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Aromatique · Lamiacées

Mélisse Melissa officinalis

Aussi appelé : Mélisse officinale, Citronnelle, Herbe au citron, Piment des abeilles, Thé de France, Lemon balm

La mélisse est une vivace aromatique du sud de l’Europe et de l’Asie occidentale, cultivée pour son feuillage au parfum citronné, frais ou en tisane. Elle forme une touffe de 40 à 70 cm qui disparaît l’hiver et repart de la base en mars, sans rhizome traçant, contrairement aux menthes. Elle aime une terre fraîche enrichie de compost et la mi-ombre, l’ombre de l’après-midi gardant ses feuilles vertes et parfumées. Facile et très rustique, elle se ressème à profusion et se dégarnit au centre si on ne la divise pas tous les 3 ans.

Mélisse (Melissa officinalis)
Photo : Gideon Pisanty (Gidip) גדעון פיזנטי, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Aromatique
Famille
Lamiacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-25 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4, la souche tient en terre jusqu’à -25 °C environ. Le feuillage disparaît aux premières gelées et la touffe repart de la base en mars.

Dimensions : 40 à 70 cm de feuillage, jusqu’à 1 m avec les hampes florales, pour 40 à 60 cm d’étalement. La touffe s’élargit lentement par sa base : contrairement aux menthes, elle n’a pas de rhizome traçant.

Floraison : De juin à début septembre, en petites fleurs blanches ou rosées groupées à l’aisselle des feuilles, sans intérêt décoratif mais très mellifères ; le feuillage perd son parfum citronné dès qu’elles paraissent.

Substrat : Terre de jardin ordinaire enrichie de compost, fraîche mais drainée, pH 6 à 7,5. En pot, un bon terreau de plantation additionné d’un tiers de compost.

Exposition : Soleil du matin ou mi-ombre. Au sud, l’ombre de l’après-midi évite que les feuilles ne jaunissent et préserve le parfum.

Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en pot au cœur de l’été, tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 7 à 10 jours en automne. En pleine terre installée, seulement pendant les périodes sèches, et rien de novembre à mars.

Durée de vie : Vivace de 5 à 10 ans, mais la touffe se dégarnit au centre dès la troisième année : on la divise tous les 3 ans pour la tenir. Elle se ressème par ailleurs toute seule, très abondamment.

Multiplication : Division de la touffe de début mars à début avril, ou bouturage de tiges herbacées de mai à juillet.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en pot de juillet à août, tous les 5 à 7 jours d’avril à juin et tous les 7 à 10 jours en septembre et octobre, toujours au pied et jamais sur le feuillage. En pleine terre installée, on n’arrose qu’en période sèche, et plus du tout de novembre à mars.

Fertilisation : 2 cm de compost mûr griffés en surface en mars suffisent en pleine terre. En pot, un engrais pour aromatiques dilué de moitié toutes les 4 semaines d’avril à août, de préférence après une coupe : un excès d’azote donne de grandes feuilles fades.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en mars ou avril, en divisant la touffe et en renouvelant tout le terreau, dans un pot d’au moins 30 cm. En pleine terre, la même division tous les 3 ans remplace le rempotage.

Taille : Rabattre toute la touffe à 10 cm fin juin ou début juillet, dès que la première floraison ternit, pour une repousse tendre en 3 semaines. Couper les hampes de la seconde vague fin août, avant que les graines ne brunissent, puis les tiges sèches au ras au moment du nettoyage d’hiver.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse ou soleil doux, 3 à 5 heures par jour, le matin de préférence. En plein soleil brûlant, les feuilles jaunissent et sèchent sur les bords dès que l’arrosage prend du retard.

Emplacement : Extérieur, à l’est ou à l’ouest d’un mur, en bordure de potager ou le long d’une allée où l’on froisse les feuilles au passage. À l’intérieur elle s’étiole en quelques semaines : son repos d’hiver a besoin du froid.

Substrat : Terre de jardin ordinaire additionnée de compost, ou terreau humifère en pot, maintenu frais par un paillis de 3 à 5 cm. Elle accepte les terres lourdes si elles ne restent pas détrempées.

pH : Entre 6 et 7,5, l’optimum vers 6,5. Elle pousse sans difficulté en sol légèrement calcaire.

Drainage : Besoins modérés : elle aime le frais mais pas l’eau stagnante. Le risque réel est la soucoupe pleine en hiver, souche à nu, qui fait pourrir le collet.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de début mars à début avril, dehors : soulever la touffe à la fourche-bêche, la trancher en éclats de quelques pousses munies de racines et les replanter aussitôt dans une terre enrichie de compost. Arroser jusqu’à la reprise, et diviser ainsi tous les 3 ans. La division de la touffe, au départ de la végétation, d’une réussite presque totale.

Les autres méthodes

Bouturage : De mai à juillet, prélever des tiges herbacées non fleuries de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, ou les mettre dans un verre d’eau. Sous abri et à l’ombre, les racines se forment en 2 à 3 semaines.

Semis :

SemerEn avril, sous abri ou à l’intérieur, laisser les graines fines en surface d’un terreau humide, car elles ont besoin de lumière, à 18 à 20 °C : la levée prend 1 à 3 semaines. Les graines reproduisent fidèlement la plante, qui se ressème d’elle-même très abondamment.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les graines se récoltent en septembre, quand les calices des tiges fleuries brunissent, en secouant celles-ci dans un sac en papier. Un seul pied en donne beaucoup ; la forme dorée ‘Aurea’, en revanche, ne se reproduit pas par graines. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium est le problème habituel de fin d’été : un feutrage blanc gagne le cœur des touffes trop denses, après des nuits fraîches et des journées lourdes. La rouille, en pustules orange au revers des feuilles, et la septoriose, en taches brunes cerclées, apparaissent sur les pieds mal aérés ou arrosés par le dessus. Dans les trois cas, on coupe et on évacue les tiges atteintes sans les composter.

