Arbre fruitier · Rosacées
Pommier Malus domestica
Aussi appelé : Pommier domestique, Pommier cultivé, Pommier commun, Apple tree
Le pommier est le plus courant des arbres fruitiers de nos jardins, issu de pommiers sauvages d’Asie centrale et décliné en milliers de variétés qu’on ne reproduit que par greffe. Selon le porte-greffe, il forme un arbre de 3 à 6 m de haut, couvert en avril et mai de fleurs blanc rosé légèrement parfumées. Il réclame le plein soleil, un sol profond et bien drainé, et de l’eau en été quand la sécheresse s’installe. Ses fleurs craignent les gelées tardives, qui peuvent compromettre la récolte de toute une année.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4-8, résiste jusqu'à environ -30°C.
Dimensions : 3 à 6 m de hauteur pour 3 à 5 m d'étalement à maturité (selon porte-greffe).
Floraison : En avril-mai, boutons roses qui s’ouvrent en fleurs blanc rosé légèrement parfumées, sensibles aux gelées tardives.
Substrat : Sol profond, riche en matière organique, bien drainé, pH idéal entre 6 et 7.
Exposition : Plein soleil indispensable pour une bonne fructification.
Arrosage : Régulier surtout la première année et en période de sécheresse, environ 15-20 L par semaine en été pour un arbre adulte.
Durée de vie : Arbre vivace, 50 à 80 ans en verger, et plus d’un siècle pour un sujet de plein vent conduit sans excès.
Multiplication : Greffe en fente en mars ou en écusson en août sur porte-greffe, seule façon de reproduire une variété.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arroser régulièrement les jeunes arbres (1 à 2 fois par semaine en été, surtout la première année), puis réduire une fois établi car le pommier tolère bien la sécheresse modérée ; en hiver, aucun arrosage n'est nécessaire sauf sécheresse prolongée.
Fertilisation : Apporter un engrais organique ou spécifique arbres fruitiers riche en potasse au printemps, complété éventuellement par du compost en automne.
Rempotage : Le pommier se cultive en pleine terre ; s'il est en pot (jeune sujet), un rempotage tous les 2-3 ans dans un pot plus grand avec terreau drainant est recommandé.
Taille : Tailler en hiver pendant le repos végétatif pour aérer la structure, supprimer le bois mort et favoriser la fructification, puis effectuer une taille d'été légère pour limiter la vigueur et améliorer l'ensoleillement des fruits.
Exposition & substrat
Exposition : Le pommier a besoin de plein soleil, avec au moins 6 à 8 heures d'ensoleillement direct par jour pour une bonne fructification.
Emplacement : Culture en extérieur uniquement, dans un endroit aéré mais abrité des vents forts, orientation sud ou sud-est idéale.
Substrat : Sol profond, riche en matière organique, de type limoneux à argilo-limoneux.
pH : Un pH légèrement acide à neutre, entre 6,0 et 7,0, est optimal.
Drainage : Un bon drainage est essentiel car l'arbre craint les excès d'eau et l'asphyxie racinaire ; éviter les sols compactés ou détrempés.
Multiplication
Greffe : en fente de fin février à mars : rabattre le porte-greffe, fendre sa tête, y glisser un greffon de 2 ou 3 yeux taillé en biseau, écorces alignées, puis ligaturer et protéger les coupes du dessèchement. Greffe en écusson en août : glisser un œil prélevé avec un peu d’écorce dans une incision en T du porte-greffe, puis ligaturer. C’est ainsi que se multiplient tous ses cultivars. La greffe sur un porte-greffe, seule façon de reproduire une variété, avec une bonne réussite après un peu de pratique.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se pratique pas chez l’amateur : les variétés de pommier s’enracinent très mal, et un arbre franc de pied perdrait la maîtrise de la vigueur qu’apporte le porte-greffe.
Semis :
SemerUtile seulement pour obtenir un porte-greffe : passer les pépins 2 à 3 mois au réfrigérateur dans du sable humide, puis les semer en mars à 1 cm, dehors ou sous abri, pour une levée en 3 à 6 semaines. Les pépins ne reproduisent jamais la variété mère, et le fruit d’un semis est le plus souvent médiocre.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le pommier est autostérile. Les pépins se tirent de pommes bien mûres, en automne, et doivent rester bruns et pleins ; on les rince et on les laisse sécher quelques jours avant de les mettre au froid. Il lui faut un autre pommier ou un pommier sauvage fleurissant en même temps, et les abeilles pour transporter le pollen, si bien que chaque pépin est un croisement. Pour un porte-greffe, les graines de pommier franc du commerce sont plus régulières que les pépins de fruits de table.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La tavelure (Venturia inaequalis) provoque des taches brun-olive sur feuilles et fruits ; on traite par fongicides cupriques ou au soufre dès le débourrement. L'oïdium se manifeste par un feutrage blanc sur jeunes pousses et se traite avec des fongicides adaptés et une taille des parties atteintes. Le chancre européen (Nectria galligena) forme des plaies déprimées sur le bois, nécessitant l'ablation des branches touchées et l'application de mastic cicatrisant.
