Arbre fruitier · Moracées
Mûrier noir Morus nigra
Aussi appelé : Mûrier, Mûrier à fruits noirs, Black mulberry
Le mûrier noir est un arbre fruitier venu d’Asie occidentale et cultivé autour de la Méditerranée depuis l’Antiquité pour ses mûres noires et juteuses de l’été. Il forme à maturité une large tête tortueuse de 6 à 10 m, mais sa croissance est lente et ses premiers fruits se font attendre plusieurs années. Il demande du plein soleil, une terre profonde qui ne garde pas l’eau l’hiver, et des arrosages copieux les trois premiers étés seulement. C’est un arbre de patience, à planter loin d’une terrasse que ses fruits tacheraient.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Moracées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -18 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6, soit environ -18 °C sur un sujet établi, davantage adossé à un mur. Les jeunes pousses d’avril sont en revanche grillées par une gelée tardive, sans que l’arbre en souffre durablement.
Dimensions : 6 à 10 m de haut pour autant d’étalement à maturité, port large et tortueux. La croissance est lente, 20 à 30 cm par an, moitié moins que le mûrier blanc.
Floraison : Aucune floraison décorative : de petits chatons verdâtres, discrets, s’ouvrent en avril et mai avec les feuilles et donnent les mûres noires de l’été.
Substrat : Terre profonde, fertile et drainée, même caillouteuse ou calcaire. Il redoute surtout l’eau stagnante de l’hiver.
Exposition : Plein soleil et abri des vents froids ; à mi-ombre les mûres restent acides.
Arrosage : 20 à 30 L tous les 5 à 7 jours de juin à août, les trois premières années seulement. Ensuite l’arbre se passe d’arrosage hors sécheresse exceptionnelle.
Durée de vie : Vivace ligneux de 100 à 300 ans. Il fructifie vers 4 à 6 ans greffé, 8 à 10 ans issu de semis.
Multiplication : Marcottage simple d’une branche basse au printemps, ou boutures ligneuses en hiver ; la greffe hâte la fructification.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours en été pendant les trois premiers étés, 20 à 30 L d’un seul coup au pied plutôt qu’un filet quotidien. Passé cet âge, seules les sécheresses longues justifient un apport.
Fertilisation : Deux à trois seaux de compost mûr griffés sous la ramure en mars, une fois l’an. Pas d’engrais azoté, qui fait du bois tendre et retarde la mise à fruit.
Rempotage : Sans objet en pleine terre. En grand bac, surfacer chaque printemps et rempoter tous les 3 à 4 ans, sachant qu’un mûrier noir en pot reste un pis-aller.
Taille : Tous les 2 ans au plus, entre fin novembre et janvier, sur bois dormant profond, pour ôter le bois mort et équilibrer la charpente. Taillé en sève montante, il pleure sans s’arrêter et s’épuise.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. C’est l’ensoleillement qui fait le sucre des mûres, pas la fertilité du sol.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en pleine terre, adossé au sud ou au sud-ouest dans la moitié nord. À tenir à 6 m d’une terrasse, d’un cheminement ou d’une place de stationnement, à cause des fruits qui tombent.
Substrat : Terre de jardin profonde, plutôt argilo-limoneuse, enrichie de compost à la plantation. Un sol trop sableux l’oblige à des arrosages permanents.
pH : De 6,0 à 7,5, l’optimum vers 6,5 ; il supporte le calcaire mieux que la plupart des fruitiers.
Drainage : Drainage indispensable, l’asphyxie racinaire hivernale étant la première cause d’échec. Sur terre lourde, planter sur une légère butte de 20 cm.
Multiplication
Marcottage par couchage : marcottage simple en mars ou avril : courber une branche basse jusqu’au sol, l’entailler à l’endroit enterré, la fixer à 10 cm de profondeur avec un crochet et redresser son extrémité contre un tuteur, puis la sevrer l’hiver suivant. Le marcottage simple d’une branche basse au printemps réussit bien et donne un arbre identique à la mère ; il faut compter un an avant de le sevrer.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais lent et capricieux : en décembre ou janvier, prélever des boutures ligneuses de 25 à 30 cm sur le bois de l’année, et les enterrer aux deux tiers dehors, dans une terre légère mêlée de sable, à l’abri. L’enracinement se fait au printemps, avec un taux de réussite moyen ; une hormone de bouturage, facultative, l’améliore.
Semis :
SemerEn automne dehors, ou au printemps après 2 à 3 mois au réfrigérateur dans du sable humide, graines lavées des mûres et couvertes de 5 mm de terreau ; la levée prend 2 à 4 semaines au printemps. Les semis ne sont pas fidèles et ne fructifient qu’après 8 à 10 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, pollinisées par le vent, et fructifie isolé. En juillet ou août, écraser des mûres bien noires dans un bol d’eau, garder les graines qui coulent au fond et les faire sécher à l’ombre. Elles se gardent un an au frais et au sec, avant le passage au réfrigérateur qui précède le semis.
