sa terre sèche et perd alors ses fleurs, mais ses racines pourrissent dans l’eau stagnante. En jardinière, l’arroser chaque jour au plus chaud de l’été. |
| Engrais liquide | De début juin à mi-septembre : tous les 10 à 15 jours | Le verser dilué dans l’eau d’arrosage, sur une terre déjà humide. En jardinière, où le terreau s’épuise vite, il entretient la floraison jusqu’à l’automne. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Installer les plants après les dernières gelées, dans une terre ameublie et enrichie de compost. Sous 5 °C, ses feuilles noircissent et il cesse de pousser pendant des semaines. |
| Pincement | De mi-mai à fin juin | Pincer l’extrémité des jeunes pousses après la reprise, puis une seconde fois 3 semaines plus tard. La touffe se ramifie et porte bien plus de bouquets. |
| Floraison | De juin à octobre | Les minuscules fleurs, serrées en larges bouquets denses, se succèdent tout l’été et attirent abeilles et papillons. Leur parfum est le plus intense au soleil, par temps chaud. |
| Inspection parasitaire | De juin à septembre | Les aleurodes, son ennemi principal, forment sous les feuilles des nuées de minuscules moucherons blancs qui s’envolent quand on secoue la plante. Les piéger avec des panneaux jaunes englués, déloger pucerons et acariens d’un jet d’eau, puis en recours employer un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Fleurs fanées | De début juillet à mi-octobre | Couper chaque bouquet dès qu’il brunit : la plante ne s’épuise pas à former ses graines et relance de nouvelles fleurs. |
| Bouturage | De mi-août à fin septembre | Les boutures s’enracinent en 2 à 4 semaines à l’étouffée, dans un mélange de terreau et de sable. Les jeunes plants passent l’hiver dans une pièce lumineuse, jamais sous 5 °C, puis rejoignent le jardin en mai. |