Plante à bulbe · Amaryllidacées
Nérine Nerine bowdenii
Aussi appelé : Nérine de Bowden, Bowden lily
La nérine est un bulbe des montagnes d’Afrique du Sud qui fleurit à contre-saison, de septembre à novembre. Ses hampes nues de 40 à 60 cm portent des ombelles de 5 à 10 fleurs rose vif aux pétales étroits, ondulés et recourbés. Plus rustique des nérines, elle supporte -10 °C environ, et jusqu’à -15 °C en sol sec sous un paillis. Elle demande surtout un sol très drainant et le plein soleil, idéalement au pied d’un mur au sud, et fleurit d’autant mieux que ses bulbes se serrent.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Amaryllidacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De septembre à novembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 8 à 10 ; la plus rustique des nérines supporte -10 °C environ, et jusqu’à -15 °C dans un sol sec et sous un paillis, ce qui lui permet de rester en terre dans la majeure partie de la France.
Dimensions : De 40 à 60 cm de hauteur en fleur, sur 10 à 15 cm d’étalement par bulbe ; la touffe s’élargit lentement avec les années.
Floraison : De septembre à novembre, des ombelles de 5 à 10 fleurs rose vif, parfois blanches, aux pétales étroits, ondulés et recourbés, portées par des hampes nues. Leur parfum est léger.
Substrat : Sol léger, sableux ou caillouteux, très drainant et pas trop riche, au pH de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, idéalement au pied d’un mur exposé au sud qui chauffe les bulbes en été.
Arrosage : Une fois par semaine par temps sec d’avril à juillet, pendant la pousse des feuilles, puis aucun en été ; la pluie suffit le reste de l’année.
Durée de vie : Vivace bulbeuse ; laissée en place, une touffe vit et fleurit plus de 10 ans, d’autant mieux que ses bulbes se serrent.
Multiplication : Division des touffes trop serrées de mi-juin à juillet, bulbes replantés aussitôt par petits groupes, col au ras du sol.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à juillet, pendant la pousse des feuilles, arroser copieusement au pied une fois par semaine quand il ne pleut pas. Cesser dès que le feuillage jaunit en été : le bulbe a alors besoin de sec et de chaleur pour préparer ses fleurs.
Fertilisation : Au printemps, quand les feuilles sortent, épandre un engrais pour bulbes riche en potasse et pauvre en azote. En pot, un engrais liquide pour tomates dilué de moitié, tous les 15 jours de mars à juin, le remplace.
Rempotage : Planter les bulbes en mars ou avril, ou à la fin de l’été, à 10 cm d’écart, le col au ras du sol ou dépassant à peine : trop enterrés, ils fleurissent mal. Elle fleurit d’autant mieux que ses bulbes sont serrés : ne diviser la touffe, ou rempoter le pot, que tous les 5 ans environ, au début de l’été.
Taille : Aucune taille, sinon couper à la base les hampes défleuries et retirer les feuilles une fois sèches. Cueillir des fleurs pour les bouquets n’affaiblit pas le bulbe, tant que ses feuilles restent intactes.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour : c’est la chaleur de l’été sur les bulbes qui prépare la floraison. À mi-ombre, elle fait des feuilles mais peu ou pas de fleurs.
Emplacement : Extérieur, au pied d’un mur ou d’une façade exposés au sud ou au sud-ouest, en bordure, en rocaille ou en pot. Dans les régions aux hivers rudes, le pot passe la mauvaise saison sous un abri froid, à l’écart des fortes gelées.
Substrat : Terre légère et drainante, allégée de sable grossier ou de gravier, sans fumure riche. En pot, un mélange de terreau et de sable grossier à parts égales.
pH : De 6 à 7,5 : neutre ou légèrement acide, un sol légèrement calcaire restant toléré.
Drainage : Excellent drainage impératif, car le bulbe pourrit dans une terre lourde qui reste humide en hiver. Dans un sol argileux, la planter en butte, en bac surélevé ou en pot.
Multiplication
Division : de la mi-juin à juillet, déterrer la touffe et séparer les bulbes à la main, par petits groupes de 3 à 5. Les replanter aussitôt dehors, le col au ras du sol, dans un sol drainant au pied d’un mur chaud. Porter des gants : le bulbe est toxique. La division des touffes de la mi-juin à juillet, au repos, réussit très bien ; ne diviser que lorsque la touffe, trop serrée, fleurit moins.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : comme les autres bulbes, elle se multiplie par division.
Semis :
SemerLes graines, charnues et vertes, se sèment fraîches dès la récolte en automne, à l’intérieur, posées en surface sur un terreau sableux, à 15 à 20 °C : elles germent souvent en quelques semaines. Les semis reproduisent à peu près l’espèce, mais ne fleurissent qu’après 3 à 4 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent, mais un second pied issu de semis garnit mieux les capsules. Les fleurs, pollinisées par les insectes, laissent de novembre à décembre des capsules qui s’ouvrent sur des graines vertes et charnues, souvent déjà en train de germer ; un automne précoce ou une gelée les empêche parfois de mûrir. Elles ne supportent pas le dessèchement et ne se conservent pas : les semer le jour même. Sur les cultivars, les semis donnent des coloris variables, et la division reste la voie qui les reproduit.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du bulbe frappe dans les sols lourds et détrempés : le bulbe ramollit et la touffe dépérit. Aucun traitement ne la guérit, seul un sol très drainant la prévient. Des taches rougeâtres sur les feuilles et les hampes, dues à un champignon, se limitent en retirant les parties atteintes et en arrosant au pied.
