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Vivace · Asparagacées

Hosta Hosta sieboldiana

Aussi appelé : Hosta de Siebold, Funkia, Plantain-lis, Hosta bleu

L’hosta de Siebold est une vivace du Japon, l’un des plus grands hostas, cultivée pour son dôme de larges feuilles bleutées et gaufrées. Il atteint 60 à 80 cm de haut pour 1 m à 1,20 m d’étalement en 4 ou 5 ans, et disparaît entièrement chaque hiver. Il demande une terre profonde, humifère et toujours fraîche, à l’ombre claire ou à la mi-ombre, idéalement avec le seul soleil du matin. Le soleil de l’après-midi fait virer son bleu au vert, et les limaces s’attaquent aux jeunes pousses.

Hosta (Hosta sieboldiana)
Photo : Epibase, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Asparagacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-35 °C
Floraison
En juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 8, soit environ -35 °C en terre. La souche est parfaitement rustique partout en France, elle a même besoin d’un vrai hiver froid pour repartir.

Dimensions : 60 à 80 cm de hauteur de feuillage et 1 m à 1,20 m d’étalement à maturité, atteints en 4 ou 5 ans. C’est l’un des plus grands hostas, les hampes florales montent à 90 cm.

Floraison : En juillet, clochettes blanc lilas pâle sur des hampes qui dépassent à peine le feuillage, sans parfum notable : un simple supplément au dôme bleuté.

Substrat : Terre de jardin profonde, humifère, enrichie de compost et de feuilles décomposées, restant fraîche sans être détrempée. pH idéal entre 6 et 7.

Exposition : Ombre claire ou mi-ombre, l’idéal étant le soleil du matin seul. Le soleil de l’après-midi fait fondre la pruine cireuse qui donne le bleu au feuillage, qui vire alors au vert.

Arrosage : Un arrosage copieux tous les 3 à 4 jours en juillet et août, tous les 5 à 8 jours au printemps. Toujours 10 à 15 litres d’un coup au pied, plutôt qu’un filet quotidien.

Durée de vie : Vivace à feuillage caduc, qui disparaît entièrement l’hiver et vit 20 ans et plus sans être obligatoirement divisée. Elle embellit chaque année jusqu’à sa taille adulte.

Multiplication : Division de la souche en mars ou avril, quand les pousses pointent, en éclats de trois ou quatre bourgeons.

Arrosage & entretien

Arrosage : D’avril à juin, un arrosage abondant tous les 5 à 8 jours ; en juillet et août, tous les 3 à 4 jours ; en septembre et octobre, tous les 10 à 15 jours seulement. Arroser au pied et jamais sur les feuilles, dont la pruine bleue se marque aux gouttes calcaires.

Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr griffés en couronne en mars, avant que les pousses ne percent, suffisent à l’année. Un engrais azoté donnerait des feuilles molles, plus vertes que bleues, et bien plus appétissantes pour les limaces.

Rempotage : En pleine terre, rien à faire avant 5 ans ; on ne divise que si le centre se dégarnit. En pot, rempoter tous les 2 ou 3 ans début mars dans un contenant large et profond, car cette espèce devient volumineuse et sèche vite en conteneur.

Taille : Aucune taille, seulement la hampe florale coupée à sa base après la floraison de juillet. En novembre, ramasser et évacuer le feuillage fondu par le gel plutôt que de le laisser sur place.

Exposition & substrat

Exposition : Ombre lumineuse à mi-ombre, 2 à 3 heures de soleil du matin au maximum. Sous un soleil direct d’après-midi, le feuillage se décolore, se tache de brun et perd son bleu pour la saison entière.

Emplacement : Extérieur toute l’année, sans jamais être rentrée. Le pied nord ou est d’un mur, ou le dessous d’un arbre à racines profondes, lui conviennent ; évitez la concurrence des érables et des hêtres, dont les racines superficielles assèchent tout.

Substrat : Terre profonde et riche en matière organique, mélange de bonne terre de jardin, de compost et de feuilles décomposées. Un sol trop sableux demande un amendement, un sol lourd un apport de compost pour qu’il reste souple.

pH : Entre 6 et 7, légèrement acide à neutre. Elle tolère jusqu’à 7,5 mais le feuillage y jaunit plus vite en fin d’été.

