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Annuelle · Campanulacées

Lobélie Lobelia erinus

Aussi appelé : Lobélie érine, Lobélie annuelle, Lobélie de bordure, Edging lobelia

La lobélie est une petite plante d’Afrique du Sud, vivace chez elle mais cultivée en annuelle chez nous pour sa floraison continue de mai aux gelées. Haute de 10 à 25 cm, ou retombante jusqu’à 40 cm en variété pendula, elle se couvre de petites fleurs bleues, violettes, blanches ou roses. Elle demande une terre fraîche, une mi-ombre l’après-midi et, en été, un arrosage quotidien en suspension. Un seul dessèchement complet la tue, comme la première gelée, et elle est toxique si elle est ingérée.

Lobélie (Lobelia erinus)
Photo : André Karwath aka Aka, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons
Type
Annuelle
Famille
Campanulacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
0 °C
Floraison
De mai à octobre
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Aucune, c’est une gélive stricte : zone USDA 10 à 11, et la première gelée d’automne la tue en une nuit. Sous 5 °C elle cesse de pousser, ce qui explique qu’on ne la sorte pas avant la mi-mai.

Dimensions : 10 à 25 centimètres de haut pour 20 à 30 d’étalement en variété compacte, et des tiges retombant jusqu’à 40 centimètres en variété pendula.

Floraison : De mai aux premières gelées, sans interruption, en une nuée de petites fleurs bleu intense, bleu ciel, violettes, blanches ou rose, sans parfum. La plante est toxique si elle est ingérée.

Substrat : Bon terreau pour plantes fleuries, frais, humifère et drainant, additionné d’un cinquième de compost. Le pH se situe entre 6 et 7, sans exigence particulière.

Exposition : Soleil doux du matin, mi-ombre l’après-midi au sud de la Loire ; c’est une plante de fraîcheur, pas de plein cagnard.

Arrosage : Tous les jours en juillet et août dans une suspension, tous les 1 à 2 jours au printemps, le matin. Elle ne survit pas à un dessèchement complet, même unique.

Durée de vie : Annuelle sous nos climats, 5 à 6 mois de floraison de mai à octobre. Vivace tendre dans son Afrique du Sud natale, elle ne se conserve pas d’une année sur l’autre en France.

Multiplication : Semis en surface sous abri lumineux en février ou mars, pour des plants installés dehors à la mi-mai.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 1 à 2 jours de la plantation à fin juin, puis tous les jours en juillet et en août dans une suspension exposée, de préférence le matin et au pied. Le terreau ne doit jamais sécher : sans réserve d’aucune sorte, la potée grille en une journée de canicule.

Fertilisation : Engrais liquide pour plantes fleuries, riche en potasse et à demi-dose, tous les 12 à 15 jours dès la reprise puis tous les 8 à 10 jours en pleine floraison. Le terreau d’une jardinière est épuisé au bout de 6 semaines et la floraison s’arrête sans apport.

Rempotage : Sans objet pour une annuelle, qui finit avec la saison. Le geste équivalent est de repartir chaque printemps d’un terreau neuf, le substrat de l’année précédente étant à la fois épuisé et tassé.

Taille : Un rabattage franc de la moitié de la touffe à la mi-juillet, aux ciseaux, quand la première vague faiblit. Arroser et fertiliser aussitôt : une seconde floraison repart en 2 à 3 semaines et tient jusqu’aux gelées.

Exposition & substrat

Exposition : 4 à 6 heures de soleil, celui du matin de préférence. Le plein soleil de l’après-midi en été la fait fondre : elle cesse de fleurir et se dégarnit par le centre.

Emplacement : Sous abri jusqu’à la mi-mai, puis dehors jusqu’aux gelées, en balcon est ou ouest, en jardinière, en suspension ou en bordure de massif. Un nord clair lui convient encore, un plein sud fermé beaucoup moins.

Substrat : Terreau pour plantes fleuries additionné d’un cinquième de compost, léger et retenant l’eau sans se compacter. Une part de perlite ou de sable évite la prise en masse qui suit les arrosages quotidiens.

pH : De 6 à 7, légèrement acide à neutre ; elle est peu difficile sur ce point.

