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Vivace · Brassicacées

Ibéris vivace Iberis sempervirens

Aussi appelé : Ibéris toujours vert, Corbeille d’argent, Thlaspi vivace, Ibéride toujours verte, Evergreen candytuft

L’ibéris vivace est un petit sous-arbrisseau persistant des montagnes du sud de l’Europe, qui forme un coussin plat de 20 à 30 cm de haut pour 40 à 60 cm de large. D’avril à mai, pendant 4 à 6 semaines, il se couvre de fleurs blanc pur et retombe volontiers en cascade sur un muret. Il demande le plein soleil sans compromis et un sol pauvre, caillouteux et très drainant, où le calcaire lui convient. Le gel ne l’inquiète pas, mais l’humidité stagnante de l’hiver et une terre grasse le font dépérir ; rabattu après chaque floraison, il vit 8 à 10 ans.

Ibéris vivace (Iberis sempervirens)
Photo : Bouba at French Wikipedia, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Brassicacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
D’avril à mai
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 9, soit environ -30 °C : le froid ne l’inquiète jamais. Ce qui la tue, c’est l’humidité stagnante de l’hiver, pas le gel.

Dimensions : 20 à 30 cm de haut pour 40 à 60 cm d’étalement, en coussin large, plat et persistant. Elle retombe volontiers en cascade sur un muret.

Floraison : D’avril à mai, 4 à 6 semaines, un coussin couvert de fleurs blanc pur, sans parfum notable, parfois suivi d’une remontée discrète en septembre.

Substrat : Sol pauvre, caillouteux et très drainant ; le calcaire lui convient, une terre grasse la fait mollir. pH de 6,5 à 7,5.

Exposition : Plein soleil, sans compromis possible. À mi-ombre la touffe s’étire, fleurit peu et se dégarnit par le centre dès la deuxième année.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours la première année, tous les 10 à 15 jours en plein été. Installée, elle ne demande plus rien en dehors d’une sécheresse de plus de 3 semaines.

Durée de vie : Vivace sous-ligneuse persistante, 8 à 10 ans si on la rabat chaque année après floraison, trois ou quatre seulement si on ne le fait pas.

Multiplication : Bouturage des extrémités en juin et juillet, après le rabattage, ou semis au printemps sous châssis froid.

Arrosage & entretien

Arrosage : La première année, tous les 7 à 10 jours d’avril à juin et tous les 10 à 15 jours en juillet-août, au pied et jamais sur le coussin. Installée, elle ne s’arrose plus : l’excès d’eau fait pourrir le collet.

Fertilisation : Aucune, et ce n’est pas une négligence. Un apport d’azote allonge les tiges, ramollit la touffe et réduit la floraison ; la pauvreté du sol fait partie de la recette.

Rempotage : En pleine terre, jamais : la mise en place se fait une fois, entre la fin mars et le début mai ou bien en septembre, collet légèrement surélevé et 35 à 40 cm entre deux plants. En pot, renouveler le substrat tous les 2 ou 3 ans en mars, mélange de terreau, de sable et de gravier, dans un contenant plus large que profond.

Taille : Rabattre d’un tiers à la cisaille dès la dernière fleur passée, fin mai ou en juin : c’est ce qui tient le coussin compact. Une année sur trois, tailler plus court en s’arrêtant à la première pousse verte de chaque tige.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum, davantage en sol froid. Elle apprécie la réverbération d’un mur clair ou d’un dallage, qui lui rend la chaleur en fin de journée.

Emplacement : Extérieur uniquement, en rocaille, en bordure, en haut de muret ou en potée sur une terrasse ensoleillée. Orientation sud ou ouest, jamais un pied de haie ombragé.

Substrat : Deux tiers de terre de jardin pour un tiers de gravier ou de sable grossier, sans aucun amendement riche. Plus la terre est maigre, plus la touffe reste dense.

pH : De 6,5 à 7,5 en optimum, et sans gêne jusqu’à 8 en terrain franchement calcaire. C’est une plante de coteau sec, pas de terre de bruyère.

Drainage : Déterminant, bien avant la rusticité : elle meurt d’une eau qui stagne en hiver. Planter le collet légèrement surélevé, pailler de gravier, et proscrire les bas-fonds où l’eau s’accumule.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en juin et juillet, quand la plante repart après le rabattage, prélever des extrémités de 5 à 8 cm et retirer les feuilles du bas. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis froid ou dehors à l’ombre, sans excès d’eau. L’enracinement demande 3 à 4 semaines. Elles fleurissent dès le printemps suivant.

Les autres méthodes

Semis :

SemerDe mi-mars à début mai, sous châssis froid ou en place, graines à peine recouvertes de 2 mm de terre fine, levée en 2 à 3 semaines vers 15 à 18 °C. Le semis reproduit l’espèce, mais les plants ne fleurissent que la deuxième année.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les fleurs forment de petites silicules plates ; le rabattage après floraison les supprime, il faut donc épargner quelques tiges pour la récolte. Les cueillir en juin ou juillet, quand elles jaunissent et sèchent, avant qu’elles ne s’ouvrent, et conserver les graines au sec et au frais : elles restent bonnes 2 à 3 ans.

Division et autres méthodes : La touffe ne se divise pas, sa souche ligneuse unique ne donnant pas d’éclats viables. Le marcottage simple réussit en revanche : au printemps, plaquer une tige au sol avec un crochet, la recouvrir d’un peu de terre sableuse, et sevrer la marcotte à l’automne.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines est la seule vraiment fréquente, favorisée par un sol lourd ou trop arrosé. Elle se voit à des plaques brunes qui s’élargissent dans le coussin et ne se soigne pas : on supprime la touffe et on replante ailleurs, plus haut et plus sec. L’oïdium reste anecdotique, et la hernie du chou peut l’atteindre dans un sol qui en porte déjà, puisqu’elle appartient à la famille des choux.

