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Légume · Convolvulacées

Patate douce Ipomoea batatas

Aussi appelé : Batate, Ipomée batate, Sweet potato

La patate douce est une vivace tubéreuse d’Amérique tropicale, cultivée chez nous en annuelle pour ses tubercules sucrés ou, selon la variété, pour son feuillage décoratif. Ses tiges rampantes ne dépassent pas 20 à 40 cm de haut mais couvrent 1,5 à 4 m au sol en une saison. Elle demande surtout de la chaleur : 6 à 8 heures de soleil direct, une plantation après la mi-mai et un sol sableux, meuble et profond. Gélive dès 0 °C, elle convient mal aux étés courts et frais, qui ne lui laissent pas le temps de former ses tubercules.

Patate douce (Ipomoea batatas)
Photo : miya (talk), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Convolvulacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
10 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9 à 11, plante gélive dont le feuillage est détruit dès 0 °C et les tubercules perdus en dessous de 10 à 12 °C. En France métropolitaine, elle se cultive en annuelle, les tubercules étant arrachés et conservés hors gel.

Dimensions : Tiges rampantes de 20 à 40 cm de hauteur, pour un étalement de 1,5 à 4 m selon la variété et la longueur de la saison.

Floraison : Rare sous nos climats, où la saison est trop courte : de petites fleurs en entonnoir mauve pâle à cœur pourpre en fin d’été ; la plante se cultive pour ses tubercules ou son feuillage.

Substrat : Sol sableux-limoneux, profond, meuble et ameubli sur au moins 30 cm, modérément enrichi en matière organique bien décomposée. Le pH idéal se situe entre 5,5 et 6,5.

Exposition : Plein soleil, sans compromis : 6 à 8 heures d'ensoleillement direct sont nécessaires à la formation des tubercules.

Arrosage : Environ 20 à 25 mm par semaine en un ou deux arrosages copieux pendant l'été, davantage les trois premières semaines après plantation. Réduire nettement 2 à 3 semaines avant l'arrachage.

Durée de vie : Vivace tubéreuse, cultivée en annuelle sous nos climats. Le tubercule hiverné hors gel la fait repartir.

Multiplication : Bouturage des pousses d’un tubercule mis à germer de février à avril, à l’intérieur, puis plantation après mi-mai.

Arrosage & entretien

Arrosage : Maintenir le sol frais tous les 2 à 4 jours à la reprise, puis passer à un arrosage copieux hebdomadaire une fois les tiges installées, au pied et sans mouiller le feuillage. Espacer fortement en septembre et suspendre 2 à 3 semaines avant la récolte pour favoriser la conservation.

Fertilisation : Privilégier un engrais pauvre en azote et riche en potasse, type engrais pomme de terre ou tomate, car l'excès d'azote produit des lianes sans tubercules. Un apport de fond avant plantation suffit en pleine terre, contre un apport liquide toutes les 2 à 3 semaines de fin juin à début août en bac.

Rempotage : Cultivée en annuelle, elle ne se rempote pas mais se replante chaque printemps dans un substrat neuf, en bac d'au moins 40 litres et 35 cm de profondeur. Pour un pied ornemental conservé d'une année sur l'autre, rempoter en mars avant la reprise.

Taille : Aucune taille n'est nécessaire à la production, mais on peut raccourcir les tiges trop envahissantes en été sans dépasser le tiers du feuillage. Le geste vraiment utile consiste à soulever régulièrement les tiges pour les empêcher de s'enraciner aux nœuds, ce qui disperserait la récolte.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec 6 à 8 heures de soleil direct au minimum. La mi-ombre donne un beau feuillage mais des tubercules rares et petits.

Emplacement : Extérieur uniquement pour la production, en exposition sud ou sud-ouest, abritée des vents froids. Au nord de la Loire, la culture sous tunnel ou contre un mur chaud améliore nettement les rendements.

Substrat : Sol sableux-limoneux profond, ameubli et sans cailloux, enrichi d'un compost bien décomposé mais jamais de fumier frais. En bac, un mélange de terreau, de terre de jardin et de sable grossier à parts sensiblement égales convient.

pH : Fourchette optimale de 5,5 à 6,5, avec une tolérance de 5,0 à 7,0. Les sols calcaires marqués provoquent des carences en fer visibles sur le jeune feuillage.