Drainage : Substrat constamment humide mais jamais détrempé, l’équilibre le plus délicat de sa culture. Un fond d’eau qui stagne dans la soucoupe ou le réservoir d’une suspension fait pourrir le collet en quelques jours.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en février ou mars, à l’intérieur ou en serre, mêler les graines, fines comme de la poussière, à du sable fin, les semer par pincées en surface sans les couvrir, car elles germent à la lumière, et humidifier par le bas. À 18 à 20 °C, la levée prend 10 à 15 jours, et l’on repique les pincées en touffes sans les séparer. Les variétés de semis reproduisent assez fidèlement leur couleur, mais les retombantes multipliées par bouture ne se sèment pas. Le semis réussit bien si l’on ne couvre pas les graines, pour des plants à sortir à la mi-mai.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, mais les insectes croisent les couleurs voisines. Les minuscules capsules mûrissent de la fin d’été à l’automne et se récoltent quand elles brunissent, en secouant les tiges au-dessus d’un sachet. Pour garder une teinte, mieux vaut ne récolter que sur un massif d’une seule variété, ou racheter les sachets du commerce, souvent en graines enrobées faciles à semer. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Rarement pratiqué, sauf pour les lobélies retombantes vendues en godets, multipliées par bouture : en mai ou juin, piquer des tiges herbacées de 5 cm dans un mélange de terreau et de perlite, à l’intérieur, à l’étouffée et à 18 à 20 °C. Les racines se forment en 2 à 3 semaines.

Division et autres méthodes : Aucune : annuelle aux racines fines, elle ne se divise ni ne se marcotte.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet est la première cause de perte : la touffe noircit à la base et s’effondre d’un bloc, presque toujours après de l’eau laissée dans la soucoupe. L’oïdium poudre le feuillage en fin d’été sur une touffe trop dense, et le rabattage de juillet suffit le plus souvent à l’éviter. La fonte des semis guette les semis de février, à conduire en substrat drainant, à la lumière et sans excès d’eau.

Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les pointes de tiges au printemps et cèdent au jet d’eau en deux passages espacés d’une semaine, sinon à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les aleurodes, petites mouches blanches qui s’envolent au moindre contact, s’installent sous les feuilles quand la plante passe l’hiver ou le début de printemps sous abri. Les limaces, enfin, font disparaître un jeune plant en une nuit dans les jours qui suivent la plantation.

Prévention : Arroser le matin, au pied, sans mouiller les fleurs, et vider systématiquement soucoupes et réservoirs. Espacer les plants de 15 à 20 cm pour que l’air circule dans la touffe. Rabattre à la mi-juillet : le geste aère autant qu’il relance la floraison.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion. Toutes les parties contiennent des alcaloïdes pipéridiniques, dont la lobéline, et le latex peut irriter la peau des personnes sensibles ; elle ne se consomme en aucune façon, ni en tisane, ni en décoration de plat.

Toxicité animaux : Le genre Lobelia est répertorié comme toxique pour le chien, le chat et le cheval, avec une toxicité considérée comme modérée. Les suspensions à portée de gueule ou les plants fraîchement installés en bordure sont les situations à risque.

Symptômes : Hypersalivation, nausées, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales dans les minutes ou les heures qui suivent l’ingestion. Une quantité importante peut provoquer des troubles du rythme cardiaque ; au contact, rougeur et démangeaisons.

Précautions : Suspendre les potées hors de portée des animaux et des jeunes enfants, et porter des gants en cas de peau réactive. En cas d’ingestion, appeler un vétérinaire ou un centre antipoison plutôt que de faire vomir soi-même.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le bacopa partage exactement ses besoins en eau et en fraîcheur, et ses petites fleurs blanches font ressortir le bleu sans lui disputer la place. Le bégonia semperflorens supporte la même mi-ombre et le même arrosage quotidien, avec un port dressé qui structure la jardinière. Le fuchsia, en suspension d’ombre légère, se conduit au même rythme et fleurit sur la même période.

Associations à éviter : Le pélargonium lierre et les gazanias ou pourpiers aiment le sec et le plein soleil : arrosés au rythme de la lobélie, ils pourrissent par le collet. Les surfinias les plus vigoureux l’étouffent en 6 semaines, leur masse couvrant une plante de 20 cm. Les succulentes de balcon, mêmes besoins inversés, ne partagent avec elle aucune condition.

