Vivace · Crassulacées
Orpin reprise Hylotelephium telephium
Aussi appelé : Herbe à la coupure, Grand orpin, Orpin pourpre, Joubarbe des vignes, Sédum téléphium, Orpine
L’orpin reprise est une vivace à feuilles charnues originaire d’Europe et d’Asie, qui disparaît totalement l’hiver et repart de sa souche au printemps. Sa touffe atteint 40 à 60 cm de haut en fleur et porte, de fin juillet à septembre, des corymbes rose pourpre à rouge brique qui restent décoratifs une fois secs. Il demande le plein soleil et une terre impérativement drainée, même pauvre ou calcaire, et presque aucun arrosage une fois installé. Le gel ne le menace pas, mais l’humidité stagnante de février peut le tuer, et à mi-ombre ses tiges s’étirent puis se couchent.
- Type
- Vivace
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4, parfois 3 : la souche supporte -30 °C sans la moindre protection, partout en France. Ce n’est jamais le gel qui la tue, mais l’humidité stagnante de février.
Dimensions : 40 à 60 cm de hauteur en fleur, pour une touffe de 40 à 50 cm de large au bout de 3 ans.
Floraison : De fin juillet à septembre, larges corymbes plats rose pourpre à rouge brique, sans parfum, très visités par les abeilles et les papillons, qui brunissent et restent décoratifs tout l’hiver.
Substrat : Terre ordinaire, même pauvre et caillouteuse, impérativement drainée. pH de 6,5 à 7,5, le calcaire ne la gêne pas.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. À mi-ombre, les tiges s’étirent et se couchent à la première pluie.
Arrosage : Presque nul une fois installée : tous les 10 à 15 jours en juillet et août, et seulement si la sécheresse dure.
Durée de vie : Vivace herbacée qui disparaît totalement l’hiver et repart de souche, 10 ans et plus, à diviser tous les 3 ou 4 ans pour garder une touffe dense.
Multiplication : Division de la souche en mars et avril, ou bouturage de tiges en été dans du sable humide, à l’ombre.
Arrosage & entretien
Arrosage : De juin à août, tous les 10 à 15 jours et seulement si la terre est sèche en profondeur ; le reste de l’année, la pluie suffit en pleine terre. Arroser au pied, jamais sur les rosettes, qui pourrissent en restant mouillées.
Fertilisation : Aucune. Un sol enrichi ou un apport d’azote fait monter des tiges molles qui s’affaissent dès l’ouverture des fleurs.
Rempotage : Inutile en pleine terre. En pot, tous les 3 ans au printemps, dans un mélange d’un tiers de terre, un tiers de terreau et un tiers de gravier.
Taille : Deux gestes seulement, un rabattage de moitié fin mai pour tasser la touffe, et la coupe des tiges sèches en février ou mars, jamais à l’automne.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. C’est la lumière, bien plus que l’arrosage, qui décide de la tenue des tiges.
Emplacement : Extérieur à l’année, en massif, en rocaille, en bordure ou en toiture végétalisée. Orientation sud ou ouest, à l’écart des descentes de gouttière.
Substrat : Terre de jardin allégée d’un tiers de sable grossier ou de gravillon. Inutile d’enrichir, elle prospère là où les autres vivaces déclinent.
pH : De 6,5 à 7,5, avec une tolérance franche au calcaire.
Drainage : C’est le point critique et le seul. En sol lourd, planter sur une butte de 10 cm : l’eau qui stagne de novembre à mars fait pourrir la souche, alors que le froid, lui, ne l’atteint pas.
Multiplication
Division : de mars à fin avril, sortir la souche à la fourche-bêche, la séparer à la main ou au couteau en éclats de trois ou quatre rosettes avec leurs racines, et replanter aussitôt. Garder les éclats du pourtour, plus vigoureux, et arroser une fois à la plantation. La reprise est presque assurée, et c’est le seul moyen de garder la couleur exacte d’un pied.
Les autres méthodes
Bouturage : De juin à fin août, couper des tiges non fleuries de 8 à 10 cm, retirer les feuilles du bas et laisser sécher la coupe une journée. Les piquer dans du sable humide, dehors à l’ombre, sans étouffée : l’enracinement demande 3 semaines et rate rarement.