Drainage : Le drainage doit être parfait, la culture sur butte de 20 à 30 cm étant recommandée en terre lourde. Un sol détrempé fait pourrir les tubercules et une irrigation irrégulière les fait craqueler.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de mi-février à début avril, poser un tubercule sain à demi enterré dans un terreau humide, à la lumière et à 20 °C au moins ; il donne des pousses en 3 à 5 semaines. Détacher celles de 15 à 20 cm et les enraciner dans l’eau ou en godet de terreau, à l’intérieur, en 1 à 2 semaines. Les variétés décoratives se bouturent de même en été, par des tiges de 10 à 15 cm mises dans l’eau. Il réussit presque toujours. Les plants enracinés s’installent dehors de mi-mai à début juin, après les gelées.

Les autres méthodes

Semis :

SemerUn amateur ne la sème pas : elle fleurit et graine rarement sous nos climats, et le semis ne reproduit pas la variété.

Récolter les grainesPas de graines en culture : elle fleurit rarement sous nos climats, et ses fleurs sont autostériles. Ses fleurs ne donnent de capsules que si un autre pied d’une variété différente fleurit à côté, avec l’aide des insectes. Le semis ne reproduirait pas la variété : on la multiplie par les pousses d’un tubercule ou par bouture de tige.

Division et autres méthodes : Un tubercule hiverné hors gel au-dessus de 12 °C peut aussi se planter entier ou coupé en morceaux portant chacun des yeux, mais il reprend moins bien qu’un plant enraciné. Les tiges rampantes s’enracinent d’elles-mêmes aux nœuds au contact du sol : un tronçon enraciné se détache et se replante en été.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture noire due à Ceratocystis fimbriata et la fusariose provoquent des lésions brunes à noires sur les tubercules et un flétrissement des tiges, sans traitement curatif efficace. Les viroses transmises par pucerons et aleurodes se traduisent par des mosaïques, des feuilles déformées et une chute progressive du rendement, imposant le renouvellement des plants. En conservation, la pourriture molle à Rhizopus se développe sur les tubercules blessés ou stockés trop humides.

Parasites fréquents : Les limaces et escargots dévorent les jeunes plants en une nuit et se repèrent aux traces de mucus. Les taupins creusent des galeries superficielles dans les tubercules, surtout après une prairie retournée, et les araignées rouges ou aleurodes colonisent le revers des feuilles par temps chaud et sec. Les campagnols peuvent également consommer les tubercules en place.

Prévention : Partir de plants sains et certifiés, pratiquer une rotation de 3 à 4 ans et cultiver sur butte drainante. Récolter par temps sec en évitant toute blessure, puis laisser ressuyer les tubercules une dizaine de jours au chaud et à l'humidité avant stockage à 13 ou 15 °C. Protéger les jeunes plants dès la plantation et désinfecter les outils entre deux parcelles.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante non toxique dont le tubercule et les jeunes feuilles sont comestibles après cuisson. Le tubercule cru contient des inhibiteurs de trypsine et un amidon peu digeste, et les tubercules moisis produisent des toxines comme l'ipoméamarone, qui restent présentes après cuisson.

Toxicité animaux : Le tubercule cuit ne présente pas de danger pour le chien et le chat, en petite quantité et sans assaisonnement. En revanche, les tubercules moisis sont dangereux pour le bétail, chez qui ils provoquent un œdème pulmonaire parfois mortel.

Symptômes : L'ingestion de tubercules crus entraîne surtout ballonnements, douleurs abdominales et diarrhée. Les tubercules avariés provoquent une atteinte hépatique et respiratoire, avec toux, difficulté à respirer et abattement chez l'animal.

