Plante d’intérieur · Amaryllidacées
Amaryllis Hippeastrum hybridum
Aussi appelé : Hippéastrum, Amaryllis de Noël, Amaryllis hybride
L’amaryllis des fleuristes est un hybride d’Hippeastrum, bulbe des régions tropicales d’Amérique du Sud, que l’on fait fleurir en intérieur au cœur de l’hiver. Sa hampe de 40 à 70 cm porte 2 à 6 énormes trompettes rouges, roses, saumon ou blanches, de 12 à 20 cm de diamètre. Elle demande surtout une lumière très vive et, pour refleurir chaque année, un repos sans eau de septembre à fin octobre, au frais entre 12 et 15 °C. Elle ne supporte pas moins de 10 °C, et son bulbe est toxique.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Amaryllidacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Nulle sous nos climats, zone USDA 9b à 11. Le bulbe est détruit dès que la motte gèle : il lui faut 10 °C au minimum, et 12 à 15 °C pendant son repos d'automne.
Dimensions : 40 à 70 cm de haut, hampe comprise, pour 30 à 40 cm d'étalement. Les fleurs mesurent 12 à 20 cm de diamètre, par deux à six sur chaque hampe.
Floraison : De janvier à mars pour un bulbe conservé, dès décembre pour un bulbe préparé : deux à six énormes trompettes rouges, roses, saumon ou blanches par hampe, sans parfum. Le bulbe est toxique.
Substrat : Terreau riche mais drainant, deux tiers de terreau pour un tiers de sable grossier ou de perlite. pH 6 à 6,8, légèrement acide.
Exposition : Très lumineuse, derrière une fenêtre est ou sud voilé, sans soleil brûlant à travers la vitre. Dehors l'été, le soleil du matin et l'ombre claire de l'après-midi lui conviennent.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours pendant la végétation, tous les 7 à 10 jours pendant la floraison, jusqu'à ce que l'eau perle au drainage. Aucun arrosage de septembre à fin octobre, puis quelques cuillères seulement au moment du réveil.
Durée de vie : Vivace à bulbe, qui refleurit chaque année pendant 15 à 25 ans, et davantage si le repos sec est respecté.
Multiplication : Séparation des caïeux enracinés au rempotage de novembre, à l’intérieur ; ils fleurissent au bout de 2 à 3 ans.
Arrosage & entretien
Arrosage : Verser au bord du pot, jamais au creux du bulbe qui pourrit en quelques jours, tous les 5 à 7 jours d'avril à août et tous les 7 à 10 jours pendant la floraison. De septembre à fin octobre, rien du tout : le repos est sec.
Fertilisation : Engrais de plantes fleuries riche en potasse, tous les 15 jours de mars à fin août. Arrêt total ensuite, car c'est le feuillage de l'été qui recharge le bulbe pour l'hiver suivant.
Rempotage : Tous les 3 ans seulement, en octobre ou novembre, dans un pot laissant 2 à 3 cm de terreau autour du bulbe, le tiers supérieur restant à l'air. Les autres années, un simple surfaçage des trois premiers centimètres suffit.
Taille : Couper la hampe à 3 cm du bulbe dès la dernière fleur fanée, pour éviter la formation de graines. Garder toutes les feuilles jusqu'à leur jaunissement de septembre, puis les supprimer à la base.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de lumière vive par jour, indispensables pour que le bulbe grossisse. Le soleil direct de midi derrière une vitre brûle le feuillage.
Emplacement : À l'intérieur d'octobre à mai, devant une fenêtre est, sud voilé ou ouest. Dehors de fin mai à début septembre, à mi-ombre légère et à l'abri du vent qui casse les hampes.
Substrat : Deux tiers de terreau pour plantes fleuries, un tiers de sable grossier ou de perlite, plus une poignée de compost mûr. Le mélange doit rester meuble, un terreau compact asphyxie le plateau racinaire.
pH : Entre 6 et 6,8. La plante supporte le neutre mais boude un substrat calcaire.
