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Aromatique · Apiacées

Livèche Levisticum officinale

Aussi appelé : Ache de montagne, Céleri perpétuel, Céleri vivace, Herbe à Maggi, Lovage

La livèche est une grande vivace aromatique de la famille du céleri, originaire d’Asie du Sud-Ouest et cultivée en Europe depuis le Moyen Âge pour ses feuilles au goût de céleri. Elle forme une touffe de 60 cm à 1 m de feuillage, dont les tiges florales montent jusqu’à 2 m en été, et reste productive une dizaine d’années au même endroit. Elle demande surtout une terre profonde, riche et fraîche, arrosée copieusement par temps sec en été, au soleil ou à mi-ombre dans le Midi. Elle convient à tout potager assez grand pour l’accueillir, et sa disparition aux premières gelées n’est qu’apparente.

Livèche (Levisticum officinale)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Aromatique
Famille
Apiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De juin à août
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8 : la souche supporte des froids de -25 à -30 °C, tandis que le feuillage disparaît aux premières gelées et repart au printemps.

Dimensions : 60 cm à 1 m de feuillage, jusqu’à 2 m en fleurs, pour 60 cm à 1 m d’étalement à maturité.

Floraison : De mi-juin à mi-août, de larges ombelles jaune verdâtre au sommet de hautes tiges, appréciées des auxiliaires ; pendant la floraison, les feuilles deviennent plus amères.

Substrat : Terre profonde, riche en humus, fraîche mais drainée, au pH de 6 à 7,5.

Exposition : Soleil ou mi-ombre, la mi-ombre étant préférable dans le Midi où le plein soleil durcit les feuilles.

Arrosage : 10 à 15 litres au pied tous les 5 à 7 jours de juin à août quand il ne pleut pas, tous les 10 à 15 jours au printemps et en septembre, rien en hiver.

Durée de vie : Vivace de longue durée, productive une dizaine d’années et plus au même endroit, surtout si on la divise tous les 4 à 5 ans.

Multiplication : Division de la souche en mars ou début avril, ou semis de graines fraîches à la fin de l’été.

Arrosage & entretien

Arrosage : De juin à août, arroser copieusement au pied tous les 5 à 7 jours quand il ne pleut pas, et tous les 10 à 15 jours au printemps et en septembre. Ne jamais mouiller le feuillage, et ne rien donner en hiver, quand la souche est au repos.

Fertilisation : Étaler chaque année, de fin février à fin mars, 3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé autour de la souche. Aucun engrais chimique n’est nécessaire : cet apport et un paillage d’été suffisent à une touffe productive.

Rempotage : En pleine terre, aucun rempotage : on rajeunit la touffe en la divisant tous les 4 à 5 ans, de début mars à début avril. En pot, prévoir au moins 40 cm de profondeur pour sa longue racine et changer de contenant tous les 2 ans au printemps.

Taille : Quand les hampes florales montent, de fin juin à fin juillet, rabattre la touffe à 10 cm du sol pour obtenir de nouvelles feuilles tendres, en gardant une ou deux hampes si l’on veut des graines. À l’automne, couper et évacuer le feuillage jauni après les premières gelées.

Exposition & substrat

Exposition : Soleil ou mi-ombre, avec 4 à 6 heures de soleil par jour, de préférence le matin. Dans le Midi, une ombre légère l’après-midi garde les feuilles tendres et retarde la montée en fleurs.

Emplacement : Extérieur, en pleine terre, au fond du potager ou du carré d’aromatiques, côté nord pour que ses hampes de près de 2 m n’ombragent pas les autres cultures. Elle reste en place des années : lui réserver un coin qu’on ne bêchera pas.

Substrat : Terre de jardin profonde, riche en humus, enrichie de compost à la plantation. En pot, un terreau de rempotage mêlé d’un tiers de compost et d’un peu de terre de jardin.

pH : De 6 à 7,5, du légèrement acide au légèrement calcaire. Un sol un peu calcaire lui convient tant qu’il reste frais.

