Arbuste · Éléagnacées
Argousier Hippophae rhamnoides
Aussi appelé : Argousier faux-nerprun, Saule épineux, Griset, Épine luisante, Ananas de Sibérie, Sea buckthorn
L’argousier est un arbuste épineux caduc d’Europe et d’Asie, sauvage sur les dunes du littoral et dans les graviers des rivières de montagne. Il forme une touffe de 2 à 4 m qui s’étend par drageons, et seuls les pieds femelles, plantés près d’un mâle, portent des baies orangées. Il lui faut le plein soleil et un sol léger, même pauvre, calcaire ou salé ; installé, il se passe d’arrosage et résiste à -40 °C. L’ombre le dégarnit et l’empêche de fructifier.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Éléagnacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -40 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3 à 7 : extrêmement rustique, l’argousier résiste à des froids de -40 °C.
Dimensions : 2 à 4 m de haut pour 2 à 3 m d’étalement, davantage avec ses drageons.
Floraison : De mars à fin avril, avant les feuilles : minuscules fleurs verdâtres à brunâtres sans intérêt décoratif, mâles et femelles sur des pieds distincts.
Substrat : Sol léger, sableux ou caillouteux, même pauvre, calcaire ou salé, au pH idéal de 6 à 8.
Exposition : Plein soleil impératif : à l’ombre, il se dégarnit et ne fructifie plus.
Arrosage : Copieux, tous les 10 à 15 jours en été les deux premières années et lors des étés très secs ; installé, il se passe d’arrosage le reste du temps.
Durée de vie : Arbuste vivace caduc, qui fructifie dès la troisième ou quatrième année et reste productif une trentaine d’années.
Multiplication : Prélèvement de drageons enracinés de novembre à mars, ou bouturage de tiges ligneuses en hiver, enterrées dehors.
Arrosage & entretien
Arrosage : Après la plantation, arrosez copieusement tous les 10 à 15 jours de juin à août, pendant 2 ans. Ensuite, la pluie lui suffit, sauf lors des étés très secs, où un arrosage profond aide les baies à grossir.
Fertilisation : Aucun engrais : ses racines fixent l’azote de l’air grâce à des bactéries logées dans leurs nodosités, et un sol trop riche le pousse à faire du bois plutôt que des baies.
Rempotage : Sans objet en pleine terre, où il passe toute sa vie. Il se prête mal à la culture en pot, ses racines traçantes ayant besoin de s’étendre.
Taille : Limitez-vous en fin d’hiver à retirer le bois mort et les branches qui se croisent, avec des gants épais. Une taille plus sévère supprimerait les rameaux de 2 ans, qui portent les baies.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour au moins : plante pionnière, l’argousier ne supporte pas l’ombre des arbres voisins.
Emplacement : À l’extérieur, en pleine terre, en haie brise-vent, sur un talus ou en bord de mer, où il brave le vent et les embruns ; orientation sud ou ouest de préférence.
Substrat : Sol léger, sableux, graveleux ou caillouteux, même très pauvre : à l’état sauvage, il colonise les dunes du littoral et les graviers des rivières alpines.
pH : De 6 à 8, neutre à calcaire, même s’il s’accommode d’un sol un peu plus acide.
Drainage : Indispensable : ses racines pourrissent dans l’eau stagnante. Un sol frais en profondeur favorise en revanche la fructification.
Multiplication
Drageons : de novembre à mars hors gel, dégager à la bêche un drageon déjà bien enraciné et le couper de la racine qui le relie à la mère. Le replanter aussitôt en sol léger, au soleil, et l’arroser jusqu’à la reprise. C’est la méthode la plus sûre, et elle reproduit le sexe du pied mère, mâle ou femelle. Ses rameaux épineux réclament des gants.
Les autres méthodes
Bouturage : De décembre à février, couper des tiges ligneuses de l’année de 20 cm et les enterrer des deux tiers dehors, dans une terre légère et sableuse : elles s’enracinent au printemps, avec une bonne réussite. C’est ainsi que se multiplient ses cultivars, femelles fructifères ou mâles pollinisateurs.