Drainage : Pot percé et couche de billes d'argile obligatoires. Soucoupe vidée systématiquement : l'eau stagnante et l'arrosage versé sur le bulbe sont les deux causes de pourriture.
Multiplication
Caïeux : en novembre, à l’intérieur, dépoter le bulbe, détacher à la main les caïeux qui ont des racines et les rempoter seuls dans un pot à peine plus large qu’eux, le haut du bulbe hors du terreau. Les arroser modérément et les cultiver sans repos les deux premières années, pour qu’ils grossissent vite. La réussite est presque totale, et ils fleurissent au bout de 2 à 3 ans. C’est la seule méthode simple qui reproduit fidèlement chaque cultivar. Le bulbe est toxique : des gants.
Les autres méthodes
Bouturage : Pas au sens courant ; les spécialistes coupent le bulbe en segments d’écailles qui forment de petits bulbes au chaud, mais le bulbe mère y est sacrifié et la floraison attend 3 à 4 ans.
Semis :
SemerPossible à l’intérieur avec des graines fraîches, posées sur du terreau humide et à peine couvertes, levée en 2 à 4 semaines à 20 à 22 °C. Les plants fleurissent au bout de 3 à 4 ans et ne reproduisent pas la plante mère, les amaryllis cultivés étant des hybrides.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : il se féconde mal, le pollen doit venir d’une autre variété. On porte au pinceau le pollen d’un second bulbe sur le stigmate d’une fleur fraîchement ouverte. La capsule jaunit et s’ouvre 4 à 6 semaines plus tard, livrant des graines noires et plates qui ne se conservent pas et se sèment aussitôt ; laisser grainer fatigue le bulbe, qui fleurira moins l’année suivante.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La brûlure rouge (Stagonospora curtisii) marque le bulbe, la hampe et les feuilles de stries rouges, et tord la hampe : couper les parties atteintes jusqu'au sain avec une lame désinfectée. La pourriture du plateau (Fusarium, Botrytis), due à l'excès d'eau, rend le bulbe mou et odorant, et se soigne rarement. Les feuilles qui jaunissent en septembre ne sont pas une maladie, mais l'entrée en repos.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses forment des amas blancs cotonneux dans les gaines des feuilles : coton imbibé d’alcool à 70 degrés, puis, en recours, un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les thrips argentent le feuillage et déforment les fleurs. La mouche du narcisse pond au collet et sa larve creuse le bulbe, qui ne redémarre pas au printemps.
Prévention : Arroser au bord du pot et vider la soucoupe. Isoler 15 jours tout bulbe nouvellement acheté et inspecter ses gaines. Désinfecter la lame avant de couper une hampe.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion. Le bulbe concentre la lycorine et d'autres alcaloïdes, les feuilles et les fleurs en contiennent moins mais en contiennent, et la sève irrite la peau.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval, le bulbe étant la partie la plus dangereuse. Un bulbe laissé au repos dans un carton à portée d'un animal est un vrai risque, plus encore que la plante en végétation.
Symptômes : Par ingestion, hypersalivation, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et abattement ; à forte dose, tremblements et chute de tension. Par contact répété avec la sève, rougeurs et démangeaisons, la dermatite bien connue des manipulateurs de bulbes.
Précautions : Tenir bulbes et potées hors de portée des enfants et des animaux, et porter des gants pour rempoter. En cas d'ingestion, appeler un vétérinaire ou un centre antipoison en précisant qu'il s'agit d'un Hippeastrum.
Associations de plantes
Bonnes associations : Dans une potée d'hiver, jacinthes, narcisses de la Toussaint et crocus forcés, qui demandent la même lumière et le même arrosage mesuré au même moment. Un paillage de graviers ou d'écorces fines à la surface du pot limite l'évaporation sans concurrencer le bulbe. En pratique, l'amaryllis se porte mieux seule dans un pot juste à sa taille.
