Plante d’intérieur · Apocynacées
Hoya cœur Hoya kerrii
Aussi appelé : Plante cœur, Hoya de la Saint-Valentin, Sweetheart plant
Le hoya cœur est une liane épiphyte d’Asie du Sud-Est, connue pour ses feuilles épaisses en forme de cœur, de 5 à 8 cm, souvent vendues seules en pot à la Saint-Valentin. Une telle feuille enracinée ne donnera jamais de plante : seule une bouture de tige portant un nœud grandit, très lentement, de 20 à 30 cm par an jusqu’à 2 à 4 m. Il lui faut une lumière vive avec 2 à 3 heures de soleil du matin pour fleurir, un mélange très aéré et une motte sèche à cœur avant chaque arrosage. Sous 13 °C durablement, ses feuilles se tachent et tombent.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Apocynacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- De juin à septembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 11 à 12, aucune tolérance au gel. Le minimum absolu est de 10 °C, et sous 13 °C durablement les feuilles se tachent puis tombent.
Dimensions : Liane très lente, 20 à 30 cm par an, qui atteint 2 à 4 m sur son support après de longues années. Les feuilles en cœur, épaisses et rigides, mesurent 5 à 8 cm.
Floraison : De juin à septembre, sur un sujet adulte, ombelles de petites étoiles cireuses blanc rosé à cœur rouge pourpre, au parfum doux surtout le soir, perlant de nectar.
Substrat : Mélange épiphyte très aéré : écorce de pin fine, perlite ou pouzzolane, et un tiers de terreau. pH idéal de 6,0 à 7,0.
Exposition : Lumière vive avec 2 à 3 heures de soleil direct le matin, qui conditionnent la floraison. Jamais le plein soleil de midi derrière une vitre.
Arrosage : Tous les 12 à 18 jours de mars à octobre, tous les 25 à 40 jours en hiver frais. Arroser abondamment, égoutter, puis attendre que la motte soit sèche à cœur.
Durée de vie : Vivace et très longue : 20 ans et plus en pot, souvent davantage. Une feuille seule enracinée, elle, restera une feuille toute sa vie.
Multiplication : Bouturage de tiges portant au moins un nœud de mai à août, à l’intérieur, une feuille seule ne donnant jamais de plante.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 12 à 18 jours en période de croissance, tous les 25 à 40 jours de novembre à février. Tremper le pot une dizaine de minutes puis l’égoutter complètement, plutôt que d’humecter la surface.
Fertilisation : Engrais liquide dilué au quart, toutes les 3 à 4 semaines de mars à septembre. Un engrais pauvre en azote et riche en potasse, type tomates ou orchidées, favorise nettement les ombelles.
Rempotage : Tous les 3 à 4 ans seulement, au printemps, dans un pot à peine plus grand. La plante fleurit mieux à l’étroit, et un rempotage repousse souvent la floraison d’une année.
Taille : Ne jamais couper les pédoncules, ces courtes tiges qui ont porté les fleurs : ils refleurissent au même endroit chaque année. Raccourcir seulement une liane nue ou abîmée, juste après une floraison.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de lumière vive par jour, dont 2 à 3 heures de soleil direct le matin. Sans cette lumière la plante vit et s’allonge, mais ne fleurit jamais.
Emplacement : Intérieur toute l’année en France, fenêtre à l’est, ou au sud et à l’ouest derrière un voilage. Une véranda hors gel lui convient très bien, y compris pour l’hivernage frais.
Substrat : 50 % d’écorce de pin fine, 25 % de perlite ou de pouzzolane, 25 % de terreau. L’air autour des racines compte ici autant que l’eau qu’on apporte.
pH : De 6,0 à 7,0, soit légèrement acide à neutre.
Drainage : Pot percé, contenant juste, aucun fond d’eau toléré. Dans un terreau tassé et humide les racines charnues pourrissent en 2 semaines, et les feuilles ridées par le trop-plein ressemblent à s’y méprendre à celles de la soif.
Multiplication
Bouturage : de mai à août, couper une tige de 10 à 15 cm portant deux nœuds et deux feuilles, laisser sécher la coupe quelques heures, puis la piquer dans un mélange de terreau et de perlite à peine humide, ou de perlite seule. À l’intérieur, à l’étouffée sous un sac transparent, à 22 à 25 °C et en lumière vive sans soleil direct. L’enracinement demande 4 à 8 semaines, et la première pousse vient souvent bien plus tard, l’espèce étant très lente. La reprise est sûre mais lente. Une feuille seule, comme les cœurs vendus pour la Saint-Valentin, s’enracine mais ne donnera jamais de plante, faute de bourgeon.
Les autres méthodes
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : il ne forme presque jamais de graines en culture, et elles sont introuvables.
Récolter les grainesPas de graines en culture : les fleurs du hoya cœur ne sont presque jamais fécondées ; leur pollen, enfermé dans de petits sacs, n’est transporté que par des insectes absents de nos maisons. Une gousse reste donc une rareté, et ses graines à aigrette ne se gardent pas plus de quelques jours. Le bouturage d’un tronçon de tige, ou le marcottage, sont les seules voies réalistes.
