Plante grimpante · Cannabacées
Houblon Humulus lupulus
Aussi appelé : Houblon commun, Houblon grimpant, Vigne du Nord, Hop
Le houblon est une liane vivace d’Europe, sauvage dans les haies humides et au bord des rivières, connue pour les cônes parfumés qui aromatisent la bière. Ses tiges herbacées grimpent de 5 à 7 m en une saison, sèchent à l’automne et repartent de la souche en mars. Il demande le plein soleil, une terre profonde et riche, un solide support et beaucoup d’eau en été. Seuls les pieds femelles portent des cônes : on le multiplie donc par division ou par bouture pour garder le bon sexe.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Cannabacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De juillet à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 4 à 8 : la souche supporte -30 °C, tandis que les tiges, annuelles, sèchent chaque automne et repartent de terre en mars.
Dimensions : Liane herbacée volubile de 5 à 7 m par saison, parfois davantage, pour 1 à 2 m d’étalement au pied.
Floraison : En juillet et août ; chaque pied est mâle ou femelle, et seuls les pieds femelles portent les cônes vert pâle, parfumés et collants de poudre jaune, mûrs de fin août à septembre.
Substrat : Terre profonde, riche en humus, fraîche et bien drainée ; pH de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil pour une pousse vigoureuse et de beaux cônes ; la mi-ombre convient, au prix de cônes moins nombreux.
Arrosage : Par temps sec, 10 à 20 litres au pied tous les 7 à 10 jours de mi-avril à fin mai, puis tous les 3 à 5 jours de juin à août.
Durée de vie : Vivace à souche traçante, dont toute la partie aérienne meurt chaque hiver ; la souche vit 20 ans et plus.
Multiplication : Division de la souche en mars, ou bouturage de tiges herbacées en mai et juin, pour garder un pied femelle.
Arrosage & entretien
Arrosage : Par temps sec, verser 10 à 20 litres au pied tous les 7 à 10 jours de mi-avril à fin mai, puis tous les 3 à 5 jours de juin à août, sans mouiller le feuillage. Rien en hiver, quand la souche dort.
Fertilisation : De fin février à fin mars, étaler 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé sur 1 m autour de la souche. Le paillis posé en mai nourrit la terre à son tour en se décomposant.
Rempotage : Aucun en pleine terre, où la souche reste en place des années ; au printemps, couper à la bêche les rhizomes qui s’écartent trop du pied. En grand bac de 50 litres au moins, renouveler le terreau tous les 2 à 3 ans en fin d’hiver.
Taille : Entre novembre et février, couper au ras du sol les tiges sèches et les décrocher du support. En avril ou en mai, quand les pousses atteignent 30 à 50 cm, ne garder que 3 à 6 tiges vigoureuses par support, enroulées dans le sens des aiguilles d’une montre, et couper les autres.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une pousse vigoureuse et des cônes bien formés. Il supporte la mi-ombre des lisières où il pousse à l’état sauvage, mais y donne moins de cônes.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, au pied d’une pergola, d’une tonnelle, d’un grillage ou de ficelles tendues sur 5 à 7 m, à l’abri des vents forts qui cassent les tiges. Orientation sud ou ouest pour les cônes ; son feuillage donne de l’ombre l’été et laisse passer la lumière l’hiver.
Substrat : Terre profonde, meuble et riche en humus, enrichie de compost ou de fumier décomposé à la plantation. Elle doit rester fraîche en été sans jamais être détrempée.
pH : De 6 à 7,5, du légèrement acide au légèrement calcaire.
Drainage : Indispensable : la souche pourrit dans une terre gorgée d’eau en hiver. En terre lourde, planter sur une butte et alléger le sol avec du compost.
Multiplication
Division : en mars, dégager le pied et prélever à la bêche des éclats de souche ou des tronçons de rhizome de 10 à 15 cm portant chacun deux ou trois bourgeons, puis les replanter aussitôt à 5 cm de profondeur. Avant le départ des tiges : la reprise est presque assurée et elle garde le sexe du pied mère. C’est le seul moyen sûr d’obtenir un pied femelle, celui qui porte les cônes.
Les autres méthodes
Bouturage : En mai ou juin, prélever des tronçons de tiges herbacées de 10 à 15 cm portant deux nœuds, et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri et à l’ombre, à l’étouffée. Ils s’enracinent en 2 à 3 semaines et se plantent à l’automne ou au printemps suivant.
Semis :
SemerEn mars ou avril, sous abri, après un passage de 4 à 6 semaines au réfrigérateur dans du sable humide, graines couvertes de 5 mm, levée en 2 à 4 semaines vers 15 à 20 °C. Les semis ne reproduisent pas fidèlement les variétés, et une bonne moitié des plants sont mâles, sans cônes, ce qu’on ne sait qu’à la floraison.
Récolter les grainesIl faut un pied mâle et un pied femelle : le vent porte le pollen du mâle aux cônes. Seuls les pieds femelles portent des graines, et seulement si un pied mâle pousse à proximité : un houblon femelle isolé donne des cônes sans graines. Récolter les cônes en septembre, quand ils sèchent et deviennent papyracés, en extraire les petites graines brunes et les conserver au sec et au frais, où elles restent bonnes 2 à 3 ans. Les graines se trouvent rarement dans le commerce, et pour des cônes, un éclat de pied femelle reste bien plus sûr.