Semis :
SemerLes graines, nettoyées de leur pulpe, passent 6 à 8 semaines au froid du réfrigérateur puis se sèment au printemps dehors ou sous abri, couvertes de 1 cm de terre, avec une levée en 3 à 6 semaines. Les plants ne révèlent leur sexe qu’à la floraison, au bout de 3 à 4 ans, et ne reproduisent pas les cultivars.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : le vent porte le pollen du mâle jusqu’aux femelles. Seuls les pieds femelles portent des baies, et il leur faut un pied mâle à proximité, un pour 6 à 8 femelles. Les baies orange mûrissent d’août à octobre ; on écrase la pulpe, on lave et on sèche les graines, qui se gardent 1 à 2 ans au sec et au frais.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La verticilliose est la plus grave : une branche, puis parfois l’arbuste entier, flétrit et sèche brusquement en été. Aucun traitement n’existe : coupez les branches atteintes bien en dessous du dessèchement, et arrachez un sujet entièrement touché sans replanter d’argousier au même endroit. En sol détrempé, la pourriture des racines le fait dépérir de la même façon.
Parasites fréquents : Un petit puceron vert se regroupe au printemps à l’extrémité des jeunes pousses, dont les feuilles jaunissent et se recroquevillent ; un jet d’eau ou les coccinelles en viennent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des cochenilles se fixent parfois sur les rameaux : brossez-les, ou traitez à l’huile blanche en fin d’hiver.
Prévention : Plantez-le en sol bien drainé, en plein soleil, et évitez les emplacements où ont poussé fraisiers, tomates ou pommes de terre, qui entretiennent la verticilliose dans le sol. Ne blessez pas son pied à la tondeuse ou à la débroussailleuse : chaque plaie est une porte d’entrée pour les champignons.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité : ses baies sont comestibles, très acides et riches en vitamine C, et se consomment en jus, en sirop ou en confiture.
Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour les chiens, les chats ou les autres animaux domestiques.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit ; seules ses épines, longues et acérées, blessent la peau.
Précautions : Portez des gants épais pour tailler et récolter. Ses noms populaires de faux-nerprun ou de bourdaine marine prêtent à confusion : le nerprun purgatif et la bourdaine, aux baies noires, sont eux toxiques.
Associations de plantes
Bonnes associations : Un pied mâle d’argousier, pour trois à six femelles, est le compagnon indispensable : sans lui, aucune baie ne se forme. Le rosier rugueux partage son goût pour les sols pauvres, le vent et les embruns, et forme avec lui une haie défensive et fruitière. Planté à quelques mètres des arbres fruitiers, il enrichit leur sol de l’azote que fixent ses racines.
Associations à éviter : Un potager ou un massif de vivaces à son pied souffre de ses drageons, et ses épines rendent tout désherbage pénible. Le noyer, grand arbre au feuillage dense, lui fait une ombre qu’il ne supporte pas. Le rhododendron réclame un sol acide, frais et riche, à l’opposé du sien.
Conseil : Plantez le mâle du côté d’où souffle le vent dominant au printemps : c’est le vent qui porte son pollen jusqu’aux femelles.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre, en plein soleil, en sol léger et pauvre, avec un pied mâle à proximité des pieds femelles.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 10 à 15 jours | Installé, l’argousier résiste à la sécheresse, mais ses baies grossissent mieux quand le sol reste frais en profondeur. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début février à mi-mars | Le centre de l’arbuste se dégarnit faute de lumière : retirer le bois sec suffit, car une taille plus forte supprimerait les rameaux de 2 ans qui portent les baies. |
| Floraison | De mars à avril | Le vent porte le pollen des pieds mâles vers les pieds femelles, seuls à donner des baies : sans mâle à proximité, aucune récolte. |
| Gourmands et rejets | D’avril à octobre | Couper les drageons au ras du sol, ou les déterrer à l’automne avec leur racine pour les replanter : ils reproduisent le sexe de la plante mère. |
| Fructification, récolte | De mi-août à fin octobre | Les baies éclatent sous les doigts : on coupe plutôt quelques rameaux chargés, égrenés une fois congelés, sans dépouiller tout l’arbuste, car on enlève avec eux les pousses qui fructifieront l’an prochain. |