Connexion / Inscription →

Arbre fruitier · Juglandacées

Noyer commun Juglans regia

Aussi appelé : Noyer royal, Noyer cultivé, Common walnut, English walnut

Le noyer commun est un grand arbre fruitier venu d’Asie centrale et cultivé en Europe depuis l’Antiquité pour ses noix et son bois. Il atteint 15 à 25 m de haut pour autant de large, et réclame au moins 10 m de dégagement tout autour : c’est un arbre de grand jardin ou de campagne. Il demande surtout un sol profond, frais et bien drainé et une situation ensoleillée et aérée ; une fois installé, il se passe d’arrosage. Les gelées d’avril sur les fleurs et les fonds de vallée froids lui coûtent la récolte, bien plus que les hivers rudes.

Noyer commun (Juglans regia)
Photo : Otto Wilhelm Thom&eacute, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Juglandacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
D’avril à mai
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 5 à 9, l’arbre adulte supportant environ -25 °C. Ce sont les gelées tardives d’avril, et non le froid de l’hiver, qui font perdre la récolte.

Dimensions : De 15 à 25 mètres de haut pour un étalement équivalent, avec une couronne large et étalée. Il lui faut au moins 10 m de dégagement tout autour.

Floraison : de mi-avril à fin mai, chatons mâles pendants vert jaunâtre et petites fleurs femelles verdâtres, sans intérêt décoratif ni parfum ; une gelée tardive à ce moment détruit la récolte.

Substrat : Sol profond, frais et bien drainé, limoneux à argilo-limoneux, pH de 6 à 7,5. Il tolère le calcaire mais déteste les sols compactés ou engorgés.

Exposition : Plein soleil et situation aérée, à l’abri des gelées de printemps si possible. Un fond de vallée froid lui convient mal.

Arrosage : Copieux les trois premières années, puis aucun : son pivot descend chercher l’eau très bas. Un arbre installé traverse les étés secs sans aide.

Durée de vie : Vivace ligneux, couramment 150 à 300 ans. Un sujet greffé fructifie dès 4 à 6 ans, un arbre issu de semis attend souvent 10 à 15 ans.

Multiplication : Semis de noix fraîches à l’automne, dehors ; une variété précise ne se reproduit que par greffe, en pépinière.

Arrosage & entretien

Arrosage : Deux à trois arrosages copieux par mois en été pendant les trois premières années, puis plus rien. Mieux vaut un gros volume espacé qu’un peu d’eau souvent, pour que le pivot descende.

Fertilisation : Quelques centimètres de compost mûr étalés sous la couronne à l’automne suffisent. Les engrais azotés sont à proscrire, ils font pousser du bois tendre et sensible à la bactériose.

Rempotage : Sans objet, le noyer ne se cultive pas en pot : son pivot est incompatible avec un conteneur. Une fois planté, il n’est plus transplantable au-delà de 2 ou 3 ans.

Taille : Le moins possible, et uniquement de fin août à septembre. Taillé en hiver ou au printemps, il perd sa sève par les plaies au point de s’épuiser.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au minimum 6 à 8 heures par jour. À l’ombre il file en hauteur et ne fructifie pas.

Emplacement : Extérieur exclusivement, en pleine terre et en situation dégagée. Éviter les cuvettes où l’air froid stagne au printemps et grille les fleurs.

Substrat : Terre profonde, fraîche et meuble, d’au moins 1 m cinquante de profondeur utile. Il se plaît dans les anciennes terres de culture, limoneuses et riches.

pH : De 6 à 7,5, l’optimum se situant autour de la neutralité. Il supporte les sols calcaires mais pas les terres franchement acides.

Drainage : Drainage indispensable : l’eau stagnante sur ses racines provoque le dépérissement du pivot puis de l’arbre. Une terre lourde et humide en hiver ne lui convient pas.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en octobre ou novembre, dehors, enterrer des noix fraîches de 5 cm, à leur place définitive ou en grand pot profond, et les protéger des rongeurs par un grillage : le froid de l’hiver lève leur dormance et elles germent en avril ou mai. Le semis donne un noyer vigoureux, mais ne reproduit pas fidèlement la variété ni la qualité des noix. Il réussit facilement, mais l’arbre obtenu ne fructifie qu’après 10 à 15 ans. Pour une variété précise, on achète un arbre greffé ; des gants évitent les taches du brou.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : le noyer porte fleurs mâles et femelles sur le même arbre, mais elles ne s’ouvrent pas toujours en même temps ; un noyer isolé fructifie souvent moins bien qu’un arbre dont un voisin, porté par le vent, apporte son pollen. Ramasser les noix en septembre ou octobre, quand le brou se fend et qu’elles tombent, avec des gants pour éviter les taches. Elles se sèment fraîches, sans séchage : s’il faut attendre, les garder dans du sable humide au frais, et ne pas semer des noix de consommation, séchées et souvent mortes.

Les autres méthodes

Bouturage : Le noyer ne se bouture pas, ou si mal que même les pépiniéristes y renoncent.

Division et autres méthodes : La greffe, seul moyen de reproduire une variété, reste un geste de pépiniériste : greffe en fente au printemps ou en flûte en juin et juillet, sur un jeune noyer de semis, avec une réussite incertaine chez l’amateur. Le noyer ne drageonne pas et ne se marcotte pas.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’anthracnose marque les feuilles de taches brunes cerclées de jaune et provoque une chute prématurée en été. La bactériose noircit feuilles, jeunes pousses et brous, et fait tomber les fruits avant maturité. Contre les deux, le ramassage complet des feuilles et des brous tombés à l’automne fait plus qu’un traitement, éventuellement complété par une pulvérisation cuprique à la chute des feuilles.