Parasites fréquents : Le puceron cendré déforme et enroule les feuilles, il se combat avec des insecticides ou des auxiliaires comme les coccinelles. Le carpocapse des pommes creuse des galeries dans les fruits, on le contrôle par pièges à phéromones et traitements ciblés. L'anthonome du pommier attaque les bourgeons floraux, se traitant par des insecticides appliqués avant l'éclosion des fleurs.
Prévention : Assurer une taille régulière pour aérer le feuillage et limiter l'humidité stagnante propice aux champignons. Ramasser et détruire les feuilles mortes et fruits infectés pour réduire les sources d'inoculum. Favoriser la biodiversité au verger pour encourager les prédateurs naturels des ravageurs.
Toxicité
Toxicité humaine : Le fruit (pomme) est comestible et non toxique ; seules les graines contiennent de l'amygdaline, un composé cyanogène, mais elles ne sont dangereuses qu'en grande quantité mâchée.
Toxicité animaux : Les graines et les feuilles/tiges peuvent être toxiques pour les chiens, chats et chevaux si ingérées en quantité, en raison du même composé cyanogène.
Symptômes : En cas d'ingestion massive de graines broyées, on peut observer des difficultés respiratoires, des vomissements, une faiblesse et des tremblements liés à une intoxication au cyanure.
Précautions : Retirer les pépins et le trognon avant de donner la pomme aux animaux, et éviter de laisser les enfants ou animaux mâcher de grandes quantités de graines.
Associations de plantes
Bonnes associations : La consoude apporte du potassium et enrichit le sol au pied du pommier, tandis que la tanaisie et la capucine repoussent pucerons et carpocapses. L'ail et la ciboulette plantés au pied préviennent la tavelure et éloignent certains insectes nuisibles.
Associations à éviter : Évitez de planter à proximité des noyers (juglone toxique) qui inhibent la croissance du pommier. Les pommes de terre partagent des maladies communes (mildiou) et attirent des parasites similaires, augmentant les risques sanitaires. Les grandes cultures gourmandes comme le maïs entrent en concurrence directe pour l'eau et les nutriments.
Conseil : Créez une guilde autour du tronc avec des plantes à bulbes (ail, oignon) en cercle rapproché, puis des couvre-sols mellifères comme la phacélie un peu plus loin pour attirer les pollinisateurs essentiels à la fructification.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pommier de plein vent ou de forme conduite, en pleine terre au jardin, en plein soleil et en sol profond et drainé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : tous les 7 à 12 jours | Les taches olive puis brunes sur feuilles et fruits signalent la tavelure, favorisée par les printemps pluvieux, et les feuilles enroulées et boursouflées le puceron cendré. Un petit trou cerné de sciure sur une pomme trahit le carpocapse, dont la larve est déjà à l’intérieur. |
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 14 jours | Un arbre installé se passe d’arrosage, ses racines allant chercher loin. Un coup de sec en juillet, en revanche, bloque le grossissement des fruits, qui resteront petits même si la pluie revient. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Une plaie qui s’ouvre en cratère sur l’écorce est un chancre, qui progresse d’année en année et finit par ceinturer la branche. Couper largement en dessous et sortir le bois atteint du verger. |
| Compost, amendement | De février à mars | Les racines nourricières se trouvent à la verticale du bout des branches, et non au pied du tronc : c’est là qu’il faut apporter le compost. Griffer légèrement pour l’incorporer sans blesser les racines. |
| Paillage | D’avril à mai | Le paillage garde la fraîcheur pendant le grossissement des fruits et évite la tonte au ras du tronc, dont les blessures ouvrent la porte aux chancres. Le tenir écarté du collet, qui doit rester sec. |
| Gourmands et rejets | De début mai à mi-septembre | Les gourmands montent droit vers le ciel, ne portent jamais de fruit et détournent la sève au détriment des branches fruitières. Arrachés en juin d’un geste vers le bas, ils ne repartent pas, là où une coupe au sécateur en fait naître trois. |
| Fructification, récolte | De début juin à mi-juillet | L’arbre laisse tomber une partie de ses fruits début juin, mais rarement assez : sans éclaircissage, les pommes restent petites et l’arbre entre en alternance, épuisé une année sur deux. Supprimer le fruit central, souvent le plus gros mais aussi le plus sujet au carpocapse. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin décembre | La tavelure passe l’hiver dans les feuilles tombées et les fruits desséchés restés accrochés, d’où elle repart à la première pluie de printemps. Ce nettoyage d’automne fait plus pour la récolte suivante que n’importe quel traitement de saison. |
| Traitement préventif | De novembre à mars | Deux passages encadrent l’hiver, l’un après la chute des feuilles, l’autre juste avant l’ouverture des bourgeons, et suffisent à contenir tavelure et chancres. Ne jamais traiter pendant la floraison, les abeilles étant alors sur l’arbre. |
| Taille de structure | De mi-novembre à mi-mars | La taille d’hiver se fait sur arbre au repos, feuilles tombées : elle dégage le centre pour que la lumière atteigne toutes les branches et raccourcit les rameaux de l’année en conservant les brindilles terminées par un bourgeon rond, qui sont les futurs fruits. Confondre ces boutons à fruit, gros et duveteux, avec les yeux à bois, pointus et plaqués, revient à supprimer la récolte. |
Cultivars connus
Malus domestica 'Gala', Malus domestica 'Golden Delicious', Malus domestica 'Reine des Reinettes'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.