Associations à éviter : Fougères, spathiphyllums et calatheas, qui exigent un substrat constamment frais et une atmosphère humide : impossible à concilier avec 2 mois de repos totalement sec. Cactées et succulentes à l'opposé, qui ne supporteraient ni les arrosages ni les engrais de la phase de végétation. Toute plante haute qui ferait de l'ombre au feuillage estival, celui-là même qui recharge le bulbe.
Conseil : Choisir un pot lourd, en terre cuite, à peine plus large que le bulbe. Une hampe de 60 cm chargée de fleurs fait basculer un pot en plastique, et un quart de tour du pot tous les 2 jours la garde droite.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Bulbe cultivé en pot serré dans une maison chauffée, devant une fenêtre très lumineuse sans soleil brûlant, et sorti au jardin ou sur un balcon à mi-ombre pendant la belle saison.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De janvier à mars : tous les 7 à 10 jours ; d’avril à août : tous les 5 à 7 jours | Arroser quand les deux premiers centimètres du terreau sont secs, jusqu’à ce que l’eau perle au drainage. L’eau qui stagne dans le collet du bulbe le fait pourrir en quelques jours, alors que la sécheresse ne lui fait presque rien. |
| Floraison | De début janvier à mi-avril | Un bulbe conservé d’une année sur l’autre fleurit de janvier à mars, alors qu’un bulbe acheté déjà préparé fleurit dès décembre. Tourner le pot d’un quart de tour tous les 2 jours empêche la hampe de se pencher vers la vitre. |
| Fleurs fanées | De janvier à avril | Sectionner la hampe à 3 cm au-dessus du bulbe, avec une lame propre, sans toucher aux feuilles. Laissée en place, elle forme des graines et épuise le bulbe pour rien. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe systématiquement, y compris en hiver où le terreau sèche très lentement. Le plateau racinaire du bulbe pourrit bien plus vite par excès d’eau que par manque. |
| Engrais liquide | De mars à août | Nourrir dès la fin de la floraison et pendant tout l’été, puis cesser à la fin août. Ce sont les feuilles de cette période qui rechargent le bulbe, donc elles qui décident de la floraison de l’hiver suivant. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Sortir la potée quand les nuits se maintiennent au-dessus de 12 °C, d’abord à l’ombre claire puis au soleil du matin. Un été passé dehors donne un bulbe nettement plus gros, donc plus de hampes l’hiver suivant. |
| Repos sec | De septembre à octobre | Cesser tout arrosage, couper les feuilles à mesure qu’elles jaunissent et remiser le pot dans une cave ou un garage frais et sombre. Sans cette pause, le bulbe continue de faire des feuilles et ne refleurit pas. |
| Rentrée à l'automne | En septembre | Rentrer la potée à la fin de l’été, au moment même où commence le repos sec. Le bulbe est détruit dès que la motte prend le gel, et une nuit suffit. |
| Surfaçage | De mi-octobre à fin novembre | Les années sans rempotage, gratter la surface du terreau et la remplacer par du neuf avant la remise en végétation. Le bulbe retrouve des éléments nutritifs sans être dérangé dans un pot où il se plaît à l’étroit. |
| Rempotage | De mi-octobre à fin novembre, tous les 3 ans | Changer de pot seulement tous les 3 ans, juste avant le réveil, en ne laissant que 2 à 3 cm de terreau autour du bulbe. Au large, l’amaryllis fabrique des bulbilles et des feuilles ; à l’étroit, elle fleurit. |
| Forçage | De novembre à décembre | Sortir le pot du local frais, le remettre au chaud et à la lumière et recommencer à arroser très parcimonieusement jusqu’à ce que la pointe de la hampe apparaisse. C’est ce réveil, et non une date, qui commande la floraison 6 à 8 semaines plus tard. |