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Vivace · Nyctaginacées

Belle-de-nuit Mirabilis jalapa

Aussi appelé : Merveille du Pérou, Belle-de-quatre-heures, Fleur de quatre heures, Nyctage, Four o’clock flower

La belle-de-nuit est une vivace tubéreuse d’Amérique tropicale, dont les fleurs en trompette s’ouvrent en fin d’après-midi et parfument le soir, roses, jaunes, blanches ou bicolores sur un même pied. Elle forme dès la première année un buisson de 60 cm à 1 m, en plein soleil et en terre profonde bien drainée. Sa souche tient jusqu’à -8 °C environ sous un bon paillage ; ailleurs, on la sème sous abri au printemps ou l’on arrache ses tubercules avant les gelées. Ses graines et ses racines sont toxiques : on les garde hors de portée des enfants.

Belle-de-nuit (Mirabilis jalapa)
Photo : Wozart, CC0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Nyctaginacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-8 °C
Floraison
De juillet à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 8 à 11 ; la souche tubéreuse tient jusqu’à -8 °C environ sous un bon paillage, ailleurs on la cultive en annuelle ou on arrache les tubercules avant les gelées.

Dimensions : 60 à 100 cm de hauteur pour 60 à 90 cm d’étalement, avec un port buissonnant très ramifié dès la première année.

Floraison : De juillet aux gelées, fleurs en trompette rose, jaunes, blanches ou bicolores sur un même pied, s’ouvrant en fin d’après-midi et parfumées le soir ; graines et racines sont toxiques.

Substrat : Terre profonde et meuble, plutôt riche mais parfaitement drainée ; pH idéal entre 6,0 et 7,5, le calcaire modéré étant bien supporté.

Exposition : Plein soleil de préférence, la mi-ombre légère restant acceptable au prix d’une floraison plus discrète et d’un port plus lâche.

Arrosage : Un arrosage copieux par semaine en été, deux par forte chaleur ; le tubercule encaisse des sécheresses courtes, mais la floraison du soir s’en ressent aussitôt.

Durée de vie : Vivace tubéreuse, 5 à 10 ans si la racine est hivernée hors gel, sinon conduite en annuelle.

Multiplication : Semis en godets sous abri en mars et avril, ou tubercules arrachés à l’automne et replantés en mai.

Arrosage & entretien

Arrosage : Au printemps, arroser modérément le temps de la reprise, puis passer en été à un ou deux arrosages copieux par semaine, au pied et le matin ou le soir. Réduire nettement à l’automne, et garder les tubercules hivernés au sec, sans aucun apport d’eau.

Fertilisation : Un compost bien mûr à la plantation suffit souvent ; en sol pauvre ou en pot, ajouter toutes les 3 semaines de juin à août un engrais pauvre en azote et riche en potasse. Un excès d’azote donne un feuillage envahissant et peu de fleurs.

Rempotage : En pot, rempoter chaque printemps dans un contenant profond d’au moins 30 cm, car le tubercule grossit vite et remplit son volume en une saison. Renouveler alors la moitié du mélange et vérifier que le trou de drainage n’est pas obstrué.

Taille : Aucune taille n’est indispensable ; pincer les jeunes tiges à 20 cm favorise la ramification et double le nombre de fleurs. Rabattre à 10 cm du sol après les premières gelées, et supprimer les fruits avant maturité pour éviter les semis spontanés très abondants.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec 6 heures de soleil direct au minimum pour une floraison dense. La mi-ombre est tolérée, mais les tiges s’allongent et les fleurs se raréfient.

Emplacement : Plante d’extérieur, à installer en pleine terre ou en grand pot, de préférence au sud ou au sud-ouest. Les fleurs s’ouvrant en fin d’après-midi, une place près d’une terrasse ou d’une fenêtre permet de profiter du parfum du soir.

Substrat : Terre de jardin profonde enrichie de compost, sans excès de matière organique fraîche. En pot, un mélange d’un tiers de terreau, un tiers de terre franche et un tiers de sable grossier ou de perlite convient bien.

pH : Optimum entre 6,0 et 7,5, la plante restant productive jusqu’à 7,8 en sol calcaire. Les sols franchement acides sous 5,5 ralentissent la croissance.

