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Annuelle · Solanacées

Tabac d'ornement Nicotiana alata

Aussi appelé : Tabac ailé, Nicotiane ailée, Tabac de jardin, Jasmine tobacco

Le tabac d’ornement est une vivace d’Amérique du Sud, cultivée chez nous en annuelle pour ses longues fleurs tubulaires évasées en étoile, qui s’épanouissent de fin juin aux gelées. L’espèce, à fleurs blanches très parfumées le soir et la nuit, monte à 1 ou 1,50 m ; les hybrides du commerce restent entre 30 et 60 cm, en rose, rouge ou vert tendre, mais peu ou pas parfumés. Il demande surtout une terre riche et fraîche, arrosée régulièrement, et une mi-ombre légère pour l’espèce. Le premier gel noircit son feuillage, mais sa souche passe -5 °C sous un épais paillis dans les régions douces.

Tabac d'ornement (Nicotiana alata)
Photo : Carl E Lewis, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Type
Annuelle
Famille
Solanacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-5 °C
Floraison
De juin à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 10 à 11 : le feuillage noircit à la première gelée, mais la souche charnue supporte -5 °C environ sous un épais paillis sec. On cultive donc le tabac d’ornement en annuelle presque partout, et en vivace de courte durée dans les régions à hiver doux.

Dimensions : 1 à 1,50 m de haut pour l’espèce, 30 à 60 cm pour les hybrides compacts du commerce, sur 30 à 50 cm d’étalement.

Floraison : De fin juin aux gelées, en longues fleurs tubulaires évasées en étoile, blanches à l’intérieur et jaune verdâtre sur le tube chez l’espèce, très parfumées le soir et la nuit. Les hybrides fleurissent en rose, rouge, pourpre ou vert tendre et leurs fleurs restent ouvertes le jour, mais leur parfum est faible ou absent.

Substrat : Terre riche en humus, profonde, fraîche mais bien drainée ; pH de 6 à 7,5.

Exposition : Soleil du matin ou mi-ombre légère pour l’espèce, dont les fleurs se ferment à demi au soleil vif ; les hybrides colorés supportent le plein soleil si la terre reste fraîche.

Arrosage : Régulier, pour garder la terre fraîche : tous les 3 à 4 jours après la plantation, tous les 2 à 4 jours en été par temps sec, chaque jour en pot au plus chaud de l’été.

Durée de vie : Vivace de courte durée cultivée en annuelle ; une souche protégée peut vivre 2 à 3 ans dans les régions douces, et la plante se ressème souvent d’elle-même.

Multiplication : Semis à l’intérieur en mars et avril, graines pressées en surface, puis mise en place après les dernières gelées.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 3 à 4 jours le mois qui suit la plantation, tous les 2 à 4 jours en juillet et en août par temps sec, puis tous les 5 à 7 jours en septembre, toujours au pied. La terre doit rester fraîche sans être détrempée : un paillis de 5 cm posé en juin espace les arrosages, et en pot l’arrosage devient quotidien au plus chaud de l’été.

Fertilisation : En pleine terre, une pelletée de compost bien décomposé par pied à la plantation suffit. En pot ou en sol pauvre, ajouter un engrais liquide pour plantes fleuries toutes les 2 à 3 semaines, de juin à début septembre.

Rempotage : Pas de rempotage pour une plante cultivée en annuelle : repiquer les semis en godets, puis les mettre en place à partir de la mi-mai, après une semaine d’acclimatation à l’extérieur. En pot, prévoir au moins 30 cm de diamètre pour un pied de l’espèce, qui dépasse 1 m.

Taille : Couper les hampes défleuries au-dessus d’une feuille pour relancer la floraison jusqu’en octobre. Dans les régions douces, rabattre les tiges à 10 cm après les premières gelées et couvrir la souche d’un paillis sec pour la garder une année de plus.

Exposition & substrat

Exposition : Le soleil du matin et une ombre légère l’après-midi conviennent le mieux à l’espèce, soit 4 à 6 heures de soleil direct ; les hybrides colorés acceptent 6 à 8 heures de plein soleil si la terre reste fraîche. Sur une terre sèche en plein soleil, les grandes feuilles pendent aux heures chaudes.

Emplacement : Extérieur, à l’est ou à l’ouest, à l’abri du vent qui couche les grandes hampes. Près d’une terrasse ou sous une fenêtre, on profite de son parfum en soirée.

