Arbre · Altingiacées
Copalme d'Amérique Liquidambar styraciflua
Aussi appelé : Liquidambar, Liquidambar d’Amérique, Copalme, Sweetgum
Le copalme d’Amérique est un grand arbre caduc de l’est de l’Amérique du Nord, planté chez nous pour son feuillage qui vire à l’orange, au rouge et au pourpre en octobre et en novembre. Il atteint 15 à 25 m de haut pour 8 à 12 m d’étalement et réclame donc un grand jardin. Il veut une terre profonde, fraîche et sans calcaire, et le plein soleil, qui donne les plus belles couleurs. En sol calcaire, une chlorose jaunit ses feuilles, et ses jeunes pousses craignent les gelées tardives de printemps.
- Type
- Arbre
- Famille
- Altingiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 5 à 9 : un arbre installé supporte -20 °C environ, mais ses jeunes pousses craignent les gelées tardives de printemps.
Dimensions : 15 à 25 m de haut pour 8 à 12 m d’étalement à maturité, en port conique puis ovale.
Floraison : Discrète, en avril et en mai : petits épis verdâtres dressés pour les fleurs mâles, boules pendantes pour les femelles, sans parfum notable. Tout son attrait tient au feuillage, qui vire à l’orange, au rouge et au pourpre en octobre et en novembre.
Substrat : Terre profonde, fraîche et bien drainée, au pH de 5 à 7 : le calcaire provoque une chlorose qui jaunit ses feuilles.
Exposition : Plein soleil pour les plus belles couleurs d’automne ; il tolère la mi-ombre, où son feuillage se colore moins.
Arrosage : Les trois premières années, 30 à 40 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été et tous les 10 à 15 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas ; ensuite, un arrosage copieux pendant les sécheresses prolongées.
Durée de vie : Arbre caduc de longue vie, qui dépasse couramment 150 ans et peut vivre jusqu’à 400 ans dans son aire d’origine.
Multiplication : Semis au printemps de graines passées 2 mois au froid, ou bouturage de tiges semi-aoûtées en juin et juillet, sous abri.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, verser 30 à 40 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été, et tous les 10 à 15 jours en mai et en septembre, quand il ne pleut pas. Adulte, il demande encore un arrosage copieux pendant les sécheresses prolongées, qui font brunir et tomber ses feuilles avant l’heure.
Fertilisation : Dans une terre profonde et fraîche, aucun engrais n’est nécessaire : un paillis d’écorces de pin ou de feuilles renouvelé chaque printemps entretient le sol. Si ses jeunes feuilles jaunissent entre des nervures restées vertes, un chélate de fer apporté au pied les fait reverdir pour la saison.
Rempotage : Il ne se rempote pas : on le plante jeune, en conteneur, en automne ou au début du printemps, car un gros sujet reprend lentement. Tuteurer les deux premières années et pailler largement le pied.
Taille : Il prend seul sa forme conique : sur un jeune sujet, tous les 3 ans environ, de décembre à février, supprimer une flèche concurrente et les branches basses qui gênent. Ôter en hiver le bois mort ou cassé, et ne jamais tailler au printemps, quand les coupes perdent beaucoup de sève.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une croissance vigoureuse et les couleurs d’automne les plus vives. À mi-ombre, il pousse encore mais son feuillage se colore moins.
Emplacement : En extérieur, isolé sur une grande pelouse, à 8 m au moins des bâtiments, des canalisations et des allées, que ses racines traçantes peuvent soulever. Éviter les abords des terrasses et des piscines, où ses fruits épineux tombent tout l’hiver.
Substrat : Une terre profonde, fraîche et meuble, argileuse ou limoneuse, qui ne se dessèche pas l’été. Les sols calcaires, superficiels ou très secs lui conviennent mal.
pH : De 5 à 7, en sol acide à neutre. Au-delà de 7,5, le calcaire bloque l’absorption du fer et ses feuilles jaunissent.
Drainage : Il supporte une terre argileuse et humide l’hiver, à condition qu’elle ne reste pas gorgée d’eau en permanence. C’est la sécheresse d’été, plus que l’excès d’eau, qui le fait souffrir.