Drainage : Le drainage est le point critique : le tubercule pourrit vite en terre lourde et détrempée, surtout en hiver. Ajouter du gravier ou du sable en sol argileux, et ne jamais laisser d’eau stagner dans une soucoupe.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en mars ou avril, en godets sous abri, à 18 à 20 °C, graines couvertes de 1 cm de terreau après un trempage facultatif de 12 h ; la levée prend 1 à 2 semaines, et la mise en place dehors attend la fin des gelées, en mai. Les graines reproduisent l’espèce, mais les couleurs varient d’un pied à l’autre. Graines et racines sont toxiques : se laver les mains après les avoir manipulées. Le semis en mars ou avril sous abri réussit presque toujours ; les semis spontanés au pied des sujets installés se repiquent aussi très bien en mai.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : la plante se féconde seule ou grâce aux papillons de nuit. Chaque fleur fanée laisse une grosse graine ridée, verte puis noire, que l’on ramasse d’août aux gelées quand elle se détache seule au toucher ou tombe au pied, avec des gants, car elle est toxique. Séchées quelques jours puis gardées au sec et au frais, hors de portée des enfants, les graines restent bonnes 3 ans au moins.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible mais peu pratiqué, le semis étant bien plus simple : boutures de tige herbacée de 10 cm en mai ou juin, dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, qui s’enracinent en 3 à 4 semaines.

Division et autres méthodes : Hors des régions douces, arracher les tubercules en octobre avant les gelées, les laisser sécher, les conserver hors gel dans du sable sec et les replanter dehors en mai. Un gros tubercule se coupe au couteau en morceaux portant chacun un bourgeon du collet, que l’on laisse sécher un jour avant de les replanter.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La rouille se reconnaît à ses pustules orangées au revers des feuilles, les taches foliaires à Cercospora à leurs plages brunes cerclées, et l’oïdium à son feutrage blanc de fin d’été. La pourriture du tubercule, en sol détrempé, se traduit par un flétrissement brutal sans cause apparente. Supprimer et évacuer les feuilles atteintes, traiter l’oïdium au soufre ou à la décoction de prêle, et corriger le drainage pour la pourriture, qui ne se soigne pas.

Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses et les boutons, les aleurodes s’envolent en nuage blanc quand on frôle le feuillage, et les acariens jaunissent finement les feuilles par temps chaud et sec. Limaces et escargots dévorent les semis et les jeunes plants au printemps. Déloger les pucerons au jet d’eau et favoriser les coccinelles, bassiner le feuillage contre les acariens, et protéger les jeunes plants par des pièges ou une barrière ; en Amérique du Nord, le feuillage attire le scarabée japonais, qu’il empoisonne.

Prévention : Espacer les pieds de 50 à 60 cm pour que l’air circule, et arroser au pied le matin plutôt que sur le feuillage. Ramasser et éliminer les débris végétaux à l’automne, car la rouille y passe l’hiver. Éviter les excès d’azote, qui produisent des tissus tendres, très appréciés des pucerons.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion, surtout les graines noires ridées, qui ressemblent à de gros grains de poivre et attirent les enfants, et la racine tubéreuse, réputée purgative. La simple manipulation n’est pas dangereuse, mais la sève peut irriter les peaux sensibles.

Toxicité animaux : Espèce répertoriée comme toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA, en cas de consommation des graines, des feuilles ou de la racine. Les intoxications restent rares et généralement bénignes, la plante n’étant pas appétente.

Symptômes : Nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, parfois marquée du fait de l’effet purgatif de la racine. Au contact répété de la sève, rougeurs et démangeaisons de type dermatite.

Précautions : Supprimer les fruits avant maturité en présence de jeunes enfants ou d’animaux, et porter des gants pour arracher et manipuler les tubercules. En cas d’ingestion, appeler le centre antipoison ou le vétérinaire sans attendre l’apparition des symptômes.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le tabac d’ornement (Nicotiana sylvestris) et l’ipomée blanche (Ipomoea alba) partagent son horaire d’ouverture et son parfum, et forment avec elle un coin nocturne très attractif pour les sphinx. Les cosmos et les zinnias demandent le même sol et le même soleil, et assurent le relais de couleur pendant la journée. Dans les régions à scarabée japonais, un pied placé à quelques mètres des rosiers ou de la vigne sert de plante piège, son feuillage étant fatal à l’insecte.

