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Arbuste · Berbéridacées

Mahonia Mahonia aquifolium

Aussi appelé : Mahonia à feuilles de houx, Mahonie à feuilles de houx, Mahonia faux-houx, Raisin d’Oregon, Oregon grape

Le mahonia est un arbuste persistant de l’ouest de l’Amérique du Nord, aux feuilles vernissées et piquantes comme celles du houx. De fin février à avril, il porte des grappes de petites fleurs jaune d’or au parfum de miel, suivies de baies bleu-noir pruinées. Il forme chez nous une touffe de 1 à 1,50 m qui s’élargit peu à peu par ses rejets, et se plaît à mi-ombre, sous des arbres ou au pied d’un mur nord. Peu exigeant une fois installé, il ne craint guère que les sols très crayeux, où il jaunit, et le vent froid et sec qui roussit son feuillage.

Mahonia (Mahonia aquifolium)
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Berbéridacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-25 °C
Floraison
De février à avril
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 5, soit environ -25 °C une fois installé. Sous un vent froid et sec, le feuillage brunit bien avant que la souche ne soit menacée.

Dimensions : 1 à 1,50 m de haut pour autant de large, davantage avec le temps car la souche drageonne. La croissance est lente : 3 à 4 ans pour prendre sa forme.

Floraison : De la fin février à fin avril, en grappes dressées de petites fleurs jaune d’or au parfum miellé, suivies de baies bleu-noir pruinées.

Substrat : Terre de jardin humifère, fraîche et drainée, enrichie de terreau de feuilles. pH idéal de 5,5 à 7 ; il supporte un calcaire modéré mais jaunit en sol très crayeux.

Exposition : Mi-ombre ou ombre claire, sous le couvert d’arbres caducs ou au pied d’un mur nord. Le plein soleil ne lui nuit que si le sol sèche, et il y prend des teintes rouges en hiver.

Arrosage : Un arrosage copieux tous les 10 à 15 jours l’été, pendant les deux ou trois premières années seulement. Ensuite plus rien, sauf canicule prolongée.

Durée de vie : Arbuste vivace à feuillage persistant, 20 à 30 ans en place, et bien davantage puisqu’il se renouvelle par ses rejets.

Multiplication : Prélèvement d’un rejet enraciné en automne ou en fin d’hiver, ou semis de graines fraîches en septembre, dehors.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 10 à 15 jours de juin à début septembre les premiers étés, au pied et non sur le feuillage. Passé la reprise, la pluie suffit hors sécheresse exceptionnelle.

Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr griffés en surface en mars, une fois par an. Pas d’engrais minéral : il pousse lentement par nature, et le forcer ne donne que des pousses tendres.

Rempotage : En bac seulement, tous les 3 à 4 ans au tout début du printemps, dans un mélange de terre franche, terreau et terreau de feuilles. En pleine terre, la question ne se pose pas.

Taille : Facultative ; tous les 3 ans, rabattre un ou deux vieux rameaux dénudés à 20 cm du sol, en mai, juste après la floraison. Tailler plus tard dans la saison supprimerait les fleurs de l’hiver suivant, déjà formées.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse, 2 à 4 heures de soleil doux le matin. Il accepte l’ombre sèche d’un mur nord, ce que peu d’arbustes à feuillage persistant supportent.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en fond de massif exposé au nord ou à l’est. À distance d’une allée passante : les feuilles sont bordées de piquants.

Substrat : Terre de jardin mêlée de terreau de feuilles et de compost, souple et humifère. Un sol de sous-bois est la référence.

pH : Entre 5,5 et 7, l’acidité légère lui convenant le mieux. Au-delà de 7,5, les jeunes feuilles jaunissent entre les nervures.

Drainage : Sol drainé mais frais, jamais détrempé en hiver. L’eau stagnante sur un sol lourd fait pourrir les racines plus sûrement que le froid.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : en octobre et novembre ou en février et mars : dégager à la bêche une pousse munie de racines en bordure de la touffe, la trancher du pied mère et la replanter aussitôt. Arroser jusqu’à la reprise. Le prélèvement d’un rejet enraciné, le plus simple et le plus sûr, puisque la souche drageonne d’elle-même.

Les autres méthodes

Bouturage : De septembre à novembre, piquer des tiges semi-aoûtées de 10 cm, ou des tronçons d’un nœud portant une feuille raccourcie de moitié, dans un mélange de terreau et de sable, sous abri froid, à l’ombre. Les racines se forment en 8 à 12 semaines, au fil de l’hiver ; des gants protègent des feuilles piquantes.

Semis :

SemerEn septembre, extraire les graines des baies bien mûres, les nettoyer de leur pulpe et les semer en terrine dehors, couvertes de 5 mm : le froid de l’hiver les fait lever au printemps. Les plants reproduisent l’espèce, à quelques variations près.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : mais un second pied voisin le fait fructifier bien plus abondamment. Les baies se cueillent quand elles sont bleu-noir et couvertes de pruine, qu’elles se détachent sans effort et s’écrasent sous les doigts. L’arbuste fructifie bien plus abondamment quand un autre pied pousse à proximité, les abeilles et les bourdons portant le pollen de l’un à l’autre. Les graines perdent vite leur faculté en séchant : les semer dans les semaines qui suivent l’extraction.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La rouille du mahonia marque le dessus des feuilles de taches pourpres et le dessous de pustules brun orangé. L’oïdium pose un feutrage blanc sur les jeunes pousses de printemps. Ramasser les feuilles atteintes et dégager l’arbuste suffit le plus souvent, le soufre restant possible sur une attaque installée.

