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Vivace · Lamiacées

Lamier maculé Lamium maculatum

Aussi appelé : Lamier tacheté, Lamier, Spotted dead-nettle

Le lamier maculé est une vivace couvre-sol d’Europe et d’Asie occidentale, au feuillage marqué d’argent et aux petites fleurs en casque rose pourpre d’avril à juin. Haut de 20 à 30 cm, il forme un tapis qui gagne 20 à 30 cm par an grâce à ses tiges qui s’enracinent en courant. Il demande une terre fraîche et humifère, calcaire ou non, et surtout de la mi-ombre ou de l’ombre. Il éclaire les coins ombragés où peu de feuillages argentés tiennent, mais le plein soleil d’été lui brûle les feuilles.

Lamier maculé (Lamium maculatum)
Photo : ArtMechanic, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Lamiacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-35 °C
Floraison
D’avril à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 8, soit jusqu’à environ -35 °C : c’est l’une des vivaces les plus rustiques du jardin français. Son feuillage semi-persistant fond sous les fortes gelées et repart de souche dès mars.

Dimensions : 20 à 30 cm de hauteur pour 60 à 90 cm d’étalement par pied, les tiges s’enracinant au fur et à mesure qu’elles courent. Ce n’est pas une touffe mais un tapis, qui gagne 20 à 30 cm par an.

Floraison : De mi-avril à juin, petites fleurs en casque rose pourpre (blanches ou roses selon les variétés), sans parfum, avec une seconde vague plus éparse en septembre après rabattage.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche et humifère, drainée en hiver. pH de 6 à 7,5, avec une réelle indifférence au calcaire.

Exposition : Mi-ombre à ombre. C’est la qualité qui le distingue des autres feuillages argentés, presque tous amateurs de soleil : ici, le plein soleil d’été brûle la panachure blanche.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en été, uniquement s’il ne pleut pas, et rien le reste de l’année une fois le tapis installé.

Durée de vie : Vivace ; un pied vit 5 à 8 ans, mais le tapis se renouvelle seul par les tiges qui s’enracinent, et devient indéfini si on le divise tous les 3 ans.

Multiplication : Division des rejets enracinés en septembre et octobre, ou bouturage de tiges très facile de mai à août.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 12 à 15 jours en avril et mai, tous les 7 à 10 jours de juin à début septembre, rien du tout en automne et en hiver. Arroser au pied et abondamment plutôt que souvent, l’eau sur le feuillage gaufré y stagnant et favorisant les taches.

Fertilisation : Une poignée de compost mûr griffée entre les pieds en mars, et rien d’autre de l’année. Un engrais azoté fait monter les tiges, dilue la panachure et rend le tapis mou et couchant.

Rempotage : En pleine terre, aucun : c’est la division tous les 3 ans qui en tient lieu, en septembre ou au printemps. En jardinière, rempoter chaque printemps, car les tiges racinées saturent le volume en une seule saison.

Taille : Un rabattage à 10 cm fin juin ou début juillet, tapis entier d’un coup, dès que la floraison s’achève. C’est le seul geste vraiment obligatoire de l’année, et il conditionne à la fois la beauté du feuillage d’août et la remontée de septembre.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre à ombre, 2 à 4 heures de soleil doux du matin au maximum. Sous un arbre caduc il profite de la pleine lumière de mars à mai, puis vit à l’ombre tout l’été : c’est exactement le rythme qui lui convient.

Emplacement : Extérieur toute l’année, sans abri ni protection hivernale. Un pied de haie, le nord d’un mur ou le dessous d’un massif d’arbustes sont ses places naturelles.

Substrat : Terre de jardin enrichie de compost ou de feuilles décomposées, qui retient un peu de fraîcheur. Il accepte l’argile lourde à condition qu’elle ne reste pas gorgée d’eau en hiver.

pH : De 6 à 7,5, neutre à légèrement acide ; un sol franchement calcaire ne le gêne pas.