Drainage : Sol frais mais drainé : la touffe boit énormément en été et pourrit l’hiver si l’eau stagne sur la souche nue. En pot, un trou d’évacuation franc et pas de soucoupe pleine sont indispensables.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : en mars ou début avril, dehors, déterrer la souche à la bêche, la trancher en éclats de trois ou quatre bourgeons munis de racines et replanter aussitôt à la même profondeur, dans une terre enrichie de compost. Arroser copieusement jusqu’à la reprise. Pour ne pas défaire la touffe, on peut aussi prélever un seul éclat sur son bord, à la bêche, sans la déterrer. Quand les pousses pointent à peine, la reprise est presque assurée. Ne la faire que pour multiplier un pied ou si le centre se dégarnit, car l’espèce met 4 à 5 ans à reformer son dôme d’1 m.

Les autres méthodes

Bouturage : Le hosta ne se bouture pas : ni une feuille ni un pétiole ne forment de racines. Le seul équivalent est un œil détaché avec un morceau de souche et ses racines, ce qui revient à une petite division.

Semis :

SemerEn mars ou avril sous abri, graines couvertes de 3 mm de terreau, levée en 2 à 4 semaines vers 18 à 20 °C. Les hostas s’hybrident facilement : les semis ne reproduisent pas fidèlement le feuillage bleu de la plante, et il faut 4 à 5 ans pour obtenir une touffe adulte.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les capsules vertes qui suivent les fleurs brunissent et s’entrouvrent en octobre : les couper à ce moment et en secouer les graines noires et plates, puis les conserver au sec et au frais, où elles restent bonnes un an environ. Les bourdons qui la visitent apportent aussi le pollen des hostas voisins, d’où les semis si variables. Pour retrouver exactement son feuillage bleu, seule la division est sûre.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le virus X de l’hosta se voit à des marbrures diffuses qui suivent les nervures et à des feuilles gaufrées de façon irrégulière ; il est incurable et le pied doit être arraché et sorti du jardin. La pourriture du collet apparaît par temps doux et humide sous un paillis collé contre la souche : dégager, assécher, ne jamais rebutter. L’anthracnose marque des taches brunes cerclées en fin d’été sur les feuilles mouillées le soir.

Parasites fréquents : Les limaces et les escargots sont l’ennemi principal, surtout en avril sur les cornets encore roulés, mais le feuillage épais et cireux de cette espèce est nettement moins attaqué que celui des hostas à feuilles fines. L’otiorhynque découpe des encoches régulières au bord des feuilles la nuit, ses larves rongent les racines en pot. Les nématodes foliaires tracent en août des bandes brunes nettes, arrêtées par les nervures.

Prévention : Ramasser et évacuer tout le feuillage fondu en novembre, ce qui supprime l’abri d’hiver des limaces comme des nématodes. Arroser le matin et au pied, jamais le feuillage le soir. Passer la lame à l’alcool avant toute coupe et entre deux touffes, car le virus X ne voyage guère que par la sève sur les outils.

Toxicité

Toxicité humaine : Faible. Les jeunes pousses sont même consommées cuites au Japon sous le nom d’urui, et aucune intoxication humaine grave n’est documentée ; crues et en quantité, les saponines des feuilles peuvent tout de même donner des maux de ventre.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval selon l’ASPCA, à cause des saponines présentes dans toute la plante. Les signes restent le plus souvent bénins et passagers, mais un petit chien qui mâche plusieurs feuilles peut être nettement incommodé.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée et abattement dans les heures qui suivent l’ingestion. Chez l’humain, pas de symptôme au contact et tout au plus un inconfort digestif après ingestion crue et répétée ; la sève n’irrite pas la peau.

Précautions : Rien de particulier pour un jardin d’adultes, mais planter ailleurs qu’au passage d’un chiot ou d’un chat qui mordille. Si un animal a mangé des feuilles et vomit plus de quelques heures, appelez un vétérinaire, sans urgence vitale attendue.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères, dryoptéris ou athyrium, partagent exactement ses besoins d’ombre fraîche et leur finesse répond à ses grandes feuilles rondes. Les astilbes fleurissent en juillet dans la même humidité, quand le hosta n’offre plus que du feuillage. Les narcisses et les scilles, plantés entre les touffes, fleurissent en mars puis disparaissent sous les feuilles qui se déploient et masquent leur jaunissement.