Parasites fréquents : Les pucerons couvrent les jeunes pousses en avril et mai, délogés au jet d’eau, sinon traités par un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les cicadelles piquent le feuillage et le ponctuent de blanc par temps chaud, et les tétranyques s’installent sur les pieds en pot abrités de la pluie. Les limaces rasent les repousses de mars et celles qui suivent le rabattage d’été.

Prévention : Diviser tous les 3 ans est la mesure la plus efficace, contre l’épuisement comme contre l’oïdium. Arroser le matin, au pied, et laisser 40 cm entre les pieds pour que l’air circule. Le rabattage à 10 cm après la première floraison supprime d’un seul geste l’essentiel des foyers.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune. C’est une plante alimentaire, consommée en infusion et en cuisine depuis l’Antiquité, et l’une des rares du jardin qu’on peut laisser à portée d’un enfant. Seules les préparations concentrées demandent un avis médical en cas de traitement thyroïdien ou de somnolence recherchée.

Toxicité animaux : L’ASPCA classe la mélisse non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Un animal qui en mordille n’encourt rien.

Symptômes : Rien n’est attendu ni au contact ni à l’ingestion ; la sève n’irrite pas la peau. Une très grande quantité de feuilles avalée d’un coup peut donner des vomissements ou une diarrhée passagère, comme n’importe quel végétal.

Précautions : Aucune précaution particulière pour la plante elle-même. La seule à retenir concerne son huile essentielle, bien plus concentrée, qui ne se donne jamais à un animal ni à un jeune enfant.

Associations de plantes

Bonnes associations : Au pied des fruitiers et des courges, ses fleurs comptent parmi les plus visitées de l’été et font venir abeilles et syrphes au bon moment. Avec l’alchémille et l’ancolie en bordure de mi-ombre, elle partage exactement les mêmes besoins de fraîcheur et de terre ordinaire. Près d’un banc ou d’une allée, enfin, le feuillage froissé au passage parfume le coin.

Associations à éviter : Lavande, thym, romarin et santoline demandent une terre maigre et sèche, l’inverse point par point de ce qu’il lui faut. Dans un même bac, une menthe la supplante en un été par ses rhizomes, alors qu’elle-même ne trace pas. Enfin, ne rien semer de fin ni de lent à côté d’elle : ce ne sont pas ses racines qui gênent, ce sont ses semis spontanés, qui lèvent par centaines au printemps.

Conseil : Tout se joue sur les graines, pas sur la souche : couper les hampes fanées en août suffit à la garder à sa place, sans barrière ni pot enterré. Pour le séchage, récolter avant l’ouverture des fleurs, un matin sec, et faire sécher à l’ombre et à plat : au soleil, le parfum citronné part en quelques heures.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe en pleine terre au jardin, ou en grand pot percé, dans une terre ordinaire restant fraîche, au soleil du matin ou à mi-ombre, et récoltée régulièrement pour le feuillage.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours Arroser au pied, jamais sur le feuillage, dès que la terre sèche sur 3 cm : la mélisse se fane en une demi-journée de chaleur et repart mal après un coup de sec. De novembre à mars, la souche à nu ne demande rien.ces rythmes valent pour le pot ; en pleine terre, seulement quand la terre sèche
Inspection parasitaireUtile De début mai à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Écarter les tiges pour regarder le centre de la touffe : c’est là que s’installent d’abord le feutrage blanc de l’oïdium et les pustules orange de la rouille, sur les tiges serrées que l’air ne traverse plus.pucerons au printemps, oïdium et rouille au cœur de la touffe
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès qu’il reste de l’eau dans la soucoupe une demi-heure après l’arrosage ou une pluie Vider la soucoupe en toute saison, l’hiver compris : la souche supporte très bien le gel, mais pas la motte gorgée d’eau, qui la fait pourrir avant le redémarrage de mars.en pot
Compost, amendementUtile En mars Nourrir la touffe au départ de végétation : elle refait toute sa masse de feuilles en 2 mois, et une terre épuisée donne des feuilles petites, coriaces et peu parfumées.2 cm de compost mûr, griffés en surface
Division de touffeEssentiel De début mars à mi-avril, tous les 3 ans Diviser tous les 3 ans au départ de végétation, avant que le cœur ne se dégarnisse : la mélisse s’épuise bien avant de mourir, et un éclat replanté rattrape la touffe mère en une saison.garder les éclats du pourtour, jeter le centre
PaillageUtile En mai Pailler avant les premières chaleurs pour garder la terre fraîche jusqu’en profondeur : c’est le dessèchement de juillet, bien plus que le froid, qui fait reculer une mélisse.3 à 5 cm, en dégageant le collet
FloraisonUtile De début juin à mi-septembre Les petites fleurs blanches, très visitées par les abeilles, s’ouvrent de juin à septembre, mais le feuillage perd son parfum citronné dès qu’elles paraissent : la récolte pour le séchage se fait avant, un matin sec.récolter les feuilles juste avant l’ouverture des fleurs
RabattageEssentiel De mi-juin à fin juillet Rabattre dès que la première vague de fleurs ternit : 3 semaines plus tard, la touffe donne une repousse de feuilles tendres et franchement citronnées pour toute la fin de l’été.toute la touffe à 10 cm du sol
Fleurs fanéesEssentiel De mi-août à fin septembre Couper les hampes de la seconde floraison avant maturité : une seule touffe laissée monter en graine ressème des centaines de plantules dans tout le massif au printemps suivant.avant que les graines ne brunissent