Multiplication
Semis : récolter les boules épineuses en octobre ou novembre, les laisser sécher pour libérer les graines, puis garder celles-ci 2 mois au réfrigérateur dans du sable humide. Semer en mars en terrine sous abri, graines couvertes de 3 à 5 mm, à 18 à 20 °C : la levée prend 3 à 6 semaines. Les plants reproduisent l’espèce, mais la couleur d’automne varie d’un semis à l’autre. Le semis après un passage au froid est la voie la plus sûre pour un amateur, avec une bonne levée si le passage au froid a été fait.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte les deux sexes. Les boules épineuses sont mûres quand elles passent du vert au brun, et se cueillent sur l’arbre avant de s’ouvrir et de laisser tomber leurs graines ailées. Le même arbre porte les fleurs mâles et femelles, et le vent les pollinise : un arbre isolé donne beaucoup de graines vides, qu’on écarte en ne gardant que les plus pleines. Bien sèches, elles se gardent 1 à 2 ans dans un bocal au frais ; les cultivars, eux, ne viennent pas de graines et s’achètent greffés.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais capricieux : en juin et juillet, prélever des boutures de tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm et les piquer dans un mélange de terreau et de perlite, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, avec l’hormone de bouturage en facultatif. Les racines se forment en 6 à 10 semaines, et une bouture sur deux ou trois réussit en moyenne.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps sur une branche basse : l’entailler sous un nœud, l’enterrer à 10 cm dans une cuvette de terreau, la maintenir par un crochet et la sevrer au bout d’un an. La greffe, réservée aux cultivars, est affaire de pépiniériste.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le copalme est rarement malade : son trouble le plus fréquent, la chlorose ferrique, vient d’un sol trop calcaire et jaunit les feuilles entre des nervures restées vertes. Sur un arbre affaibli, l’armillaire, un champignon des racines qui se signale à l’automne par des touffes de champignons couleur miel au pied, peut le faire dépérir lentement, sans remède. Son bois cassant se brise parfois sous le vent ou la neige, et une plaie mal nettoyée laisse entrer des champignons de pourriture.
Parasites fréquents : Aucun ravageur ne lui cause de dégâts sérieux en France, et l’on n’a en règle générale rien à traiter. Des feuilles qui brunissent et tombent en plein été trahissent la sécheresse, pas un parasite.
Prévention : Le planter dans une terre fraîche, profonde et non calcaire, puis l’arroser pendant ses premiers étés, évite l’essentiel de ces troubles. Tailler en hiver avec des outils propres, et couper net les branches cassées pour que les plaies cicatrisent.
Toxicité
Toxicité humaine : Le copalme n’est pas réputé toxique, et aucune intoxication n’est connue par ses feuilles, ses fleurs ou ses fruits. Le seul risque est mécanique : ses boules épineuses tombées font glisser sur une allée ou une terrasse et piquent la peau.
Toxicité animaux : Il n’est pas réputé toxique pour le chien, le chat ou le cheval. Ses fruits durs et piquants peuvent en revanche blesser les coussinets d’un chien et, avalés, irriter ou obstruer sa gorge ou son tube digestif.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Un chien qui a avalé un fruit peut tousser, baver, vomir ou perdre l’appétit, signes d’une irritation ou d’une obstruction.
Précautions : Ramasser régulièrement les fruits tombés sur les allées, la terrasse et la pelouse, et ne pas laisser un chien les mâchonner. S’il en a avalé un et montre ces signes, consulter un vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les amélanchiers et les bouleaux, qui aiment comme lui les terres fraîches et non calcaires, forment avec lui un bosquet aux couleurs d’automne échelonnées. Un fond de conifères sombres, if ou pin, fait ressortir ses feuillages orangés et pourpres d’octobre à novembre. À son pied, des couvre-sols robustes comme l’épimède ou la pervenche supportent la concurrence de ses racines superficielles.
Associations à éviter : Les plantes de sol sec et calcaire, comme les lavandes ou les romarins, ne se plaisent pas dans la terre fraîche et acide qu’il réclame. Un potager ou des massifs gourmands en eau à moins de 5 m du tronc se disputent l’eau avec ses racines traçantes. Une pelouse soignée à son pied souffre de ses fruits épineux, qui gênent la tonte tout l’hiver.
Conseil : Le planter isolé, au fond du jardin ou au milieu d’une grande pelouse, pour profiter de sa silhouette conique et de ses couleurs d’automne sans subir ses fruits sur les lieux de passage. Si les fruits gênent, la variété ‘Rotundiloba’, qui n’en porte presque pas, offre le même spectacle d’automne.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre installé en pleine terre, au soleil, dans une terre profonde, fraîche et non calcaire, à bonne distance des constructions.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | En mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 10 à 15 jours | Verser 30 à 40 litres au pied d’un seul coup, quand il n’a pas plu, pour humidifier la terre en profondeur. Un été sec fait brunir et tomber ses feuilles avant l’heure, même sur un arbre installé. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Le paillis garde fraîches ses racines superficielles et acidifie un peu la surface du sol en se décomposant. Laisser quelques centimètres dégagés autour du tronc. |
| Correction du pH | D’avril à juin | Un chélate de fer apporté au pied fait reverdir le feuillage pour la saison, et un paillis d’écorces de pin acidifie lentement la surface. En sol franchement calcaire, le remède est à refaire chaque année sans jamais guérir l’arbre. |
| Fructification, récolte | De mi-novembre à mi-avril | Les ramasser régulièrement sur les allées, la terrasse et la pelouse : elles font glisser, piquent les pieds nus et les pattes des chiens, et abîment la tondeuse. |
| Taille de structure | De décembre à février, tous les 3 ans | Supprimer une flèche concurrente et, au fil des ans, les branches basses qui gênent le passage. Jamais au printemps, quand les coupes perdent beaucoup de sève. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De décembre à février, tous les 2 ans | Son bois cassant se brise parfois sous le vent ou la neige ; une coupe nette au ras du bourrelet de la branche cicatrise sans laisser entrer la pourriture. |