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Arbre fruitier · Rosacées

Néflier Mespilus germanica

Aussi appelé : Néflier commun, Néflier d’Allemagne, Mêlier, Medlar

Le néflier est un petit arbre fruitier originaire du Caucase et d’Asie occidentale, cultivé en France depuis des siècles pour ses nèfles, qui ne se mangent qu’une fois blettes. Il forme à maturité une silhouette de 4 à 6 m, étalée et tortueuse, couverte en mai de grandes fleurs blanches, et commence à produire 3 à 5 ans après la plantation. Il demande le plein soleil et une terre profonde, fraîche et bien drainée, plutôt argilo-limoneuse. Très rustique et peu exigeant une fois installé, il dépérit en sol sableux et sec comme en sol détrempé.

Néflier (Mespilus germanica)
Photo : Montilre, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Rosacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-20 °C
Floraison
En mai
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 5 à 9 : très rustique, il supporte des froids inférieurs à −20 °C, et sa floraison tardive échappe le plus souvent aux gelées de printemps.

Dimensions : 4 à 6 m de haut pour autant d’étalement à maturité, en petit arbre au port étalé et aux branches tortueuses.

Floraison : En mai, de grandes fleurs blanches solitaires à cinq pétales, parfois teintées de rose, au bout des rameaux.

Substrat : Terre profonde, fraîche et bien drainée, plutôt argilo-limoneuse, au pH de 6 à 7,5 ; il végète en sol sableux et sec comme en sol détrempé.

Exposition : Plein soleil de préférence, pour une récolte abondante ; il supporte une ombre légère.

Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en été par temps sec les trois premières années, puis seulement lors des sécheresses prolongées.

Durée de vie : Arbre fruitier caduc et longévif, qui vit plusieurs dizaines d’années et entre en production 3 à 5 ans après la plantation.

Multiplication : Greffe en écusson en août, ou en fente en mars, sur aubépine ou cognassier ; le semis ne reproduit pas les variétés.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les trois premières années, un arrosage de 20 à 30 litres au pied tous les 7 à 10 jours en été, quand il ne pleut pas. Ensuite, l’arbre se passe d’eau, sauf lors des sécheresses prolongées.

Fertilisation : Un apport de compost mûr ou de fumier bien décomposé à la fin de l’hiver, tous les 2 ans, griffé sous la ramure. Aucun engrais azoté, qui pousse au bois et aux feuilles au détriment des fruits.

Rempotage : Aucun rempotage pour cet arbre de pleine terre : il se plante de novembre à mars, hors gel, dans un trou large et bien ameubli. Tuteurer le jeune arbre les deux ou trois premières années et pailler son pied chaque printemps.

Taille : Une taille légère en hiver, hors gel, suffit : former trois à cinq charpentières les premières années, puis ôter seulement le bois mort et les branches qui se croisent. Couper aussi au ras les rejets qui partent du pied, sous la greffe, dès qu’ils apparaissent.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil de préférence, avec au moins 6 heures de soleil par jour pour des fruits nombreux et bien mûris. Il supporte une ombre légère, au prix d’une récolte plus maigre.

Emplacement : En extérieur et en pleine terre, isolé, au verger ou dans une haie champêtre. Une situation dégagée, orientée au sud ou à l’ouest, favorise la maturation des fruits.

Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et riche en humus, de préférence argilo-limoneuse. Il végète dans les sols sableux, pauvres et secs, comme dans ceux qui restent gorgés d’eau.

pH : De 6 à 7,5 : il pousse aussi bien en sol légèrement acide qu’en sol un peu calcaire.

Drainage : Un bon drainage est nécessaire : l’eau qui stagne en hiver asphyxie les racines et fait dépérir l’arbre. En sol lourd, planter sur une légère butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Greffe : en écusson fin juillet ou en août : inciser l’écorce du porte-greffe en T à 15 cm du sol, y glisser un œil prélevé sur un rameau de l’année avec son pétiole, ligaturer sans couvrir l’œil, et rabattre le porte-greffe au-dessus au printemps suivant. Greffe en fente possible en mars, avec un greffon de 2 ou 3 yeux taillé en biseau et glissé dans le porte-greffe fendu, puis ligaturé et mastiqué. La greffe est la méthode des pépiniéristes, la seule qui reproduise une variété à gros fruits : en écusson en août, sur un jeune aubépine, cognassier ou poirier. Pour un amateur, la réussite est moyenne, et l’achat d’un sujet greffé reste le plus simple.

Les autres méthodes

Bouturage : Le néflier se bouture très mal : même des boutures semi-aoûtées de juillet, sous châssis à l’étouffée avec une hormone facultative, s’enracinent rarement. Mieux vaut y renoncer.

Semis :

SemerSemer dehors en automne, en terrine ou en pleine terre, des graines tirées de fruits blettis, couvertes de 1 cm de terre : leur dormance est double et la levée n’arrive qu’au deuxième printemps, souvent au bout de 18 mois. Les semis ne reproduisent pas la variété et donnent des fruits petits et variables, après 6 à 8 ans.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs hermaphrodites se fécondent elles-mêmes, avec l’aide des insectes. On cueille les nèfles en novembre, on les laisse blettir puis on extrait les noyaux de la pulpe molle. Ils ne doivent pas sécher : les semer aussitôt ou les garder dans du sable humide jusqu’au semis.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La moniliose fait brunir et sécher jeunes feuilles et pousses au printemps, puis momifie les fruits, tandis que l’entomosporiose couvre les feuilles de taches brunes et les fait tomber avant l’heure. Contre l’une et l’autre, supprimer les parties atteintes et ramasser à l’automne les feuilles et les fruits tombés. Le feu bactérien, plus grave, noircit les rameaux et les recourbe en crosse comme s’ils avaient brûlé : couper largement sous la zone atteinte en désinfectant l’outil entre chaque coupe.