Conseil : La placer toujours en bordure ou en retombée, jamais au centre d’une composition où elle se fait recouvrir. Trois plants suffisent pour une suspension de 25 cm, et le rabattage de juillet décide à lui seul de l’aspect de la potée en septembre.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Semis sous abri clair en fin d’hiver, puis culture en jardinière ou en suspension dans un bon terreau, dehors de la mi-mai aux premières gelées, au soleil du matin et à l’ombre légère l’après-midi.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 1 à 2 jours ; de juillet à août : chaque jour ; de début septembre à mi-octobre : tous les 2 à 3 jours Arroser le matin, au pied et non sur les fleurs, sans jamais laisser le terreau se dessécher. La lobélie n’a aucune réserve : une potée oubliée une journée de canicule grille et ne repart pas.Tous les jours en juillet et en août dans une suspension exposée
Engrais liquideEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 12 à 15 jours ; de juillet à septembre : tous les 8 à 10 jours Donner l’engrais avec l’eau d’arrosage, sur substrat déjà humide, dès une quinzaine de jours après la plantation. Le terreau d’une jardinière est épuisé au bout de 6 semaines et la floraison s’arrête net sans apport.Engrais pour plantes fleuries, riche en potasse, à demi-dose
Inspection parasitaireUtile De mi-mai à fin juin : chaque semaine ; de début juillet à mi-septembre : toutes les 1 à 2 semaines Regarder les extrémités et le revers des feuilles chaque semaine, et surveiller les limaces les premières nuits après la plantation. Un jeune plant de lobélie disparaît en une nuit.Limaces sur les plants fraîchement installés, pucerons en pointe de tige
Vidage de la soucoupeUtile De janvier à décembreDès que : Eau restant dans la soucoupe ou dans le réservoir après un arrosage ou une pluie Vider dès qu’il reste un fond d’eau, y compris par temps frais. Les racines fines de la lobélie pourrissent vite dans l’eau stagnante alors même qu’elles réclament un substrat constamment humide.Réservoir des suspensions compris, souvent oublié
SemisEssentiel De mi-février à fin mars Semer sous abri lumineux en février ou mars, sans enterrer les graines qui ont besoin de lumière pour germer, et humidifier par le bas. Semer plus tôt ne sert à rien : les plants attendraient la mi-mai pour sortir et s’étioleraient d’ici là.Graines minuscules semées en surface, non recouvertes, à 18 à 20 °C
PincementUtile En avril Pincer l’extrémité des jeunes plants en godet pour les faire ramifier depuis la base. Une lobélie non pincée fait quelques tiges maigres au lieu du coussin fleuri attendu.Pincer au-dessus de la troisième paire de feuilles
Acclimatation à la lumièreUtile De mi-avril à mi-mai Sortir les godets quelques heures par jour avant la plantation, en augmentant progressivement la durée et la lumière. Un plant passé d’un coup de l’abri au plein air se décolore et met 3 semaines à repartir.Une semaine au moins, à l’ombre d’abord puis au soleil du matin
Mise en place des plantsEssentiel De mi-mai à mi-juin Installer les plants en jardinière, en suspension ou en bordure à la mi-mai, quand les gelées ne sont plus à craindre. C’est une annuelle sous nos climats : la première gelée d’automne la détruit, elle ne se rentre pas, elle se ressème l’année suivante.Après les saints de glace, trois plants pour une suspension de 25 cm
Ombrage estivalUtile De mi-juin à fin aoûtDès que : Vague de chaleur au-delà de 30 °C ou plein soleil de l’après-midi Déplacer la suspension ou l’ombrer pendant les canicules, sans la priver du soleil du matin. C’est une plante de fraîcheur : au-dessus de 30 °C elle cesse de fleurir et se dégarnit par le centre.Une ombre légère aux heures chaudes suffit, pas l’ombre complète
RabattageEssentiel En juillet Rabattre franchement quand la première vague de fleurs marque le pas et que les tiges s’allongent, puis arroser et donner de l’engrais. Une seconde floraison repart en 2 à 3 semaines et tient jusqu’aux gelées.Couper la touffe de moitié aux ciseaux, fleurs comprises