Parasites fréquents : La mouche du brou, arrivée d’Amérique du Nord et désormais répandue en France, pond dans le brou qui devient noir, mou et collant ; la noix reste consommable si on la décortique aussitôt. Le carpocapse, lui, creuse un trou dans la coque et perd le fruit. Le piégeage par plaques engluées jaunes de juillet à septembre donne une indication du vol.

Prévention : Tout se joue sur l’hygiène du sol : feuilles, brous et noix véreuses ramassés et évacués privent les parasites et les champignons de leur abri d’hiver. Une couronne aérée qui sèche vite après la pluie limite beaucoup les maladies foliaires. Et la taille se fait en fin d’été, jamais sur un arbre en sève.

Toxicité

Toxicité humaine : Le cerneau est comestible, mais c’est un allergène alimentaire majeur pouvant déclencher des réactions graves chez les personnes sensibilisées. Le brou frais tache durablement la peau et peut l’irriter.

Toxicité animaux : Le cheval est le plus exposé : le contact avec des copeaux de noyer en litière peut déclencher une fourbure. Chez le chien, ce sont les noix moisies ramassées au sol qui sont dangereuses, par les mycotoxines qu’elles portent.

Symptômes : Chez le chien, tremblements, vomissements et convulsions dans les heures suivant l’ingestion de noix moisies. Chez l’humain, coloration brune tenace et parfois eczéma de contact après manipulation du brou sans gants.

Précautions : Ramasser les noix tombées sans attendre si un chien a accès au pied de l’arbre, et ne jamais utiliser de copeaux de noyer en litière pour un cheval. Porter des gants pour décortiquer le brou frais.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les graminées d’ombre, les fougères et les hellébores poussent sans difficulté sous un noyer, leur tolérance à la juglone étant bien établie. Les hostas et les géraniums vivaces s’en accommodent aussi, et acceptent en prime l’ombre portée de la couronne. Une prairie fauchée reste la solution la plus simple sous un grand sujet.

Associations à éviter : Les solanacées, tomate et pomme de terre en tête, dépérissent au voisinage d’un noyer, de même que le pommier. Les rhododendrons et azalées y jaunissent puis meurent. En cause, la juglone, une substance libérée par les racines, les feuilles et les brous, qui bloque la croissance de nombreuses plantes.

Conseil : Raisonner bien au-delà de l’ombre portée, car les racines s’étendent souvent au double du rayon de la couronne et c’est elles qui diffusent la juglone. Installer le potager franchement à l’écart plutôt que de tenter la limite, et composter les feuilles à part quelques mois avant de les employer.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre de plein vent planté en pleine terre, dans un grand jardin ou un verger, à distance des cultures sensibles.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : toutes les 1 à 2 semaines Un jeune noyer réclame de gros arrosages espacés pendant l’été de sa plantation et les deux suivants. Passé ce cap, son pivot va chercher l’eau seul et l’arrosage devient inutile.les trois premières années seulement
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Un paillis posé avant les chaleurs garde la fraîcheur du sol, ce qui compte surtout pour un sujet encore jeune.en dégageant le collet
FloraisonOptionnel De mi-avril à fin mai La floraison passe inaperçue, mais c’est le moment critique de l’année : une gelée tardive détruit les fleurs femelles et la récolte avec elles.chatons discrets
Inspection parasitaireEssentiel De début juillet à mi-septembre Surveiller l’apparition de taches molles et noires sur les brous, signe de la mouche du brou, désormais présente dans presque toute la France. Les noix atteintes restent mangeables si on les décortique vite.mouche du brou
Bois mort et feuilles abîméesUtile D’août à septembre Retirer les branches mortes ou cassées en même temps que la taille de structure, pour n’ouvrir qu’une seule fois des plaies dans l’année.par temps sec
Taille de structureEssentiel De mi-août à fin septembre, tous les 3 ans Le noyer pleure abondamment par ses plaies dès que la sève monte, et une coupe de février peut l’épuiser durablement. La fin d’été est la seule période où il cicatrise correctement.jamais en hiver ni au printemps
Fructification, récolteEssentiel De mi-septembre à fin octobre Ramasser les noix dès leur chute, les débarrasser du brou et les faire sécher à plat quelques jours. Laissées au sol, elles moisissent en une semaine.quand le brou s’ouvre
Ramassage des feuilles mortesEssentiel De mi-octobre à mi-décembre L’anthracnose et la bactériose passent l’hiver sur les feuilles et les brous tombés, et c’est de là que repart la contamination au printemps. Ce ramassage est le geste sanitaire le plus efficace de l’année.feuilles et brous ensemble
Traitement préventifUtile De mi-octobre à fin novembre Une pulvérisation cuprique à la chute des feuilles limite la bactériose de l’année suivante. Elle ne remplace pas le ramassage, elle le complète.à la chute des feuilles
Compost, amendementUtile De novembre à décembre Étaler quelques centimètres de compost mûr sous la couronne, sans l’enfouir ni le mettre au contact du tronc.sur la projection du feuillage