Parasites fréquents : Les limaces et les escargots rongent les jeunes pousses au printemps et se réfugient dans la journée sous le feuillage persistant. Les altises criblent les feuilles de petits trous ronds par temps sec et chaud, sans mettre la plante en danger. Les chenilles de piéride s’y installent parfois, pour la même raison de famille botanique.

Prévention : Le paillis de gravier et un collet surélevé écartent l’essentiel des ennuis. Ne pas replanter une crucifère au même endroit après une touffe perdue. Rabattre chaque année pour que l’air circule dans le coussin et que l’humidité n’y reste pas piégée.

Toxicité

Toxicité humaine : Elle ne figure pas parmi les plantes toxiques répertoriées et aucun cas d’intoxication n’est documenté. Elle n’est pas comestible pour autant : comme toutes les crucifères, elle contient des glucosinolates amers, et ses graines ne se consomment pas.

Toxicité animaux : L’ASPCA ne la classe ni toxique ni non toxique, faute de données sur cette espèce. Les avis trouvés en ligne se contredisent et certains évoquent même un bulbe que la plante n’a pas : rien ne permet de la déclarer dangereuse, rien ne permet non plus de la déclarer formellement sans risque.

Symptômes : Une ingestion importante peut provoquer une irritation digestive passagère, salivation ou vomissements, effet commun aux plantes de la famille des choux. Aucune dermite de contact n’est rapportée lors de la taille.

Précautions : La traiter comme une plante ornementale ordinaire : ne pas la consommer et se laver les mains après un rabattage. En cas d’ingestion notable par un enfant ou un animal, appeler un centre antipoison plutôt que d’attendre en surveillant.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les aubriètes et les phlox subulés, mêmes besoins de sol sec et floraison simultanée qui prolonge le tapis en violet et en rose. Les tulipes botaniques et les petits narcisses, dont le feuillage jaunissant disparaît sous le coussin persistant. Les œillets et les sedums, qui prennent le relais en été quand elle n’est plus qu’un feuillage vert sombre.

Associations à éviter : Les vivaces de terre fraîche, hostas et astilbes, dont l’arrosage régulier fait pourrir son collet. Les tapissantes vigoureuses comme la lysimaque ou le géranium macrorrhizum, qui l’étouffent en deux saisons. Les grandes vivaces dressées, delphiniums ou asters hauts, qui lui font de l’ombre au moment précis où elle fleurit.

Conseil : La planter en haut d’un muret ou en bord de dallage plutôt qu’au milieu d’un massif. Elle y retombe en cascade, elle y reste au sec, et le rabattage de juin se fait sans piétiner les voisines.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Plants en godets installés en pleine terre, en bordure, en rocaille ou en haut de muret, en plein soleil, dans un sol pauvre, caillouteux et parfaitement drainé, le calcaire étant admis.

GesteQuandComment
ArrosageUtile D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 10 à 15 jours Arroser au pied, jamais sur le coussin, le temps que les racines descendent. Passé la première saison, un sol tenu humide fait pourrir le collet bien plus sûrement que la sécheresse ne fait faner la touffe.La première année seulement ; installée, la corbeille d’argent ne s’arrose plus
SemisOptionnel De mi-mars à mi-mai Semer à peine recouvert, sous châssis froid ou en place, pour une levée en 2 à 3 semaines. Les plants issus de semis ne fleurissent que la deuxième année, là où une bouture fleurit dès le printemps suivant.Espèce type seulement : les cultivars comme ‘Snowflake’ ne se reproduisent pas fidèlement
PaillageUtile En avril Glisser 2 à 3 cm de gravier sous le feuillage persistant, pour garder le collet au sec et renvoyer la chaleur sur les fleurs. Un paillis organique, qui retient l’humidité, produit ici exactement l’inverse du but recherché.Paillis minéral : gravier, pouzzolane ou ardoise concassée
Inspection parasitaireUtile D’avril à juin Soulever le feuillage une fois par semaine au printemps, car les limaces y passent la journée au sec avant de monter la nuit. Les petits trous ronds des altises, qui apprécient la plante comme toute crucifère, signalent surtout un sol devenu trop sec.Limaces sous le coussin persistant, altises sur les jeunes pousses
FloraisonUtile D’avril à mai La floraison dure 4 à 6 semaines et nourrit les premiers pollinisateurs sortis d’hivernage. Un rabattage fait tôt provoque parfois une remontée discrète en septembre.Ombelles blanc pur qui masquent entièrement le feuillage
RabattageEssentiel De mi-mai à fin juin Tondre la touffe à la cisaille dès la dernière fleur passée : c’est le geste qui l’empêche de se dégarnir par le centre. Il prépare aussi le feuillage compact qui tiendra tout l’hiver, puisque la plante est persistante.Un tiers de la longueur des tiges, sans entamer le vieux bois nu
Taille de structureUtile En juin, tous les 3 ans Rabattre plus court une année sur trois, en s’arrêtant toujours à la première pousse verte de chaque tige. C’est le seul rajeunissement possible : la souche est ligneuse et ne supporte pas la division.Pour les sujets dont le centre laisse voir du bois nu
BouturageOptionnel De juin à juillet Prélever les extrémités juste après le rabattage, quand la plante repart : elles s’enracinent en 3 à 4 semaines. La corbeille d’argent se multiplie par bouture et jamais par éclat de souche, contrairement à la plupart des vivaces de bordure.Tiges non fleuries de 5 à 7 cm, à l’étouffée et à l’ombre