Parasites fréquents : Peu de ravageurs : des cochenilles farineuses dans les aisselles des sujets plantés trop serré, et des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles quand l’otiorhynque passe, surtout en bac. Un jet d’eau puis une huile de colza viennent à bout des cochenilles.

Prévention : Espacer les plants d’au moins 1 m pour que l’air circule dans un feuillage qui reste en place toute l’année. Ne jamais arroser sur les feuilles, et évacuer à l’automne celles qui portent des taches plutôt que de les laisser au pied.

Toxicité

Toxicité humaine : Faible. Les baies bleues mûres se mangent et se cuisinent en gelée, très acides ; ce sont l’écorce et la racine, jaune vif, qui concentrent la berbérine et ne s’avalent pas.

Toxicité animaux : Le mahonia à feuilles de houx est classé non toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA. Un animal qui ronge une tige peut néanmoins vomir, à cause de cette même berbérine.

Symptômes : Nausées, vomissements et diarrhée après une grosse quantité de baies crues ou un morceau d’écorce. La peau n’est pas irritée, mais les feuilles piquent : les épines du bord entaillent les doigts.

Précautions : Des gants pour tailler, et la consigne aux enfants de ne pas croquer plus d’une poignée de baies. Les préparations à base de racine sont déconseillées pendant la grossesse.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les hellébores et les épimèdes fleurissent au même moment, dans la même ombre fraîche, et habillent sa base qui se dégarnit. Les fougères persistantes, dryoptéris en tête, réclament exactement le même sol humifère. Les perce-neige et les cyclamens de Naples occupent le pied aux saisons où l’arbuste ne montre rien.

Associations à éviter : Les plantes de plein soleil et de sol sec, lavandes, cistes ou santolines, ne survivent pas à son ombre ni à son sol frais. Éviter aussi le pied immédiat d’un hêtre ou d’un bouleau, dont les racines traçantes assèchent tout. Et rien de fragile en dessous : les feuilles épineuses qui tombent rendent le désherbage pénible.

Conseil : Le placer dans l’axe d’une fenêtre regardée en hiver, car sa floraison jaune de février sera la seule de la saison à cet endroit du jardin.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, à mi-ombre ou sous le couvert clair d’arbres caducs, dans une terre humifère qui reste fraîche.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début juin à mi-septembre : tous les 10 à 15 jours Un arrosage copieux tous les 10 à 15 jours pendant les étés secs, le temps que les racines descendent. Au-delà, seule une canicule prolongée justifie de reprendre l’arrosoir.Les deux ou trois premiers étés seulement : ensuite l’arbuste se passe d’eau
Inspection parasitaireUtile D’avril à septembre : toutes les 3 à 4 semaines Regarder le dessous des feuilles toutes les 3 ou 4 semaines : les taches pourpres de la rouille et le feutrage blanc de l’oïdium se traitent tant qu’ils tiennent sur quelques feuilles.Rouille du mahonia et oïdium, les deux ennuis réels de l’espèce
FloraisonUtile De mi-février à fin avril Les bouquets jaunes s’ouvrent dès la fin de l’hiver au bout des rameaux. Ne rien couper à ce moment, sous peine de perdre les baies de l’été.Grappes jaunes dressées et parfumées, parmi les premières nourritures des abeilles
Compost, amendementUtile En mars 2 à 3 cm de compost griffés en surface au démarrage de la végétation nourrissent l’arbuste pour l’année et entretiennent l’humus qu’il réclame.Compost mûr ou terreau de feuilles, jamais d’engrais minéral
PaillageUtile En avril Le paillage posé avant les chaleurs garde le pied frais, ce qui compte plus que l’arrosage pour un mahonia planté en sol drainant.Broyat ou feuilles mortes d’autres essences, 5 à 7 cm, écartés du tronc
RabattageUtile De début mai à mi-juin, tous les 3 ans Le mahonia se dégarnit du bas avec l’âge. Rabattre un rameau sur trois juste après la floraison relance des pousses basses sans sacrifier toute la fructification.Un ou deux vieux rameaux dénudés coupés à 20 cm du sol
Fructification, récolteUtile De mi-juin à mi-août Les grappes bleuissent au cœur de l’été. Les cueillir dès qu’elles sont souples si on veut la gelée, car les merles les prennent en quelques jours.Baies bleu sombre couvertes de pruine, très acidulées
Gourmands et rejetsOptionnel De mi-septembre à mi-novembre Le mahonia à feuilles de houx s’étend par rejets souterrains. Sectionner à la bêche ceux qui débordent du massif, à l’automne, quand la terre est ressuyée.Les drageons sortent parfois à 1 m du pied
Ramassage des feuilles mortesUtile De mi-octobre à mi-décembre Évacuer les feuilles tachées de rouille tombées au pied plutôt que de les laisser sous le paillage, où les spores passeraient l’hiver à l’abri.Persistant, il ne perd guère que ses feuilles malades : ce sont elles qu’on ramasse