Arbuste · Éricacées
Leucothoé Leucothoe fontanesiana
Aussi appelé : Leucothoé de Catesby, Drooping laurel, Doghobble
Le leucothoé est un arbuste persistant des sous-bois humides du sud-est des États-Unis, apprécié pour ses tiges arquées en fontaine et son feuillage rougeâtre à la pousse, souvent teinté de pourpre en hiver. Il atteint chez nous 1 à 1,8 m de haut pour 1,5 à 2,5 m de large, en 10 à 20 ans. Il demande surtout une terre acide, riche en humus et toujours fraîche, à l’ombre ou à mi-ombre, arrosée de préférence à l’eau de pluie. Il convient aux massifs de terre de bruyère abrités ; l’eau calcaire jaunit son feuillage, le vent froid et le soleil d’hiver le roussissent.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Éricacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8 : planté à l’abri du vent, il supporte -20 °C environ. Le vent froid et sec, comme le soleil d’hiver sur un sol gelé, roussit son feuillage bien avant que le froid ne menace la souche.
Dimensions : 1 à 1,8 m de hauteur pour 1,5 à 2,5 m d’étalement, atteints en 10 à 20 ans : ses tiges arquées retombent en fontaine et la touffe s’élargit peu à peu par des rejets nés de la base.
Floraison : D’avril à mai, petites clochettes blanches et cireuses, faiblement parfumées, en grappes pendantes de 5 à 7 cm alignées sous les tiges. Le feuillage, rougeâtre à la pousse et souvent teinté de pourpre en hiver, compte autant que les fleurs.
Substrat : Terre de bruyère ou terre de jardin acide, riche en humus, fraîche mais drainée, jamais calcaire. pH idéal de 4,5 à 5,5, 6 au plus.
Exposition : Mi-ombre à ombre, même dense sous de grands arbres ; le soleil n’est toléré que le matin, ou dans un sol qui ne sèche jamais.
Arrosage : Sol à garder frais en permanence, sans eau stagnante : en pleine terre, un arrosage copieux tous les 4 à 6 jours par temps sec en été, tous les 7 à 10 jours au printemps et en septembre. À l’eau de pluie de préférence, car une eau calcaire répétée finit par jaunir le feuillage.
Durée de vie : Arbuste vivace persistant, qui tient 20 ans et plus en place : la touffe se rajeunit d’elle-même par les nouvelles tiges nées de sa base.
Multiplication : Marcottage d’une tige arquée au printemps, ou prélèvement d’un rejet de la base en mars ou en octobre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Par temps sec, arroser copieusement tous les 4 à 6 jours de juin à août et tous les 7 à 10 jours en avril, en mai et en septembre, en mouillant toute la zone des racines, qui restent près de la surface. D’octobre à mars, la pluie suffit en pleine terre ; en pot, arroser tous les 2 à 3 jours en été et vérifier la terre en hiver, hors gel.
Fertilisation : Une poignée d’engrais pour plantes de terre de bruyère entre la mi-mars et la fin avril, juste avant de renouveler le paillis de terreau de feuilles ou d’écorces de pin, suffit pour l’année. Aucun apport après juin, pour ne pas provoquer de pousses tendres que le gel roussirait.
Rempotage : En bac, rempoter tous les 2 à 3 ans en mars ou en avril, dans un pot plus large que profond rempli de terre de bruyère mêlée d’un tiers de terreau de feuilles, sur une couche drainante. Un plant acheté pour une jardinière d’hiver gagne à rejoindre la pleine terre dès le printemps suivant, où il prendra toute son ampleur.
Taille : Aucune taille régulière : tous les 2 à 3 ans, aussitôt la floraison finie, couper au ras du sol 1 à 3 des tiges les plus âgées, dégarnies ou roussies par l’hiver, pour que la touffe se renouvelle par la base. Ne pas tailler après juin ni en hiver, car les grappes de l’année suivante se forment dès l’été.
Exposition & substrat
Exposition : Mi-ombre ou ombre, avec au plus 2 à 3 heures de soleil doux le matin ; il se plaît même à l’ombre dense d’un sous-bois. En plein soleil et en sol sec, son feuillage brûle et souffre bien davantage des taches foliaires.
Emplacement : Extérieur toute l’année, au nord ou à l’est d’un mur, en sous-bois ou au bord d’un ruisseau, toujours à l’abri des vents froids et secs qui dessèchent son feuillage en hiver. En jardinière, il égaie un balcon ombragé l’hiver, mais le pot s’emmaillote dès qu’il gèle plusieurs jours sous -5 °C, ses racines y étant moins protégées qu’en pleine terre.