Parasites fréquents : Les pucerons enroulent les jeunes feuilles au printemps, et des chenilles défoliatrices grignotent feuilles et boutons en avril et mai. Sur un arbre adulte, ces attaques restent sans gravité, et un jet d’eau ou la suppression des pousses envahies suffit en général. Les mésanges, qu’un nichoir attire, en consomment de grandes quantités.

Prévention : Ramasser et évacuer à l’automne les feuilles tombées et les fruits momifiés, sans les composter. Tailler pour garder une ramure aérée, et surveiller le bout des pousses d’avril à juin.

Toxicité

Toxicité humaine : Le fruit blet est comestible, et ni les feuilles ni les fleurs ne sont réputées toxiques. Les graines, très dures, contiennent comme celles de nombreuses Rosacées des composés cyanogènes et ne doivent pas être consommées en quantité.

Toxicité animaux : Aucune intoxication notable n’est rapportée chez le chien ou le chat. Un chien qui avale beaucoup de fruits tombés risque surtout un trouble digestif passager.

Symptômes : Consommées en excès, surtout encore dures, les nèfles, riches en tanins, peuvent resserrer l’intestin et donner des maux de ventre. Aucun effet n’est connu au contact de la peau.

Précautions : Ne manger les nèfles que blettes, en recrachant les graines, et ramasser les fruits tombés si un chien a l’habitude de les dévorer.

Associations de plantes

Bonnes associations : En haie champêtre, le noisetier, le cornouiller sanguin et l’églantier partagent son goût pour les sols frais et nourrissent avec lui oiseaux et insectes auxiliaires. À son pied, la consoude forme un couvre-sol dont les feuilles coupées enrichissent le paillis. Les narcisses, en fleurs avant que son feuillage ne s’étoffe, égaient le pied au printemps sans le concurrencer.

Associations à éviter : Un gazon ou de hautes graminées au ras du tronc lui disputent l’eau et l’azote, surtout les premières années. Des haies de pyracanthas ou de cotonéasters en grand nombre à proximité multiplient les foyers possibles de feu bactérien, auquel il est sensible. Les grands arbres voisins, comme les peupliers, lui prennent la lumière dont dépend sa fructification.

Conseil : Garder un cercle d’1 m désherbé et paillé autour du tronc : c’est ce qui accélère le plus l’installation d’un jeune néflier.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre fruitier installé en pleine terre, isolé au jardin, au verger ou en haie champêtre, au soleil ou sous une ombre légère, dans un sol profond, frais et bien drainé.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 7 à 10 jours Verser 20 à 30 litres d’un coup au pied plutôt que de petites doses, pour que les racines descendent chercher la fraîcheur. Le néflier redoute surtout les sols qui se dessèchent en été.Les trois premières années, puis lors des seules sécheresses prolongées.
Compost, amendementUtile De mi-février à fin mars, tous les 2 ans Un apport tous les 2 ans suffit à cet arbre peu exigeant. Trop d’azote donne du bois et des feuilles au détriment des fruits.Compost mûr ou fumier bien décomposé, griffé sous la ramure.
PaillageUtile De début avril à mi-mai Une couche de 5 à 10 cm garde le sol frais en été et supprime la concurrence de l’herbe, qui freine beaucoup un jeune arbre. Laisser quelques centimètres dégagés contre le tronc.Paille, tonte sèche ou broyat, sur 1 m autour du tronc.
Inspection parasitaireUtile De mi-avril à fin juin Pucerons et chenilles se tolèrent sur un arbre adulte, mais des rameaux noircis et recourbés, comme brûlés, signalent le feu bactérien. Couper alors largement sous la partie atteinte, désinfecter l’outil entre chaque coupe et évacuer les rameaux sans les composter.Pucerons et chenilles sur les jeunes pousses, rameaux noircis en crosse.
Gourmands et rejetsUtile De début mai à mi-septembreDès que : Dès qu’une pousse part du pied de l’arbre, sous le point de greffe. Couper ces pousses au ras du tronc ou de la racine dès leur apparition : issues du porte-greffe, elles ne donneront jamais de nèfles et détournent la sève de la ramure.Rejets du porte-greffe, souvent une aubépine ou un cognassier.
FloraisonUtile De début mai à mi-juin Tardive, la floraison échappe le plus souvent aux gelées de printemps. L’arbre est autofertile : un seul sujet suffit à donner des fruits.Grandes fleurs blanches solitaires au bout des rameaux.
Fructification, récolteEssentiel De mi-octobre à fin novembre Cueillir par temps sec, de la fin octobre à novembre, et étaler les fruits sur un lit de paille dans un local frais et aéré. Ils ne se mangent que bruns et mous, quand leur chair âpre s’est changée en une pulpe sucrée.Nèfles cueillies dures, puis mises à blettir 3 à 4 semaines.
Ramassage des feuilles mortesUtile De novembre à décembre Ramasser et évacuer feuilles et nèfles pourries, qui abritent pendant l’hiver les champignons de la moniliose et des taches brunes du feuillage. Ne pas les mettre au compost.Feuilles tombées et fruits momifiés, au sol ou restés sur l’arbre.
Taille de structureUtile De décembre à février, tous les 2 ans Les premières années, former une charpente de trois à cinq branches bien réparties, puis se contenter d’ôter le bois mort et les branches qui se croisent au centre. Le néflier fleurit au bout de rameaux courts qu’une taille sévère supprime, sans rien gagner en fruits.Hors gel, en éclaircissant plutôt qu’en raccourcissant.