Précautions : Toujours cuire les tubercules et les feuilles, et éliminer tout tubercule taché, amer ou moisi plutôt que d'en couper la partie atteinte. Ne jamais donner de tubercules avariés aux animaux et se laver les mains après manipulation prolongée du feuillage, dont le latex peut légèrement irriter les peaux sensibles.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les haricots nains enrichissent le sol en azote sans concurrencer les tiges rampantes, restées au ras du sol. Les œillets d'Inde plantés en bordure limitent les nématodes du sol, tandis que le thym et l'origan attirent les auxiliaires et gênent les insectes piqueurs. Le maïs, planté en ligne au nord de la parcelle, sert d'écran au vent sans faire trop d'ombre.

Associations à éviter : Les courges et potirons occupent le même espace au sol et étouffent rapidement la patate douce. La pomme de terre partage ses ravageurs souterrains, notamment les taupins, et concurrence la plante pour la potasse. Le tournesol combine une ombre portée importante et des effets allélopathiques défavorables.

Conseil : Installer les plantes compagnes en bordure dès la plantation, avant que le feuillage ne recouvre tout le sol vers juillet. Réserver ensuite une bande dédiée à la patate douce et respecter une rotation de 3 à 4 ans sans convolvulacées.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture potagère en pleine terre ou en grand bac au soleil, plante gélive conduite en annuelle et replantée chaque printemps.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 5 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 8 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 12 à 15 jours Arroser copieusement à la reprise, puis espacer une fois les tiges bien installées. Réduire nettement 3 semaines avant l'arrachage pour que les tubercules se conservent.au pied, sans mouiller le feuillage
Engrais liquideUtile De mi-juin à mi-août : toutes les 2 à 3 semaines Apporter un engrais de type tomate pendant la formation des tubercules, surtout en bac où les réserves s'épuisent vite. En pleine terre bien préparée, cet apport devient facultatif.riche en potasse, pauvre en azote
Palissage, tuteurageUtile De juillet à septembre : toutes les 2 à 3 semaines Soulever les tiges rampantes pour les empêcher de s'enraciner aux nœuds. Ces racines secondaires dispersent la production en petits tubercules éparpillés.geste doux, sans casser les tiges
Inspection parasitaireUtile De mi-mai à fin juin : tous les 2 à 4 jours ; de juillet à septembre : toutes les 1 à 2 semaines Surveiller de près les premières semaines, où une seule nuit suffit aux limaces pour raser une plantation. Contrôler ensuite le revers des feuilles, sensible aux araignées rouges par temps sec et chaud.limaces sur les jeunes plants
BouturageUtile De mi-février à mi-avril Poser un tubercule sain à demi enterré dans un terreau humide, à 20 °C au moins et à la lumière. Détacher les pousses de 15 à 20 cm et les enraciner dans l'eau ou en godet.à partir d'un tubercule de l'année précédente
Compost, amendementUtile De mi-mars à fin avril Ameublir profondément la terre et l'alléger avant la plantation, car les tubercules se déforment en sol compact. Éviter tout apport azoté, qui donne des lianes au détriment de la récolte.compost bien décomposé
Mise en place des plantsEssentiel De mi-mai à mi-juinDès que : quand tout risque de gelée est écarté et que le sol dépasse 15 °C Installer les plants au soleil en les espaçant de 40 cm, sur butte si la terre est lourde. Un plant enraciné en godet reprend mieux qu'une bouture posée directement en terre.après les saints de glace
PaillageUtile De mi-mai à mi-juin Couvrir le sol dès la plantation pour le réchauffer et limiter l'évaporation. Sous nos étés courts, ce réchauffement fait souvent la différence sur le calibre des tubercules.film noir ou paillis organique
Fructification, récolteEssentiel De mi-septembre à fin octobreDès que : dès que le feuillage jaunit ou que les premières gelées sont annoncées Creuser largement à la fourche-bêche, car les tubercules s'éloignent beaucoup du pied. Leur peau est encore fragile et la moindre blessure compromet la conservation.arracher par temps sec
Repos secUtile De mi-octobre à mi-février Laisser ressuyer les tubercules une dizaine de jours au chaud et à l'humidité, ce qui cicatrise la peau et développe la saveur sucrée. Les garder ensuite vers 13 à 15 °C, à l'obscurité et hors gel.jamais au réfrigérateur