Associations à éviter : Les aromatiques de terrain sec et pauvre comme la lavande, la santoline ou le thym souffrent des arrosages et de la fertilité que réclame la belle-de-nuit. Les laitues, jeunes semis et vivaces basses à croissance lente sont vite étouffés par sa masse d’1 m et son ombre portée. Les carrés de semis du potager sont à éviter aussi, tant son semis spontané y devient une adventice difficile à distinguer.

Conseil : Installer le massif en bordure de terrasse ou sous une fenêtre, et éclairer faiblement la zone pour profiter des fleurs qui s’ouvrent vers 16 h ou 17 h. Couper les capsules avant qu’elles ne noircissent garde la maîtrise du massif, tout en permettant d’en conserver quelques-unes pour les semis de l’année suivante.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au jardin ou en grand bac, en plein soleil et sol ordinaire bien drainé. Plante à grosse racine tubéreuse, gélive dans le nord mais qui repart de souche en climat doux si le pied est protégé.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De mi-mai à fin juin : tous les 5 à 8 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 6 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 8 à 12 jours Un pied installé puise dans son tubercule et supporte bien la sécheresse, au prix d'une floraison réduite. En bac et par forte chaleur, l'arrosage devient en revanche indispensable presque tous les jours.au pied, copieusement
Fleurs fanéesUtile De début juillet à mi-octobre : toutes les 1 à 2 semaines Les grosses graines rondes se ressèment en masse et font apparaître des dizaines de plants partout au printemps suivant. Garder quelques fruits si l'on souhaite multiplier la plante, la floraison n'étant pas freinée par la formation des graines.retirer les graines noires avant leur chute
Engrais liquideOptionnel De juin à août : toutes les 3 à 4 semaines En pleine terre, un sol ordinaire suffit largement à cette plante peu exigeante. En contenant, deux ou trois apports pendant l'été soutiennent la floraison jusqu'aux gelées.engrais plantes fleuries, en bac seulement
Inspection parasitaireOptionnel De mai à septembre : toutes les 2 à 4 semaines Cette plante robuste souffre peu, hormis des limaces sur les toutes jeunes pousses au printemps. Surveiller aussi les pucerons sur les extrémités tendres, qui se règlent d'un jet d'eau.jeunes pousses et revers des feuilles
SemisUtile De mi-mars à fin avril Semer en godets sous abri pour avoir des plants déjà développés à la mise en place. Les semis spontanés sont si nombreux au pied des sujets installés qu'il suffit souvent de les repiquer.graines trempées une nuit, à 18 °C
Gourmands et rejetsUtile De mi-avril à fin juilletDès que : dès l'apparition des jeunes semis spontanés autour des touffes Un semis laissé en place forme en une saison un tubercule difficile à extraire ensuite. Repiquer les plus beaux plants ailleurs et éliminer le reste sans attendre.arracher au stade deux ou trois feuilles
Sortie au printempsEssentiel De début mai à mi-juinDès que : quand tout risque de gelée est écarté Installer au plus chaud et au plus ensoleillé, les touffes devenant volumineuses en une seule saison. Sortir aussi les tubercules hivernés à ce moment-là, en les plantant à 10 cm de profondeur.espacer les plants de 60 cm
RabattageEssentiel De mi-octobre à fin novembreDès que : quand la première gelée a noirci le feuillage Supprimer toute la végétation détruite, qui se transforme en bouillie et fait pourrir le collet. La souche reste vivante sous terre et repartira au printemps si elle est protégée.couper à 10 cm du sol
Rentrée à l'automneUtile De mi-octobre à fin novembreDès que : après les premières gelées, quand le feuillage a noirci Au nord de la Loire, arracher les grosses racines tubéreuses et les conserver au sec, dans un local hors gel, comme des dahlias. En climat doux, un paillage épais suffit à faire repartir la souche au printemps.arracher les tubercules, ou pailler épais en climat doux
Protection des racinesEssentiel De début novembre à mi-marsDès que : après le rabattage, dans les régions où le sol gèle en profondeur Un épais paillis sec permet au tubercule de passer l'hiver en place dans la moitié sud et sur la façade atlantique. Ailleurs, mieux vaut arracher le tubercule et le conserver au sec, hors gel, comme un dahlia.20 cm de feuilles mortes ou de paille