Substrat : Terre de jardin profonde, riche en humus et enrichie de compost, qui garde la fraîcheur sans rester gorgée d’eau. En pot, un terreau pour plantes fleuries mêlé d’un tiers de compost.

pH : De 6 à 7,5, de légèrement acide à légèrement alcalin.

Drainage : Un bon drainage reste nécessaire malgré ses besoins en eau : une terre détrempée fait pourrir le collet et les racines. En sol lourd, ameublir profondément et incorporer du compost avant la plantation.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en mars ou avril, à l’intérieur ou sous abri, graines fines comme de la poussière pressées en surface sur un terreau humide, car elles ont besoin de lumière, sous un couvercle transparent à 18 à 22 °C ; la levée prend 10 à 20 jours. Repiquer en godets, endurcir une semaine et planter dehors une fois les nuits douces. L’espèce se reproduit fidèlement et se ressème souvent seule ; les hybrides du commerce, non. Le semis à l’intérieur en mars ou avril réussit très bien, pour une mise en place dehors fin mai ou en juin, après les dernières gelées.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’espèce est autostérile, ses fleurs refusent leur propre pollen. Les fleurs laissent des capsules brunes de septembre aux gelées, pleines de graines fines comme de la poussière. Couper les tiges quand les capsules brunissent et les secouer dans un sac en papier ; au sec et au frais, les graines se gardent 3 à 4 ans. Les hybrides du commerce ne se reproduisent pas fidèlement : pour eux, racheter des graines.

Les autres méthodes

Bouturage : Rarement pratiqué : possible en juin, avec des pousses de tige herbacée de 8 cm dans un mélange de terreau et de sable, sous abri à l’ombre, qui s’enracinent en 3 semaines.

Division et autres méthodes : Aucune : la plante est cultivée en annuelle, et sa souche charnue ne se divise pas.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le mildiou marque le dessus des feuilles de taches jaunes, doublées d’un duvet gris bleuté au revers, et peut dessécher la plante par été humide : retirer les feuilles atteintes dès les premières taches, puis en recours pulvériser un fongicide à base de cuivre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La pourriture grise et l’oïdium gagnent les touffes trop serrées en fin d’été, et reculent quand on retire les parties atteintes. Les viroses, comme la mosaïque du tabac, marbrent et déforment les feuilles sans remède : arracher le pied et le porter à la déchetterie.

Parasites fréquents : Les limaces trouent les jeunes plants dans les nuits humides qui suivent la plantation : les ramasser, ou en recours épandre des granulés au phosphate ferrique portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les pucerons se groupent sous les feuilles et sur les boutons, et les aleurodes s’envolent en nuage blanc quand on secoue la plante : un jet d’eau au revers des feuilles et les auxiliaires en viennent souvent à bout. En recours, un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », pulvérisé seulement sur les foyers.

Prévention : Espacer les pieds de 30 à 40 cm et arroser au pied, le matin, sans mouiller le feuillage. Ne pas planter le tabac d’ornement près des tomates, des pommes de terre ou des aubergines, solanacées qui partagent ses virus et ses pucerons. Jeter les pieds malades à la déchetterie, jamais au compost.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion : toutes ses parties, les feuilles surtout, contiennent de la nicotine et des alcaloïdes voisins, en quantité toutefois bien moindre que dans le tabac à fumer. La Société royale d’horticulture britannique (RHS) range le genre parmi les plantes nocives en cas d’ingestion, dont il faut aussi éviter le contact avec la peau.

Toxicité animaux : L’ASPCA classe le tabac (Nicotiana) parmi les plantes toxiques pour le chien, le chat et le cheval, à cause de la nicotine. Un chiot ou un chat qui mâchonne les feuilles s’expose aux mêmes troubles que l’homme.

Symptômes : Salivation, nausées, vomissements et douleurs abdominales, puis agitation, tremblements et accélération du cœur ; après une forte ingestion, faiblesse musculaire et incoordination pouvant aller jusqu’à la paralysie respiratoire. Au contact, le feuillage collant peut irriter une peau sensible.