Drainage : La terre doit rester fraîche sans jamais être détrempée, car l’eau stagnante en hiver fait pourrir la souche charnue. En terre lourde, planter sur une petite butte ou alléger le trou de plantation avec du compost et du sable.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : en mars ou début avril, dehors, déterrer la souche, la trancher à la bêche en éclats munis chacun d’un bourgeon et de racines, puis les replanter aussitôt à 60 cm les uns des autres. À refaire tous les 4 à 5 ans. La division de la souche, au démarrage de la végétation : elle réussit presque toujours et rajeunit une touffe épuisée. Le semis de graines fraîches est l’autre voie sûre.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas : la livèche se multiplie par sa souche ou par ses graines.

Semis :

SemerSemer des graines de l’année, la faculté germinative baissant vite, à la fin de l’été dès leur récolte ou au printemps, dehors en godets ou en pépinière. Les couvrir de 5 mm à 1 cm de terre fine et garder frais : elles lèvent en 2 à 4 semaines vers 15 °C, et les plants se mettent en place à l’automne ou au printemps suivant. Les graines reproduisent fidèlement la plante.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses ombelles se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les ombelles mûrissent en août et septembre : les couper quand les graines brunissent et se détachent, et finir de les sécher à l’ombre dans un sac. Au sec et au frais, elles ne restent bonnes qu’un an.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La septoriose couvre les feuilles de taches brunes piquetées de minuscules points noirs, surtout par temps humide : supprimer les feuilles atteintes et arroser au pied. L’oïdium blanchit parfois le feuillage âgé en fin d’été, sans gravité après un rabattage. La pourriture de la souche, en sol détrempé l’hiver, se traduit par une reprise faible ou absente au printemps et ne se soigne plus une fois installée.

Parasites fréquents : La mouche du céleri pond dans les feuilles, où ses larves creusent de mai à l’automne des plages pâles puis brunes et parcheminées : couper et détruire les folioles minées. Les pucerons noirs colonisent les hampes florales et se chassent au jet d’eau ou, en recours, avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces dévorent les jeunes pousses au printemps, à protéger par des granulés au phosphate ferrique.

Prévention : Arroser au pied, jamais sur le feuillage, et espacer les pieds d’au moins 60 cm pour que l’air circule. Éloigner la livèche des céleris, panais et persils, qui partagent la mouche du céleri, et détruire les premières feuilles minées dès mai pour freiner la génération d’été. Évacuer à l’automne le feuillage jauni plutôt que de le laisser pourrir sur place.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante comestible, dont feuilles, tiges, graines et racine s’emploient en cuisine sans danger aux doses culinaires. Sa racine diurétique est déconseillée en usage médicinal pendant la grossesse et en cas de maladie des reins, et sa sève contient des furocoumarines qui sensibilisent la peau au soleil.

Toxicité animaux : Le centre antipoison animal de l’ASPCA la classe toxique pour le chien, le chat et le cheval, à cause de ses huiles essentielles riches en phtalides. Les troubles décrits restent légers, essentiellement un effet diurétique.

Symptômes : Chez l’animal, une ingestion importante fait uriner davantage et peut irriter l’estomac. Chez l’homme, la sève suivie d’une exposition au soleil peut provoquer rougeurs et cloques sur les peaux sensibles, et les personnes allergiques au céleri peuvent réagir à la livèche.

Précautions : Porter gants et manches longues pour rabattre la touffe par temps ensoleillé, et se laver les mains ensuite. Éviter les tisanes de racine et les graines en quantité pendant la grossesse, et ne pas laisser un animal en brouter régulièrement.

Associations de plantes

Bonnes associations : La rhubarbe et la consoude aiment comme elle les terres riches et fraîches et, vivaces elles aussi, s’installent dans le même coin permanent du potager. La ciboulette, plantée à ses pieds côté sud, profite de la même terre fraîche sans lui faire concurrence. Ses ombelles attirent syrphes et coccinelles, utiles à tout le potager contre les pucerons.

