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Vivace · Musacées

Bananier lotus d'or Musella lasiocarpa

Aussi appelé : Lotus d’or, Bananier nain chinois, Chinese dwarf banana

Le bananier lotus d’or est un bananier nain des montagnes du sud-ouest de la Chine, à la silhouette trapue, qui ne dépasse guère 1 à 1,50 m. Il doit son nom à sa grosse inflorescence en artichaut aux bractées jaune d’or, décorative plusieurs mois de l’été à l’automne. Il demande du soleil, un sol riche qui draine et un abri du vent, et boit moins qu’un vrai bananier. C’est le plus rustique des bananiers d’ornement : sa souche paillée traverse des hivers à -12 °C, ce qui permet de le laisser en pleine terre dans une bonne partie de la France.

Bananier lotus d'or (Musella lasiocarpa)
Photo : KENPEI, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Musacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-12 °C
Floraison
De juillet à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 7b à 8, la souche supportant -12 à -15 °C bien paillée, ce qui en fait le plus rustique des bananiers ornementaux.

Dimensions : 1 à 1,50 mètre de haut pour 1 mètre d'étalement, avec un tronc court et trapu, très différent de la silhouette élancée d'un Musa.

Floraison : De l’été à l’automne, et durant plusieurs mois, une grosse inflorescence en artichaut aux bractées jaune d’or ; la tige qui a fleuri meurt ensuite et les rejets prennent le relais.

Substrat : sol profond, riche et drainant, pH de 6 à 7,5.

Exposition : plein soleil, 6 heures et plus, à l'abri du vent.

Arrosage : régulier en été, nettement moins exigeant en eau qu'un vrai bananier.

Durée de vie : Vivace monocarpique par tige : la tige meurt après sa longue floraison, et les rejets assurent une souche de 10 à 15 ans.

Multiplication : Prélèvement des rejets latéraux en avril et mai, détachés au couteau avec un morceau de souche et des racines.

Arrosage & entretien

Arrosage : deux fois par semaine en été, une fois en mi-saison, presque rien en hiver. La souche épaisse constitue une réserve qui lui permet de passer un coup de sec sans dommage.

Fertilisation : compost au printemps et engrais équilibré une fois par mois de mai à août. Moins gourmand qu'un Musa, il n'a pas besoin d'apports répétés.

Rempotage : tous les 2 ans au printemps en bac, dans un contenant large, la souche s'élargissant plus qu'elle ne monte.

Taille : couper à la base la tige qui a fleuri, elle meurt après avoir donné son inflorescence jaune, et laisser les rejets prendre le relais. Couper le feuillage noirci par la première forte gelée à 30 cm du sol, avant de pailler la souche.

Exposition & substrat

Exposition : plein soleil, la floraison en cône jaune ne se produisant qu'en pleine lumière. À mi-ombre la plante végète et ne fleurit pas.

Emplacement : extérieur en pleine terre dans la plupart des régions, avec un paillage hivernal épais. Un mur au sud avance la reprise de printemps.

Substrat : terre de jardin enrichie de compost, allégée de sable en sol lourd.

pH : de 6 à 7,5, il tolère bien le calcaire modéré.

Drainage : essentiel en hiver, c'est la vraie condition de sa rusticité. Une souche au sec passe -15 °C, la même souche dans un sol détrempé meurt à -5 °C.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : en avril ou mai, dégager la terre autour d’un rejet de 20 à 30 cm et le détacher au couteau en gardant un morceau de souche et des racines. Le replanter aussitôt dehors ou en pot, dans un sol riche et drainant, en l’arrosant régulièrement jusqu’à la reprise. Le prélèvement d’un rejet latéral en avril ou mai réussit très bien et donne une plante qui fleurit en 2 à 3 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas : ni les feuilles ni le pseudo-tronc ne s’enracinent.

Semis :

SemerPossible mais rare, les graines se trouvant difficilement : semer à l’intérieur au printemps, graines dures trempées 24 à 48 h et couvertes de 1 cm de terreau, à 25 °C, avec une levée très irrégulière de 1 à 6 mois. La plante obtenue est fidèle à l’espèce, mais ne fleurit qu’après plusieurs années.

Récolter les grainesPas de graines en culture : les fruits ne mûrissent presque jamais en France, la floraison s’étalant trop tard dans l’automne ; on se procure donc les graines dans le commerce spécialisé. Elles perdent vite leur faculté de germer : les semer dès réception, sans les garder plus de quelques mois au sec et au frais. Pour reproduire une plante en place, le rejet reste la voie normale.

Maladies & parasites

Maladies courantes : la pourriture de la souche en hiver humide est pratiquement le seul risque. Le feuillage brûlé par le gel n’est pas une maladie, mais il se coupe dès qu’il noircit, car en se décomposant il fait pourrir le cœur. Une absence de floraison signale un manque de soleil ou une souche encore jeune.

Parasites fréquents : très peu attaqué. Limaces sur les jeunes pousses au printemps, araignée rouge en cas d'hivernage sec sous abri.