Précautions : Porter des gants pour couper les hampes ou pincer la plante, se laver les mains ensuite, et ne pas l’installer là où un jeune enfant ou un animal pourrait mâcher les feuilles. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire sans attendre l’apparition des symptômes.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le phlox paniculé et les dahlias aiment comme lui une terre riche et fraîche, et prolongent le massif jusqu’en octobre. À mi-ombre légère, les hostas habillent le pied de ses hampes de leur large feuillage et profitent de la même terre humifère.

Associations à éviter : Les tomates, les pommes de terre, les aubergines et les poivrons : solanacées comme lui, ils partagent ses virus, dont la mosaïque du tabac, et ses pucerons. Les plantes de terrain sec, comme la lavande ou les sauges arbustives, qui pourriraient sous les arrosages dont il a besoin.

Conseil : Planter l’espèce près d’un banc, d’une terrasse ou sous une fenêtre ouverte le soir : c’est à la tombée du jour que son parfum se révèle. Pour un massif coloré visible en journée, choisir plutôt les hybrides compacts, en acceptant qu’ils sentent peu.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Cultivé comme une annuelle, semé sous abri puis planté en massif ou en grand pot, au soleil du matin ou à mi-ombre légère, dans une terre riche et fraîche ; dans les régions à hiver doux, la souche peut repartir au printemps.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 4 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 5 à 7 jours Le tabac d’ornement supporte mal la sécheresse : ses grandes feuilles pendent dès que la terre se dessèche, et la floraison s’interrompt. En pot, l’arrosage devient quotidien au cœur de l’été.au pied, pour une terre toujours fraîche mais jamais détrempée
Engrais liquideUtile De début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Une plante qui fleurit de juin à octobre épuise vite le terreau d’un pot. En pleine terre riche, le compost de la plantation suffit et cet apport devient inutile.en pot ou en terre pauvre, engrais pour plantes fleuries
SemisUtile De début mars à mi-avril Les graines, fines comme de la poussière, ont besoin de lumière pour germer : les presser sur un terreau humide, sous un couvercle transparent, et compter 10 à 20 jours de levée. Repiquer les plantules en godets dès qu’elles se laissent saisir.graines posées sur le terreau sans les recouvrir, vers 18 à 20 °C
Mise en place des plantsEssentiel De mi-mai à mi-juin Habituer les plants à l’extérieur pendant une semaine, puis les mettre en terre avec une pelletée de compost bien décomposé par pied. Les jeunes plants craignent le moindre gel et ne démarrent vraiment qu’avec des nuits douces.après les dernières gelées, 30 à 40 cm entre les pieds
Inspection parasitaireUtile De mi-mai à mi-septembre Les limaces trouent les jeunes plants dans les nuits humides qui suivent la plantation, puis pucerons et aleurodes s’installent au revers des feuilles en été. Des taches jaunes sur le dessus des feuilles, doublées d’un duvet gris bleuté au revers, signalent le mildiou : retirer aussitôt les feuilles atteintes et les porter à la déchetterie.limaces sur les jeunes plants, pucerons et aleurodes sous les feuilles, mildiou
PaillageUtile En juin Posé sur une terre humide et réchauffée, le paillis garde la fraîcheur dont la plante a besoin et espace les arrosages d’été. Il évite aussi que la terre n’éclabousse le feuillage bas lors des averses.5 cm de tontes sèches, de paille ou de feuilles broyées
FloraisonOptionnel De mi-juin à fin octobre Les longues fleurs tubulaires de l’espèce, évasées en étoile, se ferment à demi aux heures chaudes et s’ouvrent en fin d’après-midi en libérant un parfum de jasmin toute la nuit. Elles attirent alors les sphinx, papillons de nuit à longue trompe.blanc et parfumé le soir chez l’espèce, rose, rouge ou vert tendre chez les hybrides
Fleurs fanéesUtile De juillet à septembre Couper les hampes dont les fleurs ont fané fait partir de nouvelles tiges florales jusqu’en octobre. Laisser mûrir quelques capsules en septembre suffit à obtenir des semis spontanés au printemps suivant.hampes défleuries coupées au-dessus d’une feuille
Protection des racinesOptionnel En novembreDès que : dans les régions où l’hiver descend rarement sous -5 °C, pour garder la souche Après les premières gelées, couper les tiges noircies et couvrir la souche de feuilles mortes ou de paille. Dans un sol qui ne reste pas détrempé, elle repart souvent en mai pour une deuxième saison.tiges rabattues à 10 cm, souche couverte de 10 cm de paillis sec