Associations à éviter : Les céleris, les panais et le persil, plantés à côté, partagent avec elle la mouche du céleri, qui passe d’une plante à l’autre. Le thym, le romarin et la lavande réclament une terre sèche et pauvre, à l’opposé de celle qu’elle aime. Les légumes de plein soleil, comme les tomates ou les poivrons, souffrent de l’ombre de sa touffe s’ils sont plantés à son nord.

Conseil : Installer la livèche au nord du potager, en bout de planche avec la rhubarbe et les autres vivaces, pour qu’elle ne gêne ni le bêchage ni l’ensoleillement des cultures annuelles. Laisser fleurir une ou deux hampes seulement : elles nourrissent les auxiliaires, tandis que le rabattage des autres relance les feuilles.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au potager ou au carré d’aromatiques, dans un sol riche et frais, au soleil ou à mi-ombre, la touffe restant en place plusieurs années.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à août : tous les 5 à 7 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 10 à 15 jours Arroser copieusement au pied, jamais sur le feuillage, pour que l’eau descende jusqu’à la racine profonde. Une livèche qui a soif durcit ses feuilles et monte plus vite en fleurs.seulement quand il ne pleut pas, 10 à 15 litres au pied
Compost, amendementUtile De mi-février à fin mars Étaler l’apport autour de la souche avant le départ de la végétation, sans recouvrir les bourgeons. Plante gourmande, une livèche jamais nourrie donne d’année en année des feuilles plus petites et moins nombreuses.3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier bien décomposé
Division de touffeOptionnel De début mars à mi-avril, tous les 4 ans Déterrer la souche au démarrage de la végétation, la trancher à la bêche et replanter les éclats à 60 cm les uns des autres. Rajeunie tous les 4 à 5 ans, la touffe reste plus productive qu’une vieille souche au cœur épuisé.chaque éclat avec au moins un bourgeon
PaillageUtile De début mai à mi-juin Couvrir le pied de 5 à 8 cm de paille, de tontes séchées ou de feuilles broyées pour garder la fraîcheur tout l’été. Au sec, les feuilles durcissent et prennent une amertume marquée.sur une terre humide et réchauffée
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre Chercher sur les feuilles les plages pâles puis brunes et parcheminées où creusent les larves de la mouche du céleri, dès mai puis en fin d’été, et couper aussitôt les folioles minées. Les pucerons noirs colonisent les hampes florales, les limaces les jeunes pousses du printemps.mouche du céleri, pucerons noirs, limaces
FloraisonOptionnel De mi-juin à mi-août Les ombelles attirent syrphes, coccinelles et petites guêpes parasites, précieux alliés contre les pucerons du potager. Pendant la floraison, les feuilles prennent un goût plus fort et plus amer.ombelles jaune verdâtre au sommet de hampes de près de 2 m
RabattageUtile De mi-juin à fin juillet Quand les hampes florales montent et que les feuilles deviennent coriaces, couper toute la touffe en gardant au besoin une ou deux hampes pour les graines. De jeunes feuilles tendres repartent en 3 à 4 semaines et se récoltent jusqu’à l’automne.à 10 cm du sol, suivi d’un arrosage copieux
Fructification, récolteOptionnel De mi-août à fin septembre Couper les ombelles mûres et les laisser sécher tête en bas dans un sac en papier : leurs graines parfument pains, soupes et marinades. Elles perdent vite leur faculté germinative et se sèment de préférence dans l’année.quand les ombelles brunissent
Ramassage des feuilles mortesOptionnel De mi-octobre à fin novembre Couper au ras et évacuer le feuillage jauni, qui abrite les limaces et conserve les spores de la septoriose. La souche passe ensuite l’hiver en terre sans aucune protection.après les premières gelées