Drainage : Un drainage correct suffit, sans aménagement particulier. Il craint bien plus l’eau stagnante de janvier, qui fait pourrir le collet, que la sécheresse de juillet, dont il se remet après un rabattage.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : en septembre et octobre, ou au printemps, dehors : couper à la bêche les rejets enracinés du pourtour du tapis et les replanter au centre qui se creuse, tous les 3 ans. Le marcottage se fait seul : les tiges qui courent s’enracinent, il suffit de les détacher avec leur motte. La réussite est quasi totale, et l’automne laisse aux éclats tout l’hiver pour s’installer.

Les autres méthodes

Bouturage : Très facile de mai à août : des bouts de tiges de 8 à 10 cm, débarrassés des feuilles du bas, s’enracinent dans un verre d’eau ou dans un mélange de terreau et de sable gardé frais, à l’ombre dehors, en 2 à 3 semaines. C’est aussi ainsi que se multiplient fidèlement les variétés à feuillage panaché.

Semis :

SemerPossible au printemps ou à l’automne, dehors en godets, graines à peine couvertes, vers 15 °C, levée en 2 à 4 semaines. Le semis donne l’espèce mais ne reproduit pas les variétés panachées ni leur couleur de fleurs.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les petits fruits se forment dans le calice 4 à 6 semaines après la floraison, en juin et juillet, et tombent vite : couper les tiges qui jaunissent et les laisser sécher dans un sac. La plante se ressème parfois seule. Au sec et au frais, les graines se gardent un an ou 2.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium est le plus fréquent : feutrage blanc farineux en fin d’été, qui suit un coup de sec et non un excès d’eau, et cède à un rabattage suivi d’un arrosage copieux au pied. La rouille du lamier, plus rare, laisse des pustules brun orangé au revers du limbe et se traite de la même façon. La pourriture du collet, en sol gorgé d’eau l’hiver, est la seule qui fasse réellement disparaître des plaques entières.

Parasites fréquents : Limaces et escargots au printemps, sur les jeunes pousses tendres : le tapis leur sert à la fois de nourriture et d’abri diurne. Les pucerons apparaissent parfois sur les hampes florales en mai, sans conséquence. En jardinière, les larves d’otiorhynque rongent les racines et font jaunir un pied entier d’un coup.

Prévention : Rabattre après la floraison aère le tapis et supprime d’un seul geste l’oïdium, les vieilles feuilles et une partie des limaces. Diviser tous les 3 ans évite le centre dégarni et tassé où tout s’installe. Éviter un paillage épais plaqué contre le collet, qui devient un dortoir à gastéropodes.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Malgré son nom, ce n’est pas une ortie : le lamier appartient à la famille de la menthe et ne porte aucun poil urticant, son feuillage gaufré imitant seulement celui de l’ortie.

Toxicité animaux : L’ASPCA ne le classe pas comme toxique pour le chien, le chat ni le cheval. C’est un des rares couvre-sols que l’on peut planter sans réserve dans un jardin ou sur un balcon fréquenté par des animaux.

Symptômes : Aucun symptôme attendu au contact ni après ingestion. Comme avec n’importe quelle verdure, un animal qui en avalerait une grande quantité pourrait présenter un trouble digestif passager, sans rapport avec une intoxication.

Précautions : Aucune précaution particulière, ni gants pour le tailler, ni mise hors de portée. Rester simplement attentif à ce que les traitements anti-limaces posés à son pied, eux, soient hors d’atteinte des animaux.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hostas, qui sortent tard, laissent au printemps un sol nu que le lamier couvre exactement à ce moment-là. Les fougères, dryopteris ou polystichum, demandent la même ombre fraîche et apportent la verticale qui manque à un tapis. Le brunnera macrophylla prolonge le jeu de l’argenté et fleurit en bleu en avril, quand le lamier fleurit en rose.