Division et autres méthodes : Le marcottage simple, de mai à août à l’intérieur : plaquer un nœud d’une tige sur un petit pot de mélange léger posé à côté, avec un crochet, et garder humide. Une fois les racines formées, au bout de 6 à 8 semaines, couper la tige pour sevrer la marcotte. La plante ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines, par excès d’eau ou substrat tassé, est de loin le premier problème : feuilles molles, ridées, puis jaunes. Des taches noires de botrytis apparaissent en atmosphère froide et confinée, à corriger en aérant et en espaçant les arrosages. L’oïdium reste rare et se traite au soufre mouillable.
Parasites fréquents : Cochenilles farineuses dans les aisselles et sur les jeunes pousses, cochenilles à bouclier sur les tiges lignifiées, pucerons sur les boutons floraux. Coton et alcool à 70 degrés sur chaque foyer, renouvelé 8 jours plus tard, puis, en recours, un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Traiter avant la floraison plutôt que sur des ombelles ouvertes.
Prévention : Inspecter les aisselles une fois par mois et doucher le feuillage à l’eau tiède deux ou trois fois par an. Ne pas laisser le nectar collant s’accumuler sous la plante : il attire les fourmis et prépare la fumagine.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique par ingestion, le genre Hoya n’étant associé à aucune intoxication documentée. La sève blanche qui s’écoule d’une coupure peut en revanche irriter une peau sensible et, surtout, les yeux.
Toxicité animaux : Sans danger pour le chien, le chat et le cheval : le hoya cœur figure, sous le nom de Sweetheart Hoya, dans la liste des plantes non toxiques de l’ASPCA. C’est l’une des rares grimpantes d’intérieur qu’on peut laisser à portée d’un chat.
Symptômes : Au contact du latex : rougeur, démangeaison, et dans l’œil un larmoiement avec brûlure passagère. Par ingestion : aucun effet toxique, au pire un vomissement après une grosse quantité de feuilles.
Précautions : Porter des gants pour bouturer ou tailler, ne pas se frotter les yeux ensuite, rincer abondamment en cas de projection. Le nectar des fleurs est très sucré et tache : protéger le meuble situé sous la plante.
Associations de plantes
Bonnes associations : Phalaenopsis et Rhipsalis, épiphytes eux aussi, qui partagent le substrat à base d’écorce et les arrosages espacés. Ceropegia woodii, de la même famille des Apocynacées, avec les mêmes besoins de lumière vive et de sécheresse entre deux apports. Peperomia caperata au premier plan, dont le rythme d’arrosage est voisin.
Associations à éviter : Calathea, Spathiphyllum et fougères, qu’on arrose dès qu’ils fanent : ce rythme noie les racines charnues du hoya. Toutes les plantes d’ombre, puisque la floraison se joue justement sur le soleil direct du matin. Et jamais deux sujets dans le même pot : le hoya ne partage pas son volume de racines.
Conseil : Poser l’arceau ou le petit treillis dès le rempotage, pour n’avoir plus à manipuler les lianes ensuite. Une fois les boutons formés, ne plus bouger la plante du tout, pas même d’un quart de tour : c’est la cause la plus fréquente des boutons qui tombent avant de s’ouvrir.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plante cultivée en pot à l’intérieur toute l’année, palissée sur un arceau devant une fenêtre à l’est ou au sud derrière un voilage, avec un hivernage plus frais entre 14 et 16 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à octobre : tous les 12 à 18 jours ; de novembre à février : tous les 25 à 40 jours | Tremper le pot un quart d’heure puis l’égoutter entièrement, plutôt que d’humecter la surface ; les feuilles en cœur tiennent des semaines de sécheresse, les racines charnues ne tiennent pas l’humidité permanente. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : chaque mois | Les cochenilles farineuses se calent contre les feuilles charnues et dans les boutons floraux ; un passage au coton imbibé d’alcool à 70 degrés dès les premiers amas suffit à les arrêter. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement : les racines charnues du hoya pourrissent en une quinzaine de jours dans un fond d’eau, et une soucoupe se remplit aussi en hiver. |
| Engrais liquide | De mars à septembre | Un engrais plantes vertes au printemps, puis un engrais pauvre en azote et riche en potasse de juin à septembre : c’est le potassium qui fait les ombelles, l’azote ne fait que des lianes. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 4 ans | Rempoter à l’étroit, dans un mélange d’écorce de pin et de perlite ; le hoya fleurit mieux contraint, et un gros volume de substrat reste humide bien trop longtemps. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à octobre | Guider les lianes au fur et à mesure évite d’avoir à les manipuler une fois lignifiées, et les feuilles en cœur se placent alors à plat face à la lumière. |
| Bouturage | De mai à août | La feuille seule plantée, vendue en cœur pour la Saint-Valentin, s’enracine mais reste une feuille à vie faute de bourgeon : seule une bouture avec un nœud donnera une plante. |
| Floraison | De juin à septembre | Ne rien changer pendant la formation des boutons : un déplacement, une rotation du pot ou un arrosage inhabituel suffit à les faire avorter. |
| Fleurs fanées | De juin à octobre | Le court pédoncule qui a porté l’ombelle refleurit les années suivantes au même endroit : le couper supprime la floraison à venir, alors que le nectar collant se nettoie à l’éponge humide. |
| Repos sec | De novembre à février | Un hiver frais et sec décide de la floraison de l’année suivante ; tenue à 22 °C 12 mois sur douze, la plante pousse mais reste stérile. |