Vivace · Astéracées
Cinéraire maritime Jacobaea maritima
Aussi appelé : Séneçon maritime, Séneçon cinéraire, Cinéraire argentée, Dusty miller
La cinéraire maritime est une vivace sous-arbustive des rochers du littoral méditerranéen, cultivée pour son feuillage découpé d’un blanc argenté. Elle forme une touffe de 30 à 60 cm de haut comme de large, souvent traitée en annuelle de massif alors qu’elle vit 3 à 5 ans en place. Elle demande surtout du plein soleil et un sol pauvre, sableux ou caillouteux, où elle supporte environ -10 °C. Un sol lourd qui reste mouillé l’hiver la tue bien plus sûrement que le gel, et à l’ombre son feuillage verdit.
- Type
- Vivace
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 8 à 10 : elle supporte environ -10 °C, jusqu’à -12 °C en sol sec, car l’humidité hivernale la tue plus sûrement que le froid.
Dimensions : 30 à 60 cm en hauteur comme en largeur, davantage quand les tiges florales montent, à partir de la deuxième année.
Floraison : En été à partir de la deuxième année, des capitules jaune moutarde peu décoratifs, qu’on supprime souvent pour garder un feuillage dense ; toute la plante est toxique.
Substrat : Sol pauvre, sableux ou caillouteux et très drainant, calcaire accepté ; pH de 6 à 8.
Exposition : Plein soleil, qui donne le feuillage le plus blanc ; à la mi-ombre, elle verdit et s’étiole.
Arrosage : Tous les 10 à 15 jours en été par temps sec en pleine terre, surtout l’année de plantation, toujours au pied ; en pot, dès que le substrat est sec sur quelques centimètres.
Durée de vie : Vivace sous-arbustive, souvent cultivée comme une annuelle ; en place, elle vit 3 à 5 ans avant de se dégarnir.
Multiplication : Bouturage de pousses latérales de mi-août à fin septembre dans du sable, sous abri, ou semis à l’intérieur en février et mars.
Arrosage & entretien
Arrosage : En pleine terre, arroser au pied tous les 10 à 15 jours en été par temps sec, surtout l’année de plantation ; une touffe installée se contente ensuite des pluies, hors canicule. En pot, attendre que le substrat soit sec sur quelques centimètres, et ne jamais mouiller le feuillage feutré, qui pourrit.
Fertilisation : Aucun engrais en pleine terre, où un sol riche la rend molle et moins argentée. En pot, un engrais liquide dilué de moitié toutes les 4 à 6 semaines, de mai à août, suffit.
Rempotage : En pot, rempoter tous les 2 ans au printemps, dans un contenant à peine plus grand et un mélange de terreau et d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane. Le pot doit être percé, et la soucoupe jamais pleine.
Taille : Rabattre de moitié en mars ou avril, une fois les fortes gelées passées, en coupant au-dessus de jeunes pousses pour garder une touffe dense. En juin et juillet, supprimer les tiges florales dès qu’elles montent si l’on préfère le feuillage.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour : c’est la lumière qui entretient le blanc argenté du feuillage. À la mi-ombre, les tiges s’allongent et les feuilles verdissent.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif, bordure, rocaille ou jardinière, exposée au sud ou à l’ouest. Elle supporte le vent et les embruns salés, ce qui en fait une plante de choix en bord de mer.
Substrat : Terre ordinaire à pauvre, voire caillouteuse, allégée de sable ou de gravier si elle est lourde ; en pot, un terreau mêlé d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane.
pH : De 6 à 8 : elle apprécie les sols calcaires et tolère les sols légèrement acides.
Drainage : Un drainage parfait est indispensable, car une terre gorgée d’eau en hiver fait pourrir la souche bien avant que le froid ne l’atteigne. En sol argileux, la planter en butte ou en rocaille, avec un paillis de graviers autour du collet.
Multiplication
Bouturage : de mi-août à fin septembre, avec des gants, couper des pousses latérales non fleuries de 8 à 10 cm, retirer les feuilles du bas et les piquer dans du sable à peine humide, ou un mélange de terreau et de sable. Les placer sous abri, à l’ombre du soleil direct, sans étouffée car elles pourrissent à l’humidité. Racines en 3 à 4 semaines ; hiverner hors gel jusqu’à la plantation, après les dernières gelées. Les boutures, hivernées hors gel, remplacent au printemps les vieux pieds qui se dégarnissent.
Les autres méthodes
Semis :
SemerDe février à mars à l’intérieur, graines à peine recouvertes de 2 mm de terreau fin, levée en 1 à 2 semaines vers 18 à 20 °C ; mise en place dehors après les dernières gelées. Le semis reproduit l’espèce, mais le feuillage des variétés très découpées ou très blanches varie d’un plant à l’autre.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : ses capitules se fécondent mal eux-mêmes, les insectes croisent deux semis. La plante ne fleurit qu’à partir de sa deuxième année, et seulement si on lui laisse ses capitules. Les akènes à aigrette sont mûrs en fin d’été, quand les capitules forment des houppes duveteuses : les cueillir avec des gants, la plante étant toxique, et les garder au sec et au frais, où ils restent bons 2 à 3 ans. Pour un feuillage très découpé ou très blanc, les sachets du commerce sont plus sûrs.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante pousse sur une souche ligneuse unique qui ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines et du collet, en sol lourd ou détrempé, noircit la base des tiges avant que la touffe ne s’affaisse d’un coup ; il n’existe pas de remède, seulement une nouvelle plantation en sol drainant. L’oïdium, par temps chaud et humide ou dans une situation confinée, ternit le feuillage d’une poudre grisâtre difficile à distinguer du feutrage : couper les tiges atteintes et aérer la touffe. Une rouille marque parfois le revers des feuilles de pustules orangées, à supprimer dès leur apparition.
