Connexion / Inscription →

Plante à bulbe · Amaryllidacées

Jonquille Narcissus pseudonarcissus

Aussi appelé : Narcisse trompette, Narcisse des bois, Narcisse sauvage, Faux narcisse, Porion, Daffodil

La jonquille est le narcisse sauvage d’Europe de l’Ouest, qui pousse spontanément en France jusque vers 1 500 m dans le Massif central et les Pyrénées. Haute de 20 à 35 cm, elle porte en mars et avril une trompette jaune d’or entourée de pétales jaune pâle. Elle demande surtout du soleil au printemps, quand elle pousse, et une terre qui ne reste pas gorgée d’eau en été ; sous les arbres caducs ou dans une pelouse, elle se naturalise seule et forme des colonies. Toute la plante, bulbe compris, est toxique.

Jonquille (Narcissus pseudonarcissus)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante à bulbe
Famille
Amaryllidacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De mars à avril
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4 à 8. Planté à 12 ou 15 cm, le bulbe ne craint aucun hiver français : il supporte -25 °C et l’espèce pousse spontanément jusque vers 1 500 m dans le Massif central et les Pyrénées.

Dimensions : 20 à 35 cm en fleur, nettement plus bas que les grands narcisses horticoles qui montent à cinquante. La touffe reste étroite, mais forme des colonies qui s’étendent seules par caïeux et par semis.

Floraison : De mars à début avril, en fleurs bicolores à trompette jaune d’or entourée de pétales jaune pâle, au parfum discret. Toute la plante, et surtout le bulbe, est toxique.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche au printemps et surtout drainante en été. pH de 6,0 à 7,5, optimum vers 6,5 ; l’argile lourde convient si elle n’est pas gorgée d’eau en juillet.

Exposition : Plein soleil de février à mai, quand la plante travaille. L’ombre d’été lui est indifférente, ce qui en fait le bulbe idéal sous les arbres caducs et dans une pelouse.

Arrosage : Aucun en pleine terre en France métropolitaine, les pluies de fin d’hiver suffisent. En pot, gardez le substrat frais de février à mai, puis arrêtez complètement.

Durée de vie : Vivace bulbeuse, 10 à 20 ans et plus : une colonie naturalisée se renouvelle d’elle-même et se contente d’une division tous les 5 ans environ.

Multiplication : Séparation des caïeux de mi-juin à juillet, feuillage jauni, replantés aussitôt ou en septembre à 12 à 15 cm.

Arrosage & entretien

Arrosage : Rien en pleine terre, sauf lors d’un printemps exceptionnellement sec où un arrosage copieux avant la mi-mai se justifie. En pot, tous les 7 à 10 jours de février à mai, puis arrêt total dès que les feuilles jaunissent.

Fertilisation : Un engrais à bulbes pauvre en azote et riche en potasse, griffé en surface en février ou début mars, une seule fois par an. Jamais de fumier frais ni d’engrais gazon : l’azote donne de grandes feuilles et supprime les fleurs.

Rempotage : En pleine terre on ne rempote pas, on divise les touffes tous les 5 ans, en juin ou juillet, feuillage jaune. En pot, renouvelez le substrat chaque été et replantez les bulbes en septembre ou octobre.

Taille : Coupez les fleurs fanées avec leur pédoncule pour éviter les graines, qui épuisent le bulbe. Le feuillage, lui, ne se coupe jamais avant d’être entièrement jaune, soit 6 semaines au minimum après la floraison.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil pendant la végétation, de février à mai. Le feuillage a besoin de cette lumière pour recharger le bulbe ; ce qui se passe après juin n’a plus d’importance.

Emplacement : Extérieur uniquement, en pleine terre : pelouse, sous-bois clair, pied de haie, talus, bordure de massif. Toutes les orientations conviennent sauf un nord fermé par un mur ou un persistant.