Associations à éviter : Lavande, sedum et graminées de steppe demandent un sol sec et brûlant, exactement l’inverse, et l’un des deux voisins souffrira toujours. Le bambou et les érables à racines superficielles assèchent et colonisent la place. Les couvre-sols traçants comme la pervenche ou le lierre montent dans la touffe et gardent une humidité stagnante contre le collet.

Conseil : Installez la touffe en bordure d’une dalle, d’une allée de gravier ou sur une légère butte : les limaces traversent beaucoup moins volontiers une surface sèche et minérale qu’un paillis, et c’est ce qui sauve le feuillage d’avril mieux que n’importe quel granulé.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre à mi-ombre ou à l’ombre claire, dans un sol humifère qui reste frais, à l’abri du soleil de l’après-midi qui ternit la pruine bleue du feuillage.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 5 à 8 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 4 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours Arroser beaucoup et rarement plutôt que peu et souvent, pour que l’eau descende sous la touffe. Le feuillage épais et gaufré de cette espèce se construit d’un seul jet au printemps et ne se refait pas s’il manque d’eau en juillet.10 à 15 litres par pied et par apport, versés au collet
Compost, amendementUtile En mars Griffer du compost autour de la touffe avant que les pousses ne percent. Toute la masse de feuilles de l’année se fabrique en 6 semaines, et c’est là qu’elle puise.2 à 3 cm de compost mûr en couronne, jamais sur les cornets
Division de touffeUtile De début mars à mi-avril, tous les 5 ans Cette espèce met 4 à 5 ans à prendre son ampleur : la diviser plus tôt revient à renoncer au dôme d’1 m qui fait tout son intérêt. Ne la partager que si le centre s’est dégarni ou pour multiplier un pied.à la bêche, dès que les cornets pointent et avant qu’ils ne s’ouvrent
Désinfection des outilsUtile De mars à novembreDès que : avant chaque coupe ou division, et systématiquement entre deux touffes différentes Le virus X de l’hosta, qui marbre les feuilles en taches diffuses le long des nervures, ne se transmet pratiquement que par la sève restée sur un outil. Il est incurable : un pied atteint s’arrache.alcool à 70 degrés sur la lame
Inspection parasitaireEssentiel De mi-mars à mi-juin Passer tous les 2 ou 3 jours pendant que les cornets sont encore roulés : une feuille entamée à ce stade s’ouvrira trouée pour toute la saison. Les feuilles épaisses et cirées de cette espèce résistent ensuite bien mieux que celles des hostas à feuillage mince.limaces et escargots, le soir ou après une pluie
PaillageEssentiel De début avril à mi-mai Pailler une fois les pousses sorties, sur un sol déjà humide. C’est ce qui tient la fraîcheur d’un hosta en juillet ; un paillis collé au collet, lui, ne sert qu’à héberger les limaces.5 cm de feuilles broyées ou de compost, en laissant 10 cm libres autour des pousses
FloraisonOptionnel De début juillet à mi-août Les hampes de cette espèce dépassent à peine le feuillage, là où celles des hostas à feuilles fines montent bien au-dessus. On la cultive pour le dôme bleuté, la fleur n’est qu’un supplément.clochettes lilas très pâle, presque blanches
Fleurs fanéesOptionnel De mi-juillet à fin août Sectionner la tige défleurie au ras du feuillage. Elle sèche en bâton disgracieux au milieu des feuilles et la montée en graines ne sert à rien ici, les semis ne reproduisent pas le pied.couper la hampe entière à sa base
Ramassage des feuilles mortesUtile En novembre Le feuillage fond aux premières gelées et s’étale en bouillie sur la souche. L’enlever prive limaces, œufs et nématodes foliaires de leur abri d’hiver, et c’est le seul traitement vraiment efficace contre ces derniers.évacuer les feuilles, ne pas les laisser en paillis sur place