Parasites fréquents : Limaces et escargots rongent les jeunes feuilles au printemps, puis surtout les hampes et les boutons à l’automne. Les ramasser à la tombée du jour, ou en recours épandre des granulés de phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La mouche des narcisses pond parfois au col des bulbes et sa larve en dévore le cœur : un bulbe devenu mou et creux s’arrache et part à la déchetterie.
Prévention : Planter dans un sol très drainant, le col des bulbes hors de terre, et ne plus arroser en été une fois les feuilles sèches. Retirer les feuilles sèches et les hampes fanées, qui abritent limaces et champignons. Inspecter le pied à la tombée du jour dès la sortie des hampes, en septembre.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique, surtout le bulbe, qui renferme comme ceux du narcisse et de l’amaryllis des alcaloïdes propres à sa famille, les amaryllidacées ; feuilles et fleurs en contiennent moins. L’ingestion d’un fragment provoque des troubles digestifs, rarement graves.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval ; le chien qui déterre et mâchonne les bulbes est le plus exposé. Le chat peut aussi s’en prendre aux fleurs coupées d’un bouquet.
Symptômes : Salivation, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée ; une ingestion importante peut entraîner abattement, baisse de tension et troubles du rythme cardiaque. Au contact, la sève peut irriter les peaux sensibles.
Précautions : Porter des gants pour diviser les touffes, et garder bulbes et bouquets hors de portée des enfants et des animaux. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les orpins d’automne (Hylotelephium), qui fleurissent en même temps qu’elle, se contentent du même sol sec et ensoleillé. La gaura, légère et fleurie jusqu’en octobre, aime elle aussi un sol drainant au soleil. La fétuque bleue (Festuca glauca), basse et peu gourmande en eau, souligne le rose de ses fleurs sans ombrager les bulbes.
Associations à éviter : Les vivaces hautes et les couvre-sols denses, qui recouvrent le col des bulbes, les privent du soleil d’été qui déclenche la floraison. Les plantes de terre fraîche qu’on arrose tout l’été, comme les hortensias ou les hostas, la font pourrir pendant son repos. Les arbustes aux racines envahissantes, plantés au pied du même mur, lui disputent la place et la chaleur.
Conseil : Plantez-la en touffe serrée et oubliez-la : c’est au bout de 3 ou 4 ans, quand les bulbes se touchent, qu’elle fleurit le plus. Gardez libre l’espace juste au-dessus des bulbes, et n’installez ses compagnes qu’à 30 cm.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Bulbes laissés en place en pleine terre, en plein soleil au pied d’un mur exposé au sud, dans un sol très drainant, le col des bulbes affleurant à la surface.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début avril à mi-juillet : tous les 7 à 10 jours | Un arrosage copieux au pied chaque semaine sans pluie soutient la pousse des feuilles, qui nourrissent le bulbe. Le reste de l’année, la pluie suffit en pleine terre. |
| Engrais à libération lente | De début mars à mi-avril | L’apporter quand les feuilles sortent au printemps : ce sont elles qui préparent les fleurs de l’automne. Un engrais trop riche en azote donne du feuillage et peu de hampes. |
| Division de touffe | De mi-juin à fin juillet, tous les 5 ans | La nérine fleurit d’autant mieux que ses bulbes sont serrés : ne diviser la touffe que lorsque, faute de place, elle fleurit moins. Replanter aussitôt les bulbes par petits groupes, le col au ras du sol. |
| Repos sec | De mi-juillet à fin août | Quand les feuilles jaunissent, cesser tout arrosage et dégager le pied pour que le soleil chauffe les bulbes. Cette chaleur sèche de l’été prépare la floraison d’automne. |
| Floraison | De début septembre à mi-novembre | Sur des hampes de 40 à 60 cm, 5 à 10 fleurs aux pétales étroits, ondulés et recourbés s’ouvrent en ombelle quand le jardin se dépouille. Coupées, elles tiennent 2 semaines en vase. |
| Inspection parasitaire | De septembre à octobre | Une hampe rongée sous le bouton ne fleurira pas : inspecter le pied à la tombée du jour, par temps humide, dès la sortie des hampes. Ramasser limaces et escargots à la main, ou en recours épandre des granulés de phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Fleurs fanées | De mi-octobre à fin novembre | Couper chaque hampe à sa base quand ses dernières fleurs ont passé, pour que le bulbe ne s’épuise pas à mûrir ses graines charnues. |
| Protection des racines | De mi-novembre à mi-décembre | Couvrir les bulbes de 10 cm de paille ou de fougères sèches avant les grands froids, et les dégager en mars. Ailleurs, un paillis de gravier autour du col suffit à le garder au sec. |