Substrat : Terre de jardin drainante, sans excès de richesse. Sur argile lourde, une poignée de sable grossier au fond du trou de plantation change tout.

pH : De 6,0 à 7,5, optimum autour de 6,5. Il prospère aussi bien sur calcaire que sur sol légèrement acide, ce qui explique sa large répartition en France.

Drainage : C’est le point critique, mais en été et non en hiver. Un sol qui reste humide de juin à septembre fait pourrir le bulbe endormi par fusariose, alors que le gel, lui, ne lui fait rien.

Multiplication

Méthode conseillée

Caïeux : de la mi-juin à juillet, déterrer les bulbes au repos à la fourche et détacher les caïeux qui se séparent d’eux-mêmes du bulbe mère. Les replanter aussitôt ou en septembre, dehors, à 12 à 15 cm de profondeur. Porter des gants : la sève du bulbe irrite la peau. La séparation des caïeux de la mi-juin à juillet, quand le feuillage a jauni, réussit presque toujours.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas : comme les autres bulbes, il se multiplie par ses caïeux.

Semis :

SemerPossible pour l’espèce, qui se reproduit fidèlement, mais lent : semer dehors en terrine dès la récolte en juillet, graines couvertes de 1 cm de terre, la levée attendant le printemps suivant. La floraison arrive au bout de 4 à 5 ans.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’espèce est largement autostérile, et une touffe divisée reste un seul clone. Les fleurs, pollinisées par les insectes, laissent une capsule verte qui gonfle, jaunit puis s’ouvre en juin ou juillet ; on la coupe juste avant qu’elle ne s’ouvre, avec des gants, et on la laisse finir de sécher dans un sac en papier. Les graines noires se sèment fraîches : gardées au sec, elles perdent leur faculté de germer en quelques mois. Seule l’espèce se reproduit ainsi ; les hybrides de jardin donnent des fleurs imprévisibles.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La fusariose attaque le plateau du bulbe, qui devient brun et mou sous un feutrage rosé : il n’y a pas de traitement, on arrache et on détruit. Le feu du narcisse (Botrytis narcissicola) tache les feuilles de brun au printemps humide et se limite en supprimant le feuillage atteint. Les viroses marquent les feuilles de stries jaunes et font dégénérer la touffe, qu’il faut remplacer.

Parasites fréquents : La mouche des narcisses (Merodon equestris) pond au collet en mai et juin, et sa larve vide le bulbe de l’intérieur ; la touffe ne sort ensuite que des feuilles fines et tordues. Le nématode des bulbes (Ditylenchus dipsaci) laisse des anneaux bruns visibles quand on coupe le bulbe en deux, et impose sa destruction. Les limaces rongent les boutons au ras du sol par temps doux et humide.

Prévention : Tassez la terre sur les trous laissés par les feuilles desséchées en juin, c’est ce qui bloque l’accès de la mouche au collet. N’achetez que des bulbes fermes, lourds et sans tache molle sous les écailles. Après une attaque, attendez 5 ans avant de replanter des narcisses au même endroit.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxique dans toutes ses parties, le bulbe le plus fortement, par la lycorine et d’autres alcaloïdes. Les intoxications rapportées viennent presque toutes d’une confusion du bulbe avec un oignon ou une échalote, et des feuilles avec de la ciboulette ou du poireau.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval, le bulbe restant de loin la partie la plus dangereuse. Les chiens qui creusent au jardin sont les plus exposés, davantage que les chats, peu attirés par ce feuillage.

Symptômes : Vomissements, douleurs abdominales, diarrhée et salivation abondante, jusqu’aux tremblements et aux troubles du rythme cardiaque en cas d’ingestion importante. Au contact, la sève provoque une dermatite des mains bien connue des fleuristes, due à des cristaux d’oxalate de calcium.

Précautions : Portez des gants pour manipuler bulbes et tiges coupées, et rangez les sachets de bulbes hors de portée des enfants et des animaux. Ne plantez pas de narcisses au milieu des oignons du potager, et laissez les tiges dégorger 12 heures dans un vase à part avant de les mêler à d’autres fleurs, dont leur sève abrège la vie.

