Aromatique · Astéracées
Camomille matricaire Matricaria chamomilla
Aussi appelé : Camomille allemande, Matricaire camomille, Camomille vraie, Petite camomille, Camomille sauvage, German chamomile
La camomille matricaire est une petite annuelle des champs d’Europe et d’Asie occidentale, spontanée en France, que l’on cultive pour ses capitules blancs à cœur jaune bombé, au parfum fruité, séchés pour la tisane. Au jardin, elle forme une touffe légère et très ramifiée de 20 à 50 cm, qui fleurit de mi-mai à fin août. Elle veut le plein soleil et une terre légère, bien drainée et peu fumée, et se contente d’arrosages modérés. Semée en place au printemps ou en septembre, elle convient aux débutants et se ressème seule d’une année sur l’autre.
- Type
- Aromatique
- Famille
- Astéracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De mai à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Annuelle rustique, qu’aucune zone USDA ne limite puisqu’elle fleurit et graine à la belle saison. Les rosettes issues d’un semis d’automne supportent des nuits à -10 °C environ.
Dimensions : 20 à 50 cm de hauteur pour 15 à 30 cm d’étalement, sur des tiges fines et très ramifiées.
Floraison : De mi-mai à fin août, de petits capitules blancs à cœur jaune bombé, au parfum fruité ; l’annuelle meurt après avoir grainé.
Substrat : Terre légère, meuble et bien drainée, sableuse à limoneuse, sans excès de fumure, au pH idéal de 6 à 8.
Exposition : Plein soleil, indispensable à une floraison abondante.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours sans pluie, modérément et au pied ; une plante installée supporte bien le sec.
Durée de vie : Annuelle, qui fleurit environ 2 mois après un semis de printemps, graine puis meurt, mais se ressème volontiers d’elle-même.
Multiplication : Semis en place et en surface de la mi-mars à fin mai, ou en septembre pour une floraison dès mai.
Arrosage & entretien
Arrosage : Garder la surface humide par une pluie fine jusqu’à la levée, qui demande 10 à 20 jours, puis arroser modérément au pied tous les 7 à 10 jours sans pluie, d’avril à août. Une plante installée supporte bien le sec, mais sa floraison s’arrête plus tôt si la terre reste desséchée en pleine chaleur.
Fertilisation : Aucun engrais en cours de culture : un sol trop riche en azote donne du feuillage et des tiges molles au détriment des capitules. Un peu de compost bien décomposé, incorporé avant le semis, suffit.
Rempotage : Aucun rempotage pour cette annuelle, qu’on sème en place de mars à mai ou en septembre, ou dans une jardinière d’au moins 20 cm de profondeur. Les plants élevés en godet se repiquent jeunes, vers 5 cm de hauteur, sans briser la motte.
Taille : Aucune taille : la cueillette des capitules tous les 2 à 3 jours tient lieu de nettoyage et relance la floraison. Laisser mûrir les dernières fleurs de l’été si l’on veut qu’elle se ressème.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour ; à mi-ombre, les tiges s’étirent et les capitules se font rares.
Emplacement : Extérieur, au potager, en bordure ou en jardinière, idéalement exposée au sud. Elle retrouve au jardin les conditions des champs de céréales où elle pousse à l’état sauvage : terre remuée, soleil et peu de concurrence.
Substrat : Terre légère, affinée en surface pour accueillir des graines minuscules, sableuse à limoneuse, même assez pauvre. En jardinière, un terreau pour semis mêlé d’un tiers de sable.
pH : De 6 à 8 : elle préfère un sol neutre mais tolère bien le calcaire.
Drainage : Un bon drainage est nécessaire, car les plantules fondent dans une terre qui reste gorgée d’eau. En sol argileux, alléger la surface avec du sable ou du compost fin avant de semer.
Multiplication
Semis : de la mi-mars à fin mai, dehors en place, mêler les graines minuscules à du sable fin, les semer à la volée et les plaquer au sol sans les enterrer, car elles ne germent qu’à la lumière. Garder la surface humide : la levée prend 1 à 2 semaines, et un semis de septembre hiverne en rosette pour fleurir dès mai. Les graines reproduisent fidèlement la plante, qui se ressème volontiers d’elle-même.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les capitules se récoltent de juillet à septembre, quand leur cœur jaune brunit et que les pétales blancs sont tombés, puis s’émiettent entre les doigts une fois secs. Quelques pieds laissés en graines suffisent. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : annuelle, elle se renouvelle uniquement par graines.