Division et autres méthodes : Le marcottage simple réussit : en été, enterrer un tronçon de tige couchée au sol et sevrer la marcotte l’automne venu.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le mildiou du houblon est la principale menace : au printemps, des pousses courtes, pâles et raides sortent de la souche, puis des taches jaunes anguleuses, duvetées de gris violacé au revers, gagnent les feuilles, et les cônes brunissent. Couper ces pousses au ras du sol et ôter les feuilles atteintes dès qu’on les voit, puis en recours employer un fongicide à base de cuivre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». L’oïdium blanchit feuilles et cônes en été : retirer les parties atteintes, et en recours un soufre portant la même mention.
Parasites fréquents : Le puceron du houblon colonise le revers des feuilles de mai à juillet et les poisse de miellat ; un jet d’eau et les coccinelles le contiennent. Par été chaud et sec, les araignées rouges jaunissent et bronzent les feuilles sous de fines toiles, d’où l’intérêt d’une terre paillée et arrosée au pied. En cas d’invasion, recourir à un insecticide contre les pucerons et à un acaricide contre les araignées rouges, tous deux portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Rabattre et évacuer les tiges sèches chaque hiver, ne garder que 3 à 6 tiges par support et effeuiller le bas des tiges sur 1 m quand elles dépassent 2 m, pour que l’air circule. Arroser au pied, le matin, sans mouiller le feuillage. Inspecter chaque semaine, de mi-avril à fin août, le revers des feuilles et les jeunes pousses.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : les jeunes pousses se mangent et les cônes parfument la bière et les tisanes, mais les tiges et les feuilles, hérissées de poils crochus, irritent la peau. La poudre jaune des cônes, la lupuline, provoque chez certaines personnes une allergie cutanée.
Toxicité animaux : Les cônes, frais, séchés ou après brassage, sont très toxiques pour le chien : ils déclenchent une hyperthermie maligne parfois mortelle, à laquelle lévriers et labradors sont plus sujets, mais qui peut toucher tout chien. Aucune intoxication n’est décrite chez le chat ni chez le cheval.
Symptômes : Chez le chien, de 30 minutes à 12 heures après l’ingestion, halètement, agitation, fièvre très élevée, vomissements, tremblements puis convulsions. Chez l’humain, rougeurs, démangeaisons, parfois cloques après une récolte ou un rabattage à mains nues.
Précautions : Porter gants et manches longues pour palisser, récolter ou rabattre. Ne jamais laisser un chien accéder aux cônes tombés, à la récolte qui sèche ni aux résidus de brassage, et l’emmener chez le vétérinaire sans attendre les symptômes s’il en a avalé.
Associations de plantes
Bonnes associations : Une clématite du groupe viticella, rabattue chaque hiver comme lui, partage sa pergola sans s’y disputer de vieux bois et fleurit dans son feuillage en été. Au pied, des narcisses ou des tulipes botaniques fleurissent avant que ses tiges ne couvrent le support, puis se reposent sous son ombre.
Associations à éviter : Un arbuste, un jeune arbre ou une haie comme support : il les couvre d’un manteau dense et les prive de lumière tout l’été. Les rosiers grimpants sur le même support, étouffés par sa pousse rapide et impossibles à démêler à l’automne. Un potager placé au nord de sa pergola : en été, il y projette une ombre que tomates et courges ne supportent pas.
Conseil : Le palisser sur des ficelles ou un grillage faciles à dégager, pour décrocher sans peine les tiges sèches chaque hiver. Planter un pied femelle acheté en pépinière : un pied de semis peut se révéler mâle, et ne porter aucun cône.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied femelle en pleine terre, palissé sur une pergola, un grillage ou des ficelles tendues, au soleil, dans une terre profonde, riche et fraîche.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-avril à fin mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 3 à 5 jours | Arroser au pied, jamais sur le feuillage, en mouillant la terre en profondeur. Un manque d’eau en été freine la pousse, fait jaunir le bas des tiges et donne des cônes petits et rares. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Étaler l’apport sur la souche avant le départ des pousses, sans l’enfouir. Le houblon fait 5 à 7 m de tiges en une saison et épuise vite une terre qu’on ne nourrit pas. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à mai | Quand les pousses atteignent 30 à 50 cm, garder les plus vigoureuses, les enrouler autour du support et couper les autres au ras du sol. Enroulée à l’envers, une tige se déroule ou casse ; les pointes tendres des pousses supprimées se cuisinent comme des asperges. |
| Gourmands et rejets | De mi-avril à fin juillet | Arracher au fur et à mesure les pousses qui sortent loin du pied, et couper à la bêche les rhizomes qui s’étendent. Livré à lui-même, le houblon gagne chaque année du terrain et grimpe dans tout ce qui l’entoure. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin août | Regarder chaque semaine le revers des feuilles, et couper au ras du sol toute pousse courte, pâle et raide, signe du mildiou. Effeuiller le bas des tiges sur 1 m quand elles dépassent 2 m aère la touffe et freine la maladie. |
| Paillage | En mai | Couvrir toute la zone des racines une fois la terre réchauffée, sans toucher les tiges. Le paillis garde la fraîcheur dont il a besoin pendant sa croissance rapide et espace les arrosages. |
| Floraison | De juillet à août | Les pieds femelles portent des grappes de cônes parfumés, les pieds mâles de petites panicules sans cônes. Les houblons vendus en pépinière sont en général des femelles multipliées par bouture. |
| Fructification, récolte | De mi-août à fin septembre | Cueillir quand les cônes deviennent légers et parfumés, la pointe des bractées commençant à brunir, puis les sécher à l’ombre en couche fine. Frais, secs ou après brassage, ils sont très dangereux pour le chien : ne jamais les laisser à sa portée. |
| Rabattage | De novembre à février | Couper les tiges une fois brunies et les décrocher du support pour laisser la place aux pousses de mars. Celles qui ont porté du mildiou partent à la déchetterie, les autres au compost. |