Prévention : un paillage épais et un abri de pluie sur la souche l'hiver règlent l'essentiel. Ne pas dégager la souche trop tôt au printemps, les gelées tardives étant plus dommageables que celles de décembre.

Toxicité

Toxicité humaine : aucune toxicité documentée. La plante n'est pas comestible, ses fruits étant secs et pleins de graines, mais elle ne présente pas de danger.

Toxicité animaux : aucune toxicité connue pour le chien ou le chat.

Symptômes : aucun n'est attendu ; les tissus très fibreux pourraient au plus provoquer un vomissement mécanique.

Précautions : aucune particulière. En Chine, la souche sert traditionnellement de fourrage pour les porcs, ce qui dit assez son innocuité.

Associations de plantes

Bonnes associations : les palmiers rustiques comme Trachycarpus fortunei composent avec lui une scène exotique qui passe l'hiver dehors. Les phormiums et les yuccas partagent son besoin de drainage. Les cannas apportent la couleur en été au même endroit.

Associations à éviter : les plantes de sol constamment humide, dont les arrosages compromettraient la rusticité de la souche. Les vivaces basses permanentes, écrasées par le paillage hivernal. Éviter les compagnes hautes qui lui feraient de l'ombre.

Conseil : le placer là où l'on voit son tronc court et évasé, sur une pente ou en bord de terrasse. C'est cette souche en forme de tonneau, et non le feuillage, qui le distingue de tous les autres bananiers.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au jardin dans les régions à hiver doux, ou en grand bac ailleurs, en plein soleil et sol riche, frais et bien drainé. Plante au feuillage détruit par le gel mais dont la souche résiste jusqu'à environ -12 °C si elle est protégée et au sec.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 4 à 7 jours ; de début juillet à mi-septembre : tous les 2 à 4 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 8 à 12 jours Moins exigeant en eau qu’un vrai bananier, ce faux bananier réclame tout de même des arrosages réguliers en été, et ses grandes feuilles s'affaissent dès que le sol sèche. Réduire nettement à l'automne, la souche devant aborder l'hiver plutôt au sec pour ne pas pourrir.au pied, copieusement
Engrais liquideUtile De mi-mai à fin août : toutes les 4 à 5 semaines Soutenir la croissance très rapide de l'été, surtout en bac où les réserves s'épuisent vite. Cesser début septembre pour que la souche durcisse avant les froids.engrais riche en potasse, sur sol humide
Bois mort et feuilles abîméesUtile De début mai à mi-octobre : toutes les 2 à 4 semaines Retirer au fur et à mesure les feuilles du bas jaunies ou déchirées par le vent, qui gâchent la silhouette. La coupe se fait proprement au couteau, sans arracher la gaine encore accrochée.couper le pétiole au ras du pseudo-tronc
Inspection parasitaireOptionnel De mai à septembre : toutes les 3 à 5 semaines Cette plante robuste souffre peu, hormis des limaces qui rongent les pousses tendres au démarrage du printemps. Chercher aussi les cochenilles dans les replis des gaines, surtout sur un sujet cultivé en bac.jeunes feuilles enroulées et base des gaines
Compost, amendementUtile De début avril à mi-mai Apporter 4 à 5 cm de compost bien décomposé au départ de végétation. La plante refait tout son feuillage chaque année, mais reste moins gourmande qu’un vrai bananier.griffé en surface, sans blesser la souche
Division de touffeUtile D’avril à mai, tous les 2 ans Détacher au couteau les rejets latéraux qui entourent le pied, la touffe devenant vite envahissante. Chaque pseudo-tronc meurt après avoir fleuri, et ce sont ces rejets qui assurent le renouvellement.rejets pourvus de leurs propres racines
PaillageUtile De début mai à mi-juin Un paillis organique épais posé sur sol humide garde la fraîcheur pendant les fortes chaleurs. Laisser la base des pseudo-troncs bien dégagée, sensible à la pourriture.7 cm, écartés du cœur
Fleurs fanéesUtile De début août à mi-novembreDès que : quand l'inflorescence jaune en artichaut se dessèche, plusieurs mois après son apparition La tige qui a fleuri ne repartira pas et finit par pourrir sur place. La supprimer libère la place et l'énergie pour les jeunes rejets du pourtour.couper le pseudo-tronc épuisé à sa base
RabattageEssentiel De novembre à décembreDès que : quand la première forte gelée a noirci le feuillage Supprimer les feuilles détruites, qui se transforment en bouillie et font pourrir le cœur de la souche. Conserver la base du pseudo-tronc, d'où repartiront les nouvelles pousses au printemps.couper à 30 cm du sol
Protection des racinesEssentiel De début novembre à mi-marsDès que : après le rabattage, avant les premières fortes gelées Recouvrir généreusement la souche d'un paillis sec et volumineux, éventuellement coiffé d'une bâche qui écarte la pluie. C'est l'humidité hivernale bien plus que le froid qui fait pourrir le cœur.30 cm de feuilles mortes sèches