Division et autres méthodes : Aucune : annuelle aux racines fines, elle ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium blanchit parfois le feuillage en fin d’été, surtout sur des semis trop serrés : retirer les pieds atteints, dont la floraison touche alors à sa fin. Dans une terre détrempée, la fonte des semis fait pourrir les plantules au ras du sol. Aucun traitement ne se justifie sur des fleurs destinées à l’infusion.
Parasites fréquents : Les pucerons noirs se groupent en manchons sur les tiges florales, juste sous les capitules. Un jet d’eau disperse les colonies naissantes, et les syrphes et coccinelles attirés par la camomille font souvent le reste. Les limaces s’en prennent parfois aux plantules à la levée par temps humide.
Prévention : Éclaircir à 20 ou 25 cm pour que l’air circule, et arroser sans excès, le matin plutôt que le soir. Désherber soigneusement autour des jeunes plants, que les mauvaises herbes étouffent vite.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue aux doses usuelles, ses capitules étant bus en infusion depuis des siècles, et aucune partie de la plante n’est réputée dangereuse. Le seul risque établi est allergique, chez les personnes sensibles aux Astéracées comme l’ambroisie, l’armoise ou le chrysanthème.
Toxicité animaux : L’ASPCA range la camomille parmi les plantes toxiques pour le chien, le chat et le cheval, à cause de son huile essentielle. Les troubles rapportés restent surtout digestifs.
Symptômes : Chez les personnes allergiques, le contact ou l’infusion peuvent provoquer eczéma, rhinite ou conjonctivite, et exceptionnellement une réaction généralisée. Chez l’animal, on observe vomissements, diarrhée, perte d’appétit ou dermatite, et un usage prolongé peut favoriser les saignements.
Précautions : Les personnes allergiques aux Astéracées s’abstiennent de la consommer comme de manipuler les fleurs fraîches. Ne donner ni fleurs ni infusion à un animal sans l’avis d’un vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les choux profitent des syrphes et des petites guêpes parasites qu’attirent ses fleurs, et qui s’attaquent aux pucerons et aux chenilles. Les oignons et les échalotes, bas et amateurs de soleil comme elle, partagent sans concurrence une planche en terre légère. Le coquelicot et le bleuet, compagnons des mêmes champs de céréales, forment avec elle une bordure de fleurs sauvages.
Associations à éviter : La menthe, envahissante, étouffe ses tiges fines et lui prend la place en une saison. Les courges et les pommes de terre, au feuillage large et étalé, la privent de la lumière dont elle a besoin pour fleurir.
Conseil : Semer la camomille en bordure de planche, là où la terre n’est pas retournée chaque année, et y laisser grainer les dernières fleurs de l’été. On récolte ainsi sa tisane tout en assurant les semis spontanés de l’année suivante.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Annuelle semée en place au potager ou en bordure, en plein soleil, dans une terre légère, meuble et sans excès de fumure.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à août : tous les 7 à 10 jours | Une camomille installée supporte bien le sec, mais sa floraison s’arrête plus tôt si la terre reste desséchée en pleine chaleur. Arroser le matin, pour que le feuillage fin sèche avant la nuit. |
| Semis | De mi-mars à fin mai | Mêler les graines minuscules à du sable fin, les semer à la volée et les plaquer au sol sans les enterrer, car elles ne germent qu’à la lumière, puis garder la surface humide jusqu’à la levée. Semée en septembre, elle hiverne en rosette et fleurit dès mai sur des pieds plus robustes. |
| Inspection parasitaire | De mai à juillet | Regarder le haut des tiges une fois par semaine : un jet d’eau disperse les colonies naissantes, et les syrphes attirés par les fleurs font souvent le reste. Ne jamais pulvériser de produit sur des fleurs destinées à l’infusion. |
| Floraison | De mi-mai à fin août | Le réceptacle creux, visible en coupant un capitule en deux, et le parfum fruité au froissement la distinguent de la matricaire inodore, qui lui ressemble beaucoup. Des semis échelonnés jusqu’en mai étalent la floraison jusqu’à la fin de l’été. |
| Fructification, récolte | De mi-mai à fin août | Cueillir les fleurs tous les 2 à 3 jours, le matin une fois la rosée évaporée, puis les sécher à l’ombre en couche fine sur un papier ou un tamis. Une cueillette régulière relance la floraison, alors qu’un capitule cueilli trop tard donne une tisane moins parfumée et se défait au séchage. |