Associations à éviter : Lavande, romarin et sedums veulent le plein soleil et un sol sec : les arroser comme le lamier les tue, les laisser secs le grille. Les petites vivaces lentes, joubarbes ou campanules naines, se font recouvrir en deux saisons, le lamier gagnant 30 cm par an. Les semis d’annuelles au même endroit ne lèvent pas, le tapis étouffant tout ce qui germe sous lui.

Conseil : Planter des bulbes de printemps sous le tapis, narcisses ou perce-neige, qui le traversent sans peine en février et dont le lamier masquera le feuillage jaunissant en mai. Compter quatre à cinq pieds au mètre carré pour une couverture en deux saisons, et non dix, sans quoi il faudra éclaircir. Le contenir en bordure d’un simple coup de bêche vertical chaque automne, les tiges racinées se détachant à la main.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Tapis couvre-sol installé à demeure en pleine terre, à mi-ombre ou à l’ombre d’arbustes et d’arbres caducs, en terre de jardin ordinaire restant fraîche, planté à quatre ou cinq pieds au mètre carré.

GesteQuandComment
ArrosageUtile D’avril à mai : tous les 12 à 15 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours Arroser en été quand la terre est sèche sur 3 cm, sans chercher à maintenir le sol humide en permanence. Un lamier assoiffé se couche et grille du bord des feuilles, mais repart entièrement après un rabattage et une pluie.seulement en l’absence de pluie, et au pied : l’eau sur le feuillage gaufré y stagne
Compost, amendementUtile En mars Apporter le compost quand les pointes neuves percent le feuillage de l’an passé. Un couvre-sol dense épuise le sol qu’il occupe, et c’est par plaques dégarnies au centre que cela se voit d’abord.une poignée de compost mûr griffée entre les pieds, jamais sur le cœur des touffes
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à fin mai Soulever le feuillage au ras du sol au redémarrage : un couvre-sol frais et couvrant est à la fois le garde-manger et l’abri des limaces. Les morsures à bord irrégulier sur les jeunes pousses les désignent sans erreur possible.limaces et escargots, qui vivent la journée sous le tapis lui-même
PaillageUtile De mi-avril à fin mai Étaler 2 à 3 cm de feuilles broyées entre les pieds avant les chaleurs, sans enfouir les tiges rampantes. C’est la fraîcheur du sol en juillet qui décide de l’aspect du feuillage en août, bien plus que l’arrosage.les deux premières années seulement, le temps que le tapis se referme
FloraisonUtile De mi-avril à fin juin La floraison sort au-dessus du feuillage argenté d’avril à juin, pendant que les arbres au-dessus ne sont pas encore pleinement feuillés. Une seconde vague, plus éparse, suit en septembre quand la touffe a été rabattue.épis roses, mauves ou blancs selon le cultivar, très visités par les bourdons
RabattageEssentiel De mi-juin à mi-juillet Couper l’ensemble du tapis dès la fin de la floraison, quand les tiges s’allongent et se dégarnissent à la base. Un feuillage neuf, bien marqué de blanc, repousse en 2 à 3 semaines, et la remontée de septembre en dépend.à 10 cm, à la cisaille ou à la tondeuse haute, tout le tapis d’un coup
Traitement préventifUtile De juillet à septembreDès que : un feutrage blanc farineux apparaît sur les feuilles après un coup de sec Rabattre les parties atteintes et arroser copieusement au pied, sans mouiller le feuillage, plutôt que de sortir un produit. Le feuillage neuf qui repousse est sain, et l’affaire est close avec les premières pluies d’automne.sur lamier, l’oïdium suit une sécheresse, jamais un excès d’eau
Division de touffeUtile De début septembre à mi-octobre, tous les 3 ans Prélever tous les 3 ans les rejets enracinés du pourtour et les replanter au centre, qui se creuse avec l’âge. Le printemps convient aussi, mais l’automne laisse aux éclats tout l’hiver pour s’installer avant la sécheresse.les tiges couchées sont déjà racinées : elles se détachent à la main, sans outil