Semis :
SemerPossible en mars sous abri, graines minuscules posées en surface et laissées à la lumière, levée en 2 à 3 semaines vers 18 °C. Les semis ne reproduisent pas fidèlement la couleur du pied mère, l’espèce et ses formes se croisant facilement.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, grâce aux abeilles et aux papillons. Les pieds voisins se croisent entre eux. Les têtes brunissent et sèchent sur pied à l’automne : les couper en octobre ou novembre et les secouer dans un sachet en papier pour recueillir les graines, fines comme de la poussière. Elles se conservent 2 ans au sec et au frais.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Très peu sensible dans l’ensemble. La seule vraie menace est la pourriture du collet en sol détrempé, visible à des rosettes noircies et molles au printemps, qui ne se soigne pas et s’évite par le drainage. Une tache foliaire brune apparaît parfois après un été pluvieux, sans conséquence.
Parasites fréquents : Limaces et escargots rasent les jeunes rosettes en avril, c’est le dégât le plus fréquent. Les pucerons noirs colonisent les boutons floraux en juillet et se délogent au jet d’eau. Les chenilles de noctuelles percent parfois une tige, qui casse net.
Prévention : Espacer les pieds de 40 cm pour que l’air circule entre les touffes. Un paillage de gravier tient le collet au sec et gêne la progression des limaces. Ne jamais mouiller le feuillage en arrosant.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité notable documentée. Les feuilles ont été consommées, crues en salade ou cuites, dans les usages traditionnels, mais les sources divergent sur son intérêt alimentaire : ne pas la traiter comme un légume pour autant.
Toxicité animaux : Les sédums ne figurent pas parmi les plantes toxiques pour le chien et le chat dans les listes de référence des centres antipoison. Aucun cas d’intoxication documenté chez les animaux domestiques.
Symptômes : Une ingestion abondante peut provoquer des troubles digestifs légers et passagers, comme n’importe quel feuillage avalé en quantité. Aucune irritation cutanée à la manipulation.
Précautions : Rien de particulier à observer. Ne pas la confondre avec l’orpin âcre, Sedum acre, petit orpin de rocaille à fleurs jaunes, lui franchement irritant et à l’origine de maux d’estomac.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les graminées légères, stipa ou pennisetum, qui fleurissent au même moment et partagent son besoin de soleil sec. Les échinacées et les asters, qui prennent le relais de la floraison sur le même sol pauvre. La lavande et les sauges arbustives, dont le régime d’arrosage, presque aucun, est exactement le sien.
Associations à éviter : Les vivaces de sol frais, hostas, astilbes, ligulaires, qui réclament des arrosages estivaux qui la font pourrir. Les couvre-sols vigoureux comme le lierre ou le lamier, qui étouffent ses rosettes au départ de printemps. Les massifs fortement fumés, où elle se couche.
Conseil : L’installer devant un fond sombre, haie de charmille ou mur, et ne rien couper en novembre : c’est la seule vivace qu’on laisse debout tout l’hiver, et ses ombelles givrées tiennent le massif jusqu’en février.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre en massif, en rocaille ou en bordure, sol ordinaire bien drainé, plein soleil 6 heures par jour au minimum.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 10 à 15 jours | Arroser au pied et laisser la terre sécher complètement entre deux apports. Le reste de l’année, la pluie suffit en pleine terre. |
| Rabattage | De mi-février à fin mars | Rabattre en toute fin d’hiver, jamais à l’automne : les tiges sèches protègent le cœur de la touffe et font la silhouette givrée de décembre à février. |
| Division de touffe | De mars à avril, tous les 4 ans | Sortir la souche à la fourche-bêche, la séparer en éclats de trois ou quatre rosettes et replanter aussitôt. C’est aussi le seul moyen de garder la couleur exacte d’un pied. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans | Le gravier tient le collet au sec et gêne les limaces. Un paillage organique humide contre les rosettes est la cause la plus fréquente de pourriture hivernale. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Passer voir la touffe au départ de végétation : les pousses tendres du printemps sont la seule période où l’orpin est réellement attaqué. |
| Pincement | De mi-mai à mi-juin | Ce rabattage de fin mai retarde la floraison de 2 semaines et donne une touffe trapue. Sans lui, les tiges hautes s’ouvrent en deux à la première pluie d’automne. |
| Bouturage | De juin à août | Laisser sécher la coupe une journée, puis piquer dans du sable humide à l’ombre ; l’enracinement demande 3 semaines et rate rarement. |
| Floraison | De mi-juillet à fin septembre | Rien à faire pendant la floraison, et surtout pas couper les fleurs fanées : elles brunissent et tiennent debout tout l’hiver. |