Substrat : Terre de bruyère, ou terre de jardin non calcaire enrichie de terreau de feuilles et d’un peu de sable, pour un sol riche en humus qui garde la fraîcheur. En terrain calcaire, le cultiver plutôt en grand bac, car une fosse de terre de bruyère se recalcifie en quelques années.
pH : De 4,5 à 5,5 idéalement, 6 au plus. Au-delà, la chlorose s’installe : jeunes feuilles jaunes aux nervures vertes et pousse ralentie.
Drainage : Il supporte une terre humide, comme sur ses berges d’origine, mais pas une eau qui stagne l’hiver : dans une argile détrempée, ses racines pourrissent. En sol lourd, le planter légèrement en butte ; en bac, prévoir une couche drainante et vider la soucoupe après chaque pluie.
Multiplication
Marcottage par couchage : marcottage : au printemps, dehors, courber une tige basse jusqu’au sol, entailler l’écorce dessous, l’enterrer à 5 à 10 cm dans de la terre de bruyère et la fixer d’un crochet : on la sèvre un an plus tard. Le marcottage d’une tige arquée ou le prélèvement d’un rejet né de la base : deux méthodes sûres pour un amateur, qui reproduisent la plante à l’identique.
Les autres méthodes
Bouturage : En juillet et août, prélever des boutures semi-aoûtées de 8 à 10 cm, à talon si possible, et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de sable, sous abri à l’étouffée et à l’ombre. Elles s’enracinent en 6 à 10 semaines, avec une réussite moyenne ; l’hormone de bouturage est facultative. Hiverner sous châssis froid.
Semis :
SemerRarement pratiqué : graines très fines semées au printemps en surface, à la lumière, sur terre de bruyère humide, sous abri vers 15 à 20 °C, avec une levée lente de 4 à 8 semaines. L’espèce se reproduit ainsi, pas ses variétés panachées.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les fleurs laissent de petites capsules qui brunissent à l’automne : les cueillir sèches avant qu’elles ne s’ouvrent et les secouer dans un sachet pour en tirer une graine fine comme de la poussière. Elle se garde mal, un an au plus au frais et au sec ; mieux vaut la semer au printemps qui suit.
Division et autres méthodes : En mars ou en octobre, un rejet de la base se détache à la bêche avec ses racines et se replante aussitôt en sol acide.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Les taches foliaires sont son principal souci : de petites taches rouges s’étendent en plages brun pourpré et peuvent faire tomber les feuilles, surtout par printemps humide, dans un coin confiné ou sur un sujet assoiffé. Couper les feuilles atteintes, ramasser celles tombées au pied et les porter à la déchetterie, puis en recours pulvériser sur les jeunes pousses un fongicide à base de cuivre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». En sol détrempé, la pourriture des racines fait jaunir puis flétrir la touffe malgré une terre mouillée, et seul un meilleur drainage la prévient.
Parasites fréquents : Les ravageurs sont rares, le plus à craindre étant le tigre du piéris, petite punaise de 3 mm aux ailes en dentelle, qui marbre le dessus des feuilles de points pâles et souille leur revers de déjections noires. Il vient surtout d’un piéris ou d’un rhododendron voisin déjà attaqué : supprimer les rameaux les plus marqués dès les premières marbrures et laisser agir chrysopes, araignées et oiseaux, qui s’en nourrissent. En recours, un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », pulvérisé sous les feuilles au printemps, à l’éclosion des larves.
Prévention : Une place à mi-ombre, un sol acide toujours frais et un paillis entretenu évitent l’essentiel des ennuis, car un sujet stressé par le soleil ou la sécheresse cumule taches foliaires et ravageurs. Arroser au pied sans mouiller le feuillage, et laisser l’air circuler entre les arbustes. À l’achat, retourner quelques feuilles : un plant déjà marbré, ou piqueté de noir au revers, introduirait le tigre au jardin.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique : toutes ses parties, feuilles et fleurs en tête, contiennent des grayanotoxines, les mêmes poisons que ceux des rhododendrons et des piéris. La gravité dépend de la quantité avalée : quelques feuilles peuvent déjà provoquer des troubles digestifs, et une ingestion importante peut atteindre le cœur.
Toxicité animaux : L’ASPCA le classe toxique pour le chien, le chat et le cheval, et précise que quelques feuilles peuvent suffire à causer des troubles sérieux. Les chèvres et les moutons sont les animaux les plus souvent intoxiqués par ces arbustes de la famille des bruyères, en broutant des rameaux ou des tailles laissés à leur portée.