Parasites fréquents : Les pucerons se regroupent au printemps à l’extrémité des jeunes pousses et sous les boutons floraux, qu’ils rendent collants ; un jet d’eau en vient à bout le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces et les escargots grignotent les jeunes plants juste après la plantation, surtout par temps humide : les ramasser le soir.
Prévention : Planter en sol drainant et en plein soleil, espacer les pieds de 30 à 40 cm pour que l’air circule, et arroser au pied sans jamais mouiller le feuillage. Proscrire les engrais azotés, qui donnent des tiges molles recherchées par les pucerons. Remplacer tous les 3 ou 4 ans les vieux pieds dégarnis par des boutures, plus vigoureuses.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique par ingestion, car toutes les parties contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques qui s’attaquent au foie, et dont les effets s’additionnent d’une prise à l’autre. Elle ne doit entrer dans aucune préparation à boire ou à manger.
Toxicité animaux : Toxique pour les chiens et les chats, et plus encore pour les chevaux et les bovins, très sensibles aux alcaloïdes des séneçons. Son amertume la fait d’ordinaire délaisser, mais les déchets de taille jetés dans un pré ou séchés dans le foin restent toxiques.
Symptômes : Une ingestion isolée provoque surtout des troubles digestifs, vomissements, diarrhée et perte d’appétit ; répétée, elle abîme le foie à bas bruit, avec amaigrissement, jaunisse et, chez les herbivores, sensibilité anormale au soleil. Le contact avec le feuillage peut provoquer une légère irritation de la peau, qui ne dure que quelques minutes.
Précautions : La placer hors de portée des jeunes enfants et des animaux qui mâchonnent les plantes, porter des gants pour la tailler si l’on a la peau sensible, et ne jamais jeter ses déchets de taille dans un pré. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire même sans symptôme immédiat, car l’atteinte du foie est différée.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les lavandes et les sauges arbustives partagent son besoin de plein soleil, de sol pauvre et de sécheresse, et leurs fleurs bleues ou violettes ressortent sur son gris argenté. En jardinière d’été, les géraniums (Pelargonium) rouges ou magenta supportent le même arrosage modéré et gagnent en éclat à son contact. En rocaille, la stipe cheveux d’ange (Stipa tenuissima) apporte du mouvement dans le même sol caillouteux et drainant.
Associations à éviter : Les impatiens et les bégonias, qui réclament mi-ombre et arrosages fréquents : cette eau fait pourrir sa souche. Les hostas et les fougères, amateurs d’ombre fraîche, où elle verdit et s’étiole. Les annuelles hautes et touffues comme les cosmos, plantées trop près, qui lui prennent lumière et air et font moisir son feuillage feutré.
Conseil : Utiliser la cinéraire comme un liant entre les couleurs vives, un pied tous les 30 à 40 cm en bordure, et supprimer ses boutons floraux jaunes, qui brouillent le contraste argenté.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en bordure, en rocaille ou en bord de mer, en plein soleil, dans un sol pauvre et très drainant.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 10 à 15 jours | Arroser au pied, jamais sur le feuillage feutré, qui garde l’eau et pourrit. Une touffe installée en pleine terre se contente ensuite des pluies, hors canicule. |
| Rabattage | De mi-mars à fin avril | Couper les tiges abîmées par l’hiver et raccourcir les autres, une fois les fortes gelées passées, pour garder une touffe dense et bien blanche. Sans cette taille, le pied se dégarnit à la base et s’affaisse dès la deuxième année. |
| Pincement | De juin à juillet | Supprimer les tiges florales dès qu’elles montent garde la touffe compacte et d’un blanc uniforme. Qui préfère les laisser fleurir pour les pollinisateurs les coupera à la base dès les fleurs fanées. |
| Bouturage | De mi-août à fin septembre | Retirer les feuilles du bas et piquer les boutures dans du sable à peine humide, à l’abri du soleil direct, puis les hiverner hors gel. Elles remplacent au printemps les vieux pieds qui se dégarnissent. |
| Paillage | De mi-octobre à fin novembre | Étaler une couche de graviers autour du collet pour que l’eau d’hiver s’écoule sans stagner contre les tiges. Un paillis organique garderait l’humidité, qui tue cette plante plus sûrement que le froid. |
| Voile d'hivernage | De décembre à février | Couvrir la touffe d’un voile d’hivernage pour la durée du froid, jamais d’un plastique qui retient l’humidité. Au-delà de -10 à -12 °C, les tiges gèlent, mais une souche restée au sec repart souvent au printemps. |