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Arbuste · Berbéridacées

Bambou sacré Nandina domestica

Aussi appelé : Nandina, Nandine, Bambou céleste, Heavenly bamboo

Le bambou sacré n’est pas un bambou mais un arbuste de Chine et du Japon, cultivé pour ses tiges dressées au feuillage léger qui rougit à l’automne et en hiver. Il forme une touffe de 1,50 à 2 m de haut, fleurit en blanc au début de l’été puis porte tout l’hiver des baies rouges, toxiques pour les enfants et les animaux. Il demande une terre ordinaire, fraîche et drainée, au soleil doux ou à mi-ombre, et se contente d’arrosages modérés une fois installé. Il convient bien aux petits jardins, et se rajeunit en supprimant les vieilles cannes à la base plutôt qu’en le taillant.

Bambou sacré (Nandina domestica)
Photo : Emőke Dénes, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Berbéridacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-15 °C
Floraison
De juin à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 6 à 7, jusqu’à -15 °C ; le feuillage peut roussir sous les fortes gelées sans que la souche en souffre.

Dimensions : 1,50 à 2 m de hauteur pour 1 à 1,50 m d’étalement, en touffe de tiges dressées et peu ramifiées.

Floraison : En juin et juillet, des panicules de petites fleurs blanches étoilées aux étamines jaunes, suivies de baies rouges décoratives tout l’hiver, toxiques pour les animaux et les enfants.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche et drainée, enrichie de matière organique ; pH de 5,5 à 7.

Exposition : Soleil doux à mi-ombre ; la lumière accentue les teintes rouges du feuillage à l’automne et en hiver.

Arrosage : Régulier la première année, puis modéré ; il résiste correctement aux étés secs une fois installé.

Durée de vie : Arbuste vivace, 30 à 50 ans. On supprime les vieilles cannes à la base plutôt que de le tailler en boule.

Multiplication : Prélèvement de drageons enracinés en mars et avril, ou bouturage semi-aoûté en été, sous châssis.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 8 à 10 jours le premier été, puis seulement en période de sécheresse marquée. En pot, un arrosage hebdomadaire d’avril à septembre, sans laisser d’eau dans la soucoupe.

Fertilisation : Un apport de compost mûr au pied au printemps suffit. Un engrais pour arbustes à feuillage décoratif peut soutenir un sujet en bac, une fois par an en mars.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans au printemps pour une culture en pot, dans un contenant à peine plus grand et un substrat drainant.

Taille : Peu de taille : supprimer à la base les tiges les plus âgées et dégarnies en mars, une ou deux par an, pour renouveler la touffe. Ne jamais rabattre l’ensemble à mi-hauteur, cela laisse des moignons disgracieux.

Exposition & substrat

Exposition : 4 à 6 heures de soleil doux, ou mi-ombre lumineuse. À l’ombre complète, le feuillage reste vert et perd ses colorations rouges d’automne.

Emplacement : Extérieur, en massif, en haie basse ou en bac sur une terrasse, à l’abri des vents froids et desséchants, orientation est ou sud-est.

Substrat : Terre de jardin enrichie de terreau de feuilles, restant fraîche mais jamais détrempée.

pH : Entre 5,5 et 7, en sol neutre à légèrement acide ; il jaunit en terrain franchement calcaire.

Drainage : Bon drainage nécessaire. L’eau stagnante en hiver fait pourrir la souche, alors qu’il tolère bien la sécheresse estivale.

Multiplication

Méthode conseillée

Drageons : en mars ou avril, dégager au pied de la touffe un drageon ou une canne périphérique qui porte des racines, et le séparer de la souche à la bêche ou au sécateur. Replanter aussitôt dehors, dans une terre enrichie de compost, et arroser régulièrement la première année. Le prélèvement de drageons enracinés au printemps, en mars ou avril, est le plus sûr pour un amateur.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible mais difficile : en juillet ou août, boutures de tige semi-aoûtée de 10 à 12 cm dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis à l’étouffée et à l’ombre. L’enracinement prend 2 à 3 mois, avec une réussite moyenne ; une hormone de bouturage, facultative, l’améliore.