Symptômes : Dans les heures qui suivent l’ingestion, brûlure de la bouche, salivation, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, parfois sueurs, vertiges et grande faiblesse, et chez le cheval des coliques. Dans les cas graves, le cœur ralentit et la tension chute, jusqu’au malaise, voire au coma, mais le simple contact avec le feuillage reste sans danger connu.
Précautions : Ne pas le planter dans un pré, dans un enclos ni le long d’une clôture de pâture, et porter les tailles à la déchetterie plutôt que de les laisser à portée des animaux. En cas d’ingestion, appeler sans attendre un centre antipoison ou, pour un animal, le vétérinaire, même avant tout symptôme.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les rhododendrons et les azalées, qui veulent la même terre acide, fraîche et humifère à mi-ombre, et dont il habille le pied de ses tiges arquées. Les fougères de sol acide, comme l’osmonde royale ou le blechnum en épi, et les hostas, qui prolongent l’ambiance de sous-bois humide au bord d’un ruisseau ou d’un bassin. Les hortensias, bleus en sol acide, qui prennent le relais en été quand il n’offre plus que son feuillage.
Associations à éviter : La lavande, le romarin et le ciste, qui réclament un sol sec, pauvre et souvent calcaire en plein soleil, l’inverse exact de ses besoins. Les bambous traçants, dont les rhizomes envahiraient sa touffe et lui prendraient l’eau dont il ne peut se passer. Les rosiers et les vivaces de plein soleil, qui végéteraient dans l’ombre fraîche où il prospère.
Conseil : À l’état sauvage, il borde les ruisseaux ombragés des Appalaches : au jardin, installez-le sur un talus frais ou au bord d’un bassin, où ses tiges arquées et ses rejets retiennent la terre. Plantés à 1 m d’intervalle, 3 à 5 pieds forment peu à peu un couvre-sol persistant, souvent teinté de pourpre en hiver, au pied des rhododendrons.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste persistant planté en pleine terre acide, humifère et toujours fraîche, à mi-ombre ou à l’ombre, à l’abri des vents froids et secs, en France métropolitaine tempérée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 7 à 10 jours ; de juin à août : tous les 4 à 6 jours ; en septembre : tous les 7 à 10 jours | Mouiller largement toute la zone des racines, peu profondes, dès que le sol sèche en surface, sans jamais laisser l’eau stagner. En pot, arroser tous les 2 à 3 jours en été, et vérifier la terre l’hiver, hors gel, si la pluie ne l’atteint pas. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Renouveler chaque printemps une couche organique qui garde au frais ses racines peu profondes, comme la litière des sous-bois où il pousse à l’état sauvage. En se décomposant, elle nourrit le sol et l’entretient acide. |
| Engrais à libération lente | De mi-mars à fin avril | Un seul apport au départ de la végétation, épandu juste avant de renouveler le paillis, accompagne la nouvelle pousse rougeâtre. Aucun apport après juin : les pousses tardives n’auraient pas le temps de s’aoûter avant l’hiver. |
| Correction du pH | De mi-mars à fin septembre | Arroser au pied avec du fer chélaté, puis ne plus employer que l’eau de pluie et pailler de terreau de feuilles. Sur un terrain calcaire, la chlorose revient chaque année : seul un grand bac de terre de bruyère la règle durablement. |
| Floraison | D’avril à mai | Les petites clochettes cireuses, faiblement parfumées, s’alignent sous les tiges arquées, souvent à demi cachées par le feuillage. Leurs boutons se sont formés dès l’été précédent, ce qui fixe la date de la taille. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mai à novembre | Ramasser les feuilles tachées tombées au pied et couper celles qui sont très atteintes, car le champignon des taches foliaires s’y conserve d’une saison à l’autre. Arroser ensuite au pied, sans mouiller le feuillage. |
| Taille après floraison | De mi-mai à fin juin, tous les 2 ans | Supprimer à la base les tiges les plus âgées, dégarnies ou roussies par l’hiver, pour que la touffe se renouvelle par de jeunes pousses arquées. Passé juin, la repousse n’a plus le temps de former les grappes de l’année suivante, qui apparaissent dès l’été. |
| Protection des racines | De décembre à février | Entourer le pot d’un voile épais, d’une natte ou de papier bulle, le surélever sur des cales et le grouper contre un mur, à l’abri du vent. En pot, les racines gèlent bien avant les tiges, qui supportent le froid sans aide. |