Division et autres méthodes : La greffe sur mûrier blanc, en fente en mars ou en écusson en août, est la méthode des pépiniéristes, qui hâte la fructification.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Espèce peu sensible dans l’ensemble. La bactériose se voit parfois, taches anguleuses noires et pousses qui noircissent : couper 20 cm sous la lésion par temps sec et désinfecter l’outil. Le pourridié à armillaire s’installe sur sol gorgé d’eau et ne se soigne pas.
Parasites fréquents : Presque aucun ravageur sérieux sous nos climats. Des cochenilles apparaissent parfois sur le tronc des jeunes sujets et se traitent à l’huile de colza en fin d’hiver. Les oiseaux prennent leur part des fruits, et sur un arbre de 8 m il n’y a rien à faire.
Prévention : Planter en sol drainé et ne jamais tailler entre février et octobre. Ramasser les fruits tombés, qui fermentent et attirent guêpes et drosophiles. Un paillage renouvelé chaque printemps règle le reste.
Toxicité
Toxicité humaine : Le fruit mûr est comestible sans aucune restriction. Les fruits verts et le latex blanc des feuilles et des rameaux contiennent des composés irritants et laxatifs, sans gravité aux quantités que l’on rencontre au jardin.
Toxicité animaux : Aucune toxicité notable pour le chien, le chat ou les rongeurs domestiques. Le seul vrai risque est l’ingestion de fruits tombés et fermentés, qui donne une diarrhée et, en quantité, des signes d’ébriété chez le chien.
Symptômes : Nausées et diarrhée après consommation de fruits verts ; le latex peut irriter une peau sensible ou les yeux. Le jus tache la peau plusieurs jours sans autre effet.
Précautions : Gants pour tailler si la peau réagit facilement, et lavage des mains après avoir manipulé des rameaux frais. Ramasser les fruits fermentés là où un chien a accès.
Associations de plantes
Bonnes associations : Un couvre-sol résistant à l’ombre sèche, consoude ou lierre terrestre, qui supporte les chutes de fruits et nourrit les pollinisateurs. Les bulbes de printemps, narcisses et muscaris, profitent de la lumière avant le débourrement tardif du mûrier. Un sureau ou un cognassier planté à distance forme avec lui une haie fruitière cohérente.
Associations à éviter : Rien de comestible au ras du sol sous la ramure, fraisiers et salades étant écrasés et tachés par les fruits. Pas de gazon fin non plus, qui souffre de l’ombre dense et des mûres piétinées. Éviter le voisinage immédiat d’un noyer, dont la juglone gêne l’enracinement des jeunes sujets.
Conseil : Semer un tapis de trèfle blanc sur toute la projection des branches. Il garde la fraîcheur, fixe un peu d’azote et amortit la chute des fruits, que l’on récupère alors propres sur un drap.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre de plein vent planté en pleine terre au jardin, en plein soleil, dans un sol profond et drainé, non palissé et non conduit en pot.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 14 jours ; de juin à août : tous les 5 à 7 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 14 à 21 jours | Arroser copieusement au pied, d’un seul coup plutôt qu’un filet quotidien, pour que les racines descendent chercher l’eau. Passé 3 ou 4 ans, un mûrier noir établi ne demande plus rien hors sécheresse exceptionnelle. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer deux à trois seaux de compost mûr sur toute la projection des branches, avant le débourrement qui est tardif chez cette espèce. L’azote en excès pousse le bois tendre et repousse d’autant la mise à fruit. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Étaler 5 à 8 cm de broyat ou de paille sur un sol déjà réchauffé et encore humide. Le mûrier noir enracine superficiellement et souffre vite d’une terre sèche et brûlante en surface. |
| Gourmands et rejets | De juin à juillet | Arracher d’un coup sec, à la main, les rejets partis du pied ou sous le point de greffe, tant qu’ils sont encore herbacés. Coupés au sécateur, ils repartent par trois à la même place. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à mi-septembre | Étendre un drap au sol et secouer les branches tous les 2 ou 3 jours pendant 6 semaines, les fruits ne mûrissant jamais ensemble. Une mûre noire prise encore ferme reste acide et ne mûrira pas après la récolte. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Ramasser feuilles mortes et fruits tombés avant les pluies d’automne, surtout sous un arbre proche d’un cheminement. Le jus fermenté attire guêpes et drosophiles et marque le béton pour des années. |
| Mise en place des plants | De novembre à mars | Planter hors période de gel, dans un trou large, en gardant 6 m de recul avec une terrasse, un passage ou une place de stationnement. L’arbre reste en place plus d’un siècle et le choix de l’emplacement ne se rattrape pas. |
| Protection des racines | De mi-novembre à mi-mars | Porter le paillis à 15 cm avant les premières fortes gelées, sur toute la largeur de la motte. L’arbre adulte encaisse l’hiver sans rien, mais un jeune système racinaire encore court gèle bien avant lui. |
| Taille de structure | De mi-novembre à fin janvier, tous les 2 ans | Limiter la taille au strict nécessaire, sur bois dormant profond, pour équilibrer la charpente d’un jeune sujet. À partir de février l’écoulement de sève ne s’arrête plus et affaiblit durablement l’arbre. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De décembre à février | Supprimer le bois mort et les branches fendues pendant que la silhouette est lisible, à l’outil désinfecté. Les charges de mûres ouvrent régulièrement les fourches de cette espèce au bois cassant. |