Semis :

SemerGraines extraites des baies mûres en hiver, débarrassées de leur pulpe et semées aussitôt dehors en terrine, couvertes de 5 mm de terreau : la levée est lente et irrégulière, de plusieurs mois à un an. Les semis reproduisent l’espèce, mais ni les cultivars nains ni les feuillages colorés.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent, mais plusieurs pieds voisins donnent des grappes de baies bien plus garnies ; les cultivars nains ou colorés fleurissent et fructifient peu. On cueille les baies rouges en hiver, avec des gants, et on en retire la pulpe. Les graines ne doivent pas sécher : elles se sèment aussitôt, faute de quoi la levée devient très incertaine.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Très peu de maladies. La chlorose, feuilles jaunes à nervures restées vertes, apparaît en sol calcaire et se corrige par un apport de chélate de fer et un paillage acidifiant. Des taches foliaires brunes peuvent survenir en situation confinée et humide.

Parasites fréquents : Rarement attaqué. Quelques cochenilles farineuses aux aisselles des tiges en situation abritée, et des pucerons sur les jeunes pousses au printemps. Un coton imbibé d’alcool pour les cochenilles et un jet d’eau pour les pucerons en viennent à bout sans difficulté, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention : Assurer le drainage, éviter les emplacements confinés sans circulation d’air, et pailler le pied pour maintenir la fraîcheur du sol sans mouiller le collet.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxique, surtout par ses baies rouges qui contiennent des glycosides cyanogènes libérant du cyanure à la digestion. Leur aspect attrayant en hiver les rend dangereuses pour un jeune enfant.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le bétail ; des mortalités d’oiseaux frugivores ayant consommé de grandes quantités de baies sont documentées.

Symptômes : Vomissements, salivation, douleurs abdominales et faiblesse ; dans les cas graves, convulsions et détresse respiratoire par intoxication cyanhydrique.

Précautions : Ne pas le planter à portée de jeunes enfants, ôter les grappes de baies si des animaux fréquentent le jardin, et consulter en urgence un médecin ou un vétérinaire en cas d’ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères persistantes et les carex, dont les textures fines contrastent avec ses tiges verticales et qui partagent sa mi-ombre. Les hellébores, qui fleurissent en hiver sous son feuillage rougi. Les heuchères pourpres, qui prolongent ses teintes au ras du sol.

Associations à éviter : Les plantes de terrain sec et calcaire comme la lavande ou la santoline, qui souffriraient de sa fraîcheur et le feraient jaunir dans leur sol. Les vivaces couvrantes très denses, qui masqueraient la base de ses tiges, une partie de son intérêt graphique.

Conseil : Le placer là où le soleil bas d’hiver le traverse, contre un mur clair par exemple : c’est à contre-jour, en janvier, que son feuillage rouge donne le meilleur de lui-même, alors que le reste du massif est au repos.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre ou en bac, au soleil ou à mi-ombre, en sol ordinaire drainant, à l’abri des vents desséchants.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à septembre : tous les 5 à 8 jours ; d’octobre à avril : tous les 20 à 25 jours Le feuillage est persistant et continue de transpirer l’hiver, surtout par temps venteux : une motte prise en glace et sèche brûle les feuilles.régulier en pot, plus espacé en pleine terre
Inspection parasitaireOptionnel De mai à août : toutes les 3 à 4 semaines Le bambou sacré est peu attaqué ; un coup d’œil au revers des feuilles en été suffit largement.rare, surtout des cochenilles en situation abritée
RabattageEssentiel De début mars à mi-avril Le bambou sacré ne se taille pas en boule : on retire chaque printemps les plus anciennes tiges à la base, ce qui force le pied à en émettre de neuves. C’est le seul moyen de garder une touffe garnie jusqu’en bas.couper au ras du sol les deux ou trois cannes les plus vieilles
Engrais à libération lenteUtile De mi-mars à fin avril Un apport au démarrage soutient l’émission des nouvelles cannes, qui font toute la densité de la touffe.engrais pour arbustes, en surface après le rabattage
PaillageUtile De début avril à mi-mai Le paillis limite l’évaporation d’un feuillage qui ne tombe jamais et donc ne connaît pas de repos.5 cm en couronne, sans serrer les cannes
Fructification, récolteOptionnel D’octobre à février Les baies tiennent jusqu’au printemps et se forment d’autant mieux que plusieurs pieds sont plantés à proximité.grappes de baies rouges, à laisser en place tout l’hiver
Protection des racinesUtile De début novembre à mi-marsDès que : quand un froid durable est annoncé sur un sujet cultivé en bac Rustique en pleine terre, le nandina souffre bien plus en pot, où la motte prend en glace et ne fournit plus d’eau au feuillage.emballer le pot, pas le feuillage