Associations de plantes

Bonnes associations : Hémérocalles, hostas et géraniums vivaces démarrent en avril juste à côté et masquent le feuillage jaunissant, sans faire d’ombre au narcisse en mars. Muscaris et pulmonaires fleurissent au même moment, à un étage plus bas. Sous un pommier ou un bouleau, la colonie profite du plein soleil avant le débourrement des feuilles.

Associations à éviter : Dahlias, hortensias et annuelles de massif imposent des arrosages d’été à l’endroit exact où le bulbe doit rester sec. Les couvre-sol persistants et denses, lierre ou grande pervenche, étouffent les feuilles au printemps. Les alliacées du potager, oignon et échalote, ne se plantent pas à côté : c’est de cette proximité que naissent les confusions à l’arrachage.

Conseil : Pour un effet naturel, jetez les bulbes à la volée par groupes de dix à quinze et plantez-les là où ils tombent, à 12 ou 15 cm de profondeur, en septembre ou octobre. Un alignement régulier, lui, se verra encore dans 10 ans.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Bulbes installés en pleine terre, en massif, au pied d’une haie ou naturalisés dans une pelouse, en sol drainant l’été, au soleil de fin d’hiver sous des arbres encore nus.

GesteQuandComment
Engrais à libération lenteUtile De début février à mi-mars Griffez un engrais à bulbes en surface dès que les pointes de feuilles percent le sol. L’azote en excès donne de grandes feuilles molles et peu de trompettes.Pauvre en azote, riche en potasse.
ArrosageUtile De février à maiDès que : La terre est sèche en profondeur pendant que les feuilles poussent, après plusieurs semaines sans pluie Un arrosage copieux suffit lors d’un printemps exceptionnellement sec, et uniquement tant que le feuillage est vert. Passé la mi-mai, laissez le sol s’assécher sans intervenir.Quasi jamais nécessaire en pleine terre en France.
FloraisonUtile De début mars à mi-avril L’espèce sauvage ouvre ses trompettes dès les premiers redoux, 2 à 3 semaines avant les gros narcisses horticoles. La fleur est plus petite et bicolore, portée sur une tige de 25 cm.Trompette foncée sur pétales jaune pâle.
Fleurs fanéesUtile De mi-mars à mi-mai Coupez la fleur fanée avec sa tige à la base pour éviter la formation des capsules, qui puisent dans le bulbe. En zone naturalisée, laissez au contraire grainer si vous voulez que la colonie s’étende toute seule.La fleur et son pédoncule, jamais les feuilles.
Inspection parasitaireUtile De mai à juin La mouche pond au collet pendant que le feuillage se couche et sa larve vide le bulbe : tassez la terre sur les trous laissés par les feuilles desséchées. Une touffe qui ne sort ensuite que des feuilles fines et tordues s’arrache et se détruit.Mouche des narcisses, au moment du jaunissement.
RabattageEssentiel De début juin à mi-juillet N’enlevez les feuilles que lorsqu’elles sont entièrement jaunes et se détachent d’une simple traction, et ne tondez pas la pelouse naturalisée avant. Coupées vertes ou nouées en chignon, elles laissent un bulbe affamé qui ne refleurira pas l’an prochain.6 semaines minimum après la floraison.
Repos secEssentiel De début juin à mi-septembre Le bulbe dort et doit rester au sec : aucun arrosage, et pas de plante d’été gourmande en eau installée juste au-dessus. C’est dans un sol humide en juillet qu’il pourrit, jamais dans le froid de janvier.L’été mouillé est ce qui tue ce bulbe.
Division de touffeUtile De mi-juin à fin juillet, tous les 5 ans Déterrez les bulbes au repos, feuillage jaune, et détachez les caïeux qui se séparent d’eux-mêmes du bulbe mère. Replantez-les aussitôt ou en septembre, à trois fois leur hauteur, soit 12 à 15 cm.Quand la touffe fait des feuilles et plus de fleurs.